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Verslag Mission en République Démocratique Du Congo, au Burundi et au Rwanda (du 31 août au 9 septembre 2022) Rapport de Mission Voir: 001: Tente opt. 002: | Rapport des experts (version française 003: | Rapport des expats (version néerandais). O0: Aperçu des actités. ‘Composition de Ia commission spéciale! Sam Voorziter(s): Ecolo-Groen: Wouter De Vriendt Ondervoorzitters: PS: Christophe Lacroix cd&v: Jan Briers

📁 Dossier 55-1462 (7 documents)

🗳️ Votes

Partis impliqués

CD&V Ecolo-Groen PS PVDA-PTB

Texte intégral

7 mars 2024 de Belgique Voir: Doc 55 1462/ (2019/2020): 001: Texte adopté. 002: Rapport des experts (version française). 003: Rapport des experts (version néerlandaise). 004: Aperçu des activités. Rapport de Mission Mission en République Démocratique Du Congo, au Burundi et au Rwanda (du 31 août au 9 septembre 2022)

N-VA : Nieuw-Vlaamse Alliantie Ecolo-Groen Ecologistes Confédérés pour l’organisation de luttes origi PS Parti Socialiste VB Vlaams Belang MR Mouvement Réformateur cd&v Christen-Democratisch en Vlaams PVDA-PTB Partij van de Arbeid van België – Parti du Travail de Belgi Open Vld Open Vlaamse liberalen en democraten Vooruit Vooruit Les Engagés Les Engagés DéFI Démocrate Fédéraliste Indépendant INDEP-ONAFH : Indépendant – Onafhankelijk 3.2.2. Perception des travaux de la 3.3.2. Perception des travaux de la 3.4.2. Perception des travaux de la 2.1. Entretien avec le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la RDC, 2.2. Accueil au Palais du Peuple par les premier et deuxième vice-présidents du Sénat, MM. Eddy 2.3. Lunch avec le Dr Isidore Ndaywel è Nziem et le Dr Pamphile Mabiala Mantuba-Ngoma, 2.4. Échange de vues avec des parlementaires 2.5. Dîner en compagnie d’acteurs économiques 3.1. Visite au Musée national et rencontre avec 3.3. Déjeuner avec le Prof.

Ibongo (point focal pour la restitution) et Sa Majesté Mfumu Difima Ntinu, Roi du Kongo RDC, Président du Conseil supérieur de l’Autorité traditionnelle et coutumière 3.4. Réunion avec divers Professeurs & Institutions scientifiques (INERA, INRB, ING, 4.1. Rencontre avec les associations de métis 4.3. Échange de vues avec les acteurs de la 4.4. Rencontre avec des artistes au Texaf 5.1. Visite à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) 5.2. Promenade le long des bâtiments coloniaux Sommaire Pages

1.1. Audience avec S.E. M. Albert Shingiro, ministre des Affaires étrangères et de la 1.2. Rencontre avec le Comité technique national sur le passé colonial (dont Pierre Claver Ndayicariye et Aloys Batungwanayo 1.3. Réception offerte par M. David Jordens, 2.2. Rencontre avec le président de l’Assemblée Nationale du Burundi, Gélase Daniel 2.2. Accueil par M. Emmanuel Bugingo et Mme Alice Muzana, respectivement Président et Vice-présidente de la commission des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de la Sécurité de la Chambre des députés 3.1. Visite du Mémorial des casques bleus belges 3.2. Conférence avec la société civile rwandaise sur “la perception et l’impact du passé colonial belge au Rwanda” à la résidence de

INTRODUCTION

1. Contexte de la visite La commission parlementaire spéciale chargée d’examiner l’État indépendant du Congo (1885-1908) et le passé colonial de la Belgique au Congo (1908-1960), au Rwanda et au Burundi (1919-1962), ses conséquences et les suites qu’il convient d’y réserver – en abrégé la commission spéciale “Passé colonial” – doit faire la lumière sur l’État indépendant du Congo (1885-1908) et le passé colonial de la Belgique au Congo (1908-1960), au Rwanda et au Burundi (1919-1962) et en tirer les leçons pour l’avenir. Une délégation de la commission spéciale “Passé colonial” a effectué une visite de travail en RDC, au Burundi et au Rwanda du 31 août au 9 septembre 2022 afin de rencontrer un large éventail d’interlocuteurs sur le terrain (instances officielles, société civile et populations locales). Ce faisant, la commission a souhaité, d’une part, clarifier sa mission et ses travaux et, d’autre part, écouter activement. Un programme a été élaboré à cette fin, en concertation avec les postes diplomatiques belges et les services des Affaires étrangères. 2. Composition de la délégation La délégation était composée comme suit: — M. Wouter De Vriendt, président de la commission spéciale “Passé colonial” (Ecolo-Groen) — M. Jan Briers, vice-président de la commission spéciale “Passé colonial” (CD&V) — M. Marco Van Hees, rapporteur de la Commission spéciale “Passé colonial” (PVDA-PTB) — M. Jean-Marc Delizée, membre de la commission spéciale et président de la commission de la Mobilité, des Entreprises publiques et des Institutions fédérales (PS) — M. Guillaume Defossé, membre de la Commission — M. Roeland Jansoone, secrétaire de la commission spéciale “Passé colonial” — Mme Valérie Rosoux, experte de la commission spéciale “Passé colonial”. 3. Briefing Un briefing est organisé au SPF Affaires étrangères le 29 août 2022 avec les diplomates du SPF Affaires

étrangères et les représentants du SGR pour les membres de la commission “Passé colonial” participant à la mission au Congo, au Burundi et au Rwanda. 3.1. Sécurité – briefing par le SGR Les représentants du SGR recommandent d’utiliser ses propres chargeurs et adaptateurs dans les trois pays, de ne pas cliquer sur des liens inconnus et d’éviter la connexion en bluetooth. Il est recommandé d’utiliser le réseau 4G ou le VPN.

Le SGR indique que l’on peut installer le VPN sur l’ordinateur. L’ambassade à Kinshasa a deux VPN portables. 3.2. Congo 3.2.1. Développements politiques M. Tshisekedi est président depuis janvier 2019. Son programme de réforme économique n’a pas donné le résultat espéré jusqu’à présent. Les préparatifs des élections de fin 2023 et les développements au sein de la commission électorale dominent la vie politique intérieure.

La situation dans l’Est du Congo est caractérisée par une grande instabilité. L’Ituri et le Nord-Kivu sont en état de siège depuis plus d’un an. Au Nord-Kivu, il y a les rebelles islamistes. Il y a un processus de paix, lancé par le Kenya. Une médiation est conduite par l’Angola. Avec la Belgique, il y a une reprise du dialogue. La coopération au développement officielle ainsi que la coopération internationale avec les ONG sont intenses.

La coopération militaire connaît également un regain d’intérêt. La visite du couple royal a également beaucoup retenu l’attention, notamment la visite au monument des vétérans et au musée national, les regrets exprimés (“les plus profonds regrets pour les blessures infligées lors de la période coloniale belge”) et la restitution d’œuvres d’art. 3.2.2. Perception des travaux de la commission Les travaux de la Commission spéciale “passé colonial” sont perçus comme un phénomène “belgocentrique”.

Il y a peu d’échos des travaux de la commission dans

la presse et il n’en est pas davantage question sur les réseaux sociaux. La mission peut être une occasion d’expliquer le mandat de cette commission. Si, d’une part, le passé colonial est constamment présent, on note, d’autre part, un certain désintérêt. Les gens ont tendance à s’intéresser davantage aux relations bilatérales qu’au passé. C’est la Belgique qui est à l’origine de ce dossier, pas les autorités congolaises.

L’accès aux archives coloniales est en revanche considéré comme un point important. M. Wouter De Vriendt, président de la commission spéciale, souligne qu’il est important de ne pas générer trop d’attentes. La commission peut entrer en dialogue avec la société civile. Nous pouvons expliquer quel est notre mandat et souligner à quel point la commission a fait preuve d’ouverture dans la tenue des auditions.

Nous devons afficher notre volonté d’être à l’écoute. Il est souligné par ailleurs qu’il est préférable d’aller sur place avant que la commission n’entame la discussion politique. D’autre part, il y a une série de réalisations qui figurent déjà à l’agenda du Parlement: la restitution, la gestion des archives, le dossier concernant les métis. En ce qui concerne la restitution, le SPF Affaires étrangères souligne le dialogue entamé avec les autorités congolaises.

Des questions se posent à propos du champ d’application (pourquoi se limiter à la période coloniale? Pourquoi les restes humains n’entrent-ils pas dans le champ de la législation?). Les autorités congolaises ont créé une commission dans le but de définir la position du Congo, l’idée étant que cela débouche plus tard sur un traité. Au cours de l’échange de vues, il est également question des critiques dont la mission de l’ONU fait l’objet.

3.3. Burundi 3.3.1. Développements politiques Évariste Ndayishimiye est président du Burundi depuis 2020. Notre pays compte une importante communauté burundaise. La Belgique reste le principal partenaire du Burundi en matière de coopération au développement. Ces efforts sont appréciés par la population burundaise. La Belgique met l’accent sur l’État de droit, les droits de l’homme et le dialogue.

L’article 96 des accords de Cotonou est toutefois sous le feu des critiques. Cet article permet de suspendre l’aide budgétaire si certains critères, notamment liés aux droits de l’homme, ne sont pas respectés. La Commission d’enquête sur le Burundi du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, dont le mandat a été renouvelé, et les sanctions individuelles prises par l’UE à l’encontre de personnalités burundaises font l’objet de critiques.

Le pays souffre d’un manque de devises étrangères, de carburant et de nourriture. Il est possible que la commission rencontre le chef de l’État. D’aucuns soulignent toutefois la brièveté de la visite de la délégation. 3.3.2. Perception des travaux de la commission Jusqu’à il y a peu, la Belgique était considérée comme le principal responsable des maux actuels du Burundi (divisions ethniques, pauvreté).

D’autre part, la Belgique jouit d’une grande visibilité. En juillet 2020, le sénat burundais a publié plusieurs documents relatifs au passé colonial. Il existe un intérêt pour les archives. Il est fait référence au livre de Ludo Dewitte sur le meurtre de Louis Rwagasore. Cet ouvrage est toutefois passé relativement inaperçu au Burundi. 3.4. Rwanda 3.4.1. Développements politiques Le Rwanda est un exemple en matière de défense des droits des femmes.

Le parlement rwandais compte plus de 60 % de femmes. Le pays s’impose par ailleurs comme un acteur de premier plan dans le domaine des sources d’énergie alternatives. Il a l’ambition de devenir le “Singapour de l’Afrique”, un véritable centre financier. La mémoire du génocide y est omniprésente. Il est reproché à l’administration coloniale belge d’avoir exploité politiquement et institutionnalisé la distinction entre Hutus et Tutsis.

Selon le discours développé au Rwanda, c’est ainsi que s’est créée la ligne de fracture structurelle qui a donné lieu au génocide. En ce qui concerne les relations bilatérales, on constate qu’elles sont fortes entre les deux peuples mais fluctuantes entre les gouvernements des deux pays. La coopération au développement est importante (la Belgique

est le plus important partenaire si l’on considère l’aide par habitant). 3.4.2. Perception des travaux de la commission Les critiques formulées à l’égard de la commission concernent la nomination d’une experte auprès de la commission “Passé colonial”. Le président du Sénat rwandais a écrit au Parlement fédéral à ce sujet. Ce courrier est resté sans réponse. Le Rwanda n’a pas non plus apprécié que des experts qu’il avait proposés, comme Jean-Damascène Gasanabo ou Philibert Gakwenzira, n’aient pas été retenus par la commission “Passé colonial”.

