Aller au contenu principal

Verslag Solidarité internationale

Détails du document

🏛️ KAMER Législature 55 📁 1610 Verslag 📅 2023-01-26 🌐 FR
Commission ENERGIE, LEEFMILIEU EN KLIMAAT
Auteur(s) Laveleye (Ecolo-Groen); Wouter, Vermeersch (VB); Bert, Wollants (N-VA); Franky, Demon (cd&v); Frieda, Gijbels (N-VA); Joris, Vandenbroucke (sp.a); Michael, Freilich (N-VA); Julie, Chanson (Ecolo-Groen); Albert, Vicaire (Ecolo-Groen); Sigrid, Goethals (N-VA); Haese (N-VA); Laurence, Zanchetta (PS); Lommel (VB); Haese (N-VA); Thiébaut (PS); Yngvild, Ingels (N-VA); Patrick, Prévot (PS); Kathleen, Depoorter (N-VA); Sofie, Merckx (PVDA-PTB); Burre (Ecolo-Groen); Open (Vld); Melissa, Depraetere (sp.a); Michael, Freilich (N-VA); Kathleen, Depoorter (N-VA); Christophe, Lacroix (PS); Annick, Ponthier (VB); Laveleye (Ecolo-Groen); Theo, Francken (N-VA); Hervé, Rigot (PS); Khalil, Aouasti (PS); Michael, Freilich (N-VA); Joris, Vandenbroucke (sp.a); Tomas, Roggeman (N-VA); Joris, Vandenbroucke (sp.a); Bergh (cd&v); Sophie, Thémont (PS); Evita, Willaert (Ecolo-Groen); Donckt (N-VA); André, Flahaut (PS); Florence, Reuter (MR); Laurence, Zanchetta (PS); Cécile, Thibaut (Ecolo-Groen); Bergh (cd&v); Claire, Hugon (Ecolo-Groen); Hervé, Rigot (PS); Maegd (MR); Open (Vld); Open (Vld); Piedboeuf (MR); Anja, Vanrobaeys (Vooruit); Vicky, Reynaert (Vooruit); Laveleye (Ecolo-Groen); Laveleye (Ecolo-Groen); Bert, Wollants (N-VA); Open (Vld)

Texte intégral

26 janvier 2023 de Belgique (*) Conformément à l’article 121bis du Règlement. Voir: Doc 55 1610/ (2020/2021): 001: Liste des exposés d’orientation politique. 002 à 024: Exposés d’orientation politique. 025 à 063: Rapports. 064: Exposé d’orientation politique. 065: Rapport. 066: 067 et 068: Rapports. 069: 070: 071 et 072: Exposés d’orientation politique. Solidarité internationale EXPOSÉ D’ORIENTATION POLITIQUE (*)

N-VA : Nieuw-Vlaamse Alliantie Ecolo-Groen Ecologistes Confédérés pour l’organisation de luttes origi PS Parti Socialiste VB Vlaams Belang MR Mouvement Réformateur cd&v Christen-Democratisch en Vlaams PVDA-PTB Partij van de Arbeid van België – Parti du Travail de Belgi Open Vld Open Vlaamse liberalen en democraten Vooruit Vooruit Les Engagés Les Engagés DéFI Démocrate Fédéraliste Indépendant INDEP-ONAFH : Indépendant - Onafhankelijk Dans cet exposé d’orientation politique, je présente les grandes lignes de ma vision et de la politique que je poursuivrai pendant le reste de la législature.

J’accorde évidemment une grande importance à la continuité, je poursuivrai sur la voie engagée et je souscris donc pleinement à l’exposé d’orientation politique et aux notes de politique générale de mes prédécesseurs durant cette législature. En outre, nous resterons également vigilants pour répondre aux défis nouveaux et soudains. Mon mandat, ma politique et notre pays continueront à être des partenaires prévisibles et fiables de tous les acteurs qui s’attèlent jour après jour à construire la solidarité internationale.

Introduction: Un monde troublé nous place face à un choix Le monde dans lequel nous vivons est troublé et imprévisible. Après la crise bancaire, la crise économique et la crise migratoire, nous avons été cloîtrés chez nous pendant près de deux ans à cause du COVID-19. Avec l’invasion russe de l’Ukraine, une guerre brutale fait rage sur le sol européen pour la première fois depuis des décennies, alors que c’était encore impensable jusqu’il y a peu.

