Verslag Solidarité internationale
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📁 Dossier 55-2294 (25 documents)
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29 octobre 2021 de Belgique (*) Conformément à l’article 111 du Règlement. Voir: Doc 55 2294/ (2021/2022): 001: Liste des notes de politique générale. 002 à 012: Notes de politique générale. Solidarité internationale NOTE DE POLITIQUE GÉNÉRALE (*)
N-VA : Nieuw-Vlaamse Alliantie Ecolo-Groen Ecologistes Confédérés pour l’organisation de luttes origi PS Parti Socialiste VB Vlaams Belang MR Mouvement Réformateur CD&V Christen-Democratisch en Vlaams PVDA-PTB Partij van de Arbeid van België – Parti du Travail de Belgi Open Vld Open Vlaamse liberalen en democraten Vooruit Vooruit cdH centre démocrate Humaniste DéFI Démocrate Fédéraliste Indépendant INDEP-ONAFH : Indépendant - Onafhankelijk Uncertainty and instability: the world in two words De plus en plus de certitudes sont remises en question.
L’instabilité grandit dans nos pays partenaires. Les rapports géopolitiques évoluent. Un climat imprévisible a des conséquences désastreuses, y compris dans notre propre pays. Pour la première fois depuis 1997, la pandémie de COVID-19 a fait augmenter le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté. Les nombreuses mesures sociales et économiques prises par le gouvernement belge ont permis à notre pays de se sortir relativement bien de la crise.
Mais dans de nombreuses régions du monde, il n’existe pas de filet de sécurité. Un exemple: 82 % de la population active en Afrique subsaharienne n’a pas accès à la protection sociale. Ces personnes sont également les plus durement touchées par les effets du réchauffement climatique: leurs gouvernements n’ont ni la capacité ni les moyens de relever ce défi. Plus que jamais, il apparaît clairement que l’impact d’événements qui surviennent ailleurs peut se ressentir demain dans notre propre quartier.
Les chocs externes accentuent les inégalités existantes. Nous ne pouvons pas hausser les épaules lorsque les journaux nous annoncent une fois de plus qu’un variant potentiellement dangereux du virus a été découvert ou que de nombreux hectares de forêt ont été abattus dans la forêt amazonienne ou la forêt tropicale congolaise. L’UE a de grandes ambitions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre en Europe, mais quel est l’intérêt si demain, nos vieilles voitures polluantes sont vendues en Guinée Conakry ou si nos marchandises sont fabriquées ailleurs selon des procédés polluants? Nous sommes liés, nous devons donc chercher des solutions ensemble.
Quelle est la place de la “coopération au développement” dans ce contexte? Quels partenariats devons-nous nouer en tant que “Team Belgium”? Comment offrir de la sécurité en période d’incertitude et comment sortir de cette crise plus forts, ensemble? La solidarité internationale est non seulement un devoir moral, mais aussi et surtout une question de bon sens. Nous devons laisser la charité de côté. Pour assurer l’avenir de tous, nous ne devons laisser personne de côté.
Nous devons être à l’écoute les uns des autres, apprendre les uns des autres et, surtout, prendre soin les uns des autres. Personne n’est en sécurité tant que tout le monde n’est pas en sécurité: des soins de santé accessibles Le COVID-19 tient le monde entier en otage depuis plus d’un an et demi. La pandémie n’est toujours pas sous contrôle. Les inégalités en matière de vaccination
empêchent une reprise rapide au niveau mondial. Moins de 2 % de la population des pays à faible revenu a été entièrement vaccinée, contre 50 % dans les pays à revenu élevé. En outre, il est exclu de laisser le virus circuler librement: il pourrait en découler des mutations dangereuses. Pour contribuer à des solutions d’urgence à court terme, notre pays a transféré 4 millions d’euros à COVAX, le mécanisme qui offre un accès équitable aux vaccins pour les pays à revenu faible et intermédiaire.
En outre, le gouvernement belge a également pris l’engagement de rediriger 4 millions de vaccins d’ici à la fin de l’année vers des pays où les vaccins manquent. À la mi-octobre, 2 101 120 doses ont déjà été attribuées de cette manière, dont 89 % à des pays africains. La Belgique est donc dans le peloton de tête des pays européens, et l’un des pays qui partagent proportionnellement le plus de vaccins.
Le budget de la solidarité internationale contribue à la logistique et au matériel médical. De plus, la Belgique contribue significativement à la réponse au COVID-19 des institutions financières internationales telles que la Banque mondiale. Mais la redistribution des vaccins ne résout pas le problème de manière structurelle. En période de pandémie, les médicaments devraient être accessibles à tous et l’immunisation globale (via les vaccins) un “global public good for health” pour tous.
Les négociations prochaines sur un traité international sur les pandémies doivent apporter des solutions à ces problèmes. Ces discussions figureront en bonne place à l’agenda au cours des prochains mois. La capacité de production de vaccins doit également être renforcée. L’Afrique ne produit que 1 % des vaccins. La Belgique est l’un des acteurs clés de l’initiative Team Europe de l’UE. Elle prévoit le transfert de technologies et le développement d’une expertise pour la production de vaccins et de médicaments en Afrique.
Pour promouvoir un accès équitable à des vaccins, des médicaments et des produits médicaux de qualité, la Belgique renforce la capacité institutionnelle pour la production locale en améliorant le cadre réglementaire et en développant l’expertise. Dans cette optique, 500 000 euros ont déjà été engagés en 2021 par le biais d’Enabel pour des actions au Sénégal. Le programme de coopération sera encore étendu dans les prochains mois pour inclure des activités sur le rôle de coordination du ministère sénégalais de la Santé publique et le développement d’une expertise locale sur la production de vaccins.
Il y aura une collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé sur le centre de transfert de technologie pour
les vaccins à ARNm. Ce centre, basé en Afrique du Sud, facilitera le transfert de connaissances et de technologies dans le monde entier pour les producteurs locaux et les aidera à obtenir les licences nécessaires. À cet effet, l’accent sera mis sur la technologie ARNm basée sur le vaccin Moderna. À plus long terme, l’objectif est également de développer des vaccins contre d’autres maladies, comme la malaria.
Enfin, par l’intermédiaire de BIO, la Société belge d’investissement dans les pays en développement, 1,565 millions d’euros seront investis cette année dans la production de vaccins en Afrique du Sud. Néanmoins, la pandémie de COVID-19 menace de reléguer d’autres problèmes de santé au second plan. Dans de nombreux pays, le COVID-19 a submergé les systèmes de santé, les confinements ont perturbé la prestation de services et des ressources essentielles ont été détournées de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, ainsi que d’autres maladies.
C’est pourquoi la Belgique continuera de se concentrer sur l’accessibilité des soins de santé de base dans les pays partenaires. L’objectif de l’accès universel est au cœur des partenariats. Enabel a acquis une grande expertise et une grande expérience en la matière. Au Sénégal, par exemple, notre intervention a permis à 320 000 personnes de s’affilier à un système d’assurance maladie ces dernières années.
Au cours des prochains mois, des actions similaires seront intégrées dans les nouveaux portefeuilles pays du Niger et de la RD Congo. Le même objectif est poursuivi avec les partenaires multilatéraux. La coopération avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (GFATM) a été renouvelée pour une période de quatre ans. Au total, 60 millions d’euros iront à cette organisation.
La coopération avec l’ONUSIDA (12 millions d’euros) et l’OMS (12 millions d’euros) a également été engagée pour une nouvelle période de quatre ans. La Belgique reste un partenaire important dans l’éradication de la maladie du sommeil en RD Congo. À cette fin, 5,6 millions d’euros seront libérés ces deux prochaines années pour soutenir les actions de l’Institut de médecine tropicale. En outre, le droit à la santé et le renforcement des systèmes de santé restent une priorité pour nos partenaires non gouvernementaux.
La société civile fournit des services de base lorsqu’ils ne sont pas fournis par le gouvernement. Les partenaires universitaires travaillent sur la recherche et la formation.
Rompre le cycle de la privation: la protection sociale La pandémie a renforcé les inégalités existantes. Des personnes qui étaient parvenues à s’extraire de l’extrême pauvreté y ont été brutalement replongées par le COVID-19, alors que les économies occidentales se redressent. Les systèmes de protection sociale permettent aux personnes en situation de pauvreté d’être armées contre le prochain choc et empêchent les inégalités existantes de s’accentuer.
Ici non plus, ce n’est pas une question de charité. À terme, les pays partenaires doivent être en mesure de générer eux-mêmes des revenus suffisants (voir également le chapitre “Investir durablement dans la solidarité internationale”). Les données de l’Organisation internationale du Travail montrent que 55 % de la population mondiale, soit quelque 4 milliards de personnes, vivent sans aucune forme de protection sociale.