On peut supposer que la partie officielle de la visite au Rwanda sera réduite, c’est-à-dire qu’elle n’aura pas lieu au niveau ministériel. Une rencontre avec l’adjoint au ministre de l’Unité nationale fait partie des possibilités. Une rencontre avec les experts précités est également suggérée. Notons également la visite du mémorial du génocide de Kigali, du mémorial des casques bleus belges et du Centre Iriba.

Les archives du Rwanda ont été numérisées. La restitution d’objets d’art n’est pas une question qui agite le Rwanda. On constate toutefois un intérêt pour la restitution des publications/enregistrements de poèmes et chants rwandais. 3.5. Relations avec la presse S’ensuit un échange de vues concernant les conférences de presse éventuelles. Le président estime que le calendrier est bien choisi. Il se félicite que la visite ait lieu avant que les conclusions politiques aient été formulées.

Il remercie les représentants du SPF Affaires étrangères et du SGRS pour les informations nombreuses et détaillées qu’ils ont communiquées à la commission. CHAPITRE 1 – CONGO 1. Mercredi 31 août La délégation arrive à l’aéroport de N’Djili à Kinshasa le mercredi 31 août 2022. Elle y est accueillie par S.E. M. Johan Indekeu, Ambassadeur de Belgique en RDC.

La délégation s’installe ensuite à l’hôtel Pullman à Kinshasa. 2. Jeudi 1er septembre La journée commence par un petit-déjeuner à la résidence de M. Johan Indekeu, ambassadeur de Belgique en RDC. 2.1. Entretien avec le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la RDC, M. Christophe Lutundula La délégation s’entretient avec le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la RDC, M. Christophe Lutundula.

Dans son exposé introductif, M. Wouter De Vriendt, président de la commission spéciale “Passé colonial”, expose le contexte et le but de la mission. Le président souligne qu’il s’agit en l’espèce d’une délégation parlementaire, qui ne représente aucunement le gouvernement. Il a été décidé que la délégation se rendrait au Congo, au Burundi et au Rwanda pour écouter les interlocuteurs. Les citoyens de ces trois pays sont les premiers concernés par les travaux de la commission Soixante ans après l’indépendance, la Belgique a eu le courage de se pencher sur différents aspects de son passé colonial.

Le président expose les motifs qui ont donné lieu à la création de la commission spéciale. Dans une lettre adressée au président Tshisekedi à l’occasion du soixantième anniversaire de l’indépendance du Congo, le Roi Philippe a reconnu que des atrocités avaient été commises sous le règne du Roi Léopold

II. Il a même exprimé ses regrets à cette occasion. La commission a été créée sous l’impulsion de la société civile et du mouvement Black Live Matters et à la suite du dépôt de propositions de résolution sur ce thème par différents groupes politiques. La commission se penche sur l’histoire, la réconciliation et d’éventuelles réparations, ainsi que sur le lien entre le passé colonial et le racisme et la discrimination.

Le 17 juillet 2020, la “Commission spéciale” a été instituée. La résolution prévoyait la mise en place d’un groupe d’experts chargé de rédiger un rapport préparatoire pour cette commission spéciale. Le président souligne que la commission spéciale a organisé de nombreuses auditions dans l’intervalle (plus de 120 membres et organisations dont bon nombre viennent du Congo, du Burundi et du Rwanda et des

représentants de la diaspora). La commission est assistée de trois experts, dont Mme Rosoux. La commission spéciale se propose de formuler des recommandations politiques d’ici la fin de cette année. La méthodologie utilisée par la commission s’articule autour de trois principes: — Le respect mutuel: la délégation est là pour écouter ses interlocuteurs, dans un rapport égalitaire dépourvu de tout paternalisme. — Inclusion et participation: La commission adopte une approche inclusive et souhaite associer à ce processus des personnes issues de ces trois pays et de la diaspora.

Dans ce cadre, un appel ouvert a été lancé sur le site web de la Chambre à toute personne qui manifesterait de l’intérêt pour cette matière. Si le Parlement fonctionne “top down” en temps normal, cette commission adopte, à travers cet appel, une approche “bottom up”. — La transparence est importante. Tous les travaux de la commission peuvent être suivis en live streaming ou en différé sur le site web de la Chambre.

Un rapport intégral est publié. Les travaux de la commission sont également suivis par les médias. Le président explique que le processus est souvent ardu et sensible. La commission ne disposait d’aucun manuel lui permettant de s’orienter dans les travaux. À l’étranger, le passé colonial est également à l’étude mais ces initiatives ont une portée plus limitée. La commission a débattu du rôle de la monarchie, de l’Eglise, des autorités publiques et des entreprises.

L’attention accordée aux archives a également été évoquée, ainsi que l’accès des scientifiques des trois pays à ces archives. La situation des métis a été examinée. La commission s’est également intéressée à la restitution des objets d’art, à la visibilité du passé colonial dans l’espace public, à la réparation et aux excuses, à la coopération scientifique avec les trois pays et à l’attention accordée au passé colonial dans l’enseignement.

La commission ne veut pas seulement se tourner vers le passé, elle veut aussi se projeter vers l’avenir afin de nouer de meilleures relations entre la Belgique et les trois pays. (Observation: Chaque rencontre de la délégation dans les trois pays sera précédée d’une introduction

définissant les objectifs et la finalité de la commission spéciale “Passé colonial”.) * * * M. Jan Briers, vice-président de la commission “Passé colonial”, souligne son intérêt pour les musées, les festivals et les événements culturels. Il demande si le ministre est favorable à un “deuxième musée de Tervuren” à Kinshasa ou plutôt à plusieurs musées décentralisés dans les provinces. M. Jean-Marc Delizée (PS) fait observer qu’il n’est pas seulement membre de la commission spéciale mais aussi président de la commission de la Mobilité, des Entreprises publiques et des Institutions fédérales.

Cette commission permanente a adopté des lois qui concernent la commission spéciale, notamment à propos de la restitution d’objets d’art et des archives. Le projet de loi visant la restitution de biens culturels africains a été adopté le 30 juin 2022. Ce projet offre un cadre juridique pour la restitution et le retour d’objets d’art. La question de savoir si les objets ont été acquis dans la légalité sera examinée au cas par cas.

Une commission scientifique sera chargée d’identifier les objets restituables et les objets acquis illégalement ou considérés comme tels. La Belgique devra conclure des accords de coopération avec le Congo, le Rwanda et le Burundi. Il espère que ces accords seront approuvés avant la fin de cette législature. M. Delizée demande au ministre comment il perçoit ces accords relatifs à la restitution. L’intervenant renvoie par ailleurs au protocole d’accord conclu entre les Archives de l’État et le SPF Affaires étrangères concernant le transfert des archives africaines vers les Archives générales du Royaume.

Un projet de loi visant à déclassifier une série de documents est en cours de préparation. M. Christophe Lutundula, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la RDC, fait observer que les déclarations du Roi Philippe ont initié une dynamique de réconciliation qui peut se concrétiser. Nous ne pouvons pas effacer l’histoire, mais nous pouvons en tirer des enseignements. Le ministre encouragera ce

processus. Le Parlement belge peut jouer un rôle dans le processus de réconciliation. La réconciliation comprend également la participation de la Belgique à la reconstruction du Congo. Il est renvoyé à la grande expertise de la Belgique et au rôle qu’elle peut jouer dans divers domaines, tels que l’État de droit, les droits des jeunes et des femmes ainsi que la lutte contre le réchauffement climatique.

Le vice-premier ministre indique que les initiatives concernant la restitution témoignent d’une approche structurée. Il évoque ses entretiens avec les autorités belges concernant la restitution. Ceux-ci ont porté sur l’assistance technique, la formation du personnel, l’assistance permettant la conservation et la gestion des biens culturels. Le vice-premier ministre est favorable tant à un “second musée de Tervuren” à Kinshasa qu’à une décentralisation comprenant plusieurs musées situés dans les provinces.

Le vice-premier ministre estime qu’il est important de rappeler le passé colonial aux générations futures. Un monument symbolisant la réconciliation et illustrant la rupture entre le passé colonial et les nouvelles relations serait un beau symbole de réparation. Le président remercie le vice-premier ministre pour les déclarations qu’il a faites pour soutenir l’initiative parlementaire belge. La réconciliation est importante et nous devons nous tourner vers l’avenir.

Le monument érigé en signe de réconciliation est une belle proposition. Il existe déjà au Congo un monument en reconnaissance de l’engagement des Congolais au cours des Première et Deuxième Guerres mondiales. Des commémorations peuvent être organisées en Belgique. Mundela et Sanguma Temongonde Mossai. La délégation est ensuite accueillie par les premier et deuxième vice-présidents du Sénat congolais, MM. Eddy Le premier vice-président du Sénat, M. Eddy Mundela, souligne que quelques initiatives législatives susceptibles d’intéresser la commission “Passé colonial” sont pendantes au Sénat.

Celui-ci devrait examiner début septembre une proposition de loi relative à la protection du patrimoine culturel congolais. Le vice-président mentionne la proposition instituant une commission parlementaire dédiée à la restitution de l’héritage culturel. Cette commission parlementaire est appelée à se voir

accorder un mandat plus étendu, qu’elle exercera avec une composition inclusive. À la question de savoir si la commission se concentrera sur le passé colonial en général, le premier viceprésident répond qu’il prône une approche progressive. Une approche globale est importante. Le premier vice-président demande des précisions concernant la “décolonisation” du Musée de Tervuren. Il est favorable à une collaboration accrue avec l’Africa- Museum et à un meilleur accès aux archives coloniales.

Le premier vice-président fait observer que les anciens combattants congolais ont joué un rôle majeur autrefois dans les conflits internationaux dans lesquels la Belgique était impliquée, mais ils ne sont pas suffisamment récompensés. Au cours de sa récente visite, le Roi Philippe a rendu un hommage symbolique à M. Kunyuku Ngoma, le seul ancien combattant encore en vie de la Force publique. Le premier vice-président plaidera pour que l’ancien combattant soit apprécié pour ses mérites.

L’ambassadeur donne à cet égard des précisions concernant la convention bilatérale relative à la rémunération des anciens combattants. Il apparaît que l’indemnité n’est toutefois jamais parvenue à son destinataire. Le deuxième vice-président du Sénat, M. Sanguma Temongonde Mossai, estime qu’il faut tourner la page du passé colonial. Il demande d’oublier le passé et d’embrasser l’avenir de manière positive.

Il souhaite mettre en lumière quelques aspects positifs du passé colonial, tels que les réalisations dans les domaines de l’agriculture et de l’infrastructure. 2.3. Lunch avec le Dr Isidore Ndaywel è Nziem et le Dr Pamphile Mabiala Mantuba-Ngoma, historiens, spécialistes du passé colonial S’ensuit un déjeuner à la résidence de l’ambassadeur avec le Dr Isidore Ndaywel è Nziem et le Dr Pamphile Mabiala Mantuba-Ngoma, historiens spécialistes du passé colonial.

Les historiens reconnaissent que la Chambre des représentants belge joue un rôle de pionnier dans l’analyse du passé colonial. La diaspora est également très active dans ce domaine, mais la question est moins vivante au Congo même. Dans les écoles congolaises, l’enseignement du passé colonial est pratiquement inexistant. Cela n’empêche pas les universitaires de lire le rapport des experts présenté à la commission spéciale

en octobre 2021. Ce rapport fera l’objet d’un débat avec des points de vue critiques les 7 et 8 octobre 2022. Au cours de l’échange de vues, les historiens suggèrent plusieurs pistes de coopération. Il y a la demande d’ouverture des archives (notamment la visualisation des photos des émeutes du 4 janvier 1959, des postes d’accostage des routes de l’esclavage et des photos de la Force Publique). Il est également possible de coopérer davantage avec le Musée de l’armée.