En raison de la guerre et des suites de la pandémie, le prix des aliments et de l’énergie a grimpé en flèche dans le monde entier. Les effets de la crise climatique, avec des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes, se font sentir partout. Les personnes dans le besoin sont plus nombreuses à cause de toutes ces crises. La violence et les catastrophes naturelles ont contraint plus de 103 millions de personnes à quitter leur foyer en 2022.

C’est le chiffre le plus élevé jamais atteint. Nous faisons face à un choix: soit nous nous renfermons sur nous-mêmes et nous faisons la politique de l’autruche en espérant que les problèmes se résoudront d’eux-mêmes, soit nous admettons les problèmes et nous agissons pour les résoudre. Nous ne pouvons pas nous couper du monde et nous attendre à ce que cela reste sans conséquences pour nous. Les événements qui se produisent dans le reste du monde – un nouveau virus sur un simple marché, un conflit latent qui s’aggrave, une forêt qui disparaît – ont un impact direct sur notre vie quotidienne ici.

Au lieu de détourner le regard, nous choisissons de garder les yeux ouverts sur le monde et de combattre ensemble les problèmes. Dans ce monde troublé, la coopération au développement est une nécessité absolue. La solidarité internationale est la réponse Même en temps de crise, le reste du monde considère toujours la Belgique comme l’un des meilleurs endroits au monde où vivre, et c’est principalement dû à notre

État-providence fort. Grâce à cet État-providence, si vous êtes malade, vous avez accès à des soins abordables et de qualité; si l’entreprise pour laquelle vous travaillez se restructure ou ferme ses portes, vous ne vous retrouvez pas soudainement sans revenu. Bref, en cas de coup dur, vous n’êtes pas immédiatement condamné à une misère sans fin. Cela semble évident, mais pour environ 4 milliards de personnes dans le monde, c’est tout sauf une évidence.

Sans aucune forme de protection sociale, la pauvreté (extrême) les menace souvent au moindre coup dur. C’est pourquoi, par le biais de la solidarité internationale, nous voulons travailler avec les personnes et les communautés de nos pays partenaires afin de poursuivre la construction d’un État-providence fort. La tâche n’est pas aisée. La coopération belge au développement est surtout active là où les besoins sont grands.

La plus grande concentration d’extrême pauvreté se trouve précisément dans nos pays partenaires. Ils sont également les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Lorsque les États ne sont pas en mesure d’assurer la sécurité, la liberté et l’accès aux services sociaux de base tels que les soins de santé et l’enseignement, ces conditions constituent, par excellence, un terrain propice à la pauvreté, à l’exclusion, à l’instabilité et à la migration forcée.

La Belgique s’efforce de semer les graines de l’État-providence dans ces pays – aussi difficile que cela puisse être. La solidarité internationale n’est pas le seul moyen d’assurer le progrès, mais elle constitue une pièce essentielle du puzzle. Malgré des circonstances souvent difficiles, nous pouvons présenter des résultats impressionnants ces dernières années: 6 millions de personnes ont eu accès aux soins de santé au Congo, plus de 4.500 femmes victimes de violences sexuelles y ont reçu une assistance médicale, juridique et psychologique, 650.000 agriculteurs au Sahel vont récolter – littéralement – les fruits de la protection et de la replantation de forêts qui empêchent la poursuite de la désertification de précieuses terres agricoles.

Chaque euro que nous investissons dans un enfant qui peut continuer à fréquenter l’école est un euro bien investi. Chaque euro qui permet de sauver une vie humaine en vaut la peine. Grâce à notre solidarité internationale, nous plantons les graines d’un État-providence où les citoyens, où qu’ils soient dans le monde, se voient offrir des opportunités et être soutenus pour s’autonomiser.

A. Nous contribuons à poser les fondements de l’État-providence: les soins de santé et l’enseignement 1. Soins de santé Pour édifier au mieux l’État-providence, nous misons sur les fondements de cet État-providence fort: les soins de santé et l’enseignement. La pandémie de COVID-19 nous a fait prendre conscience d’une réalité: des soins de santé efficaces et accessibles sont ce que nous avons de plus précieux.