Il s’agit de chiffres antérieurs au COVID-19. Environ 1 700 mesures sociales ont été prises dans le monde pour protéger les citoyens des pires effets de la pandémie. Si nous voulons vraiment reconstruire un monde meilleur qu’avant (“building back better”), ces mesures ne doivent pas être temporaires, mais constituer la base d’un système de protection sociale universelle. Pour y parvenir, Enabel élabore un portefeuille thématique innovant pour la protection sociale en Afrique centrale.
Compte tenu de sa longue tradition dans le domaine de la protection sociale, notre pays peut offrir une expertise spécifique en la matière. L’intervention contribuera à la création d’emplois décents et à la protection sociale des travailleurs. Un système de cotisations sociales permettra d’accroître l’accès à l’assurance maladie et de créer une garantie de revenu pour les femmes enceintes. La formalisation du travail informel est également au centre de l’attention.
Les partenaires sociaux locaux auront un rôle à jouer pour garantir les droits du travail. L’Organisation internationale du Travail (OIT) reste un important partenaire stratégique. La coopération avec cette organisation a été renouvelée pour une contribution de base de 12 millions d’euros étalée sur quatre ans. Nous étudions également la manière dont nous pouvons amener le programme plus vaste de la protection sociale universelle dans d’autres organisations partenaires telles que le Groupe de la Banque mondiale.
En plus du financement d’un programme de l’OIT de 2 millions d’euros que la Belgique a déjà accordé précédemment au Sénégal et au Burkina Faso, une nouvelle intervention est en préparation pour les pays de la région des Grands Lacs. Elle vise à accompagner
le portefeuille régional et à rendre complémentaires les coopérations bilatérale et multilatérale. Un nouveau Cadre stratégique commun Travail décent a été approuvé cette année. Au sein de ce CSC, les acteurs non gouvernementaux spécialisés unissent leurs forces pour renforcer structurellement les mouvements sociaux qui défendent une protection sociale forte. À peine 35 % des enfants dans le monde ont accès à une protection sociale.
C’est pourquoi un projet pilote a été élaboré avec l’UNICEF en RD Congo. 4 000 mères vulnérables avec des enfants de 0 à 5 ans recevront un petit montant chaque mois. En plus de ces “cash transfers”, elles recevront des conseils sur une bonne alimentation pour leurs enfants et sur la gestion financière. Elles seront également formées sur les compétences entrepreneuriales. L’expérience de l’UNICEF dans le cadre de projets similaires montre que les enfants bénéficient ainsi d’une alimentation plus abondante et de meilleure qualité et qu’ils fréquentent plus l’école.
Deux projets pilotes similaires sont en préparation pour l’Ouganda et le Burundi. Ces interventions innovantes seront suivies attentivement afin d’intégrer les enseignements tirés de l’utilisation des “cash transfers” dans les actions belges ces prochaines années. Enfin, pour faire de la protection sociale une plus grande priorité politique, l’idée d’un Fonds mondial pour la Protection sociale est activement défendue dans les forums internationaux.
Il s’agit d’une initiative du Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, le professeur Olivier De Schutter. L’être humain, principale menace pour sa propre survie: climat et environnement Le dernier rapport sur le climat du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est clair: il n’a jamais fait aussi chaud au cours des 125 000 dernières années.
Et ce qui nous attend n’est pas négligeable: plus de feux de forêt, plus d’inondations, des périodes de sécheresse plus intenses. Les conséquences dramatiques du réchauffement climatique sont évidentes depuis un certain temps dans les pays les plus vulnérables. Les dix pays les plus touchés par les conditions climatiques extrêmes sont tous des pays en développement. Simultanément, l’Afrique représente seulement moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Au niveau international, les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an pour le financement climatique international entre 2020 et 2025.
Selon les derniers chiffres disponibles de l’OCDE, cet objectif ne sera pas atteint. En 2019, la contribution internationale s’élève à 79,6 milliards de dollars. C’est pourquoi la Belgique veut accroître ses efforts: cette année, le financement climatique international des autorités fédérales a été porté à 100 millions d’euros par an. C’est en partie grâce à la décision du gouvernement d’allouer 12 millions d’euros supplémentaires par an au cours de cette législature, en plus du budget de la Solidarité internationale.
L’année prochaine, une nouvelle étape sera franchie dans ce trajet de croissance: un financement structurel et additionnel de 12,5 millions d’euros sera ajouté. Ce qui permet d’augmenter d’au moins 70 % le financement climatique international des autorités fédérales au cours de cette législature. Le niveau de ce financement est inédit et constitue surtout une priorité pour respecter l’Accord de Paris.
Pour renforcer ces efforts sur le terrain, un deuxième portefeuille thématique a été lancé, axé sur l’environnement et le climat dans la région du Sahel. Il contribuera à la construction de la Grande Muraille verte, une initiative africaine visant restaurer les paysages sur 8 000 km d’ouest en est à la frontière sud du Sahara. L’agence belge de développement Enabel peut se targuer d’avoir acquis une certaine expérience: ces cinq dernières années, Enabel a reboisé 12 360 ha dans les pays partenaires, rendu 8 030 ha de terres dégradées à nouveau productives pour l’agriculture et apporté une meilleure irrigation dans 6 760 ha de terres.
Dans la région du Sahel, ces améliorations doivent permettre aux populations de mieux résister aux chocs futurs, tels que les canicules et les précipitations imprévisibles. Ce qui, à terme, améliorera la sécurité alimentaire et augmentera les revenus. Le nouveau portefeuille bilatéral avec la Palestine, prévu fin 2021, comprend également un volet environnemental. Les efforts viseront à rendre l’économie locale plus verte et plus durable, ainsi qu’à augmenter la production d’énergie renouvelable.
Cette évolution sera associée à une amélioration de l’efficacité énergétique. Cette amélioration est importante étant donné que la Palestine dépend fortement des importations d’énergie (90 %). Au lieu des modes de production et de consommation classiques et très polluants, les interventions privilégieront la réduction, la réutilisation, le recyclage et la récupération des matériaux au cours du cycle de vie des produits.
En outre, les acteurs de la coopération non gouvernementale accorderont une attention particulière au défi climatique. Six organisations partenaires ont uni leurs forces au sein d’un Cadre stratégique commun thématique axé sur le climat et l’environnement. De plus, lors
de l’évaluation des programmes pluriannuels 2022-2026, une attention particulière sera accordée à une approche intégrée des questions environnementales. Par ailleurs, cette année, 25 millions d’euros supplémentaires ont été alloués à BIO pour le climat. Il est nécessaire d’investir davantage dans les énergies renouvelables à l’échelle mondiale afin non seulement d’améliorer l’accès à l’énergie, mais aussi d’éviter les émissions de gaz à effet de serre.
Avec BIO, un plan d’action a été élaboré pour rendre les interventions conformes avec l’Accord de Paris sur le climat. Par exemple, BIO n’investira plus dans les biocarburants de première génération et une plus grande attention sera prêtée à l’adaptation. Des efforts sont également déployés avec les partenaires multilatéraux. Nous contribuons à trois des plus importants fonds multilatéraux pour le climat: le Fonds pour l’environnement mondial, le Fonds vert pour le climat et le Fonds pour les pays les moins avancés.
Le Fonds vert pour le climat a calculé que les 177 projets en cours dans le monde permettront d’éviter l’émission de 1,8 milliard de tonnes de CO2 et de renforcer la résilience de 500 millions de personnes. La coopération avec le PNUE a également été renforcée. Enfin, plusieurs projets et programmes spécifiques sont en cours d’élaboration avec le PNUE, le CGIAR et le FENU, grâce aux 12 millions d’euros supplémentaires préalablement débloqués par le gouvernement et proposés conjointement au Conseil des ministres avec la ministre du Climat.
Ils se concentrent sur trois priorités: (i) la gestion durable de la biodiversité et des écosystèmes, y compris les forêts et les sols, (ii) une agriculture résiliente et respectueuse du climat et (iii) une croissance socio-économique urbaine durable. À la fin de cette année, la conférence des Nations Unies sur le climat COP26 à Glasgow sera un autre sommet important. La manière dont nous pouvons tous, et en particulier les pays les plus vulnérables, nous préparer au mieux à l’impact du changement climatique sera au centre des débats.
En effet, le fil conducteur de la politique climatique de la coopération belge est et reste l’accent qui est mis sur les mesures d’adaptation dans les pays les moins avancés. Avec cette nouvelle étape sur le trajet de croissance, le soutien belge aux fonds climatiques multilatéraux pourra être augmenté l’année prochaine, de même que notre impact sur le contenu. La COP27 sera un point d’attention important.