Les Archives générales du Royaume détiennent d’importantes collections de cartes qui intéressent les autorités et universitaires congolais. Les archives du Congo sont en piteux état. On pourrait faire un atlas de la cartographie congolaise. Le Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP) a publié des études sur le passé colonial et les Cahiers du CEDAF (Centre d’Études et de Documentation Africaines) se sont concentrés sur le post-colonialisme.

Il est regrettable que ces publications aient été interrompues car la collaboration avec les chercheurs en sciences humaines congolais se déroulait bien. Cette collection pourrait être poursuivie. Les historiens prônent un rapprochement entre les scientifiques. La Belgique pourrait également jouer un rôle dans le rapprochement entre les scientifiques du Congo, du Rwanda et du Burundi. spéciale “Passé colonial”, souligne que la question du post-colonialisme fait partie du mandat de la commission, à condition qu’il y ait un lien avec le passé colonial.

M. Jan Briers, vice-président de la commission spéciale “Passé colonial”, propose d’organiser chaque année un festival réunissant des artistes congolais et belges. M. Jean-Marc Delizée (PS) souligne les perspectives de coopération intermuséale. Le Musée royal de l’Afrique centrale et le gouvernement fédéral ont récemment transmis au premier ministre congolais un inventaire reprenant 85.000 objets congolais.

M. Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) salue le geste des acteurs du monde académique congolais qui ont annoncé qu’ils émettront un avis critique sur le rapport des experts en octobre, le gouvernement congolais ne s’étant pas jusqu’à présent exprimé à ce sujet. En ce

qui concerne la restitution, l’intervenant souligne qu’il est important que les négociations entre les deux États soient menées sur un pied d’égalité. congolais La délégation belge rencontre ensuite les parlementaires suivants à l’ambassade de Belgique à Kinshasa: Union Sacrée (Membres réels ou théoriques) Juvénal Munubo Mubi (Député National (DN), Nord- Kivu, UNC) Jacquemain Shabani Lukoo (Président CEP/UDPS) Opposition Henri Mova Sakanyi, ancien ambassadeur en Belgique et ancien ministre Prof.

Gamanda Matadi Nenga Sénat Thomas Luhaka Losendjola (Sénateur) S.A. Princesse impériale Marylin Yav (Sénatrice) M. Henri Mova Sakanyi appelle à une relecture collective de l’histoire. Le rapport d’experts reflète le narratif belge du passé colonial. L’orateur plaide en faveur d’une représentation plus cohérente du passé et formule certaines critiques envers la littérature anglo-saxonne qui a fustigé le colonisateur belge.

M. Thomas Luhaka Losendjola (sénateur) constate que les Belges éprouvent, face à leur passé colonial, un certain malaise et un sentiment de culpabilité. La population congolaise connaît très mal le passé colonial, ce qui donne lieu à des idées préconçues. Il invite à (ré) écrire ensemble cette histoire. M. Jacquemain Shabani Lukoo (président CEP/UDPS) souligne que l’étude de l’histoire ne s’arrête pas en 1960.

De nombreux faits et événements ont simplement continué à produire leurs effets au-delà de cette date. Le professeur Gamanda Matadi Nenga indique que, lorsque le Congo a accédé à l’indépendance, celui-ci

ne possédait pas de cadre de juristes, de docteurs ni d’ingénieurs. La maison de l’indépendance s’est ainsi construite sur un sol instable. Un peuple qui ignore son histoire est un peuple perdu. Recherchons la vérité et les possibilités de réparation. Cette réparation ne doit pas nécessairement s’exprimer en termes financiers. L’intervenant évoque des projets dans le domaine de la justice. M. Juvénal Munubo Mubi (député national -UNC) est originaire du Nord-Kivu, une région qui a connu la réalité de l’exploitation minière.

Aujourd’hui encore, l’exploitation se poursuit, mais sans aucune redistribution. À l’époque de la colonisation, certes, il y avait l’exploitation, mais il y avait aussi des hôpitaux. On ressent aujourd’hui une certaine nostalgie de cette période. On ne peut nier l’histoire. L’affaire Lumumba n’a pas facilité les relations avec la Belgique. Le Congo porte une grande responsabilité en ce qui concerne l’absence de bonne gouvernance et de répartition des richesses dans la période qui a suivi l’indépendance.

Inventorions ensemble les points positifs et négatifs de l’histoire et examinons celle-ci avec sérénité. La princesse Marylin Yav (sénatrice) attire l’attention sur l’Empire, qui englobe plusieurs États. Elle représente la noblesse et les chefs traditionnels et se dit très proche du peuple (et de la diaspora). Elle estime que la réconciliation est impossible sans réparation ni reconnaissance. Une éventuelle commission de réconciliation devra également aborder les dossiers délicats.

En tant que représentante de l’Empire, de la philosophie Ubuntu et du “culte”, elle estime que tous les biens spoliés doivent être restitués aux communautés. À cet égard, elle fait également référence aux dépouilles des Rois. Au cours des discussions, il est apparu que les scientifiques congolais qui veulent participer à des colloques en Belgique rencontrent trop souvent des problèmes de délivrance de visas.

Il existe un consensus général sur la nécessité d’associer également les représentants politiques congolais au travail de la commission belge, surtout en ce qui concerne les délibérations sur nos relations futures. spéciale “Passé colonial” constate chez les parlementaires une volonté de se prêter à un exercice conjoint. Le Parlement pourrait collaborer à l’initiative du président du Sénat congolais de créer ensemble une commission

dédiée au passé colonial. La commission spéciale clôturera ses travaux vers décembre 2022, mais cela ne mettra certainement pas fin au travail de réparation, de réconciliation et de mémoire du passé colonial. Le président reconnaît en outre qu’il règne un sentiment de malaise face aux injustices du régime colonial belge. La Belgique assume, d’une certaine manière, une responsabilité morale pour les traitements injustes et l’exploitation de la population.

Il a pris note des suggestions visant une plus grande coopération scientifique et une attribution plus fluide des visas. M. Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) constate qu’il reste fort à faire dans le domaine de l’enseignement du passé colonial. De nombreux sujets n’ont pas encore été creusés et peuvent être explorés par le monde universitaire et les experts scientifiques, éventuellement par le biais de bourses pour certaines thématiques.

M. Marco Van Hees (PVDA-PTB) souligne qu’au cours de la période post-coloniale, il y a eu un manque de formation et de cadres pour construire l’avenir du Congo. La responsabilité de la crise au Congo n’est pas seulement congolaise, elle est également belge. Il demande aux députés comment ils voient la responsabilité de la Belgique dans la période du post-colonialisme. Quels développements post-coloniaux sont perceptibles et quel est le lien entre l’exploitation économique pendant le passé colonial et les problèmes actuels dans l’est du Congo? La réparation n’est pas seulement financière, mais c’est plutôt la recherche de relations équitables et d’attitudes respectueuses entre les parties. que certaines caractéristiques de l’armée du colonisateur belge sont toujours présentes dans les structures militaires actuelles.

Il n’est pas toujours question de “culture civique”. En ce qui concerne le rôle de la monarchie, grâce à l’esprit d’entreprise de Léopold II, le Congo est un très grand pays et Léopold II est considéré comme le fondateur du Congo. Cependant, les événements autour de Lumumba et la sympathie que les milieux belges influents de l’époque ont manifestée à l’égard du sécessionniste Tshombé, jettent un éclairage différent sur le rôle de la monarchie.

La responsabilité de l’État belge est également liée au fait que le colonisateur a confié trop de pouvoir aux entreprises. Nous pouvons approfondir le débat sur la restitution des objets culturels, mais l’intervenant se demande quelle relation les Congolais entretiennent encore avec les objets d’art du passé. Il s’agissait d’objets rituels. Le musée national n’est pas

très fréquenté. En ce qui concerne la réparation, nous devons mettre en lumière les aspects positifs et négatifs du passé colonial. Le Congo est une création belge. En raison de la colonisation, nous parlons la même langue. En ce qui concerne les observations sur le post-colonialisme, nous constatons que la Belgique n’a pas appris au peuple congolais à gouverner un État moderne. Ce handicap persiste dans le Congo d’aujourd’hui.

M. Henri Mova Sakanyi souligne que des initiatives telles que le festival de musique Congofolies à l’Atomium ou l’intention d’organiser un match entre les Diables rouges et les Léopards peuvent avoir une grande valeur symbolique. M. Juvénal Munubo Mubi (Député National-UNC) estime que la responsabilité des erreurs de gestion commises après 1960 est presque entièrement imputable aux autorités congolaises, et seulement indirectement aux autorités belges.

Il considère également la Belgique comme le pays le mieux placé pour jouer un rôle dans le conflit dans l’est du Congo. La princesse Marylin Yav (sénatrice) souligne que l’histoire du Congo a commencé avec la Belgique. Avant cela, le Congo n’existait pas et c’étaient des nobles et des chefs traditionnels qui y régnaient. Le colonisateur belge a détruit cette culture et causé beaucoup de tort. Elle s’oppose à la restitution d’objets d’art aux musées car il s’agissait d’artéfacts qui avaient leur place dans les temples et n’étaient pas destinés à être exposés dans des musées.

Ces temples existent toujours et les nobles et les chefs traditionnels en sont les propriétaires. Elle souhaite disposer d’une voix délibérative quant à la destination des biens culturels et demande que les codes et coutumes des communautés soient pris en compte. Lors de l’échange de vues avec les parlementaires, cette position a provoqué des tensions entre la sénatrice et les parlementaires plus modérés, qui souhaitent surtout une coopération avec la Belgique.

M. Jean-Marc Delizée (PS) souligne l’importance du dialogue dans le cadre de la restitution. Il fournit des précisions sur la nouvelle loi et les accords de coopération qui sont envisagés. Les demandes de restitution peuvent provenir non seulement des autorités congolaises, mais aussi d’un citoyen ou d’une communauté villageoise. Cette demande doit alors passer par les autorités congolaises, qui se prononceront à son sujet.

La restitution matérielle tiendra également compte des questions opérationnelles, telles que les modalités de conservation, le transport, la sécurité, etc. La coopération

et l’assistance technique entre les musées existaient déjà avant la loi et nous pouvons œuvrer pour que nos institutions scientifiques aillent le plus loin possible en la matière. historiques La journée s’achève par une rencontre entre la délégation et les personnes suivantes: • M. Jean-Philippe Waterschoot, Président, Texaf; • M. Quentin Loontjens, Administrateur, Directeur financier de la Sucrière de Kwilu; • M. Bernard Andri, Administrateur Directeur général, Groupe Chanic.

Texaf est une entreprise de textile créée en 1925 et reconvertie en 2007. En ce moment, Texaf est principalement active dans le secteur immobilier. Elle est également active dans le secteur numérique et dans l’exploitation de carrières. Texaf est une société cotée en bourse qui attire aussi les investissements étrangers et qui exerce toutes ses activités en RDC. La Sucrière de Kwilu-Ngongo est une compagnie sucrière depuis 1925.

La compagnie fait partie du holding FINASUCRE de la famille Lippens. Il s’agit d’une entreprise économique mixte. L’État congolais en est partenaire à 40 %. La Sucrière est le seul producteur de sucre actif au Congo. Elle emploie plus de 2.300 travailleurs, qui bénéficient non seulement d’un salaire correct, mais également d’une attention particulière en termes d’enseignement, de logement, de soins de santé et d’offre culturelle.