Mais les virus ne s’arrêtent pas aux frontières et ce ne sont donc pas des soins de santé belges efficaces et accessibles qui les arrêteront. Il s’agit d’un défi planétaire. Nous ne serons en sécurité que lorsque le monde entier sera en sécurité. Investir dans des soins de santé accessibles ailleurs, c’est donc aussi investir dans nos propres soins de santé. L’accès aux soins de santé est essentiel pour permettre aux citoyens de saisir leurs opportunités dans la vie et pour améliorer le niveau de vie de l’ensemble de la population.

Il est également crucial pour prévenir les maladies et tout simplement pour aider les personnes dans le besoin. Notre pays dispose d’une expérience et d’une expertise particulières en matière de soins de santé et constitue donc un partenaire très approprié pour le secteur de la santé dans les pays en développement. L’objectif central est un accès plus universel à ces soins de santé et une meilleure qualité de ces soins.

Ce même objectif central sera intégré dans nos prochains programmes nationaux au Rwanda, au Sénégal et au Burundi, tout comme au Bénin, par exemple. Le même objectif est poursuivi en priorité avec nos partenaires multilatéraux – en particulier l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La santé et les droits sexuels et reproductifs des filles et des femmes – tout comme la lutte contre la violence fondée sur le genre – restent également un important point d’attention, y compris dans nos activités humanitaires comme en Ukraine.

En outre, notre pays peut être fier de sa contribution à la capacité locale de production de vaccins. L’OMS le reconnaît également. Nous resterons en dialogue étroit avec nos partenaires africains à ce sujet, tant au niveau bilatéral que par le biais d’actions européennes conjointes. Nous poursuivrons nos efforts au Sénégal et au Rwanda pour contribuer à créer les conditions nécessaires à la création d’une industrie pharmaceutique dans ces pays, et pour garantir le nécessaire contrôle de la qualité des médicaments.

Pendant le reste de la législature, je continuerai donc d’investir en priorité dans le développement de la capacité pour des systèmes de santé plus résilients – notamment aussi en soutenant les mutuelles de santé ou d’autres formes d’assurance maladie –, dans le transfert des et l’accès aux technologies de la santé, dans la création d’un environnement favorable à la réglementation et à l’assurance qualité des produits médicaux.

De même, nos partenariats stratégiques avec la Fondation Bill et Melinda Gates dans la lutte contre les maladies rares, avec GAVI pour les vaccinations de routine chez les enfants, et l’attention continue portée à la pandémie latente, montrent clairement que la Belgique joue un véritable rôle de pionnier en matière de santé mondiale. L’Institut de médecine tropicale, en tant qu’institution d’excellence et de renom de notre pays, ne doit certainement pas être oublié, tout comme les nombreuses institutions et organisations publiques et privées des secteurs de la santé et de la pharmacie de notre pays.

Nous avons également l’ambition d’emmener toute notre expertise et notre expérience à la table de l’UE pendant la Présidence belge du Conseil de l’Union européenne en 2024, avec un agenda ambitieux pour la Santé mondiale, notamment en ce qui concerne l’accès équitable aux produits de santé. Plusieurs processus importants sont en cours qui pourraient renforcer notre santé mondiale et qui dureront certainement jusqu’en 2024.

Nous pensons à cet égard aux négociations sur un traité pour la lutte contre les pandémies à Genève, à la coopération de l’UE avec l’Union africaine sur la production locale de vaccins et de produits de santé, etc. Il apparaît donc clairement que la Belgique occupe une place unique pour assurer l’accès à des soins de santé de base abordables et de qualité dans nos pays partenaires, complétée par des programmes autour de défis et de thèmes clés, tels que la santé des enfants et des jeunes mères, la lutte contre les maladies tropicales négligées et la capacité de produire et de contrôler localement les produits de santé et les médicaments.

2. Enseignement Tout comme les soins de santé, un bon enseignement pour les garçons et surtout les filles est le moyen par excellence de faire progresser les personnes et la société. Savoir rime avec pouvoir. “Pouvoir” dans le sens où les personnes sont plus assertives, plus indépendantes et plus à même de prendre des décisions dans leur propre intérêt. Elles sont également en meilleure santé et trouvent de meilleurs emplois, ce qui profite non seulement à leurs familles mais aussi à des communautés entières.