Elle aura lieu en Afrique. Mais l’adoption d’un Cadre mondial de la biodiversité pour l’après 2020 lors de la COP15 Biodiversité sera
également un jalon important. Enfin, dans tous ces contextes, il sera tenu compte de l’évaluation menée par le Service de l’évaluation spéciale. La liberté d’atteindre le bien-être 2021 a été une année remplie de défis pour la démocratie, les droits de l’homme et la société civile. Coups d’État au Mali et en Guinée, intimidation et violence à l’encontre des candidats de l’opposition dans le cadre des élections présidentielles en Ouganda, conflit armé, attaques contre la société civile et report des élections en Palestine, violentes manifestations sociales en Colombie.
Dans les pays partenaires tels que le Rwanda et le Burundi également, il est apparu clairement que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir le respect des droits de l’homme. Selon l’ONG CIVICUS, 87 % de la population mondiale vivait, au 1er janvier 2021, dans un pays où la société civile est soumise à de graves restrictions. La démocratie et les droits de l’homme sont indispensables au développement durable.
Une société civile critique joue un rôle crucial dans le renforcement de ces éléments dans la société. C’est pourquoi un appel à projets spécifique a été lancé en 2021 pour soutenir la société civile critique afin de renforcer les droits de l’homme et la démocratie dans quatre pays partenaires où les défis dans ce domaine sont particulièrement grands. En outre, une coopération est mise en place avec une ONG internationale qui fournira une assistance financière et technique aux militants des droits de l’homme en Afrique et, en cas de besoin, leur offrira un refuge.
Afin de renforcer la mise en œuvre des recommandations de l’Examen périodique universel (EPU) du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, l’administration prépare actuellement une coopération avec une autre ONG internationale qui aide les pays à mettre en pratique leurs politiques en matière de droits de l’homme. En outre, la coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) est renforcée.
Non seulement en augmentant le financement de 25 % (pour atteindre 10 millions d’euros pour la période 2021-2024), mais aussi en soutenant des bureaux nationaux spécifiques dans les pays où les défis sont particulièrement grands (RDC, Palestine, Guinée et Ouganda). Ces bureaux nationaux jouent un rôle crucial dans la collaboration avec les autorités et la société civile pour améliorer la situation des droits de l’homme et, lorsque c’est nécessaire, pour assurer le suivi et le rapportage des violations des droits de l’homme.
Les droits de l’homme et la voix de la société civile auront également leur place dans les programmes bilatéraux. En Palestine, ces éléments font partie du pilier relatif à la jeunesse. Pour l’Ouganda, des propositions ont été demandées concernant les droits de l’homme, la démocratisation et le rétrécissement de la sphère sociale. Le nouveau programme avec la RD Congo comprend également un pilier distinct concernant les droits de l’homme, la démocratie et la bonne gouvernance.
À partir de 2022, la coopération non gouvernementale entamera un nouveau cycle: un quart du budget de la solidarité internationale passera par ces partenaires, un signe fort de la conviction de l’importance du rôle de la société civile dans la poursuite de sociétés durables. Le COVID-19 n’a pas amélioré la situation des droits de l’homme et de la démocratie dans le monde. Et il existe un risque réel que les défis s’aggravent encore dans les années à venir.
Nous attendons avec impatience le Sommet des démocraties (9-10 décembre) en nous demandant si ce sommet sera un jalon important. Quoi qu’il en soit, au cours de l’année à venir, la Belgique continuera à privilégier une approche ferme des droits de l’homme, qui sera au cœur de sa politique. Les recommandations des EPU et des autres mécanismes des droits de l’homme seront prises en compte dans les programmes bilatéraux et le dialogue politique avec le pays partenaire.
Drivers of change – une génération de plus pour atteindre l’égalité des genres L’impact du COVID-19 sur l’inégalité des genres se fait sentir. Alors que par le passé, il aurait déjà fallu 99,5 ans pour atteindre l’égalité entre les genres, on estime aujourd’hui qu’il faudra 135,6 ans, selon le Global Gender Gap Report 2021. L’égalité des genres occupe désormais une place centrale dans toutes les nouvelles instructions pour la coopération bilatérale, et il en sera de même dans les nouveaux portefeuilles.
L’ODD 5 “Égalité des sexes” est explicitement mentionné comme un objectif auquel il faut contribuer. La question du genre sera également un élément clé dans l’évaluation des nouveaux programmes de la coopération non gouvernementale. L’autonomisation des femmes est l’un des moyens pour œuvrer à une plus grande égalité entre les genres, mais les hommes doivent également assumer leurs responsabilités. C’est pourquoi un appel à projets a été lancé sur l’égalité des genres et la masculinité: dans la
cadre des masculinités transformatrices, les hommes et les garçons feront connaissance avec les discriminations et les stéréotypes liés au genre et apprendront comment ils peuvent changer leur comportement pour en tenir compte. Par ailleurs, des mesures seront prises pour renforcer les capacités des organisations locales actives dans la défense de l’égalité des genres et des droits humains. Il faut continuer à lutter contre la violence sexuelle à l’égard des femmes.
En RD Congo, une extension à hauteur de 5 millions d’euros d’un programme existant de lutte contre les violences sexuelles a été approuvée. Il s’agira de couvrir de nouvelles zones géographiques, y compris des zones urbaines, et de faciliter l’accès des victimes à des services de soins holistiques. Son élaboration aura lieu dans les mois à venir. La santé et les droits sexuels et reproductifs restent également une préoccupation majeure.
Le COVID-19 a compliqué, entre autres, l’accès aux moyens de contraception. La contribution volontaire belge au FNUAP pour 2021-2024, à hauteur de 36 millions d’euros, doit contribuer à améliorer l’accès aux soins de santé, dont la santé et les droits sexuels et reproductifs. Le projet Digital for Development (D4D) d’Enabel accordera une attention particulière à l’égalité des chances pour la participation des filles et des femmes à la digitalisation et à une meilleure protection de leurs droits numériques.
L’objectif est d’approfondir l’expertise d’Enabel et de la mettre activement à la disposition de tous les projets de la coopération belge. En complément, la Belgique financera un projet d’ONU Femmes visant à initier les filles au codage dans 10 pays africains. En 2022, les efforts en faveur du mainstreaming de l’égalité des genres se poursuivront dans tous les canaux et partenariats de la coopération.
Drivers of change – Les jeunes d’aujourd’hui sont les leaders de demain L’Afrique est un jeune continent. D’ici 2030, on prévoit que 42 % de la population sera âgée de 15 à 24 ans. Ces enfants et ces jeunes ont droit à un avenir durable. Mais ils sont aussi les artisans du changement pour l’avenir. D’où l’importance de donner accès à un enseignement de qualité à tous les enfants. Cependant, la pandémie de COVID-19 menace de réduire à néant les progrès réalisés au cours des 20 dernières années.
Le nombre d’enfants à l’école primaire qui n’atteignent pas le niveau minimum de lecture a augmenté de 9 %. Les inégalités en matière d’enseignement se creusent et souvent, les
filles ne retournent plus à l’école. Il faut agir pour assurer l’avenir de ces enfants. Lors du récent Sommet mondial sur l’éducation, la Belgique a promis 26 millions d’euros pour le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) pour les quatre prochaines années et une contribution supplémentaire de 2 millions d’euros spécifiquement destinée à l’éducation des filles. Le GPE veut aider 175 millions d’enfants à apprendre et permettra à 88 millions de filles et de garçons supplémentaires d’aller à l’école.
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) reste un partenaire stratégique. 15 millions d’euros par an seront mis à disposition pour que les enfants puissent apprendre, mais aussi pour mieux les protéger, leur permettre d’exercer leurs droits et devenir des citoyens à part entière et critiques. Les enfants et les jeunes sont également prioritaires dans le cadre de la coopération gouvernementale: au Niger, où près de 75 % des femmes de plus de 15 ans sont analphabètes, et en RD Congo, où seulement 62 filles pour 100 garçons fréquentent l’enseignement secondaire supérieur, nous améliorerons l’accès des filles à un enseignement de qualité.
Toujours en RD Congo, nous guidons les jeunes, au travers de la formation professionnelle et de l’enseignement technique, vers l’emploi et l’entreprenariat. En Palestine, un “pilier jeunes” complet est en cours d’élaboration au sein du nouveau portefeuille. Dans ce cadre, nous offrons aux jeunes toutes les opportunités pour devenir des citoyens actifs et critiques. Simultanément, ce nouveau portefeuille offrira également une protection aux garçons et aux filles vulnérables contre la violence, y compris la violence liée au genre, et leur donnera accès à des soins psychosociaux et de santé mentale, un accompagnement juridique et des services d’aide.
Dans le portefeuille thématique concernant la protection sociale, une attention particulière est accordée aux jeunes dans deux piliers. Il s’agit en premier lieu d’aider davantage de jeunes à trouver un emploi digne et, deuxièmement, de mieux représenter les jeunes dans le dialogue social, et donc, de défendre leurs droits. En outre, de nombreux acteurs non gouvernementaux se concentrent également sur l’enseignement.