Le Groupe Chanic (Chantier naval et industriel du Congo) est une société de construction et de réparation d’unités fluviales ou de réparation industrielle créée en 1928. Le chantier naval de Chanic occupe plus de 500 personnes. C’est l’un des rares chantiers navals actifs en Afrique centrale. Les entrepreneurs soulignent que dans aucun pays africain, la voix de la Belgique n’a autant de poids qu’au Congo.

Les entrepreneurs belges y sont respectés, ce qui est moins le cas de leurs homologues chinois et libanais. Le climat économique est compliqué par l’insécurité juridique, la faiblesse des infrastructures et la pénurie de travailleurs qualifiés. Les entrepreneurs soulignent la nécessité de soutenir les jeunes. La création d’un fonds de financement soutenant les jeunes entrepreneurs congolais pourrait être une mesure utile

à cet égard. Il est également suggéré d’assouplir la procédure de délivrance des visas dans le cadre des relations commerciales. Les entrepreneurs indiquent que le débat sur le passé colonial suscite peu d’intérêt au sein de la population congolaise, qui est davantage préoccupée par l’évolution de la situation dans l’Est du Congo. 3. Vendredi 2 septembre Après le départ de S.E. M. Johan Indekeu, Ambassadeur de Belgique en RDC, pour les journées diplomatiques à Bruxelles, Mme Lot Debruyne, cheffe de mission adjointe, coordonne la suite de la visite de travail.

3.1. Visite au Musée national et rencontre avec le Directeur, M. Placide Mumbembele Le Musée national a été construit grâce à des fonds de développement de l’Agence coréenne de coopération internationale. Il a été offert au gouvernement congolais en juin 2019. La délégation est reçue par le directeur, le professeur Placide Mumbembele. Après avoir visité l’exposition temporaire, la délégation découvre la collection permanente, qui abrite notamment le masque Kakuungu prêté au musée lors de la visite du Roi Philippe en juin 2022.

Le professeur Mumbembele guide la délégation à travers les salles de stockage et les laboratoires destinés à la restauration et à la conservation. 3.2. Visite à l’échangeur La délégation se rend ensuite à “l’échangeur”, une construction de 210 mètres de haut érigée en tant que symbole de la Nation sous le Président Mobutu. Le bâtiment contient des espaces de stockage pour les œuvres d’art. Sur le site se trouvent également la statue et le mausolée de Patrice Lumumba, qui fut le premier premier ministre du Congo indépendant en 1960.

3.3. Déjeuner avec le Prof. Ibongo (point focal pour la restitution) et Sa Majesté Mfumu Difima Ntinu, Roi du Kongo RDC, Président du Conseil supérieur de l’Autorité traditionnelle et coutumière CONATC RDC La délégation s’entretient ensuite avec le professeur Ibongo (point focal pour la restitution) et Sa Majesté Mfumu Difima Ntinu, Roi du Kongo RDC, qui est le “primus

inter pares” parmi les rois congolais et se définit comme le gardien des traditions et des coutumes. Sa Majesté Mfumu Difima Ntinu, Roi Congo, fait un discours dans lequel il souligne le tort que l’État belge a fait aux parents de la génération congolaise actuelle. Il ne faut pas minimiser les faits et ceux qui sont blessés doivent être écoutés. Il s’étonne en outre que la restitution d’objets d’art ne comprenne pas les archives et les restes humains.

Il s’étonne également que le masque Kakuungu que le Roi Philippe a apporté au Musée national soit “prêté”. C’est très curieux. Le colonisateur a volé le bien et il est ensuite prêté au Congo. Il estime en outre que ce sont les communautés traditionnelles, dont la culture a été détruite par le colonisateur, qui sont les véritables propriétaires des objets d’art et non les musées. Il considère dès lors que les États doivent reconnaître l’autorité des communautés culturelles traditionnelles au Congo.

Le Roi Philippe estime que si les objets culturels quittent la Belgique, une cérémonie adéquate ou un rituel relevant du droit coutumier devrait précéder leur départ, après quoi ces objets seront envoyés au Congo. Le professeur Ibango décrit le recours à la tradition comme une démarche africaine d’examiner un problème et se demande également pourquoi il n’a pas été possible de résoudre le problème des archives et des restes humains en une fois et de manière globale. spéciale Passé colonial, considère les propos du Roi Congo comme un encouragement à poursuivre le dialogue en respectant les “chefs coutumiers”.

3.4. Réunion avec divers Professeurs & Institutions scientifiques (INERA, INRB, ING, ICCN, …) à l’Ambassade (Salle Erasme) La délégation assiste à une table ronde avec les professeurs et les représentants des institutions scientifiques suivants: le professeur Dr. Jean Jacques Muyembe, Institut National de Recherche Biomédicale; Olivier Mushiete Nkole, Institut congolais pour la conservation de la nature; Jacques Lutaladio, Institut national pour l’Étude et la Recherche Agronomique; le professeur Eric Misilu Mia Nsokimieno, Institut National Géographique;

Guy Larqué Kabamba, Archives Nationales du Congo; le professeur Bob Bobutaka, bibliothéconomie et archives; Dr. Théodore Nganzi, Institut National des Arts; le professeur Santedi, Université Catholique du Congo; le professeur Dr. Samuel Mampunza, Université Protestante du Congo; le professeur Blaise Muya, Université Kimbanguiste; le professeur Em. Jean Bwathsia Kambayi, historien; le professeur Tshikuku, historien; le professeur Obotela Rachidi, historien; le professeur José Adolphe Voto, historien; le professeur Bruno Lapika, Doyen anthropologie; la professeure Josette Shaje Tshiluila, anthropologue; le professeur Clément Mwabila Malela, sociologue; le professeur Bernard Lututala, démographe; le professeur Kabeya Tshikuku, économiste; le professeur Mabika, économiste; le professeur Pascal Kapagama, coopération internationale.

L’échange de vues avec les professeurs est organisé de manière thématique. Les professeurs se pencheront d’abord sur l’époque de la colonisation avant de faire le point sur la situation actuelle. Aspects démographiques de la colonisation (y compris les soins médicaux): Durant la colonisation, un effort a été réalisé afin de comprendre les aspects démographiques. La quantité de main-d’œuvre qui était nécessaire pour exploiter les matières premières était connue et la migration interne était strictement contrôlée.

Il n’y avait pas d’épidémies telles que nous en connaissons aujourd’hui. Les Belges ont créé des écoles d’infirmières, des centres médicaux et des universités en 1955 (Lovanium et Kisangani). Il

existait des laboratoires médicaux à divers endroits du pays. Chaque laboratoire faisait de la recherche. Grâce à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, la recherche était très avancée. Il est à présent question d’une migration interne sauvage et incontrôlée, surtout vers les villes, pas seulement vers Kinshasa. Les recensements de population n’offrent pas de chiffres fiables. La RDC se classe en deuxième position en ce qui concerne la vitesse de la croissance de la population.

Il y règne une grande pauvreté. La mortalité maternelle est élevée. Les scientifiques indiquent qu’ils regardent avec une certaine “nostalgie” les réalisations du passé. Conservation de la nature Le souci de conserver la nature est un défi mondial. Il s’agit d’une superficie de 300.000 km2, c’est-à-dire 10 fois la Belgique. Dans chaque zone protégée, il y a des scientifiques qui peuvent fournir des informations importantes sur le développement des virus.

Économie En 1957, l’économie du Congo était très solide et aussi forte que celle de la Corée du Sud. Le Congo était plus performant que l’Afrique du Sud. Dans un aperçu de l’histoire économique, le professeur évoque la répression et l’exploitation sous l’État indépendant du Congo et les réalisations positives des entreprises belges par la suite. L’indépendance précipitée a conduit au départ des grandes entreprises belges.

Selon l’orateur, ce divorce n’était pas préparé et allait à l’encontre de tous les intérêts. Il indique que les deux pays ont encore beaucoup de choses en commun et souhaite qu’ils coopèrent de nouveau en toute transparence. Restitution Les démarches belges en matière de restitution et le dialogue y afférent sont appréciés. L’Afrique a besoin d’être entendue. Le problème du manque de concertation est universel.

La Belgique a entrepris des démarches remarquables dans le domaine de la restitution. Un autre intervenant se demande si la Belgique, lors de la restitution du masque Kakuungu, a prêté au musée le vrai masque ou une copie. Il se demande si cette restitution conduira à la réconciliation. Il affirme que les règles de l’UNESCO ne sont pas respectées et se demande pourquoi les crânes et les dépouilles ne sont pas visés par la réglementation.

Un intervenant demande également la restitution des os d’Ishango, la plus ancienne découverte dans le domaine mathématique actuellemen t conservée à l’IRScNB à Bruxelles. Religion Les représentants des universités catholiques et protestantes font remarquer que les Églises étaient, dans un certain sens, complices de la colonisation. Les Églises ont investi dans les hôpitaux, le travail social et l’éducation (notamment la formation dans les séminaires).

Les protestants, bien que minoritaires, venaient de pays plus grands que la Belgique et ont donc dénoncé certains problèmes lors de la colonisation. Le représentant de l’Université Kimbanguiste revient sur les atrocités subies par Kimbangu pendant le régime colonial belge. Il a été détenu en tant que prisonnier d’opinion pendant 30 ans. Il faut en rendre compte. Il y a maintenant des rues qui portent le nom de Kimbangu et c’est une bonne réhabilitation.

Enseignement Un intervenant trouve que la copie du modèle de Bologne “licence, master et doctorat” (LMD) par le système éducatif congolais n’est pas adaptée à la population. Il souhaite que l’éducation aboutisse à la formation de jeunes sachant résoudre les vrais problèmes de la société et demande aux Belges d’apporter leur aide en la matière. Archives En 1958, il n’y avait même pas de dépôt pour les archives.

La plupart des archives se trouvent en Belgique. Les archivistes demandent à la Belgique de les aider à mettre en place des installations permettant une bonne gestion des archives. Les archivistes soulignent l’état problématique des archives. Alors que la Belgique a une politique archivistique forte, elle ne fait rien pour les archives du Congo. Ils plaident pour une aide accrue et plus de formation de la part des Belges qui ont déjà une longue expérience dans ce domaine.

Les stages et les séminaires peuvent également contribuer à une revalorisation de la mémoire institutionnelle. L’histoire militaire Il est fait référence à un film sur la réconciliation et les revendications des anciens combattants congolais qui ont joué dans le passé un rôle dans les conflits internationaux impliquant la Belgique. Lorsque, lors de sa visite, le Roi Philippe a rendu hommage à M. Kunyuku

Ngoma, le seul vétéran de la Force Publique encore en vie, on attendait plus qu’une médaille. Ni les autorités congolaises ni l’État belge n’ont fait quoi que ce soit. M. Jean-Marc Delizée (PS) reconnaît l’importance des archives, qui présentent également diverses facettes en Belgique. Il y a les archives publiques et les archives privées. Il y a le transfert des archives des Affaires étrangères aux Archives du Royaume.

Il donne des précisions sur la numérisation des archives et les récentes initiatives gouvernementales visant à promouvoir l’accessibilité et la déclassification des archives afin que celles-ci soient accessibles à tous. Il ne sera pas proposé de transférer toutes les archives au Congo. Le gouvernement et le Parlement ont également fait leur travail s’agissant de la restitution. La loi belge présente une meilleure approche que la pratique française.

