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Bijlage Coopération au développement et

Détails du document

🏛️ KAMER Législature 55 📁 1610 Bijlage 📅 2020-11-05 🌐 FR
Commission ENERGIE, LEEFMILIEU EN KLIMAAT
Auteur(s) Laveleye (Ecolo-Groen); Wouter, Vermeersch (VB); Bert, Wollants (N-VA); Franky, Demon (cd&v); Frieda, Gijbels (N-VA); Joris, Vandenbroucke (sp.a); Michael, Freilich (N-VA); Julie, Chanson (Ecolo-Groen); Albert, Vicaire (Ecolo-Groen); Sigrid, Goethals (N-VA); Haese (N-VA); Laurence, Zanchetta (PS); Lommel (VB); Haese (N-VA); Thiébaut (PS); Yngvild, Ingels (N-VA); Patrick, Prévot (PS); Kathleen, Depoorter (N-VA); Sofie, Merckx (PVDA-PTB); Burre (Ecolo-Groen); Open (Vld); Melissa, Depraetere (sp.a); Michael, Freilich (N-VA); Kathleen, Depoorter (N-VA); Christophe, Lacroix (PS); Annick, Ponthier (VB); Laveleye (Ecolo-Groen); Theo, Francken (N-VA); Hervé, Rigot (PS); Khalil, Aouasti (PS); Michael, Freilich (N-VA); Joris, Vandenbroucke (sp.a); Tomas, Roggeman (N-VA); Joris, Vandenbroucke (sp.a); Bergh (cd&v); Sophie, Thémont (PS); Evita, Willaert (Ecolo-Groen); Donckt (N-VA); André, Flahaut (PS); Florence, Reuter (MR); Laurence, Zanchetta (PS); Cécile, Thibaut (Ecolo-Groen); Bergh (cd&v); Claire, Hugon (Ecolo-Groen); Hervé, Rigot (PS); Maegd (MR); Open (Vld); Open (Vld); Piedboeuf (MR); Anja, Vanrobaeys (Vooruit); Vicky, Reynaert (Vooruit); Laveleye (Ecolo-Groen); Laveleye (Ecolo-Groen); Bert, Wollants (N-VA); Open (Vld)

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Intervenants (1)

alimentaire mondial (PAM)

Texte intégral

5 novembre 2020 DE BELGIQUE (*) Conformément à l’article 121bis du Règlement. Voir: Doc 55 1610/ (2020/2021): 001: Liste des exposés d’orientation politique. 002 à 017: Exposés d’orientation politique. Coopération au développement et Grandes villes

EXPOSÉ D’ORIENTATION POLITIQUE (*)

N-VA : Nieuw-Vlaamse Alliantie Ecolo-Groen Ecologistes Confédérés pour l’organisation de luttes origi PS Parti Socialiste VB Vlaams Belang MR Mouvement Réformateur CD&V Christen-Democratisch en Vlaams PVDA-PTB Partij van de Arbeid van België – Parti du Travail de Belgi Open Vld Open Vlaamse liberalen en democraten sp.a socialistische partij anders cdH centre démocrate Humaniste DéFI Démocrate Fédéraliste Indépendant INDEP-ONAFH : Indépendant - Onafhankelijk I. — DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE EN MATIÈRE DE LA POLITIQUE DES GRANDES VILLES Il y a un peu plus de vingt ans, le gouvernement fédéral annonçait sa volonté de mettre en place un programme d’empressement pour l’amélioration du cadre de vie et du logement dans les grandes villes.

C’est ainsi que la politique fédérale des grandes villes était née. À l’époque, la plupart des villes belges étaient déjà aux prises de l’exode urbain depuis un certain temps et le fossé entre quartiers pauvres et quartiers riches s’était creusé au fil des ans. Tandis que certains quartiers étaient aisés, d’autres malheureusement s’appauvrissaient. Suivirent alors des programmes de soutien concrets, sous forme de contrats de ville et de contrats logement, en vue d’améliorer les conditions de vie et de logement des habitants et la cohésion sociale dans les quartiers sensibles.

Une collaboration mûrement réfléchie entre le pouvoir fédéral et les autorités communales était un élément crucial de la politique des grandes villes. À la suite de la sixième réforme de l’État en 2011, la plupart des compétences et des moyens ont été transférés aux régions. Il a été convenu que le fédéral ne consacrerait dès lors plus de moyens à des projets relevant de la responsabilité des Régions.

Mais aujourd’hui encore, la politique fédérale des grandes villes a toujours un rôle à jouer. Depuis 2007, la politique des grandes villes rémunère les médiateurs locaux dans le cadre des sanctions administratives communales. C’est actuellement le cas dans 30 villes. Ces villes interviennent également dans les communes voisines, ce qui porte à plus de 300 le nombre de communes concernées. Une évaluation de ce fonctionnement est en cours.

En outre, la politique des grandes villes représente le pays lors de forums internationaux, notamment de l’Union européenne et des Nations unies. Et ce conjointement ou non avec les régions. Enfin, des marchés de recherche scientifique sont lancés en soutien à la politique urbaine et des réunions de partage de connaissances sont organisés. La politique des grandes villes est une compétence transversale confiée au Service Public Fédéral de programmation (SPP) Intégration sociale.