Pour chaque année de scolarisation d’une fille, son revenu attendu augmente de 10 à 20 %. Les filles scolarisées sont également moins souvent victimes de mariages d’enfants et de violences domestiques. Les bons résultats obtenus dans d’autres domaines d’intervention, tels que la santé et les droits sexuels et reproductifs, dépendent également des efforts en matière d’enseignement. Dans de nombreuses régions du monde, cependant, les enfants n’ont pas accès aux

écoles et à un enseignement de qualité. Par exemple, selon l’Unicef, 129 millions de filles dans le monde ne sont pas scolarisées. Par ailleurs, beaucoup d’enfants ne terminent pas leur scolarité ou leurs acquis ne sont pas suffisants, ce qui réduit considérablement la probabilité de trouver un emploi décent. En outre, nos pays partenaires sont des pays relativement “jeunes”. D’ici 2030, selon les prévisions, 42 % de la population africaine sera âgée de 15 à 24 ans.

Le groupe des jeunes, en forte croissance dans ces régions, a besoin de perspectives d’avenir avec un emploi, l’égalité des chances et de bonnes conditions de vie sur le plan social. Nous allons donc renforcer nos efforts en faveur d’un enseignement de qualité pour les enfants et les jeunes. Nous nous concentrerons en particulier sur l’égalité d’accès à l’enseignement, en mettant l’accent sur les filles et d’autres groupes vulnérables, et sur un enseignement de meilleure qualité.

Ces efforts se concrétiserons aussi bien avec nos nouveaux programmes nationaux bilatéraux qu’avec nos partenaires non gouvernementaux (tels que la VVOB, l’APEFE, Plan Belgique et les nombreux autres partenaires qui font un travail remarquable) et nos partenaires stratégiques multilatéraux (tels que l’UNICEF et le Partenariat mondial pour l’éducation). Les efforts de ces derniers permettront à eux seuls de scolariser 88 millions d’enfants supplémentaires.

La coopération avec les universités et les hautes écoles reste également une vitrine de la solidarité internationale belge. Je tiens également à souligner que les formations et l’enseignement professionnels sont tout aussi importants à cet égard, afin que les jeunes – et les jeunes femmes en particulier – aient de meilleures chances sur le marché du travail local et donc l’accès à un travail décent.

Que ce soit en Tanzanie, au Maroc ou en Palestine, ou encore au Rwanda, au Burundi, en Ouganda ou en RDC, nous aidons les jeunes à trouver un emploi décent. Formations de courte durée, formations en alternance, formations professionnelles qualifiantes, accompagnement vers le travail rémunéré et l’entrepreneuriat, programmes d’incubation et systèmes de formation sur le terrain: tous ces éléments font partie des solutions auxquelles la Belgique veut contribuer.

En tant que partenaire moderne et innovant, la Belgique contribue à déployer efficacement ce potentiel de capital humain. La boîte à outils pour la formation et l’enseignement professionnels (VET Toolbox), co-développée par notre agence de développement Enabel, en est un exemple éloquent: elle a un rayonnement international. Nous continuerons à y travailler.

B. Investir dans la lutte contre la crise climatique Entre-temps, nous ne pouvons plus ignorer la crise climatique. La décennie actuelle offre la dernière chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Le réchauffement de la planète et la perte de richesses naturelles qui l’accompagne constituent l’une des plus grandes menaces pour notre État-providence et sont l’exemple par excellence d’un domaine où la coopération internationale est absolument nécessaire.

Ce n’est pas en érigeant des murs chez nous et en fermant les yeux que nous empêcherons la prochaine inondation ou la prochaine sécheresse. La crise climatique a des répercussions majeures dans le monde entier, mais les pays les plus pauvres sont les plus durement touchés et les plus vulnérables, alors qu’ils émettent le moins. En outre, ces pays ont souvent des pouvoirs publics faibles et peu de ressources pour répondre correctement aux conditions et aux phénomènes climatiques extrêmes (et leur impact), ce qui accentue encore la pression sur ces pays.