La restitution est un travail de longue haleine et la Belgique dialogue avec le Congo. La coopération scientifique peut être stimulée. La discussion relative aux restes humains est une autre affaire. Le membre fait référence au projet HOME. Cette étude sera bientôt terminée, après quoi une loi réglementera cette question. M. Marco Van Hees (PVDA-PTB) indique qu’il partage nombre des critiques formulées concernant la restitution.

Il a également critiqué le caractère unilatéral de la loi dans l’hémicycle. Il a l’impression que la totalité des biens coloniaux a été acquise de manière illégitime. La numérisation des archives est une option, mais elle doit être discutée avec le Congo et non décidée de manière unilatérale. spéciale “Passé colonial”, souligne la nécessité d’écouter le peuple congolais. Il encouragera en outre le dialogue avec les scientifiques.

4. Samedi 3 septembre 4.1. Rencontre avec les associations de métis à l’Ambassade La délégation rencontre les représentants des associations de métis suivants: — ASMECO: Président M. Ferdinand Lokunda Dasilva; — AEBLC: • Président M. Gabriel Lutula Assani

Vice-Présidente Mme Rachel Kapombo En réponse à ces interventions spéciale “Passé colonial”, note que la commission spéciale a accordé une grande attention aux aspirations des métis. Les problématiques des actes de naissance, de l’accès aux archives, des visas et des éventuelles compensations financières pour les victimes ont été longuement évoquées lors des auditions. M. Jean Marc Delizée (PS) ajoute qu’en mars 2018, une proposition de résolution relative à la ségrégation dont ont été victimes les métis issus de la colonisation belge en Afrique a été adoptée à l’unanimité en séance plénière de la Chambre.

Le premier ministre a présenté ses excuses. Le Parlement s’est penché sur le sort des métis et a entendu leurs représentants. Les Archives générales du Royaume entretiennent actuellement un dialogue avec les représentants. Une recherche d’identité a été entamée, mais le RGPD met des bâtons dans les roues. Une loi est en chantier pour permettre une dérogation à cette réglementation stricte. Une autre proposition porte sur l’accès aux archives1.

M. Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) souligne que la résolution demandait également que des recherches historiques approfondies soient menées sur le sort des métis au Congo belge et dans les territoires sous mandat du Ruanda-Urundi, en particulier sur le déplacement des enfants métis lorsque ces pays sont devenus indépendants. La résolution prévoyait également une étude du CEGESOMA sur une période spécifique.

Une enquête sur le rôle des autorités dans le traitement des métis a été réalisée en 2021. Le temps presse (compte tenu de leur âge) et il est nécessaire de mettre en place un système de visas. M. Ferdinand Lokunda Lokunda Dasilva (AMSECO) estime que le problème est facile à résoudre. Il ne comprend pas bien les complications soulevées. Il poursuit en disant: “Nous sommes vos enfants et on nous fait lanterner depuis des années.

L’État belge n’a jamais volé au secours des métis et est à la fois auteur et complice. Si la Belgique s’était comportée en bon père de famille, une organisation comme AMSECO Cf. Proposition de loi (Malik Ben Achour, Christophe Lacroix, Jean-Marc Delizée, Vicky Reynaert) permettant l'accès aux archives en vue de la recomposition des familles à la suite des séparations transfrontalières contraintes, n°s 2648/001 et 002.

n’aurait pas dû exister

AMSECO

a été fondée en 2007. On nous appelle les “chauves-souris”, des personnes sans identité. Je suis belge parce que le Congo a été colonisé par la Belgique. Dans la résolution, nous voyons qu’une main est tendue, mais que l’on cache tout de même quelque chose.” Il remettra une liste des noms des métis au Congo et demande une reconnaissance immédiate. Il est convaincu que l’État belge honorera son engagement. Il demande également que la Belgique finance les associations de métis au Congo afin que la liste puisse être complétée

ASMECO

regrette que les autorités belges exigent des actes de naissance et d’autres preuves alors qu’il n’y a pratiquement plus d’archives. M. Gabriel Lutula Assani (AEBLC) exprime ses remerciements au Roi et au premier ministre qui ont écouté attentivement l’organisation lors de leur visite au Congo. Il témoigne du calvaire des métis, du fait que les enfants métis restés au Congo ont été abandonnés à leur sort.

La résolution devrait adopter une approche plus globale. La résolution s’applique-t-elle aux enfants métis restés au Congo? Les métis non reconnus par leur père étant assimilés à la population indigène, de nombreux enfants n’avaient pas d’acte de naissance ni de nom officiel. Ils se sentent discriminés par rapport aux métis en Belgique, selon eux plus chanceux vu qu’ils ont eu l’accès à l’éducation et aux soins de santé, ils se sentent oubliés.

Il demande que son organisation soit entendue à la Chambre. Son association demande la reconnaissance de l’identité des métis restés au Congo. Ils devraient bénéficier d’une loi d’exception facilitant l’accès à la nationalité belge. Il ne doute pas que les membres de la commission spéciale transmettront son La vice-présidente de l’AEBLC, Mme Rachel Kapombo, signale qu’elle rencontre des problèmes pour accéder aux archives.

Sa mère, qui veut voir la terre de ses ancêtres, rencontre également des problèmes avec l’administration belge, bien qu’elle ait tous les papiers nécessaires. spéciale “Passé colonial”, précise que la résolution de 2018 concernait les métis en Belgique, ce qui n’empêche pas la commission “Passé colonial” de se pencher sur la question des métis au Congo. Il s’engage à explorer les questions qui peuvent être résolues pour les métis

restés au Congo. La commission s’engage à résoudre le cas des métis au Congo, réparer ce qui peut l’être, apporter des réponses, avec une distinction entre les métis nés avant 1960 et ceux nés après. M. Marco Van Hees (PVDA-PTB) se montre personnellement touché par les témoignages. Sa grand-mère était métisse et vivait à Goma. Les témoignages lui semblent familiers. M. Jean Marc Delizée fait remarquer que certaines archives ont été détruites, ce qui ne facilite pas les choses.

L’ancien président de la Chambre, André Flahaut, a pris à cœur la question des métis abandonnés à leur sort et est en contact avec le premier ministre à ce sujet. Il préconise que le Parlement suive ce dossier de près. La commission spéciale pourrait formuler une recommandation sur la question. colonial”, estime qu’il faut penser à l’avenir et raconter l’histoire des métis, notamment par le biais d’échanges culturels.

4.2. Échange de vues avec la Société civile La délégation participe à une table ronde avec les représentants de la société civile suivants: Fred Bauma (LUCHA) Mino Bopomi Luapenanga (Filimbi) Carbon Beni (ICONIA) Monseigneur Donatien Nshole (CENCO) Reverend Eric Nsenga (ECC) Jimmy Kande (CNPaV) Danny Singoma (Maison de la laïcité de Kinshasa) Esther Mwamba (Collectif EKOLO – Mémoire & Héritage) Les participants à la table ronde ont l’impression que la Belgique est moins présente au Congo que par le passé.

Un intervenant soulève la question des frontières. Les archives cartographiques de Tervueren pourraient

permettre de clarifier certains points dans la discussion avec l’Angola. Il est nécessaire de réaliser un inventaire, tant pour les restitutions que pour le dossier des anciens combattants. L’intervenant demande la mise en place d’une table ronde sur la dette coloniale et la réhabilitation des écoles officielles. Un autre intervenant relève que les regrets ne sont pas des excuses. Un dialogue franc devrait être mené à ce sujet.

Il faut organiser un véritable débat sur la réparation. Un participant à la table ronde souligne que le passé colonial ne suscite pas un grand intérêt au Congo, en raison des nombreux problèmes internes qui touchent le pays. On ne peut pas parler des bons côtés de la colonisation. Tous les actes de l’administration coloniale avaient pour but de tirer profit de la présence belge au Congo. Il est difficile d’évaluer le coût de la colonisation, mais les deux pays pourraient négocier au sujet de la forme que doit revêtir la réparation.

La Belgique pourrait devenir un partenaire qui interviendrait dans des questions actuelles, par exemple dans le conflit avec le Rwanda. La page du passé colonial est difficile à tourner. On parle de traumatisme intergénérationnel tout en adoptant une attitude constructive dans les relations actuelles et futures avec la Belgique. Un intervenant invite les parties à examiner comment nos deux pays pourraient se façonner un avenir commun.

Il souligne la contribution positive apportée par l’administration coloniale belge au niveau des infrastructures. Nous devons réfléchir à la façon de construire notre avenir. Les Belges sont des partenaires privilégiés à cet égard. Il faut un transfert de technologies et il faut soutenir l’économie, l’agriculture et l’éducation. Nous devons mettre au point un programme pour le 100e anniversaire de l’indépendance.

Cela serait utile pour les générations futures. Les Congolais ont besoin de voir leur dignité restaurée. Les participants à la table ronde s’interrogent sur la portée de l’engagement dont la Belgique (et la commission spéciale) font preuve aujourd’hui. S’agit-il uniquement d’un engagement formel? Quel rôle l’Église peut-elle jouer dans la demande de réparation? L’intervenant accorde une attention particulière à l’éducation à la paix et à la justice transitionnelle.

M. Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) insiste sur l’importance de la société civile. C’est grâce à la société civile belge que la commission spéciale “Passé colonial”

a vu le jour. La société civile est un puissant moteur de réformes. colonial”, demande comment la société civile envisage l’avenir de la coopération universitaire, politique et de développement entre les deux pays. M. Marco Van Hees (PVDA-PTB) estime qu’il ne faut pas se limiter à la période coloniale. Le rôle de la Belgique a été déterminant dans les années qui ont suivi l’indépendance. Nous devons mettre sur pied une nouvelle relation avec le Congo, en accordant une attention particulière à la redistribution des ressources naturelles au profit des Congolais.

Il faut veiller à ce que les deux pays soient sur un pied d’égalité dans leurs relations politiques; la Belgique doit se garder de faire la leçon au Congo. Les inégalités se manifestent au niveau du régime de visas, sur la question des métis, dans le domaine des biens culturels, etc. spéciale “Passé colonial”, estime que nous devons examiner les différents éléments ensemble et sur un pied d’égalité, sans quoi nous ne parviendrons pas à une solution légitime.

Le Sénat congolais envisage la création d’une large commission conjointe. Les acteurs de la société civile pourraient, eux aussi, être associés à ce projet. Le président salue également l’idée de célébrer les 100 ans de l’indépendance. Il demande par ailleurs dans quelle mesure les représentants de la société civile sont soutenus par la population congolaise. On peut noter les réactions suivantes: La société civile bénéficie du soutien de la population.

Fondamentalement, tout est politique. Toutes les initiatives doivent donc être construites à partir d’une décision politique. Les initiatives privées ne fonctionneront pas parfaitement. Une structure construite à partir des deux États permettra d’enregistrer des avancées. Le Congo doit oser se regarder dans la glace. Des élections correctes doivent être organisées et la corruption (un phénomène introduit par l’Occident) doit être combattue (par une législation solide et des sanctions efficaces).

Les salaires des enseignants ne sont pas payés à temps. Il faut veiller à ce que la fonction publique travaille correctement et à ce que les organes de contrôle soient performants. La communauté internationale a un rôle à jouer en la matière.

Il est très important que la coopération ait lieu sur un pied d’égalité. Tout le monde a à y gagner. Il est nécessaire d’organiser un accompagnement en ce qui concerne les restitutions. Coopération (BE + RDC) acteurs suivants de la coopération au développement: Alice Bonjean, experte Enabel, conscience culturelle de la jeunesse; Lies Van Mullem, Trias; Dominique Kamuandu, Avocats sans Frontières; Jean Pierre Kimbuya, Coordinator COSSEP, Conseil syndical des services publiques et privés; Mireille Bishikwabo Mujijima, SOS Faim, Représentante Pays; Julien Malasa Kelekazina, Memisa; Credo Taba, 11.11.11; Dominique Gillerot, ONG CEC; Freddy Mumba, CONAPAC; Anatole Mangala, WSM; Dieudonné Wamu Oyatambwe, WSM; Dr.