La politique des grandes villes repose sur une collaboration maximale et une synergie avec les autres domaines de compétences. En tant que ministre chargée des grandes villes, je souhaite tout d’abord engager un dialogue ouvert avec celles-ci. Les villes peuvent apprendre les unes des autres et se renforcer mutuellement. Elles apportent des solutions innovantes et concrètes aux grands enjeux sociétaux tels que:l’inégalité, l’emploi, l’environnement, la migration, la mobilité et la sécurité…

La pandémie, sans précédent, qui sévit actuellement dans le monde a accentué les défis que nos villes ont à relever. Pour cela, il faudra en tenir compte et les soutenir dans les prochaines années. Un réseau de villes La politique des grandes villes mise sur le développement actif des connaissances et l’échange d’expériences entre celles-ci. Sans empiéter sur le terrain des régions, je souhaite rassembler et partager leur expertise.

En faisant preuve d’ouverture d’esprit, nous pouvons tirer des leçons de ces pratiques innovantes qui se sont développées dans d’autres villes de notre pays, en Europe et dans le monde. Et avec lesquels nous avons déjà accumulé énormément de connaissances et d’expertise. Il importe surtout de les rendre accessibles de manière judicieuse (numérique) afin de pouvoir ensuite les partager et les diffuser.

Cela peut également se faire dans le cadre de congrès ou d’autres moments d’échange. Pour l’instant, certaines villes belges n’ont encore que peu de liens avec les forums existants. Nous voulons les associer et les aider elles aussi. Nous souhaitons développer un réseau de villes belges actif et productif. Comme formulé dans l’accord de gouvernement, nous réunirons les bourgmestres des villes et communes du pays pour un dialogue sur les grands enjeux sociétaux.

Nous voulons ainsi stimuler et soutenir les échanges entre les villes des deux côtés de la frontière linguistique. Le point de contact des villes Je veux être un point de contact pour les villes au niveau fédéral. Nous voulons associer les villes à la politique fédérale, grâce à une concertation permanente et une communication directe avec les bourgmestres. Non seulement en ce qui concerne la politique en matière de pauvreté ou de santé – cela va sans dire – mais pourquoi pas aussi sur des thèmes tels que l’énergie, le climat, la radicalisation ou la sécurité? Les villes ont des aspects et des problèmes spécifiques à traiter.

Nous voulons tendre la main aux bourgmestres de nos villes afin d’engager avec eux un dialogue sur les priorités urbaines. Ensemble sur les forums internationaux En collaboration avec les villes et les régions, je veux mettre nos priorités, à l’ordre du jour, des forums européens et mondiaux. Une politique urbaine intégrée, c’est aussi une histoire de coopération internationale: des villes de l’Union européenne et aux Nations Unies, en passant par les régions.

La coopération internationale entre les villes et les autres niveaux de compétence peut être un levier crucial de l’indispensable transition et d’une réponse

efficace aux grands enjeux de la mobilité, du climat, de l’aménagement du territoire et de la cohésion sociale… C’est pourquoi nous voulons mettre en place un partage ciblé des connaissances entre les villes de Belgique, d’Europe et du monde. Nous déterminerons encore plus précisément quels sont les réseaux internationaux qui offreront la plus grande valeur ajoutée. La présidence belge de l’Union européenne en 2024 constitue une excellente occasion de souligner le rôle prépondérant que les villes peuvent jouer dans l’approche des enjeux mondiaux.

Nous entendons également veiller à la prise en compte des aspects urbains dans l’élaboration et la négociation des fonds européens (FEDER, FSE, etc.). Selon l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, le combat pour le développement durable sera gagné ou perdu dans les villes. Nous misons d’ores et déjà sur la première option.

II. — DÉCLARATION DE POLITIQUE SOLIDARITÉ INTERNATIONALE We belong to each other. We stand together, or we fall apart. António Guterres Au début de l’année 2020, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a brossé, dans son discours sur l’état de l’Union, un tableau peu positif de la situation dans notre monde. La montée des tensions géopolitiques a engendré une certaine instabilité. Les personnes déplacées représentent 1 % de la population mondiale.

80 % de celles et ceux qui ont dû quitter leur foyer vivent dans des régions en proie à une grave insécurité alimentaire et à la malnutrition. António Guterres a également évoqué la crise climatique existentielle et a appelé à des mesures supplémentaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce sont en effet celles et ceux qui polluent le moins qui font le plus les frais du réchauffement climatique.

La biodiversité a disparu à une vitesse vertigineuse. Le dirigeant mondial a appelé à des efforts supplémentaires pour atteindre les Objectifs de développement durable. Des progrès ont certes été enregistrés, mais ils ne suffisent pas. Il a de même mis en garde contre les côtés obscurs du cyberespace: désinformation, cybercriminalité, discours de haine… À cette époque, la crise du COVID-19 n’avait même pas encore éclaté.

C’est dans ce contexte d’incertitude que se situe le défi de notre solidarité internationale pour les années à venir. La précédente législature a misé sur plusieurs ajustements apportés aux instruments belges. Il nous faudra affiner cette approche dans les années à venir si nous voulons continuer à engranger de réels progrès dans un environnement incertain pour celles et ceux qui en souffrent le plus.