Au cours de l’année écoulée, la coopération avec nombre de ces acteurs a porté sur l’égalité des chances en matière d’éducation, les droits de l’enfant, la mobilité internationale des étudiants et l’éducation à la citoyenneté mondiale. La Belgique continuera à mener des actions participatives en matière d’éducation et de droits de l’enfant, notamment
au moyen de la plateforme Educaid qui rassemble plus de 50 acteurs. Au cours des prochains mois, une nouvelle formule sera élaborée avec les universités pour la recherche à l’appui des politiques. Enfin, au Mozambique, au Niger et au Burkina Faso, un appel à projets de 7,5 millions d’euros a été lancé dans le cadre de l’aide à la transition pour enseigner aux jeunes des compétences techniques dans des situations fragiles.
L’objectif est d’augmenter leurs chances sur le marché du travail. Ces projets comblent le fossé entre l’aide humanitaire, l’action structurelle et la sécurité. Les trois pays sélectionnés se caractérisent par une population très jeune, confrontée à une forte pauvreté, à l’exclusion socio-économique, au chômage, à l’absence des pouvoirs publics et à une violence croissante. Cette situation les rend particulièrement susceptibles d’être impliqués dans des conflits.
Dans notre monde prospère, 9 millions de personnes meurent de faim chaque année. Le monde n’est pas sur la bonne voie pour éradiquer la faim d’ici à 2030. Le nombre de personnes qui ne mangent pas à leur faim augmentera de nouveau en 2021. La lutte contre la faim reste cruciale dans la politique belge. La Belgique contribue à la réponse aux besoins les plus urgents au travers de contributions humanitaires au Programme alimentaire mondial (PAM) et au fonds flexible de la FAO.
Les contributions au PAM ont été portées à 20,5 millions d’euros cette année. Nous finançons les ressources générales, le fonds flexible IRA (Compte d’intervention immédiate), et finançons également des projets spécifiques en Éthiopie, en Jordanie, au Liban, en Syrie et en Palestine. Les contributions au fonds SFERA (Fonds spécial pour les activités d’urgence et de relèvement) de la FAO sont portées à 5 millions par an pour 2021-2023.
Ce fonds permet de répondre rapidement à de nouveaux besoins. Un nouveau projet a été lancé en Haïti, par exemple, grâce à un financement belge après le tremblement de terre. Simultanément, nous devons également travailler sur des solutions à plus long terme. Il ressort d’un récent rapport des Nations Unies que notre système alimentaire actuel nuit à la santé, alimente la crise climatique, détruit la nature et favorise les inégalités en excluant les petits agriculteurs, qui comprennent beaucoup de femmes.
Et ce, alors que ces petites exploitations agricoles familiales produisent plus de 80 % de l’ensemble de la nourriture dans le monde. Une transition est nécessaire vers des systèmes alimentaires plus durables et résilients. Ceuxci garantissent une production suffisante de nourriture de qualité, mais tentent également de réduire l’impact
négatif de cette production sur le climat, afin que les générations futures en aient aussi suffisamment. Ces principes constituent la base des nouvelles lignes directrices élaborées en matière d’agriculture et de sécurité alimentaire. Ils seront le fil conducteur des financements futurs. Cette année, le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires a placé ce thème en tête des priorités internationales et a rassemblé diverses parties prenantes.
Dans la coopération gouvernementale, un pilier sur l’agriculture est prévu dans les nouveaux portefeuilles pour la RD Congo et le Niger. Au Niger, l’accent sera mis sur le renforcement de l’agro-pastoralisme et la promotion de l’entrepreneuriat pour les jeunes. Simultanément, le programme donnera la priorité à la sécurité alimentaire et veillera à une croissance économique inclusive. Un pilier concernant la lutte contre l’insécurité alimentaire sera également prévu pour la RD Congo, en soutenant l’agriculture familiale et durable, notamment en stimulant une approche agroécologique.
Parmi les acteurs non gouvernementaux également, nombreux sont ceux qui se soucient d’agriculture durable et de sécurité alimentaire depuis de nombreuses années. La plateforme pour l’agriculture et la sécurité alimentaire a été relancée pour permettre un dialogue structurel avec les différents acteurs. Par ailleurs, une nouvelle coopération sera établie avec l’organisation belge Kampani, un fonds d’investissement social spécifiquement axé sur les organisations agricoles de petite taille.
En effet, les petits agriculteurs ont des difficultés à trouver des financements. Ce phénomène est appelé “missing middle in agri-financing”. Les agriculteurs eux-mêmes sont souvent touchés par l’impact du changement climatique (sécheresse, fortes précipitations, etc.). Un soutien supplémentaire est accordé à l’agriculture respectueuse du climat et résiliente dans le cadre des programmes climatiques. L’agriculture résiliente et respectueuse du climat est une priorité tant dans le nouveau portefeuille thématique au Sahel que dans plusieurs projets et programmes avec nos partenaires multilatéraux sur le climat.
Enfin, il existe également une coopération avec la FAO et le CGIAR pour soutenir la transition vers des systèmes alimentaires durables. Pour le CGIAR, le budget a été porté à 4 millions d’euros pour 2021. De cette manière, la recherche et l’innovation pourront être traduites dans la pratique. En outre, nous fournissons également un financement supplémentaire pour un projet de recherche spécifique: “Climate Change, Agriculture
and Food Security”. La coopération universitaire – avec un nouveau cycle de programmes qui débute en 2022 – est traditionnellement axée aussi sur la recherche agricole. Citoyens du monde La collaboration pour trouver des solutions commence par une prise de conscience des défis mondiaux. La citoyenneté critique consiste à être capable de remettre en question les règles existantes et les relations de pouvoir et à oser le faire, à reconnaître et à respecter différentes convictions et perspectives, à être capable de participer à des discussions en étant informé(e) et à oser le faire.
Mais c’est aussi la façon dont nous pouvons changer et améliorer concrètement les choses dans notre vie quotidienne. C’est pourquoi les programmes belges concernant la citoyenneté mondiale sont revus: d’une part, pour atteindre un groupe plus large de jeunes par de nouveaux canaux et, d’autre part, pour viser la cohérence et la coopération. Outre les programmes existants d’Enabel et des acteurs non gouvernementaux, d’autres initiatives à petite échelle seront soutenues par la base.
De plus, un festival des jeunes sera organisé tous les deux ans, par Enabel, pour et par les jeunes. Les défis mondiaux actuels y seront abordés de manière interactive. Le programme Junior d’Enabel, qui implique les jeunes d’ici dans la coopération non gouvernementale, est réformé: il sera davantage axé sur les échanges et il y aura des trajets d’emploi tant pour les jeunes du Sud que pour les jeunes d’ici dans le secteur de la solidarité internationale.
La citoyenneté mondiale aura également sa place dans les pays partenaires: dans le portefeuille Palestine, nous travaillerons avec les jeunes pour renforcer les compétences dans les domaines de la pensée critique et de la résolution de problèmes, des capacités d’analyse et de synthèse, de l’argumentation claire, etc. Le volet qui se concentre sur les jeunes dans le nouveau portefeuille avec la RD Congo aura une approche similaire.
Investir durablement dans la solidarité internationale Aussi longtemps que le virus ne sera pas maîtrisé dans les pays les plus vulnérables, la pandémie de COVID-19 continuera de peser sur la reprise économique. Ce qui signifie que les recettes fiscales, les investissements, le commerce et les envois de fonds resteront toujours inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie. Dans ce contexte, l’Aide publique au développement (APD) reste un levier important pour rester sur la voie de la
réalisation des Objectifs de développement durable. Au cours de l’année écoulée, des pistes concrètes ont été explorées pour concrétiser le trajet de croissance vers l’objectif de consacrer 0,7 % du RNB à l’APD d’ici 2030. En 2022, un pas concret sera fait dans cette direction. Des ressources supplémentaires sont prévues pour l’action climatique internationale. L’effort des autorités fédérales pour redistribuer 4 millions de doses de vaccins contre le COVID-19 concrétise également une solidarité internationale indispensable.
Compte tenu de l’ampleur des défis à relever, il conviendra de mobiliser l’éventail le plus large possible de sources de financement. Le groupe de réflexion britannique ODI affirme qu’il est possible de mettre fin à l’extrême pauvreté si les pays parviennent à augmenter d’un quart leurs recettes fiscales. C’est pourquoi une attention particulière sera accordée, dans les pays partenaires, à l’augmentation des recettes fiscales par le biais de systèmes fiscaux transparents et équitables.