Jean Sondji. Les participants sont tant des partenaires congolais que des partenaires belges de la Coopération belge au développement. Un intervenant s’enquiert du mandat de la commission spéciale et demande quelle forme revêtiront les recommandations. La Belgique dispose d’un savoir-faire concernant le Congo, mais n’accorde pas une aide suffisante. Des questions sont également posées au sujet de la “décolonisation de l’AfricaMuseum” et de la “décolonisation de la coopération au développement”.

Il est de la plus grande importance d’investir dans la jeunesse. Les jeunes ignorent souvent le passé colonial.

Le projet “Coopération Éducation Culture” comprend l’enseignement de l’histoire. Le projet dispose d’une plateforme numérique comprenant des modules axés sur le passé colonial, les anciens royaumes congolais et la période postcoloniale. Des bloggeurs utilisent la plateforme. Mme Caroline Désir, ministre de l’Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, soutient ce projet. Les partenaires de la Coopération belge au développement demandent que l’histoire soit réécrite conjointement (pas de réparation sans vérité).

La vérité est le premier pilier de la justice transitionnelle. Si nous voulons une réparation sincère, nous ne pouvons pas effacer l’histoire. La réécriture de l’histoire doit permettre de définir un nouveau partenariat entre les deux États et de bâtir ensemble un avenir. La traduction de ce passé doit être réalisée de manière décentralisée, au même titre que la restitution. Les différentes dimensions ne peuvent pas être examinées uniquement dans l’optique de Kinshasa.

Les acteurs de la coopération au développement proposent que la Belgique joue de nouveau un rôle de chef de file en s’inscrivant dans une coopération renforcée et sincère. Malgré le passé commun, l’impression qui règne est que la Belgique se retire de la région. Le conflit dans l’Est du Congo illustre cette présence insuffisante. spéciale “Passé colonial”, fait observer que se prononcer sur des conflits frontaliers et redéfinir des frontières ne relève pas du mandat de la commission.

Cette commission offre une opportunité d’explorer plus en profondeur les rapports humains entre les deux pays, et ce, sans la moindre trace de paternalisme. M. Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) évoque l’écriture – pas nécessairement la réécriture – de l’histoire. Il reste des pages blanches dans l’histoire qui requièrent un examen plus approfondi. On observe souvent une méconnaissance du passé colonial chez les jeunes belges également.

Accepter en conscience ce passé ne signifie pas qu’il faut culpabiliser. C’est toutefois un devoir au niveau institutionnel de prendre ses responsabilités. Il est renvoyé à cet égard au rôle de l’État, de la monarchie, de l’Église et des entreprises. Nous devons en outre commencer par établir la vérité avant de prendre d’autres mesures. La Belgique mène un débat sincère concernant la restitution (et ce, contrairement à la France, qui avait conditionné la restitution d’un objet d’art au Sénégal à un contrat commercial donné).

Les

statues coloniales dans l’espace public peuvent soit être remplacées par d’autres statues, soit faire l’objet d’une attention spécifique dans l’enseignement. L’intervenant fait en outre observer que la coopération au développement présente encore parfois des traces de néocolonialisme. M. Jean-Marc Delizée (PS) signale que l’AfricaMuseum est rénové depuis 2018 et que le débat concernant la question de savoir si le musée est suffisamment décolonisé reste animé.

Une commission d’accompagnement qui a prêté attention à la décolonisation du musée a été instituée à l’époque. Cela reste un musée qui dégage encore par endroits une atmosphère coloniale et où il faut voir les choses dans leur contexte. Beaucoup de chemin a été parcouru dans l’intervalle. La Belgique dispose de l’expertise en matière d’archives, de politique de conservation et de numérisation en vue d’aider le Congo.

M. Marco Van Hees (PVDA-PTB) demande quel est le point de vue des partenaires de la Coopération belge au développement en ce qui concerne les activités agricoles et en particulier les activités économiques belges. Il reste un opérateur économique belge en activité dans les plantations sucrières, mais la législation impose des restrictions. Quel est le point de vue des partenaires de la Coopération belge au développement concernant le Code relatif à l’exploitation minière au Congo? Les partenaires de la coopération belge au développement souhaitent une augmentation de la contribution belge à la coopération au développement et un engagement accru de l’expertise belge (notamment dans le domaine des soins de santé et du transport de patients).

Ils reconnaissent qu’il n’y a que peu d’investisseurs belges dans les secteurs agricole et minier. Une planification de la production s’impose et il faut désenclaver le pays. Il y a une importante expérience présente dans l’agriculture qui n’est pas valorisée. 4.4. Rencontre avec des artistes au Texaf Bilembo La journée se clôture dans une ambiance informelle sur le site de Texaf Bilembo, où les membres de la délégation rencontrent des artistes congolais

TEXAF BILEMBO

est un espace culturel et éducatif atypique inauguré le 4 novembre 2013 dans un bâtiment d’usine textile désaffecté de plus de 1.000m². Imaginé par Chantal Tombu, historienne de l’art spécialisée en art africain, et Alain Huart, écrivain photographe, TEXAF

BILEMBO a pour vocation d’initier les publics aux patrimoines naturels et culturels de la RDC. La délégation y rencontre les artistes suivants: • Prisca Tankwey & Paulvi Ngimbi • Steve Bandoma • François Médard Mayengo Kulonda, auteur • Ismaël Tutwemoto, auteur • Ange Kasongo Adihe, autrice • Centre culturel Andrée Blouin (NGO – Centre culturel) • Prof. Henri Kalama Akulez, Académie des Beaux- Arts de Kinshasa • Nizar Saleh, cinéaste Ces rencontres se déroulent dans une ambiance informelle, les membres passant d’une table à l’autre toutes les quinze minutes.

Parmi ces échanges, les artistes se confient sur l’importance de comprendre et partager leur histoire, tout en re-questionnant les conséquences de la colonisation mais également de l’actualité. La religion occupe également une place importante dans leur discours. Fiers de leurs œuvres et messages, ils se confient sur la volonté de sortir de la situation économique difficile dans laquelle ils vivent ainsi que de la négativité pesante sur leur image.

5. Dimanche 4 septembre 5.1. Visite à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et rencontre avec les étudiants La délégation est accueillie solennellement par le recteur de l’Université de Kinshasa UNIKIN, le professeur Jean-Marie Kayembe Ntumba. Le recteur expose les défis auxquels l’université est confrontée. Le campus rencontre des problèmes d’espace et de sécurité. L’enseignement à distance, le développement de laboratoires de recherche ainsi que la numérisation et l’accessibilité des archives sont également des chantiers importants pour l’UNIKIN.

L’accès aux archives coloniales doit permettre de réécrire l’histoire du pays afin d’en améliorer l’enseignement.

La délégation rencontre ensuite lors d’une table ronde une quarantaine d’étudiants représentant les 11 facultés universitaires. Ceux-ci exposent, chacun à partir de sa propre discipline, la manière dont ils perçoivent le passé colonial. Il en résulte une vision parfois hétérogène, où, à côté de points positifs, l’accent est mis sur les atrocités, le travail forcé, les humiliations et le paternalisme sous la colonisation belge.

L’histoire du “caoutchouc rouge” et l’exploitation des matières premières sont dénoncées. Il y a un manque de reconnaissance du rôle des anciens combattants congolais dans les deux Guerres mondiales. Plusieurs intervenants parlent de l’implication de la Belgique dans l’assassinat de Lumumba. Les Belges ont abandonné le Congo à son sort en 1960, alors que le pays ne disposait pas des cadres nécessaires pour administrer ce vaste pays.

Le traitement des métis par le colonisateur est critiqué. Un lien est établi entre l’exploitation des matières premières dans l’Est du Congo pendant la période coloniale et le conflit actuel dans cette région. Certains intervenants soulignent également que des traces du système juridique et éducatif de la période coloniale continuent d’imprégner la société congolaise d’aujourd’hui. D’où une situation qui ne permet pas de rencontrer les besoins actuels.

La Belgique a tiré de nombreux bénéfices de la colonisation. Il convient d’envisager une réparation sur mesure et une coopération sur un pied d’égalité. Au cours des exposés, les étudiants formulent quelques points d’action concrets susceptibles de remettre la coopération et les relations bilatérales sur les rails. La Belgique peut aider le Congo à réformer son système éducatif. L’enseignement est la clé de la poursuite du développement.

L’exploitation, par des entreprises belges, des mines au Congo a occasionné une forte pollution de l’environnement. Les étudiants souhaitent l’application du principe du “pollueur-payeur” et une contribution belge au financement des fonds destinés à l’épuration des eaux. La Belgique peut également accompagner le Congo dans sa transition écologique. Les étudiants des facultés de médecine, de pharmacie, d’agriculture et de médecine vétérinaire reconnaissent la contribution positive de l’époque du passé colonial de la Belgique en matière de recherche et d’enseignement agricole, de lutte contre les maladies et de médecine tropicale.

En revanche, ils regrettent que les connaissances en matière de médecine traditionnelle se soient perdues. Ils appellent à davantage de soutien financier et d’échanges entre les experts des deux pays. Il est nécessaire de créer des laboratoires au Congo en vue de la production de médicaments. La Belgique peut également contribuer à des projets sur la sécurité

alimentaire et l’amélioration du fonctionnement des infrastructures sanitaires. Un représentant des étudiants estime que tous les objets d’art congolais présents dans les musées belges doivent faire l’objet d’une restitution. La Belgique doit payer une somme pour les dommages causés pendant la colonisation. Il doit y avoir des excuses publiques. Un autre représentant fait valoir que le fait d’admettre une erreur représente déjà la moitié de la réparation.

Il doit y avoir une coopération sur un pied d’égalité. La Belgique doit reconnaître qu’elle a tiré de nombreux bénéfices du Congo et doit savoir comment contribuer à la transformation de celui-ci. Il n’y a pas de réconciliation sans justice. Il est instamment demandé à la Belgique de condamner la fourniture d’armes aux rebelles armés dans l’Est du Congo. L’Est du Congo a besoin d’un climat plus favorable aux affaires, qui attire les investissements et permette une redistribution des richesses.

Les jeunes demandent à la délégation de ne pas ignorer leurs préoccupations et leurs propositions. En résumé, selon le modérateur du débat, le passé colonial a fait du Congo un pays perdu, où règnent l’exploitation et l’indifférence. Les intervenants appellent à la pacification de la région des Grands Lacs, à la défense des droits de l’homme, à l’implication de la communauté internationale et à la construction d’un État de droit, qui est le préalable indispensable au développement de la jeunesse congolaise. spéciale “Passé colonial”, remercie les étudiants pour le dialogue ouvert.

En Belgique, une nouvelle génération politique est prête à examiner le passé colonial et souhaite se pencher sur une réconciliation et une réparation. Il souligne qu’il convient plutôt de considérer les aspects positifs de la colonisation à la lumière de la volonté du colonisateur belge d’amplifier les bénéfices de l’exploitation du Congo. Il n’y a pas de réconciliation sans réparation. Il est favorable aux propositions concrètes visant des échanges entre scientifiques et aux projets dans les domaines de l’agriculture, de l’environnement et de la gestion des conflits.