Les efforts de la Belgique se sont, à juste titre, concentrés sur les pays les plus fragiles et les groupes de population les plus marginalisés. Une prise de position d’ailleurs appréciée récemment dans l’examen par les pairs du Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Nous entendons poursuivre cet engagement, mais cela signifie que nous devons faire preuve de flexibilité afin de garantir un ancrage en cette période de doutes.

La crise du COVID-19 nous a permis de réaliser à quel point il est important de disposer d’un filet de sécurité. En tant qu’autorité publique, nous avons investi massivement dans notre propre pays afin de ne laisser personne de côté. Nous voulons assurer les soins, garantir l’éducation

de nos enfants et fournir un moyen de subsistance à celles et ceux qui perdent leurs revenus. Des centaines de millions de personnes à travers le monde ne jouissent pas de cette sécurité. Cette pandémie menace de les précipiter droit dans le gouffre. L’Organisation international du Travail (OIT) estime que la moitié de la population active à l’échelle mondiale risque de perdre ses moyens de subsistance.

C’est principalement en Afrique que l’impact économique de la crise se fait ressentir: quelque 30 millions d’enfants supplémentaires risquent de sombrer dans l’extrême pauvreté. Nos efforts ne sont pas une fin en soi. Nous nous rendons dans certains pays avant d’en repartir – de préférence, le plus rapidement possible –, après avoir permis aux populations de gagner en résilience et en autonomie. Nous nous efforçons de collaborer avec les gouvernements afin qu’ils puissent aider leur population dans l’organisation des soins de santé, de la protection sociale, du travail décent, de la sécurité alimentaire et de l’enseignement.

Nous mettons l’accent sur les entreprises locales qui offrent un travail décent et pérennisent l’économie. Nous appuyons les pays dans leurs efforts pour se transformer en économies à faible intensité de carbone, préserver leur riche biodiversité et assurer leur résilience aux chocs climatiques. Ensemble, nous voulons lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes, les enfants et les adultes.

Parfois, ces autorités constituent cependant un obstacle à la garantie des droits fondamentaux et des services. Dans ce cas, nous optons pour des partenariats avec d’autres acteurs, tels que la société civile, qui peuvent faire une différence par leur approche “bottom-up”. Nous partons d’une approche fondée sur les droits (“Human Rights Based Approach”) pour garantir aux citoyens et citoyennes d’avoir voix au chapitre dans leur processus de développement.

Chaque acteur belge du développement peut ainsi déployer sa spécificité et ses forces dans le cadre d’une vaste coopération. En même temps, nos efforts ont un plus grand impact si nous les alignons sur ceux d’autres donateurs, afin de nous renforcer mutuellement et de ne pas nous faire obstacle. Ce faisant, nous nous inscrivons donc dans l’effort européen. À travers Team Europe, nous contribuons activement à donner plus de poids à l’UE et à ses États membres dans le domaine de la solidarité internationale.

Nous croyons à la puissance de la coopération mondiale et aux principes qui – sur les vestiges de la Seconde Guerre mondiale – ont été, il y a 75 ans, à l’origine de la création des Nations Unies. Le Secrétaire général peut compter sur notre soutien à son travail de réforme et à sa “Décennie d’action” visant à atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030. En ces temps d’incertitude, la coopération internationale est assurément la seule voie à suivre.

Et c’est précisément en cette

période que des attaques sont lancées sous différents angles contre nos institutions internationales et leurs principes fondamentaux. La Belgique et l’UE doivent prendre l’initiative d’un nouvel engagement multilatéral, entre autres en formant de nouvelles coalitions. When they go low, we go high. Enfin, nous ne nous berçons pas d’illusions, notre aide publique au développement ne va pas sauver le monde de la pauvreté.

Notre aide n’est qu’un levier. Des investissements supplémentaires sont nécessaires. La meilleure façon de redistribuer les moyens est également de prélever des impôts équitables en interne. Il revient aux épaules les plus robustes de (sup)porter les charges les plus lourdes. Nous voulons en outre œuvrer à la cohérence des politiques: il ne sert à rien d’aider les agriculteur·rices locaux·ales à devenir autonomes si la politique commerciale menée annihile tous ces efforts.

La crise du COVID-19 a une fois de plus clairement démontré à quel point nous sommes connecté·es aux personnes vivant de l’autre côté de la planète. Nous avons jadis atteint notre prospérité grâce à l’industrialisation et à la combustion d’énergies fossiles. Cela revient à dire qu’aujourd’hui, des maisons, des terres agricoles, des vies sont anéanties à l’autre bout de la planète. Le trajet de développement que nous avons emprunté n’est plus une option pour d’autres.

Et même si nous rencontrons actuellement nos propres problèmes, la Belgique ne peut pas laisser les pays étrangers de côté. Parce que c’est là notre devoir, mais aussi parce que nous sommes toutes et tous à bord de la même embarcation sur une mer agitée. Si elle coule, nous sombrerons toutes et tous. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons aller de l’avant. Sur la base des Objectifs de développement durable (ODD) – un engagement commun des membres des Nations Unies –, les priorités suivantes pour la politique belge en matière de solidarité internationale seront proposées au cours de la prochaine législature.