Tout progrès est presque immédiatement sapé. Sans lutte contre le changement climatique, pas de coopération au développement efficace. La crise climatique provoque et aggrave les conflits et l’instabilité, qui à leur tour accroissent la pauvreté et les inégalités. Sans surprise, la crise climatique est déjà l’une des principales causes de l’exode des populations. Souvent, ce sont les femmes, les filles et les groupes marginalisés qui sont les plus durement touchés.

Les filles et les femmes en fuite, par exemple, sont particulièrement exposées au risque de violence et d’abus et n’ont plus accès à l’enseignement ou au travail. La Belgique prend ses responsabilités pour contribuer à la lutte contre cette crise climatique à l’échelle mondiale et doit continuer à faire sa part. Nous collaborons avec d’autres pays, notamment par le biais de l’UE et de l’ONU, pour accroître l’impact de nos mesures et actions.

Le financement climatique international pour les pays les plus pauvres et les plus vulnérables est et restera un outil important à cet égard. Nous continuons à prêter une attention particulière à la résilience des populations et à leur environnement dans ces pays. La Belgique, avec son récent programme bilatéral avec le Mozambique, fait figure de pionnier en matière d’aide à la prévention et à la réduction des risques de pertes et préjudices en conséquence de la crise climatique.

La Belgique continuera également à participer à des initiatives concrètes et orientées résultats pour lutter contre la crise climatique, comme les systèmes d’alerte précoce. Suite à l’appel d’António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, notre pays coopérera

également au déploiement d’un système mondial d’alerte précoce en mesure de prévenir les populations en cas de conditions météorologiques extrêmes, telles que les ouragans, les inondations et les sécheresses prolongées. Il vaut toujours mieux prévenir que guérir: un système mondial d’alerte précoce permettra d’éviter des dégâts et des victimes et de réduire le coût humanitaire après les catastrophes climatiques.

Notre IRM national jouera également un rôle dans ce cadre. Pour rappel, en 2018, environ 108 millions de personnes dans le monde ont eu besoin d’une aide humanitaire après une catastrophe climatique. D’ici 2030, on estime que ce nombre augmenterait de près de la moitié. Du reste, la plupart des habitants des pays pauvres sont aussi associés directement ou indirectement à l’agriculture et à la production alimentaire, qui sont de plus en plus influencées par la crise climatique.

Si nous n’y faisons rien, les moyens de subsistance de nombreuses personnes vont s’épuiser ou être détruits. En outre, le nombre de personnes souffrant de la faim ne cesse d’augmenter. Les conflits, les inégalités et la crise climatique font que pas moins de 2,3 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à une alimentation saine et suffisante. C’est pourquoi nous soutenons une transition vers des systèmes alimentaires plus durables via l’agriculture intelligente face au changement climatique et les systèmes alimentaires durables, notamment par le biais de l’agroécologie.

Ce qui implique, par exemple, qu’aucune déforestation nuisible au climat et à la biodiversité n’est provoquée dans les pays producteurs mais aussi que les agriculteurs obtiennent un prix plus juste pour leur production. Ici, nous nous concentrons spécifiquement sur les petits agriculteurs, les femmes et les jeunes. Il est essentiel de lutter contre la déforestation. Les forêts africaines permettent la neutralité carbone du continent chaque année.

C’est pourquoi la Belgique contribue en particulier à la protection, à la conservation et à la restauration des forêts, de la biodiversité et de la nature en Afrique centrale afin de participer à l’arrêt de la déforestation mondiale. Je veillerai encore à peser sur la politique dans ce domaine – conjointement avec nos partenaires – au sein de l’UE et dans les forums internationaux, à promouvoir l’agriculture durable et à maintenir le financement à cet effet.

Conjointement avec l’Union africaine, la Belgique poursuivra également son engagement en faveur de la “Grande Muraille verte”, une initiative ambitieuse visant à restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées dans le Sahel, à créer des emplois verts pour les habitants et à améliorer la sécurité alimentaire. Grâce à notre partenariat pour le climat, nous y restaurons déjà 40.000 hectares de terres agricoles

et 650.000 personnes vont – littéralement – en récolter les fruits. D’ailleurs, la moitié des terres restaurées sont allouées à des femmes, qui sans cela, sont systématiquement lésées en termes de droits fonciers. Nous poursuivrons cette action au travers d’initiatives supplémentaires. De cette manière, il sera possible d’augmenter la résilience de la population vulnérable de la région et de stopper la désertification.