De cette manière, ils deviendront également moins dépendants du financement par les marchés des capitaux et une solution durable sera cherchée au problème de la dette. La Belgique a réaffirmé son engagement, dans le cadre de l’“Addis Tax Initiative”, en faveur de la Mobilisation des ressources domestiques (MRD). Outre la MRD comme point central dans les portefeuilles gouvernementaux, l’engagement de la Belgique s’est traduit par une coopération accrue avec le Fonds monétaire international (FMI) pour renforcer la politique fiscale dans les pays partenaires.
Pour les quatre prochaines années, 7 millions d’euros seront alloués à l’Institut pour le développement des capacités du FMI et la coopération avec le FMI sera davantage alignée sur le choix de notre pays de se concentrer principalement sur les pays les plus pauvres d’Afrique. Toujours dans le cadre de l’“Addis Tax Initiative”, la Belgique soutient le principe de la suppression des exonérations fiscales pour les donateurs.
En outre, le financement de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) a été doublé. Elle réunit les gouvernements, les sociétés minières et les ONG pour rendre le secteur minier plus durable et faire en sorte que les revenus miniers profitent à la communauté locale. Cette coopération est extrêmement complémentaire des portefeuilles gouvernementaux étant donné l’importance de l’industrie minière dans les pays partenaires de la Belgique.
Le problème de la dette continue de peser lourdement sur la résilience économique et sociale de nombreux pays. La pandémie a frappé le plus durement non seulement les systèmes de santé mais aussi les économies des pays les plus pauvres et les plus vulnérables. C’est pourquoi le gouvernement belge a soutenu l’Initiative de Suspension
du Service de la Dette (ISSD). Les remboursements à notre pays de dettes bilatérales de 16 des pays les plus touchés entre mai 2020 et fin 2021 ont été reportés. De cette manière, la Belgique a offert 38 millions d’euros d’allégement de la dette. De plus, le gouvernement soutient pleinement le déploiement du Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de l’ISSD du G20, qui fournit une feuille de route concrète qui sera suivie lorsque les pays demanderont un allégement plus vaste de leur dette.
En outre, 2,5 millions d’euros ont été réaffectés pour apurer les arriérés de la Somalie à l’égard du Fonds international de développement agricole (FIDA). De cette façon, nous veillons à ce que le pays ait la possibilité d’investir à nouveau dans sa population. Dans les mois à venir, le débat sur l’utilisation générale des 650 milliards de dollars de Droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI aura une importance particulière.
La Belgique veillera à ce que ces réserves financières supplémentaires soient également utilisées pour répondre aux besoins financiers à long terme des pays les plus vulnérables. En outre, la Belgique continue de plaider pour convaincre les créanciers privés de participer aux initiatives d’allégement de la dette. L’incertitude entraîne une augmentation des besoins humanitaires 235 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et de protection en 2021.
Ce qui représente une personne sur 33, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2020, où il s’agissait d’une personne sur 45. Le nombre de conflits, de catastrophes climatiques et de maladies dans le monde est en hausse. L’impact de la pandémie de COVID-19 renforce cette tendance. En 2021, un budget de 180 millions d’euros a été alloué à l’aide humanitaire jusqu’à présent. C’est un montant élevé, mais malheureusement loin d’être suffisant pour répondre aux besoins majeurs.
Les Nations Unies estiment qu’elles auront besoin de 35 milliards de dollars cette année pour venir en aide aux 160 millions de personnes les plus vulnérables dans 56 pays. Afin de contribuer le plus efficacement possible, la Belgique choisit de se concentrer sur le financement prévisible et flexible d’organisations humanitaires qui fonctionnent bien. Plus de 60 % des fonds vont au financement flexible, conformément à l’engagement belge dans le cadre du “Grand Bargain”, l’accord de 2016 visant à rendre l’aide humanitaire plus efficace et efficiente.
Nous contribuons aussi bien aux fonds généraux d’organisations telles que la Croix-Rouge internationale (CICR),
l’UNHCR, l’OCHA, l’UNRWA et le PAM, qu’aux fonds flexibles tels que le CERF (OCHA) et le DREF (FICR). De cette façon, les organisations humanitaires peuvent décider où et quand affecter leurs ressources: nos contributions au fonds humanitaire en RD Congo et en Palestine, par exemple, ont permis d’apporter une aide immédiate lors de l’éruption volcanique de Goma et dans le contexte des conséquences humanitaires du conflit dans la bande de Gaza, respectivement.
Un financement flexible permet également de garantir que les crises à long terme qui perdent de la visibilité restent suffisamment financées. Un échange de vues a été organisé au Parlement en 2021. Plusieurs représentants d’organisations humanitaires ont expliqué l’importance de ce financement flexible. Une réflexion est également en cours avec les ONG humanitaires belges sur la possibilité de fournir un financement plus flexible.
Plusieurs crises exceptionnelles ont exigé une attention particulière cette année: Tout d’abord, il y a le conflit en Éthiopie, dans la région du Tigré, qui a un impact humanitaire dramatique sur la population. Un montant supplémentaire de 4 millions d’euros a été alloué à la Croix-Rouge internationale, destiné à l’accueil et à la protection des victimes. Une attention particulière sera accordée aux victimes de violences sexuelles.
Les récents développements en Afghanistan nécessitent également un financement humanitaire supplémentaire. 2 millions d’euros seront débloqués pour soutenir la population, en particulier les filles et les femmes. En outre, des ressources supplémentaires sont prévues pour le Liban: une contribution de 7 millions d’euros au fonds pays de l’OCHA pour 2021. Le pays accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant, principalement des Syriens.
Des études récentes montrent que 9 familles sur 10 de réfugiés syriens dans le pays vivent dans une extrême pauvreté. En outre, les besoins et la vulnérabilité de la population libanaise augmentent également. Enfin, un certain nombre de régions sont en situation de crise permanente. Les régions prioritaires pour l’intervention belge en l’occurrence sont le Sahel, la région des Grands Lacs, la Palestine et la région autour de la Syrie où les besoins restent importants.
Nous fournissons des ressources pour les fonds humanitaires pays en RD Congo, au Nigeria, en Palestine, au Yémen et en Syrie. En 2021, nous avons également contribué pour la première fois au fonds commun régional pour le Sahel. Ces fonds communs régionaux basés sur les pays ont
permis une réponse rapide à l’impact de la pandémie de COVID-19. Tant les agences des Nations Unies et les organisations de la Croix-Rouge que les ONG nationales et internationales peuvent toutes prétendre à ces fonds. En plus de nos contributions aux fonds, des projets spécifiques avec diverses organisations multilatérales et ONG en Syrie même sont prévus. Par ailleurs, le Fonds Madad (Fonds fiduciaire régional de l’UE en réponse à la crise syrienne) continuera d’être soutenu à hauteur de 3 millions d’euros.
L’accueil dans la région est déjà une réalité aujourd’hui. Mais l’accueil seul ne suffit pas. Nous devons viser un accueil de qualité. Le fonds est destiné aux réfugiés syriens dans les pays voisins et à leurs communautés d’accueil, et constitue un bon exemple de bonne coordination entre l’aide humanitaire et l’aide au développement, tout en mettant l’accent sur la protection et la sécurité. Le Fonds Madad soutient des projets qui renforcent la résilience et l’autosuffisance des réfugiés et des personnes déplacées, soutiennent les communautés d’accueil et favorisent la cohésion sociale.
La Belgique continue de défendre les principes humanitaires d’humanité, d’impartialité, d’indépendance et de neutralité. La population touchée par un conflit ou une crise humanitaire doit être la principale préoccupation dans le cadre de la réponse. Dès lors, la protection humanitaire de la population est une priorité thématique de la politique humanitaire. Il s’agit, par exemple, de lutter contre les violences sexuelles dans les situations de conflit, mais aussi de fournir un accueil de qualité aux personnes touchées par un conflit ou une catastrophe climatique, ou d’apporter une assistance psychologique aux victimes.
C’est conforme aux engagements pris par la Belgique, notamment dans le cadre de l’Appel à l’action pour la protection contre la violence sexiste dans les situations d’urgence (“C2A”) et du Pacte mondial pour les réfugiés (“GCR”). Les programmes biennaux des ONG humanitaires belges qui seront encore approuvés en 2021 seront fortement engagés dans ce sens et la Belgique plaidera au niveau international pour que l’attention soit portée sur cette question.
Depuis juin 2021, la Belgique copréside l’initiative “Good Humanitarian Donorship” avec la Finlande pour les deux prochaines années. En 2022, la stratégie humanitaire belge sera évaluée par l’Evaluateur spécial. Sur la base de cette évaluation, une mise à jour de cette stratégie sera élaborée. Cette stratégie sera ensuite liée aux choix budgétaires concrets pour les années à venir.