Pour la première fois depuis des années, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté augmente Le COVID-19 a provoqué un revirement spectaculaire: la Banque mondiale estime qu’au moins 88 millions de personnes supplémentaires se sont retrouvées dans l’extrême pauvreté. Ce chiffre menace de progresser encore pour atteindre 150 millions de personnes en 2021. Aussi, il est plus que jamais crucial de centrer notre action sur la lutte contre la pauvreté.

Non pas en faisant la charité, mais en œuvrant à l’autonomie et en offrant un tremplin vers une vie meilleure. À travers notre concentration géographique sur les pays les moins

avancés, nous concentrons avant tout nos efforts sur celles et ceux qui ont pris le plus de retard. Nous analysons comment atteindre les groupes qui vivent en marge de la société. Se concentrer sur les filles et les femmes est dès lors une manière d’accroître notre impact. La pauvreté est cependant plus qu’une limite de revenus. Complexe, la pauvreté a de nombreuses causes et conséquences. Les personnes vivant dans l’extrême pauvreté sont plus mal nourries, ont moins accès à l’eau potable et à l’électricité, ou n’ont pas de logement décent.

À cet égard, ce sont les enfants qui sont les plus touchés: la mortalité infantile est plus élevée dans les familles pauvres, et les enfants pauvres fréquentent moins souvent l’école ou n’obtiennent pas de diplôme. Si nous voulons briser le cycle de la pauvreté, il nous faut prêter attention à l’interaction entre ces dimensions. Cette année, 270 millions de personnes sont menacées de famine aiguë, ce qui représente une augmentation de 82 % par rapport à la situation antérieure à la crise du COVID-19.

Raison pour laquelle nous voulons calquer la stratégie agricole sur des systèmes alimentaires durables. Le droit à l’alimentation est un droit humain. L’éradication de la faim est l’une des promesses que nous nous devons de tenir. Dans ce contexte, une attention particulière sera accordée à l’appui aux petites exploitations agricoles, car ce sont elles qui garantissent aux communautés locales l’accès à la nourriture.

Dans la mesure du possible, nous poursuivons l’approche recourant aux chaînes de valeur. Nous nous concentrons néanmoins sur les chaînes de valeur dont l’importance a été démontrée pour les plus démuni·es et qui garantissent un travail décent. Nous investissons dans l’agroécologie et nous nous efforçons de mettre en place des systèmes durables qui permettent aux populations en croissance rapide de nos pays partenaires et de leurs villes d’être approvisionnées en denrées alimentaires suffisantes et de qualité sans répercussions négatives sur l’environnement et le climat.

Nous renouvelons notre engagement de consacrer 15 % de la coopération officielle au développement à l’agriculture et à la sécurité alimentaire. Cela se fera dans le cadre de notre coopération bilatérale, mais aussi de notre coopération multilatérale, par l’intermédiaire de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Programme alimentaire mondial (PAM) et du réseau de recherche CGIAR (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale).

Les soins de santé sont sous pression dans le monde entier. La Belgique est traditionnellement un partenaire solide dans le domaine de la santé et souhaite le rester, d’autant plus désormais qu’a été démontrée l’importance de systèmes de santé de qualité. En Afrique, la pandémie n’a pas encore eu le même impact direct que chez nous.

La maladie menace toutefois de causer des dommages indirects importants. La pression supplémentaire exercée sur des institutions déjà faibles menace d’anéantir les progrès réalisés dans la lutte contre le VIH-sida, le paludisme et d’autres maladies. Quant au financement, il est lui aussi en péril. Une fois encore, cela impacte principalement les plus démuni·es. Nous entendons donc aligner nos programmes de santé sur la préparation et la réponse aux pandémies, mais surtout sur le renforcement des systèmes de santé de base.

Et ce, en accordant une attention toute particulière aux femmes qui se retrouvent bien souvent en première ligne des soins. Les droits sexuels et reproductifs ainsi que les soins de santé demeurent une priorité vitale. La Belgique contribue en outre à la promotion de médicaments abordables et fiables, à l’accès aux vaccins, aux équipements médicaux et de diagnostic, et à l’utilisation rationnelle des antibiotiques.

Nous continuons à défendre notre point de vue sur cet accès dans les forums internationaux et, en particulier, dans les organisations avec lesquelles nous entretenons une relation privilégiée comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En 2018, plus de 250 millions d’enfants n’étaient toujours pas scolarisés. Parmi celles et ceux qui vont à l’école, 617 millions d’enfants et d’adolescent·es ne satisfont pas aux normes minimales en matière de lecture et de mathématiques.

Et pourtant, l’enseignement est le meilleur moyen de prendre son avenir en main. Force nous est toutefois de constater qu’alors que le nombre d’enfants continue de progresser, l’accès ne s’est guère amélioré depuis 2010. Le manque de formations hypothèque l’avenir. Non seulement les jeunes adultes pénètrent sur le marché du travail sans le moindre atout, mais dans le même temps, il·elles n’ont pas les compétences nécessaires pour défendre leurs droits.