À cet égard, la Belgique accorde une grande importance au respect de l’État de droit. La coopération au développement peut, sous certains aspects, être vue comme une forme de réparation. En tout état de cause, le Congo reste le premier partenaire de la Belgique en matière de coopération au

développement. Il convient de ne pas oublier la région des Grands lacs et de rester attentif aux événements qui s’y déroulent. Il formule l’engagement d’œuvrer à l’amélioration des relations et des conditions de vie, afin que les différentes parties puissent se considérer mutuellement comme des partenaires de discussion fiables. colonial”, estime que cet échange de vues a offert des pistes intéressantes pour la future coopération avec les jeunes et les universités.

Les membres de la délégation seront les ambassadeurs de ce message positif. M. Jean-Marc Delizée (PS) confirme la volonté de la délégation d’examiner le passé colonial de manière différente, dans un esprit d’honnêteté, d’ouverture et d’égalité. Les accords de coopération en projet concernant la restitution sont l’expression de cette volonté. Il n’est actuellement question que d’objets d’art, mais dans un stade ultérieur, les archives et les restes humains seront également abordés.

M. Marco Van Hees (PVDA-PTB) estime que les travaux de la commission doivent également aborder le néocolonialisme. Les richesses du pays ne profitent pas à la population congolaise. C’était déjà le cas lors de la période coloniale et cela n’a pas changé. Les grandes entreprises étrangères s’approprient les richesses du pays. Il convient de lutter contre ces inégalités dans l’ordre mondial. M. Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) estime qu’il convient d’abandonner les schémas de pensée du passé.

Une réponse est attendue de la Belgique sous la forme d’une coopération belgo-congolaise renouvelée. Il préconise une coopération commune sur un pied d’égalité. sur le Boulevard du 30 juin. La délégation se voit ensuite proposer une promenade guidée le long des bâtiments coloniaux situés sur le Boulevard du 30 juin. Cette promenade marque la fin de la visite de travail au Congo. La délégation se rendra ensuite au Burundi via Nairobi pour y poursuivre cette visite de travail.

CHAPITRE 2 – BURUNDI

1. Lundi 5 septembre La délégation arrive à l’aéroport de Bujumbura le lundi 5 septembre 2022 à 8 h 15 et est reçue par M. David Jordens, ambassadeur adjoint de Belgique au Burundi. Ensuite, la délégation s’installe à l’hôtel Rocca à Bujumbura. Après un briefing des représentants du poste diplomatique, plusieurs réunions officielles sont organisées. 1.1. Audience avec S.E. M. Albert Shingiro, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération au Développement explique le contexte et l’objectif de la commission “Passé colonial”. Lors de cette réunion et des réunions suivantes, le Président rappelle que l’ancien président de la Commission Vérité et Réconciliation du Burundi, Monseigneur Jean-Louis Nahimana, était membre du panel d’experts de la Commission spéciale “Passé colonial”. Les membres de la commission spéciale et du panel d’experts déplorent le décès de Monseigneur Jean-Louis Nahimana au moment de la rédaction du rapport du panel d’experts. Monseigneur Nahimana était un homme très respecté au niveau national et international. En tant qu’ancien président de la Commission Vérité et Réconciliation du Burundi, il a apporté une grande contribution à son pays. En raison de cette expertise, partie du panel d’experts. Sa mort est une grande perte et la commission a observé une minute de silence à la mémoire de Monseigneur Nahimana. M. Albert Shingiro, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération au Développement du Burundi, se félicite de la visite de la délégation. Le passé colonial a provoqué un profond malaise dans la société burundaise. Il est positif qu’une nouvelle génération de responsables politiques soit prête à examiner ce passé en vue de trouver une solution durable qui améliore les relations entre les deux pays. Le gouvernement burundais attache de l’importance à la déclassification d’un certain nombre d’archives. Plusieurs questions pourraient être résolues par la diplomatie parlementaire. Le ministre souligne

qu’une rencontre avec le président de l’Assemblée nationale du Burundi est prévue le 6 septembre 2022. 1.2. Rencontre avec le Comité technique national sur le passé colonial (dont Pierre Claver Ndayicariye et Aloys Batungwanayo de la CVR) Ensuite, la délégation rencontre les membres du “Comité technique sur le passé colonial”. Cette réunion a lieu dans les locaux de la Commission Vérité et Réconciliation du Burundi.

La Commission Vérité et Réconciliation du Burundi se penche sur la période allant de l’indépendance (1er juillet 1962) à la fin de la guerre civile en 2008. En vertu d’une loi de 2018, la commission a également pu se pencher sur l’ensemble de la période coloniale. M. Pierre Claver Ndayicariye est à la fois Président de la Commission Vérité et Réconciliation et Président du Comité de dialogue avec le Groupe parlementaire belge sur le passé colonial.

Cette commission compte une dizaine de membres, dont M. Aloys Batungwanayo. M. Pierre Claver Ndayicariye partage le constat des membres du Comité technique que le rapport d’experts de la Commission spéciale “Passé colonial” aborde très peu le Burundi et le Rwanda. Il note que le Sénat burundais, soutenu par un groupe d’experts universitaires, a publié des rapports sur le passé colonial du Burundi en mars 2018 et en juillet 2020. spéciale “Passé colonial”, indique qu’au cours des travaux du panel (de la commission spéciale belge), l’expert burundais Monseigneur Nahimana est décédé.

La commission spéciale entend accorder une plus grande place au Burundi et au Rwanda dans le second rapport, qui contient les recommandations politiques et qui est basé sur les auditions et sur cette mission. La commission spéciale souhaite associer les connaissances historiques à un message politique. Il serait positif de tendre vers une coopération et une intégration des initiatives belges et burundaises.

M. Jan Briers, vice-président de la Commission spéciale, fait observer que le suivi des recommandations de cette Commission spéciale est important. Une fondation pourrait éventuellement être créée en vue de mettre en place, en collaboration avec le secteur privé

et les universités, un fonds qui assurera le suivi des recommandations. Au cours de l’échange de vues, les représentants du Comité technique indiquent qu’ils se félicitent du dialogue entre les pays et de la recherche de la vérité. Les contacts nécessaires sont également établis avec l’Allemagne. La nécessité de rapatrier les archives est soulignée. Il est nécessaire d’accéder aux archives de la période du mandat belge afin de parvenir à la vérité.

Mais c’est compliqué lorsqu’il s’agit d’archives classifiées. La vérité est le point d’ancrage pour aboutir à la réparation. M. Marco Van Hees (PVDA-PTB) signale que la commission Vérité et Réconciliation peut fournir les éléments nécessaires pour donner davantage forme à la réparation et à la réconciliation. S’agissant des archives, M. Van Hees souligne que Ludo Dewitte, qui est l’auteur d’un livre sur le meurtre de Louis Rwagasore s’est également heurté à des problèmes lors de la consultation des archives.

M. Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) estime qu’une recherche de la vérité sur les circonstances du meurtre de Rwagasore est nécessaire. Comment cette recherche est-elle effectuée? Quel est le lien entre le Comité technique et la commission Vérité et Réconciliation? Il estime en outre qu’il est préférable de discuter des aspects “réparation” et “réconciliation” en concertation avec les trois pays. Ils ne peuvent devenir une matière “belgo-belge”.

M. Jean-Marc Delizée (PS) fait observer qu’une recherche de la vérité est nécessaire en ce qui concerne les circonstances du meurtre de Rwagasore et celles du meurtre de Lumumba. Les archives peuvent fournir quelques indications. Si la Belgique pouvait aider le Burundi dans cette recherche, ce serait un bel exemple de collaboration entre les établissements scientifiques. 1.3. Réception offerte par M. David Jordens, Chargé d’Affaires a.i.

La journée est clôturée par une réception à la résidence de l’ambassadeur adjoint où la délégation fait connaissance avec des politiques, des universitaires et des représentants de la société civile burundais et avec des expatriés belges.

2. Mardi 6 septembre 2.1. Rencontres avec des universitaires Le mardi matin, la délégation rencontre à la résidence de l’ambassadeur adjoint un groupe dont la composition est équilibrée comprenant six politologues et historiens. Au cours des discussions, les sujets suivants sont abordés: Le rôle du colonisateur et son impact sur le présent Les universitaires saluent l’objet de la Commission spéciale et partagent l’observation déjà formulée précédemment selon laquelle le rapport d’experts de la commission spéciale n’a guère prêté attention au Burundi.

Il est important de consigner les témoignages oraux concernant le passé colonial. À la question de savoir si prêter de nouveau attention au passé colonial n’est pas de nature à créer de nouvelles tensions, la réponse est que le contexte burundais est très polarisé. L’accord d’Arusha de 2000 qui a tenté d’instaurer des quotas dans les instances publiques a permis de désamorcer les tensions. La polarisation croît car cet accord est à présent appliqué de façon moins stricte.

La réforme administrative de 1929 par le biais de laquelle les Belges ont regroupé plusieurs royaumes sous un administrateur a ravivé l’opposition ethnique entre Hutus et Tutsis. L’utilisation imposée par les Belges de la carte d’identité sur laquelle l’ethnie tutsie, hutue ou twae était mentionnée a encore approfondi davantage la fracture entre les groupes de population. La réforme administrative a avantagé les Tutsis et désavantagé les Hutus.

Ces évolutions ont continué à avoir des répercussions. On remarque que les Tutsis restent très représentés dans l’administration. Le système éducatif a compliqué l’accès des Hutus aux universités depuis des décennies. Il faudra encore des années pour corriger ce déséquilibre. L’assassinat, en 1961, du prince Louis Rwagasore, qui avait été élu premier ministre et était un facteur d’unité entre les Hutus et les Tutsis, est attribué à des auteurs liés à un parti qui était soutenu par le colonisateur belge.

Le colonisateur belge a appliqué la politique du “diviser pour régner” et a négligé de former une élite. Tout comme au Congo, il n’existait pas non plus de cadres au Burundi au moment de l’indépendance, proclamée

le 1er juillet 1962. La décolonisation s’est faite dans la précipitation et s’est déroulée dans une atmosphère catastrophique. Les historiens et des politologues expliquent les événements qui ont attisé les tensions ethniques et qui continuent à diviser la société burundaise: le coup d’État de 1966, les événements dramatiques de 1972, le processus de transition démocratique à la fin des années 1980, l’assassinat de Melchior Ndadaye, premier président hutu élu, et les événements dramatiques de 1994.

En 1972, ce sont les Hutus qui ont été les victimes, et, en 1994, ce sont les Tutsis. Certains intervenants estiment qu’il n’est pas correct de continuer à imputer exclusivement les dysfonctionnements actuels au découpage administratif et aux réformes mis en œuvre par les Belges pendant la colonisation. Les responsables politiques actuels doivent également apprendre à se regarder dans le miroir. Seule la mémoire partagée pourra cimenter des relations de coopération durables.

La recherche commune de la vérité sur ce passé est le moyen le plus sûr de réussir. Les travaux de la commission spéciale “Passé colonial” peuvent servir de point d’appui pour relancer les contacts avec les autorités burundaises en vue d’étudier le passé colonial. Un accord avec le gouvernement burundais est sans doute possible sur le principe, mais pas nécessairement sur les objectifs. Au cours des discussions, il est souligné que les travaux de la Commission vérité et réconciliation du Burundi et ceux de la commission spéciale se chevauchent en partie.

Le Comité technique “passé colonial” publiera un rapport qui devrait être en partie un ouvrage scientifique mais aussi une publication renforçant les points de vue de ceux qui en ont demandé la rédaction. Cela n’empêche pas que les deux initiatives puissent contribuer à une collaboration avec la commission spéciale. Le rôle de l’Église Pendant la colonisation, l’Église catholique était responsable des soins de santé et de l’enseignement.