Les entreprises peuvent également contribuer à l’impact sur le développement que nous voulons obtenir. Tout d’abord, prenons le financement du climat. BIO, la société d’investissement belge, dispose depuis l’année dernière d’une stratégie climatique ambitieuse. BIO renforcera ainsi son engagement en la matière et l’étendra aux investissements dans l’adaptation au climat. Naturellement, le climat sera également un élément important du nouveau contrat de gestion.

Le plus grand rôle que le secteur privé peut jouer dans la coopération au développement ne passe pas par des investissements dans des secteurs particuliers. Nous devons veiller à ce que toutes les entreprises travaillent de manière durable et socialement correcte: sans violence, sans dommages environnementaux, sans exploitation, sans pauvreté et sans corruption. Si les petits producteurs au bas de la chaîne de valeur recevaient un revenu vital, l’impact sur le développement serait bien plus important que ce que nous pouvons réaliser avec le budget de la coopération au développement.

Les soins durables en chaîne offrent également des possibilités d’améliorer les droits et la situation socio-économique des femmes. Je continuerai donc à œuvrer pour rendre les chaînes d’approvisionnement mondiales plus durables, en soutenant des projets et en légiférant, par le biais de BIO, d’Enabel et de la société civile. C. Promouvoir l’espace social, la bonne gouvernance et les droits humains En plus de poser ensemble les fondations de l’Étatprovidence dans les pays en développement, nous continuons également à investir dans la promotion de l’espace social, de la bonne gouvernance et des droits humains, aussi compliqué que ce soit parfois.

En effet, il s’agit de conditions essentielles au développement socio-économique, à la stabilité et à la sécurité à long terme. La tendance à l’amélioration de la démocratie, de l’État de droit et des droits humains dans le monde semble s’être interrompue ces dernières années au profit de tendances autocratiques. Les droits des minorités sont menacés dans de nombreux endroits et la liberté de la presse est restreinte.

Les nouvelles technologies offrent davantage de possibilités aux régimes autoritaires pour

contrôler et réprimer leurs citoyens. La menace est particulièrement grave dans les pays en développement où les institutions démocratiques sont fragiles. La situation est donc difficile mais, en même temps, nous voyons des organisations citoyennes et une société civile qui n’abandonnent pas et poursuivent le combat. Dans le prolongement de sa politique étrangère générale, je continuerai à faire entendre une voix forte, mais aussi à donner la parole pour plus de démocratie, d’État de droit et de droits humains dans les pays en développement.

Nous veillerons à les promouvoir et à les défendre en accordant une attention particulière aux droits des filles, des femmes et des autres groupes qui sont souvent réprimés. Bien entendu, la clé de l’amélioration réside dans ces pays eux-mêmes. L’existence d’un espace social suffisant dans les États est essentielle au fonctionnement de démocraties saines. La Belgique s’efforce donc de renforcer les organisations de la société civile car, dans de nombreux pays, elles sont les défenseurs effectifs – un contre-pouvoir – des droits et des intérêts des citoyens.

La Belgique soutient des organisations dans les domaines des droits humains, de la protection des défenseurs des droits humains, de la démocratie, de l’État de droit, de la bonne gouvernance, de la liberté de la presse, de la lutte contre la corruption et de l’égalité des sexes. Il s’agit souvent d’organisations locales qui incarnent le contre-pouvoir nécessaire. Nous continuons également à contribuer à la bonne gouvernance et à des institutions démocratiquement transparentes.

Il s’agit d’un élément fondamental pour assurer les services sociaux de base et le développement économique, lutter contre la corruption et protéger les droits de chacun. Nous devons reconnaître le rôle que jouent les ONG belges en la matière, en collaboration avec leurs partenaires locaux. Ce sont elles qui se dévouent pour la survie des organisations de la société civile palestinienne, qui doivent fonctionner dans des circonstances de plus en plus difficiles.