Le COVID-19 aggrave cette situation: au plus fort de la crise, 1,6 milliard d’enfants étaient confinés à domicile. La pauvreté, le genre et le handicap physique ou mental restent des obstacles majeurs à l’accès à l’éducation. Et pourtant, l’éducation des filles peut revêtir une fonction transformatrice pour une communauté. Les mères instruites envoient plus souvent leurs enfants à l’école et sont mieux à même de faire leurs propres choix.

Il convient dès lors d’accorder une attention particulière à l’inclusivité. Nous devons par ailleurs miser sur la qualité. Notre pays est apprécié pour ses programmes bilatéraux axés sur la formation technique. Ces initiatives créent de réelles opportunités pour les jeunes sur le marché du travail. Ils-elles apprennent de la sorte à devenir autonomes. Une coopération thématique et des échanges accrus entre les acteurs sont recherchés, notamment par le biais de la plateforme EDUCAID.

La coopération universitaire se concentre sur des partenariats qui non seulement sont pertinents pour la recherche, mais qui renforcent également les capacités des personnes et

des institutions. En outre, nous défendons nos priorités au sein des organisations internationales dont nous sommes membres et, plus particulièrement, des partenaires privilégiés comme l’UNICEF. Les enfants ne peuvent se laver les mains que dans 65 % des écoles primaires à travers le monde, ce qui est pourtant un élément fondamental dans la lutte contre les maladies transmissibles, dont le COVID-19. Nous voulons faire de l’eau potable et des infrastructures sanitaires un point d’attention.

Dans le domaine des soins de santé, les installations d’approvisionnement en eau font toujours défaut dans 2 centres de santé sur 5. La qualité du logement doit elle aussi devenir un point d’amélioration récurrent dans la mesure du possible. La maison doit être un environnement où vous êtes en sécurité, où les enfants peuvent apprendre et où il y a accès à l’électricité, à l’eau potable et à des équipements sanitaires.

L’inégalité menace le progrès Le COVID-19 a une fois de plus mis en lumière certaines choses: les humains ne sont pas tous égaux à travers le monde. Ce sont les plus faibles qui sont frappé·es en premier et le plus durement par la pandémie. Ses effets économiques se font surtout ressentir dans l’économie informelle, où il n’y a pas de filet de sécurité. Partout dans le monde, les opportunités dont nous pouvons bénéficier sont conditionnées par la maison dans laquelle nous avons vu le jour.

Ainsi, les 26 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié de la population mondiale. Le Rapport sur le développement humain de 2019 souligne d’ailleurs que l’inégalité est plus large que simplement le revenu; elle concerne également l’accès à l’éducation et aux soins de santé, par exemple. Le progrès technologique et le changement climatique engendrent aussi de nouvelles contradictions. On voit souvent apparaître une spirale descendante dans laquelle les citoyen·nes exclu·es perdent confiance dans le gouvernement et partant, la volonté de contribuer au système social par le biais de l’impôt.

Cela a, à son tour, un impact négatif sur l’accès aux services publics, tels que l’éducation et les soins de santé. En fin de compte, les exclu·es se retirent du processus participatif et démocratique (s’il existe) et cherchent d’autres moyens d’exprimer leur mécontentement. L’inégalité nous menace toutes et tous. Plus une société est inégale, plus le risque d’instabilité économique, de corruption, de criminalité… est élevé.

C’est pourquoi nous entendons utiliser le dialogue politique dans nos pays partenaires pour mettre au programme l’inégalité et la discrimination. Nous voulons

nous concentrer sur la participation et l’accès des plus faibles aux services publics. Nous accordons de l’attention à la mobilisation des ressources intérieures associée à une politique fiscale équitable. Nous appelons nos partenaires à augmenter les revenus des plus pauvres et à inclure les groupes vulnérables, notamment, en soutenant les systèmes de protection sociale. Notre approche de l’appui au développement du secteur privé est axée sur l’inclusivité de la croissance.

Nous voulons créer des opportunités pour celles et ceux que personne ne voit aujourd’hui. La poursuite de l’égalité des genres est non seulement une obligation morale, mais aussi un moyen d’accroître l’efficacité de notre aide. Les femmes et les filles représentent en effet des moteurs de changement. Toutefois, selon le dernier rapport du Forum économique mondial, il faudra encore 99,5 ans pour atteindre notre objectif d’égalité des genres.

C’est inadmissible. Nous devons passer à la vitesse supérieure et envisager systématiquement notre aide selon une approche fondée sur les droits. Nous renforcerons le suivi et l’utilisation d’outils pour l’intégration transversale du genre – tels que la budgétisation du genre et les marqueurs de genre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – dans notre coopération. Les droits sexuels et reproductifs demeurent une priorité transversale.

Nous continuons à lutter contre la violence sexiste et l’impunité des auteurs, certainement en période de COVID-19. Rendre les filles et les femmes économiquement indépendantes: c’est ce que nous voulons faire en encourageant l’entrepreneuriat féminin et en leur donnant un accès égal aux mécanismes de production, aux matières premières et à un revenu. Nous soutenons les femmes dans leur désir de leadership et renforçons les garçons et les hommes dans une masculinité positive.