Partenariats La programmation bilatérale à vitesse de croisière En 2021, une évaluation de la liste des pays partenaires a été réalisée sur la base des critères inscrits dans la loi. Il ressort de cette évaluation que la liste actuelle des pays partenaires satisfait aux dispositions de la loi. Sur la base de ces conclusions, mais aussi en raison de la volonté de valoriser les connaissances et l’expérience accumulées dans ces pays, il a été décidé de poursuivre avec les pays partenaires actuels.
La continuité et la qualité de la coopération s’en trouveront améliorées. Les pays partenaires sont nos premiers partenaires pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030. Des partenariats complets sont nécessaires à cet effet. Après une longue période sans conclusion de nouveaux accords de coopération, les activités ont repris en 2021. La priorité a été donnée aux pays où la mise en œuvre du portefeuille actuel est bien avancée et où le contexte politique permet un dialogue sur un nouveau programme de coopération.
Les accords avec la Palestine et le Niger pourront être signés dans les prochains mois. Pour la RD Congo, la finalisation de la programmation est prévue pour la fin de 2022. Au Burundi et au Mali, il a été décidé de prolonger les interventions existantes, en attendant une évolution positive du contexte politique. Par ailleurs, pour la première fois, deux portefeuilles thématiques sont en cours de préparation: l’un sur le climat dans la région du Sahel et l’autre sur la protection sociale dans la région des Grands Lacs.
Les travaux sont bien avancés et les accords seront signés dans les prochains mois. La méthode innovante permet de relever des défis mondiaux par-delà les frontières. En 2022 et début 2023, le renouvellement des programmes de coopération dans les autres pays partenaires sera poursuivi. Ce qui signifie qu’en 2022, l’objectif est de signer de nouveaux accords avec la RD Congo, l’Ouganda, le Maroc, le Mozambique et la Tanzanie.
Les autres pays partenaires suivront en 2023 et début 2024. La rédaction d’un nouveau contrat de gestion avec Enabel sera un chantier important pour 2022. L’un des points d’attention sera de revaloriser le dialogue avec les pays partenaires. Un nouvel accord de coopération doit reposer sur un dialogue honnête. Dans ce cadre, nous devons être à l’écoute des besoins du pays partenaire, mais il doit aussi y avoir de la marge pour aborder les efforts en matière de droits de l’homme et de bonne gouvernance.
Il s’agira également d’examiner comment intégrer une flexibilité suffisante dans le fonctionnement pour être en mesure de réagir rapidement en cas de
chocs externes, tels que la pandémie actuelle. Enfin, la complémentarité entre les différents acteurs est cruciale pour qu’une véritable approche “Team Belgium” puisse être mise en place. Une société civile forte Au cours de l’année écoulée, les nouveaux Cadres stratégiques communs (CSC) ont été approuvés pour la période 2022-2026. Ils ont été créés lors de la précédente législature pour promouvoir la complémentarité et la synergie entre les acteurs de la coopération non gouvernementale.
Jusqu’à présent, il existait un seul CSC thématique sur le travail décent. Pour la nouvelle période de programmation, des CSC ont également été approuvés en ce qui concerne les villes durables, l’enseignement supérieur pour le développement durable et la résilience des communautés face au changement climatique. Début 2022, une décision sera prise sur le financement des nouveaux programmes quinquennaux 2022-2026 des acteurs de la coopération non gouvernementale.
La qualité, l’efficience et l’efficacité seront le point de départ essentiel dans ce cadre. En 2021, 6 nouvelles organisations non gouvernementales ont également été reconnues comme organisations de la société civile. Cela signifie qu’elles remplissent les conditions légales pour pouvoir prétendre au financement de la coopération belge. Ces dernières années, le cadre réglementaire de la coopération non gouvernementale a été en constante évolution, ce qui n’a pas toujours été propice à la stabilité du fonctionnement et à la sécurité juridique des acteurs.
C’est pourquoi, en pleine préparation des nouveaux programmes, il a été opté pour une certaine stabilité et une certaine prévisibilité. En outre, le COVID-19 représente un défi particulier tant en termes de politique qu’en terme de gestion. Les campagnes de récolte de fonds de ces acteurs, par exemple, ont été très difficiles en raison des différents confinements. C’est pourquoi, en étroite concertation avec les acteurs, la réglementation existante a été adaptée, lorsque c’était nécessaire, en vue de réduire la charge administrative et d’accroître la flexibilité tout en respectant la transparence et la justification nécessaires.
Dans les prochains mois, en étroite concertation avec le secteur, une réflexion sera entamée sur une coopération non gouvernementale à l’épreuve du temps et adaptée aux nouveaux défis sociétaux.
Responsabilité des entreprises Il ne sera possible de gagner le combat contre la pauvreté mondiale et le changement climatique, et de garantir que chacun puisse bénéficier de la croissance économique dans la dignité, que si les entreprises et le capital privé apportent leur pierre à l’édifice. Une chaîne d’approvisionnement durable est un élément important: ce que nous trouvons dans les rayons de nos magasins provient souvent de pays où les droits des travailleurs et l’environnement ne sont pas toujours respectés.
Les entreprises belges ont un rôle important à jouer pour garantir que les produits que nous achetons ici soient fabriqués de manière durable. Beyond Chocolate est un exemple de plateforme qui s’engage en faveur de la production durable de chocolat. Ce projet pilote sera évalué en 2022 afin de déterminer le rendement effectif du développement et de tirer des enseignements pour les initiatives futures.
Il sera examiné, en concertation avec la ministre du Développement durable, si des initiatives similaires peuvent être lancées dans d’autres secteurs. Un nouveau partenariat a été conclu avec l’organisation The Shift. Sur la base de son programme, The Shift engagera concrètement davantage d’entreprises dans un processus de chaîne d’approvisionnement durable, en mettant l’accent sur les PME. Un partenariat est en cours de développement avec l’organisation IDH qui se concentre spécifiquement sur un revenu viable pour les producteurs.
Le soutien des initiatives locales en matière de commerce et de chaîne d’approvisionnement durables, comme le commerce équitable, sera poursuivi et étendu. Un plan d’action a été convenu avec la Société belge d’investissement pour les pays en développement (BIO) afin de mettre davantage l’accent sur le rendement du développement. Les investissements belges dans les entreprises des pays en développement doivent avoir un impact positif pour les personnes qui y travaillent et être réalisés dans le respect de l’environnement.
BIO libèrera davantage de ressources pour suivre et évaluer ces effets de développement. Par ailleurs, les investissements dans l’enseignement privé seront arrêtés, de même que les investissements dans les biocarburants de première génération. Enfin, BIO a approuvé une nouvelle politique de transparence. Le rôle catalyseur des femmes entrepreneurs dans les pays partenaires ne doit pas être sous-estimé.
Sur le continent africain, l’entrepreneuriat féminin représente 7 à 9 % du PIB des pays. En 2022, Enabel lancera un projet visant à soutenir davantage l’entrepreneuriat féminin. Ce projet identifiera les entrepreneurs des pays partenaires, les soutiendra et leur permettra d’être une
source d’inspiration pour les femmes et les jeunes filles ambitieuses. Multilatéralisme Nous ne résoudrons pas les grands défis de cette génération en intervenant en ordre dispersé. L’inégalité, le changement climatique, les droits de l’homme nécessitent une coopération pour obtenir des résultats concrets. Cette logique de pensée est également à la base du soutien de la Belgique au multilatéralisme: une confiance forte dans la force de la coopération mondiale et les principes autour desquels elle est construite.
Avec la pandémie de COVID-19 à l’esprit et une crise climatique qui se fait de plus en plus menaçante, la nécessité d’un multilatéralisme efficace ne fait que gagner en importance. Les recommandations que le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a incluses dans “Notre programme commun” reçoivent donc notre plein soutien. C’est pourquoi, cette année, l’engagement de la Belgique à l’égard de ses organisations partenaires auprès des Nations Unies a été renouvelé.
La coopération avec le PNUD, l’OIT, l’OMS, l’UNICEF, le GPE, ONU-Femmes, le FNUAP, l’ITIE, l’EGPS, le FMI, le PNUE, le CGIAR, l’ONUSIDA, le GFATM et l’OIM a été prolongée pour quatre ans. Et ce, avec une légère augmentation du budget global pour le financement de base (la contribution aux ressources générales de ces organisations), conformément au Pacte de financement des Nations Unies. Sur la base des recommandations de l’Evaluateur spécial, une nouvelle dimension a été ajoutée cette année: en plus du financement de base, des projets spécifiques sont développés avec les organisations partenaires multilatérales.
De telles interventions présentent plusieurs avantages: tout d’abord, elles permettent de mettre davantage l’accent sur les priorités stratégiques belges. Deuxièmement, elle permettent à la Belgique d’accroître sa visibilité et donc d’avoir un poids politique local plus fort dans les pays partenaires. Troisièmement, une plus grande complémentarité peut être recherchée avec d’autres interventions belges.