Ce sont elles qui, en partenariat avec des organisations congolaises et internationales, ont contribué à la création des “Congo Hold Up papers”. Et ce sont elles qui, avec les acteurs locaux, fournissent une assistance juridique dans la lutte de la population locale contre la corruption et la violence perpétrée par les régimes autoritaires ou les grandes entreprises. Dans les prochaines années, je veux renforcer ce combat pour les droits humains, la société civile et la démocratie et travailler à la création d’un Civic Space Fund.

Afin que, partout où les libertés fondamentales sont violées, où les autorités se soustraient à leurs responsabilités pour des actes de violence, et où les défenseurs des droits humains et la société civile sont en danger, nous puissions tendre la main à ces organisations

locales. Pour qu’elles ne soient pas réduites au silence et pour leur permettre de poursuivre leur combat. D. L’aide humanitaire reste vitale La guerre en Ukraine est toujours en cours, et l’on ignore quelle sera la durée et l’impact global de ce conflit. Nos partenaires humanitaires travaillent jour et nuit pour s’assurer, entre autres, que les gens aient un toit sur la tête, qu’il y ait de l’électricité et de l’eau dans les villes détruites, que les enfants aient accès à l’éducation et que les femmes victimes de violences sexistes aient accès aux soins.

En 2023, nous continuerons à manifester notre solidarité avec l’Ukraine et, en fonction des besoins, nous concrétiserons un soutien supplémentaire. Nos services se préparent également à la phase de reconstruction. Cependant, la guerre en Ukraine ne doit pas nous faire détourner le regard des autres crises. Dans le monde entier, les besoins humanitaires sont plus importants que jamais. 339 millions de personnes dans le monde ont besoin d’une aide humanitaire.

En outre, l’absence de solutions politiques fait durer les crises de plus en plus longtemps. Il est inquiétant de constater que les travailleurs humanitaires eux-mêmes soient soumis à une pression croissante. Dans un contexte de pénurie croissante de fonds, la Belgique restera un partenaire stable et fiable pour un financement humanitaire efficient, efficace et de qualité. En 2023, nous continuerons à contribuer aux fonds humanitaires mondiaux et à déployer au moins 60 % de notre financement de manière flexible.

De cette manière, nous renforcerons le système humanitaire, nous contribuerons à une réponse rapide fondée sur les besoins en cas de crise aiguë et nous serons en mesure de soutenir des crises souvent oubliées. En outre, en 2023, nous continuerons également à nous concentrer sur la localisation de l’aide humanitaire. Une attention soutenue sera également accordée à la protection humanitaire par le biais de nos partenaires des Nations Unies et multilatéraux et des ONG qui travaillent sur ce thème souvent sous-financé.

Penser à fournir une assistance juridique et à documenter les violations des droits humains, comme le fait le West Bank Protection Consortium en Palestine, ou à protéger les enfants contre les abus et l’exploitation. E. Égalité des sexes et autonomisation de toutes les femmes et filles Comme vous pouvez le voir dans les exemples de cet exposé d’orientation politique, la promotion des droits et de la position des femmes, de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des filles à l’échelle mondiale est un élément central de ma politique.

En effet, les droits et la position des femmes et des filles sont soumis à la

pression des forces autoritaires, religieuses et réactionnaires dans de nombreuses régions du monde. L’exemple le plus récent et le plus flagrant de cette situation est l’Afghanistan. Nous adoptons donc une double approche dans laquelle nous investissons dans des programmes sexospécifiques par le biais d’organisations de la société civile, d’une part, et de nos programmes nationaux, d’autre part. Notre nouveau programme national en RDC en est un bon exemple.

Nous y travaillons activement au renforcement des soins de santé, à l’accès aux droits sexuels et reproductifs, et nous collaborons avec les Congolais pour combattre la violence sexiste. Mais aussi à travers Enabel et nos partenaires au Maroc, au Bénin, en Guinée, au Sénégal et au Burkina Faso, entre autres, la coopération belge au développement poursuit cette double approche. J’amènerai et présiderai la table ronde de l’ONU Femmes dans notre pays en mai, où nous aborderons, mettrons à l’ordre du jour et relèverons les défis actuels et mondiaux.

La ministre de la Coopération au développement, Caroline Gennez