L’entrepreneuriat numérique est considéré comme un moteur pour l’innovation locale. Le seuil d’accès à l’entrepreneuriat numérique est bas et offre aux populations pauvres et exclues la possibilité de saisir leur chance. L’entrepreneuriat numérique peut aider les pays à se libérer des processus de développement traditionnels. Le changement climatique et le déclin de notre biodiversité sont des menaces existentielles Entre 2030 et 2050, le changement climatique devrait causer 250 000 décès supplémentaires par an en raison de la malnutrition, du paludisme, de la diarrhée et des vagues de chaleur.

Des centaines de millions de personnes supplémentaires seront potentiellement exposées à une chaleur mortelle d’ici 2050. Les conséquences du réchauffement climatique et la dégradation de l’environnement sur notre planète sont donc les défis à relever par cette génération. La relation que nous,

humains, entretenons avec notre environnement naturel doit être revue. Bien réel aujourd’hui, le changement climatique est encore plus tangible pour celles et ceux qui vivent déjà dans des conditions précaires, qui voient leurs récoltes perdues à cause de la sécheresse ou qui doivent regarder mourir leur bétail. Avec son “Green Deal”, l’UE entend jouer un rôle de pionnier pour faire de l’Europe un continent climatiquement neutre d’ici 2050.

Nous voulons donc transposer cette ambition à notre engagement dans les pays tiers. Outre un financement supplémentaire pour la réponse mondiale et la mise en place de programmes phares, un ajustement s’avère urgent pour accorder une place à la crise climatique dans les différents programmes. Si cela peut se faire par le biais d’une intégration à ces derniers, il nous faut également investir dans des projets thématiques, potentiellement par le biais d’interventions au niveau régional.

Une répartition des tâches à l’échelle internationale est de même nécessaire. Il est préférable de ne pas toutes et tous s’attaquer aux mêmes problèmes en en négligeant d’autres. La Coopération belge au développement s’engage à soutenir les pays partenaires dans leurs obligations en vertu des traités multilatéraux sur l’environnement (par exemple, Convention sur la diversité biologique, Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques).

La priorité est dès lors accordée aux pays les plus vulnérables, à l’adaptation et à la protection des écosystèmes. Nous voulons rendre les communautés résilientes. Outre la gestion durable de l’eau, la résilience de l’agriculture et la gestion des sols et des forêts, une attention particulière est également accordée à l’urbanisation croissante dans nos pays partenaires. Nous allons en première instance réaliser cela avec les partenaires avec lesquels nous avons déjà des relations, tels que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le Fonds vert pour le climat (FVC) et le Fonds pour les pays les moins avancés (FPMA).

Avec Enabel, nous étudions comment assurer une plus grande intégration et une augmentation du nombre de projets spécifiques liés au climat et à l’environnement. En outre, conformément à l’accord de gouvernement, nous apportons une contribution croissante au financement international de la lutte contre le changement climatique. N’oublions pas que certains des acteurs belges ont acquis une solide réputation en matière de conservation de la biodiversité.

Un exemple important en est le programme CEBioS, consacré au renforcement des capacités en vue de protéger la biodiversité et les écosystèmes, et mis en œuvre par l’Institut royal des

Sciences naturelles de Belgique. L’adoption prévue du Cadre mondial pour la biodiversité en 2021 offre un certain potentiel d’opportunités ultérieures. Mais nous sommes également à la recherche de nouvelles opportunités: Un Cadre stratégique commun (CSC) des partenaires indirects actifs dans les secteurs de l’eau et de l’environnement est prévu. Ce CSC regroupe à la fois des ONG et des institutions universitaires.

Nous continuons également à œuvrer à l’intégration du climat et de l’environnement dans les autres CSC. Nous considérons le secteur privé comme un partenaire pour contribuer à l’amélioration du climat et du cadre de vie. Il faut investir davantage dans la production d’énergie renouvelable et dans les réseaux électriques pour éliminer progressivement l’utilisation de combustibles fossiles polluants et promouvoir l’accès à l’électricité.

L’Afrique subsaharienne reste très à la traîne en ce qui concerne l’accès à l’électricité, avec tout ce que cela implique pour les entreprises, mais aussi pour les familles qui continuent à cuisiner avec des combustibles fossiles, ce qui entraîne des problèmes de santé. BIO a un rôle important à jouer dans cette nécessaire transition économique et écologique. Favoriser la stabilité La fragilité est l’un des principaux obstacles à la paix et à la réalisation des ODD.

Les chocs systémiques tels que le changement climatique et le COVID-19 ont un impact négatif sur les cinq dimensions de la fragilité: politique, sécurité, économie, social et environnement. Le choix des pays partenaires de la Coopération belge au développement fera l’objet d’une évaluation, mais nous continuerons en tout état de cause à nous concentrer sur les pays en situation de fragilité. Dans ces pays, nous devons toutefois être capables d’anticiper et de réagir aux situations de crise de manière adéquate et flexible.

Les recommandations de l’OCDE sur le lien (nexus) entre Aide humanitaire, Développement et Paix guideront ce processus. Nous voulons renforcer la redevabilité locale et l’État de droit en soutenant les structures démocratiques et en consolidant la société civile locale. La sécurité est essentielle pour le développement, et inversement. Ainsi, nous devons également oser collaborer avec les acteurs du secteur de la sécurité dans le cadre d’interventions qui prennent une dimension de développement évidente.