Enfin, elles peuvent alimenter un dialogue politique plus approfondi et stratégique avec l’organisation multilatérale partenaire au niveau du siège central. L’Union européenne est le premier partenaire de la Belgique: plus d’un quart de l’APD de la Belgique va à l’UE. En 2021, un obstacle important a été franchi avec l’approbation de “NDICI/Global Europe”, le nouvel instrument financier de voisinage et de coopération internationale.
L’aide européenne est ainsi simplifiée et financièrement sécurisée jusqu’en 2027. La Belgique joue résolument la carte des initiatives “Team Europe”. Cette nouvelle approche rassemble
les initiatives de différents États membres et de la Commission européenne afin d’obtenir ensemble un plus grand impact. La Belgique a déjà mis en avant plusieurs priorités, telles que la protection sociale et le travail décent, les soins de santé universels avec un accent sur les vaccins contre le COVID-19, le réchauffement climatique et les systèmes alimentaires durables. Ces dernières années, notre pays a investi en moyenne plus de 120 millions d’euros par an dans le Groupe de la Banque mondiale et d’autres banques régionales de développement telles que la Banque africaine de développement.
Le suivi de cet engagement est encore renforcé, en collaboration avec le ministre des Finances, afin que la politique de ces institutions soit cohérente avec les priorités de la coopération belge. Il s’agit en particulier de veiller à ce que ces institutions jouent pleinement leur rôle dans la nécessaire transition vers une société sans carbone. En raison des énormes besoins financiers engendrés par le COVID-19, les membres de la Banque mondiale ont décidé d’avancer d’un an la 20e reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA).
Il sera important de veiller à ce qu’un financement concessionnel suffisant soit fourni aux pays les moins avancés, en mettant l’accent sur les priorités clés telles que l’enseignement, les soins de santé, la protection sociale et le climat. Dans les semaines à venir, le gouvernement examinera quel engagement est réalisable compte tenu du contexte budgétaire. Cohérence des politiques pour le développement La politique belge doit viser à atteindre les objectifs de développement durable en 2030, tant en Belgique qu’au niveau international.
Ce qui implique aussi, bien sûr, que ce que nous faisons ici en Belgique ne doit pas faire obstacle à l’atteinte de ces objectifs par les pays en développement. Au cours de l’année écoulée, plusieurs initiatives ont déjà été prises au sein du gouvernement, notamment avec la ministre de l’Énergie, pour l’abandon progressif de l’huile de palme et de soja comme biocarburant, afin d’éviter que la production de ces cultures ne se fasse au détriment de la production alimentaire dans les pays souffrant de pénurie alimentaire.
Des accords ont également été conclus avec le ministre des Finances pour plaider au sein de la Banque mondiale en faveur d’une politique qui tienne davantage compte des pays les moins développés et de la nécessité d’investir dans des services publics forts. Une position commune a été élaborée sur l’annulation de la dette. Dans les mois à venir, un plan d’action sera préparé pour rechercher des opportunités similaires afin de promouvoir la cohérence des politiques pour le développement.
L’objectif est également d’intégrer les
discussions à ce sujet dans les structures de concertation existantes, y compris la conférence interministérielle, du développement durable. En outre, la recherche de moyens permettant aux différents acteurs de la politique étrangère belge de se renforcer mutuellement sera poursuivie. Une possibilité concrète d’élaborer un projet avec la Défense selon la méthode dite “comprehensive approach” est déjà prévue dans le nouveau portefeuille pays avec le Niger.
La mobilité humaine est un phénomène mondial lié à de nombreux domaines politiques, dont la solidarité internationale. Toutefois, l’agenda du développement n’est pas subordonné à la migration. Nous examinons les actions spécifiques qui peuvent être prises pour maximiser l’impact de la migration sur le développement et nous nous concentrons sur l’attention transversale portée à la mobilité dans les interventions dans d’autres secteurs.
L’inclusion des migrants, des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, des migrants rapatriés et des réfugiés dans nos interventions peut renforcer la cohésion sociale et réduire la vulnérabilité. L’expertise déjà accumulée par Enabel dans le domaine de la migration et de la mobilité sera activement promue et la Belgique participera à deux initiatives régionales de Team Europe en Afrique de l’Ouest sur la migration.
La qualité de notre coopération L’environnement dans lequel la Belgique travaille évolue souvent et rapidement. Il faut veiller en permanence à la pertinence de ce que ce que nous faisons. Le suivi attentif des projets et des programmes et les enseignements que nous devons tirer sont donc une tâche importante qui est confiée aux organisations partenaires belges. Il a été demandé à la coopération gouvernementale d’utiliser les résultats des portefeuilles passés comme base pour les interventions futures.
Ce doit être inscrit durablement dans le fonctionnement comme un moment où toutes les parties concernées se retrouvent autour de la table. De même, lors de l’élaboration des nouveaux programmes des acteurs non gouvernementaux, il a été demandé de prendre en compte les leçons tirées des programmes précédents. Il va sans dire que les organisations partenaires doivent disposer de bons systèmes de suivi pour éviter les abus et mesurer les résultats de manière fiable.
La qualité des systèmes d’évaluation a été jugée par l’Evaluateur spécial et une analyse transversale est en cours pour examiner comment ces systèmes peuvent être améliorés. Dans le même esprit, la Belgique continue de participer activement aux évaluations de la performance
des systèmes des organisations multilatérales par le MOPAN, un réseau externe de donateurs bilatéraux. Enfin, il est important de communiquer les résultats mesurés à la population de manière transparente. Il est important de montrer que l’argent du contribuable belge donne des résultats positifs, pour conserver l’adhésion de la population pour notre solidarité internationale. C’est pourquoi, en 2022, des efforts supplémentaires seront déployés pour communiquer sur la manière dont la Belgique rend les personnes en situation de pauvreté plus résilientes pour l’avenir.
Annexe: La contribution de la Belgique aux Objectifs de développement durable Les Objectifs de développement durable (ODD) servent de “boussole” à la solidarité internationale belge. Ce programme de développement durable engage tout le monde à viser des objectifs ambitieux, notamment pour éradiquer l’extrême pauvreté d’ici 2030, sans laisser personne de côté. Il va sans dire que la solidarité internationale belge entend aider les pays partenaires à atteindre ces objectifs.
Dans le même temps, les pays eux-mêmes restent les premiers responsables de leurs politiques pour enregistrer des progrès. La Belgique veut y contribuer en tant que partenaire et aligne donc les portefeuilles gouvernementaux sur les priorités et la stratégie des pays partenaires. Le suivi des progrès réalisés par rapport aux ODD est assuré par les pays partenaires eux-mêmes. La contribution belge à cet égard est difficile à isoler.
Les ODD sont donc principalement utilisés pour indiquer la direction et ils offrent un certain nombre de principes qui sont intégrés dans tous les projets et programmes belges dans les pays partenaires: Ne laisser personne de côté: la solidarité internationale belge est inclusive et vise à poursuivre le progrès pour tous les groupes de la société. L’approche des droits de l’homme appliquée par la Belgique est un moyen important de s’assurer que c’est effectivement le cas.
Tous les objectifs sont indissociablement liés: les progrès réalisés sur un objectif signifient, dans la plupart des cas, des progrès sur d’autres plans. Cependant, un progrès dans un domaine peut aussi signifier une régression dans un autre, comme l’impact d’une hausse de la prospérité sur le climat. Ce scénario doit être évité à tout prix. C’est pourquoi des solutions qui n’ont pas
d’impact négatif sur un autre domaine sont toujours recherchées. Parties prenantes multiples: chacun partage la responsabilité d’atteindre les objectifs en 2030. Il est illusoire de penser qu’il n’est pas nécessaire de collaborer pour résoudre des problèmes complexes. Nous sommes tous dans le même bateau! C’est pourquoi tous les partenaires belges doivent se parler, partager des informations et collaborer.