Il n’y a qu’à travers un large partenariat que nous pourrons engranger des résultats dans des situations de fragilité. Ce faisant, nous voulons développer un mécanisme de

protection pour les défenseur·euses des droits humains dans le besoin. La Belgique a également posé sa candidature à un mandat au Conseil des droits de l’homme pour 2023-2025; ici aussi, nous souhaitons profiter de l’occasion pour travailler avec des partenaires sur les engagements pris dans l’Examen périodique universel. Dans les contextes fragiles, les différentes crises humanitaires et politiques impliquant l’aide humanitaire durent de plus en plus longtemps.

Dans de telles situations, il est important de sauver des vies, mais aussi de promouvoir l’autonomie en se concentrant sur des projets qui font le lien entre l’aide structurelle, l’aide humanitaire et la consolidation de la paix. Nous entendons accroître la résilience des personnes à l’occasion de crises humanitaires. Davantage de moyens seront mis à disposition pour la prévention des conflits et la consolidation de la société.

À terme sera visé un ancrage structurel de l’instrument de “développement transitionnel”, qui se concentrera en particulier sur la lutte contre les causes profondes de la fragilité, des conflits et des crises humanitaires. L’impact du changement climatique constitue un élément important à cet égard. Dans le contexte des crises internationales liées aux réfugié·es, la Belgique appuiera également le développement d’un accueil et d’une protection de qualité dans la région des zones de conflit.

La Belgique est respectée sur la scène internationale pour son engagement et son application des principes humanitaires d’humanité, d’impartialité, d’indépendance et de neutralité. Nous poursuivrons cette approche afin d’apporter une réponse rapide et humanitaire en cas de besoin. Nous garantirons un financement flexible aux organisations humanitaires qui fonctionnent bien. Ces dernières pourront alors rapidement décider elles-mêmes comment et où déployer nos ressources en temps de crises.

Le thème de la protection humanitaire sera également au cœur de l’allocation de l’aide humanitaire. Le respect du droit international humanitaire demeurant un élément essentiel, des initiatives politiques seront également prises pour protéger l’espace humanitaire. Travail décent et secteur privé: les deux faces d’une même médaille Si vous travaillez, vous devez avoir la garantie d’un salaire décent et bénéficier de droits du travail.

C’est le cas en Belgique, et il ne devrait pas en être autrement ailleurs. Et pourtant, plus de 60 % des travailleurs et travailleuses du monde entier travaillent dans le secteur informel. Sans protection sociale, ces personnes sont extrêmement vulnérables aux chocs tels que le COVID-19. Voilà pourquoi la Belgique continue à soutenir

l’Organisation internationale du Travail (OIT), dans le souci de faciliter la transition vers l’économie formelle pour un maximum de personnes. À cet égard, le dialogue social est essentiel. Nous entendons continuer à investir avec BIO dans le secteur privé local si celui-ci est prêt à offrir aux travailleurs et travailleuses des salaires décents ainsi que l’accès à la protection sociale et s’il ne fait pas de discrimination.

Nous voulons également que les entreprises financées par BIO respectent les normes environnementales et se comportent de manière fiscalement responsable. Une coordination entre les différents instruments de soutien au secteur privé – Enabel, BIO et les ONG – est indispensable pour obtenir de meilleurs résultats. Nous souhaitons également promouvoir l’esprit d’entreprise parmi les groupes défavorisés pour leur permettre de sortir de la pauvreté en devenant économiquement indépendants.

De plus, les économies qui comptent de nombreuses femmes entrepreneures sont moins vulnérables aux crises financières et économiques. Il est aussi important que nous misions sur le financement des micro et petites entreprises, et que nous stimulions l’accès au marché pour ces entreprises. Nous souhaitons d’autre part nous focaliser sur le commerce équitable et l’aborder sous l’angle des chaînes de valeur qui comblent le fossé Nord-Sud.

Les citoyens et citoyennes belges sont de plus en plus conscient·es de l’importance des aliments et des produits issus de la production durable. Nous devons profiter de cette occasion pour œuvrer en faveur de bonnes conditions de travail pour les producteurs et productrices locaux·ales, d’un prix équitable pour leurs produits et d’un bon accès au marché. Nous voulons également mettre l’accent sur la transformation locale des produits.

Comme à l’heure actuelle, celle-ci a lieu en Belgique ou en Europe, la valeur ajoutée est perdue pour les pays en développement. Il est donc important de mettre en place un cadre gouvernemental facilitateur. Nous voulons aider les autorités locales à créer les conditions d’une croissance durable et inclusive. Nous comptons enfin renforcer les accords de coopération tels que The Shift et défendons nos principes au niveau international.

Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons aller de l’avant Nous sommes solidaires de celles et ceux qui vivent dans la pauvreté ou dont les conditions de vie se sont dégradées en raison du COVID-19, mais nous sommes également conscient·es que notre contribution ne résoudra

pas tous les problèmes, tant s’en faut. Nous ne voulons pas non plus nous mettre au centre en tant que pays donateur, mais souhaitons renouer un dialogue sincère et politique avec nos pays partenaires afin de faire en sorte que la Belgique contribue réellement à la transformation et qu’elle réponde aux besoins des personnes vivant dans la pauvreté. Agir en partenariat signifie également transcender les contradictions afin de trouver des solutions meilleures et largement soutenues.

Il s’agit de rechercher l’expertise, l’expérience et l’énergie auprès de celles et ceux qui détiennent une partie de la solution et qui ont en même temps la volonté de participer à cette solution. Les résultats, la transparence et la responsabilité mutuelle constituent les principes directeurs essentiels de partenariats efficaces. La crise du coronavirus provoque une baisse sans précédent des recettes fiscales, des investissements, du commerce et des envois de fonds (remittances).

Dans ce contexte en particulier, les fonds de l’aide publique au développement (APD) sont essentiels en tant que levier pour une reprise durable. L’Aide Publique au Développement est la seule source de financement qui peut être utilisée efficacement dans la lutte contre la pauvreté et l’inégalité. Dans l’accord de gouvernement, le gouvernement s’engage à définir une trajectoire de croissance pour atteindre la norme de 0,7 % en 2030.

Si notre prospérité croît à nouveau, notre solidarité aussi doit augmenter. Cependant, l’aide publique au développement sera loin d’être suffisante pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030. Nous entendons dès lors aussi encourager d’autres formes de financement du développement. Les envois de fonds des migrant·es représentent ainsi d’ores et déjà trois fois l’aide publique au développement.

L’investissement privé s’avère également crucial, pour autant qu’il s’inscrive dans un cadre réglementaire durable, tandis que le financement innovant peut également constituer un instrument approprié. À cet égard, l’Arrêté royal relatif aux instruments de financement innovants de la loi du 23 novembre 2017 doit être rendu opérationnel. L’annulation de la dette a également sa place dans ce large éventail de sources de financement du développement.

Aussi, notre pays poursuivra les efforts du passé pour annuler la dette des pays en développement et exhortera nos partenaires à faire de même. Enfin, nous chercherons également de nouvelles méthodes de financement. Les transferts en espèces peuvent constituer un moyen d’atteindre directement les plus pauvres, mais aussi un tremplin pour le développement des services de base.

À long terme, les recettes fiscales nationales constituent le financement le plus durable du développement. Aussi, nous souhaitons renforcer la capacité de nos pays partenaires à percevoir des impôts et assurer la cohérence avec nos propres règles fiscales. Dans ce but, la Belgique participera activement à la prochaine phase de l’Initiative fiscale d’Addis, dont la première phase s’achèvera après 2020.

La coopération gouvernementale mise en œuvre par notre Agence belge de développement, Enabel, reste une pierre angulaire importante de nos efforts. Vu la forte expertise de ces organisations, de leurs relations étroites avec les pays en développement et de leur présence dans ces pays, notre pays continuera également à miser sur la coopération multilatérale au développement. Cela est également une concrétisation de notre engagement multilatéral.

L’Union européenne continuera à être une très importante source de fonds dans les années à venir. Nous assurerons dès lors un suivi étroit de leur affectation dans le nouveau cadre financier pluriannuel. Les recommandations d’une évaluation récemment lancée sur le financement de la coopération multilatérale serviront de base à une réflexion sur l’avenir de ce financement. Tant en Belgique que dans nos pays partenaires, la société civile joue un rôle clé en tant que moteur du changement social.

Une relation mature avec la société civile, fondée sur son autonomie et son droit d’initiative, permet de veiller à ce que la politique de développement reste en phase avec la réalité sur le terrain. Nous reconnaissons ce rôle et le considérons comme une valeur ajoutée. C’est pourquoi il est également important que nous nous engagions à écouter et à donner encore davantage la parole aux voix critiques émanant de la société civile.

Afin d’accroître le soutien à notre travail, nous poursuivons nos efforts de promotion de la citoyenneté mondiale. Nous tirons les enseignements de nos succès dans ce domaine et nous nous engageons à élargir les partenariats. Nous étudions également la manière dont la coopération avec les entreprises peut être approfondie. L’importance des villes et des autorités locales est croissante à cet égard. À l’heure actuelle, plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes.

Ce nombre ne fera qu’augmenter et, selon les chiffres les plus récents, 70 % de la population mondiale vivrait en milieu urbain d’ici 2030. Selon l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, le combat pour le développement durable sera gagné ou perdu dans les villes! Voilà pourquoi j’entends utiliser mon domaine politique des Grandes Villes pour renforcer les villes. D’autres domaines politiques ont également souvent un impact majeur sur le sort des pays en développement,

comme les accords commerciaux qui entravent l’accès à nos marchés ou l’absence de règles fiscales pour empêcher la fuite des capitaux des pays en développement. Une plus grande concertation sur la cohérence des politiques peut contribuer à éviter des réglementations contradictoires. C’est pourquoi nous prévoyons la création d’un organe de concertation interministériel. En outre, nous continuons à nous appuyer sur les instruments déjà prévus par la loi pour renforcer la cohérence des politiques.

Le passé nous ayant toutefois appris que l’obtention de résultats dans ce domaine est complexe, nous commencerons par des initiatives très concrètes et non sur la base de concepts théoriques. Les expériences de l’étranger peuvent nous aider à ce niveau. La ministre de la Coopération au développement, chargée des Grandes villes, Meryame KITIR