Parce que le tout est plus que la somme des parties. Vous trouverez ci-dessous un aperçu des ODD et des cibles auxquels la Belgique souhaite contribuer. Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle reflète les priorités de la note de politique générale. ODD 1 Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde 1.1. Éliminer l’extrême pauvreté 1.3. Mettre en place des systèmes et mesures de protection sociale adaptés au contexte national 1.5. Renforcer la résilience des pauvres et des personnes en situation vulnérable et réduire leur vulnérabilité aux phénomènes climatiques extrêmes et à d’autres chocs et catastrophes d’ordre économique et social ODD 2 Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable 2.1. Éliminer la faim et garantir l’accès de tous, en particulier des pauvres, des personnes vulnérables et des enfants, à une alimentation suffisante, saine et nutritive 2.2. Mettre fin à toutes les formes de malnutrition 2.3. Augmenter la productivité agricole et les revenus des petits producteurs alimentaires 2.4. Assurer des systèmes de production alimentaire durables et utiliser des pratiques agricoles résilientes qui augmentent la productivité, respectent les écosystèmes, s’adaptent au changement climatique et améliorent la qualité des sols 2.5. Préserver la diversité génétique des semences, des plantes et des animaux ODD 3 Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous 3.1. Réduire la mortalité maternelle
3.2. Eliminer les décès évitables de nouveau-nés et réduire la mortalité néonatale 3.3. Mettre fin aux épidémies telles que le SIDA, à la tuberculose, au paludisme et aux maladies tropicales négligées, et combattre les autres maladies transmissibles 3.4. Réduire d’un tiers, par la prévention et le traitement, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles et promouvoir la santé mentale et le bien-être 3.7. Assurer l’accès de tous à des services de soins de santé sexuelle et procréative dans les stratégies et programmes nationaux 3.8. Faire en sorte que chacun bénéficie d’une couverture sanitaire universelle, donnant accès à des services de santé essentiels de qualité et à des médicaments et vaccins essentiels sûrs, efficaces, de qualité et d’un coût abordable.
3.b Appuyer la recherche et la mise au point de vaccins et de médicaments contre les maladies, transmissibles ou non, qui touchent principalement les habitants des pays en développement, donner accès, à un coût abordable, à des médicaments et vaccins essentiels, conformément à la Déclaration de Doha sur l’Accord sur les ADPIC et la santé publique 3.d Renforcer les moyens dont disposent tous les pays, en particulier les pays en développement en matière d’alerte rapide, de réduction des risques et de gestion des risques sanitaires nationaux et mondiaux.
ODD 4 Promouvoir un enseignement inclusif et de qualité 4.1. Faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité 4.3. Faire en sorte que les femmes et les hommes aient tous accès dans des conditions d’égalité à un enseignement technique, professionnel ou tertiaire, y compris universitaire, de qualité et d’un coût abordable 4.4. Augmenter considérablement le nombre de jeunes et d’adultes disposant des compétences, notamment techniques et professionnelles, nécessaires à l’emploi, à l’obtention d’un travail décent et à l’entrepreneuriat 4.5 Éliminer les inégalités entre les sexes dans le domaine de l’éducation et assurer l’égalité d’accès
des personnes vulnérables, y compris les personnes handicapées, les autochtones et les enfants en situation vulnérable, à tous les niveaux d’enseignement et de formation professionnelle 4.7. Faire en sorte que tous les élèves acquièrent les connaissances et compétences nécessaires pour promouvoir le développement durable, notamment par l’éducation en faveur du développement et de modes de vie durables, des droits de l’homme, de l’égalité des sexes, de la promotion d’une culture de paix et de nonviolence, de la citoyenneté mondiale et de l’appréciation de la diversité culturelle et de la contribution de la culture au développement durable 4.a Faire construire des établissements scolaires qui soient adaptés aux enfants, aux personnes handicapées et aux deux sexes ou adapter les établissements existants à cette fin et fournir un cadre d’apprentissage effectif qui soit sûr, exempt de violence et accessible à tous 4.b Augmenter considérablement à l’échelle mondiale le nombre de bourses d’études offertes aux pays en développement, en particulier aux pays les moins avancés 4.c Accroître considérablement le nombre d’enseignants qualifiés, surtout dans les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement ODD 5 Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles 5.1. Mettre fin, dans le monde entier, à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et des filles 5.2. Éliminer de la vie publique et de la vie privée toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles, y compris la traite et l’exploitation sexuelle et d’autres types d’exploitation 5.3. Éliminer toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine 5.6. Assurer l’accès de tous aux soins de santé sexuelle et procréative et faire en sorte que chacun puisse exercer ses droits en matière de procréation 5.b Renforcer l’utilisation des technologies clefs, en particulier l’informatique et les communications, pour promouvoir l’autonomisation des femmes ODD 7 Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable
7.2. Accroître nettement la part de l’énergie renouvelable dans le bouquet énergétique mondial d’ici à 2030 ODD 8 Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous 8.5. Parvenir au plein emploi productif et garantir à toutes les femmes et à tous les hommes, y compris les jeunes et les personnes handicapées, un travail décent et un salaire égal pour un travail de valeur égale 8.6. Réduire considérablement la proportion de jeunes non scolarisés et sans emploi ni formation 8.8. Défendre les droits des travailleurs, promouvoir la sécurité sur le lieu de travail et assurer la protection de tous les travailleurs, y compris les migrants, en particulier les femmes, et ceux qui ont un emploi précaire 8.10. Renforcer la capacité des institutions financières nationales de favoriser et généraliser l’accès de tous aux services bancaires et financiers et aux services d’assurance ODD 10 Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre 10.2. Autonomiser toutes les personnes et favoriser leur intégration sociale, économique et politique, indépendamment de leur âge, de leur sexe, de leur handicap, de leur race, de leur appartenance ethnique, de leurs origines, de leur religion ou de leur statut économique ou autre 10.7. Faciliter la migration et la mobilité de façon ordonnée, sans danger, régulière et responsable, notamment par la mise en œuvre de politiques de migration planifiées et bien gérées ODD 13 Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions 13.1. Renforcer, dans tous les pays, la résilience et les capacités d’adaptation face aux aléas climatiques et aux catastrophes naturelles liées au climat 13.2. Incorporer des mesures relatives aux changements climatiques dans les politiques, les stratégies et la planification nationales 13.3. Améliorer l’éducation, la sensibilisation et les capacités individuelles et institutionnelles en ce qui
concerne l’adaptation aux changements climatiques, l’atténuation de leurs effets et la réduction de leur impact et les systèmes d’alerte rapide 13.a Mettre en œuvre l’engagement que les pays développés parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ont pris de mobiliser ensemble auprès de multiples sources 100 milliards de dollars des États-Unis par an d’ici à 2020 pour répondre aux besoins des pays en développement en ce qui concerne les mesures concrètes d’atténuation et la transparence de leur mise en œuvre et rendre le Fonds vert pour le climat pleinement opérationnel en le dotant dans les plus brefs délais des moyens financiers nécessaires 13.b Promouvoir des mécanismes de renforcement des capacités afin que les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement se dotent de moyens efficaces de planification et de gestion pour faire face aux changements climatiques, l’accent étant mis notamment sur les femmes, les jeunes, la population locale et les groupes marginalisés ODD 15 Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité 15.1. garantir la préservation, la restauration et l’exploitation durable des écosystèmes terrestres et des écosystèmes d’eau douce et des services connexes, en particulier les forêts, les zones humides, les montagnes et les zones arides, conformément aux obligations découlant des accords internationaux 15.2. Promouvoir la gestion durable de tous les types de forêt, mettre un terme à la déforestation, restaurer les forêts dégradées et accroître considérablement le boisement et le reboisement au niveau mondial 15.3. Lutter contre la désertification, restaurer les terres et sols dégradés, notamment les terres touchées par la désertification, la sécheresse et les inondations, et s’efforcer de parvenir à un monde neutre en matière de dégradation des terres 15.5. Prendre d’urgence des mesures énergiques pour réduire la dégradation du milieu naturel, mettre un terme à l’appauvrissement de la biodiversité et protéger les espèces menacées et prévenir leur extinction 15.9. Intégrer les valeurs des écosystèmes et de la biodiversité dans la planification nationale et locale,
dans les mécanismes de développement et dans les stratégies de réduction de la pauvreté ODD 16 Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable, assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous 16.6. Mettre en place des institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les niveaux ODD 17 Renforcer les moyens de mettre en œuvre le Partenariat mondial pour le développement et le revitaliser 17.1. Améliorer, notamment grâce à l’aide internationale aux pays en développement, la mobilisation de ressources nationales en vue de renforcer les capacités nationales de collecte de l’impôt et d’autres recettes 17.2. Faire en sorte que les pays développés honorent tous leurs engagements en matière d’aide publique au développement, notamment celui pris par nombre d’entre eux de consacrer 0,7 % de leur revenu national brut à l’aide aux pays en développement (APD/PNB) et entre 0,15 % et 0,20 % à l’aide aux pays les moins avancés 17.3.
Mobiliser des ressources financières supplémentaires de diverses provenances en faveur des pays en développement 17.4. Aider les pays en développement à assurer la viabilité à long terme de leur dette au moyen de politiques concertées visant à favoriser le financement de la dette, son allègement ou sa restructuration, selon le cas, et réduire le surendettement en réglant le problème de la dette extérieure des pays pauvres très endettés 17.5. Adopter et mettre en œuvre des dispositifs visant à encourager l’investissement en faveur des pays les moins avancés 17.14. Renforcer la cohérence des politiques de développement durable La ministre de la Coopération au Développement, Meryame KITIR