Les missionnaires se souciaient de l’éducation de la population hutue. La vie quotidienne était fortement influencée par les écoles et l’Église, et certains universitaires reconnaissent l’influence positive de l’Église (une certaine “civilisation des mœurs”). Certains conflits ont également opposé les missionnaires à l’administration coloniale.

Aujourd’hui, on assiste au retour de l’influence de la religion dans la politique2. Il existe une plateforme d’Églises (régulières) qui travaillent sur la gestion de la mémoire et cherchent une nouvelle ouverture vers une paix durable. Les “Églises de réveil”, les sectes, ne font pas partie de cette plateforme. Il existe une concurrence entre les églises traditionnelles et ces “Églises de réveil”. Des appels sont lancés en faveur de l’ouverture, de la numérisation ou du rapatriement des archives.

Il existe des archives sur la période de tutelle, mais elles comportent des lacunes. Les scientifiques burundais peuvent indiquer quels sont les documents d’archive manquants. Il est également fait référence aux archives disparues et détruites en rapport avec l’assassinat du premier ministre burundais Rwagasore. Il existe un petit musée au Burundi, mais la restitution est une question qui peut être examinée.

Présence de statues coloniales dans l’espace public Un universitaire ne comprend pas bien l’embarras belge concernant les monuments coloniaux dans les espaces publics. Il pense que ces statues ont leur place dans le paysage urbain. L’histoire nationale est très politisée et il faut donc avoir la possibilité de revenir à des éléments de l’histoire. En détruisant les statues, on détruit une partie de la mémoire.

Des choses terribles se sont produites sous Léopold II, mais il n’est pas l’incarnation du mal. Il faut envisager les choses dans l’esprit de l’époque et porter sur elles un regard neutre. Dans la politique quotidienne, il est important de montrer comment les choses évoluent. L’inclusion et la transparence sont de bonnes choses. Pourquoi détruire des monuments si on parle d’égal à égal? Réparation et réconciliation Le Sénat burundais réclame à l’Allemagne des réparations financières chiffrées à un montant actuel de 42 milliards de dollars pour les 424 vaches que le Roi Gisabo a été contraint de céder à l’occupant allemand en 1903.

Il est également demandé à la Belgique d’apporter une contribution financière à l’enseignement (et aux cours sur le passé colonial) et au développement agricole. Le premier ministre se présente comme un catholique, le président de l’Assemblée nationale appartient à l’“Église de Réveil” et le président du Sénat est un méthodiste.

De manière plus générale, certains interlocuteurs ont souligné que le Rwanda violait la souveraineté du Congo dans l’Ouest du pays et jouait un rôle dans l’extraction illégale de matières premières. Ces interlocuteurs estiment que la Belgique pourrait jouer un rôle de médiateur à cet égard compte tenu de la forte influence qu’elle conserve dans la région. La délégation parlementaire belge a demandé comment la Belgique pourrait renforcer les engagements qu’elle a pris à l’égard du Burundi, compte tenu des erreurs historiques qui ont été commises.

Dès lors que la Belgique a laissé ce pays sans élite, il serait nécessaire de s’engager en matière d’enseignement et de formation. La jeune génération est animée d’une volonté de tirer des enseignements du passé colonial d’une manière différente (et plus impartiale) que les générations précédentes qui ont vécu personnellement la colonisation, ce qui fait qu’il leur est difficile d’être objectives et de regarder le passé dans les yeux.

L’étude commune du passé colonial suscite des attentes et ouvre des perspectives de projets. Le Parlement belge pourrait demander que les scientifiques puissent accéder plus aisément aux archives. Nous constatons en effet que les colons ont emporté des archives, et certaines archives sont sans doute encore détenues chez des particuliers. La coopération entre les musées belges et burundais et l’apport d’une assistance technique aux musées burundais pourraient être encouragés.

L’État burundais pourrait aussi être encouragé à signer le futur accord bilatéral de restitution. Dans les années 1970, des jumelages ont été mis en place entre des villes belges (Wavre et Virton) et burundaises. Une demande de jumelage a récemment été introduite par une ville de la province d’Anvers. Ce rapprochement entre les populations pourrait être encouragé et est plus large qu’une coopération entre universitaires.

Dernier point, et non des moindres: il importe d’être attentif aux initiatives – pas toujours visibles – visant à la réconciliation et au rapprochement entre les Hutus et les Tutsis. Un projet où des groupes dialoguent entre eux en vue de la gestion de la mémoire et de la réconciliation a par exemple été lancé. Il existe aussi des projets de “banque communautaire villageoise” qui renforcent

la cohésion des communautés locales et apaisent les tensions. Ce sont surtout de jeunes femmes qui sont très impliquées dans ces projets. Nationale du Burundi, Gélase Daniel Ndabirabe (Palais des congrès de Kigobe): expose le contexte et l’objectif de la mission. Le président annonce que la commission a été mise en place en 2020, et qu’elle a pour objectif: — de mettre en évidence la vérité sur ce qui s’est passé, la responsabilité du gouvernement et d’autres institutions belges; — accepter ce qui s’est passé, réconcilier et décider si des réparations doivent se faire si nécessaire; — montrer la ressemblance entre le passé colonial et les problèmes ethniques et de discrimination qui sont toujours d’actualité au Burundi.

M. De Vriendt souligne la précieuse contribution apportée par Monseigneur Jean-Louis Nahimana, ancien président de la commission burundaise Vérité et Réconciliation, au panel d’experts de la commission M. David Jordens, ambassadeur adjoint de la Belgique au Burundi, remercie le président Gélase Daniel NDABIRABE pour cette audience. La commission spéciale “Passé colonial” a déjà mené des discussions fructueuses avec le ministre des Affaires étrangères, le président et les membres de la commission Vérité et Réconciliation, ainsi qu’avec différents universitaires.

Après la présentation des membres du Bureau de l’Assemblée Nationale, le président Gélase Daniel Ndabirabe prend la parole. Il indique que le contentieux colonial n’a pas encore été abordé jusqu’à présent. C’est la première fois depuis la colonisation belge au Burundi que le Burundi et la Belgique discutent ensemble et ouvertement de cette problématique. Le Président de l’Assemblée nationale brosse un tableau de l’histoire de la colonisation du Burundi.

Cette colonisation a occasionné un lourd préjudice au Royaume, aux Burundais, à leur riche culture et à leur système administratif. Des familles et des provinces ont

été montées les unes contre les autres. Le peuple a été exploité. Les clivages ethniques ont été ravivés. Les richesses du pays ayant été pillées. Les colonisateurs ont détruit ce beau pays, un pays bien organisé dont les dirigeants étaient respectés. Un pays qui était en outre plus ancien que celui des colonisateurs. Le Président Gélase Daniel Ndabirabe demande aux membres de la délégation de ne pas s’énerver au cours de cette rencontre ouverte et directe avec les parlementaires burundais; les Burundais ont davantage de raisons d’être en colère.

Il remercie la délégation d’avoir expliqué les motifs qui ont présidé à la création de la commission spéciale, ainsi que les objectifs poursuivis par celle-ci. Il espère que de nombreuses discussions pourront encore avoir lieu dans le futur. La délégation a parlé de réparation. C’est la première fois que cela arrive. Peut-être parviendrons-nous à dégager d’autres solutions que nous négocierons ensemble.

Le Président constate que les membres de la délégation sont jeunes et que la génération plus âgée leur a confié une mission difficile au Burundi. Il faut que les deux parties se parlent franchement, se disent toutes les vérités et sans se précipiter, pour arriver à une vérité souhaitée, une vérité qui construira les relations entre nos deux pays, le Burundi et la Belgique. Le Président reprend la même déclaration dans sa langue maternelle, le kirunga.

Il souligne que son discours est diffusé en direct. ensuite à l’assistance d’écouter attentivement un enregistrement d’un discours de Léopold II, où le Roi s’adresse à des missionnaires. Dans son message, le Roi indique en substance que les missionnaires envoyés dans l’État indépendant du Congo garderont les populations sous contrôle afin qu’elles puissent servir les intérêts des Belges. L’Évangile doit être utilisé pour les faire obéir aveuglément et pour éviter toute rébellion. (Remarque: L’authenticité de l’enregistrement peut être mise en doute.

Il apparaît qu’il s’agit d’un texte fictif qui a été diffusé dans les années 1970 et qui est présenté comme un discours du Roi Léopold II). M. David Jordens, ambassadeur adjoint de Belgique au Burundi, réplique que la Belgique et le Burundi ont tourné une page d’histoire il y a 60 ans. Ainsi que le Roi Philippe l’a récemment confirmé, il est indéniable que ce régime colonial était inacceptable et injuste.

M. Jordens renvoie également aux récentes déclarations du premier ministre condamnant le colonialisme dans les trois pays et ailleurs. La colonisation a entraîné de graves violations des droits de l’homme et de graves discriminations. Nous

devons reconnaître cette page sombre de notre passé commun afin de construire ensemble un nouvel avenir. Même si des atrocités ont été commises, tout n’était pas négatif. Certains Belges avaient des intentions nobles, mais ils ont contribué – parfois involontairement – de par la mentalité de l’époque à l’asservissement d’un peuple et à l’occupation d’un pays. La diplomatie belge a évolué depuis lors. Elle se fonde sur des principes tels que la défense de l’État de droit, la lutte contre la pauvreté et le changement climatique, la protection sociale, etc.

Même si la coopération a connu des hauts et des bas, la Belgique n’a jamais abandonné le Burundi. Vingt-deux ONG et ENABEL travaillent main dans la main avec la population du Burundi pour le développement du pays et pour le bien-être de la société burundaise. Eu égard à notre passé commun, il existe une communauté belge au Burundi et une communauté burundaise en Belgique. Le peuple burundais peut compter sur l’entière collaboration de la Belgique.

L’ambassadeur adjoint confirme cet engagement. Il est convaincu qu’en faisant preuve d’ouverture, les deux pays pourront tourner la page dans le respect l’un de l’autre. spéciale “Passé colonial”, renvoie aux propos du président Gélase Daniel Ndabirabe, qui a déclaré lui-même qu’une nouvelle génération était réunie autour de la table. Le système colonial a disparu depuis maintenant soixante ans. L’injustice de ce système est patente.

La délégation belge est ici pour écouter les premiers concernés. Si tout ce qui s’est passé ne découle pas du passé colonial, le manque de formation des jeunes durant la colonisation continue néanmoins toujours d’avoir des répercussions dans la société actuelle. L’avenir est important. M. De Vriendt indique qu’il attendra les résultats de la commission burundaise Vérité et Réconciliation. Il serait très positif de parvenir, à l’avenir, à intégrer ces deux initiatives.

Le Président Gélase Daniel Ndabirabe souligne que M. De Vriendt a prononcé le mot “écouter”. Fort de son expérience de psychopathologue, il indique que l’on utilise le mot “écouter” lorsqu’un docteur écoute la plainte d’un malade. La délégation belge joue-t-elle le rôle du docteur? Quelqu’un qui dit qu’il écoute est plutôt quelqu’un qui dicte, et pas quelqu’un qui exprime des remords. Cela ne témoigne pas d’un comportement de conciliation.

Quand un interlocuteur dit qu’il écoute, cela signifie qu’il n’y a pas de relation d’égal à égal. M. Gélase Daniel Ndabirabe met en doute l’affirmation selon laquelle des choses positives auraient eu lieu durant la colonisation. La stratégie du diviser pour

mieux régner, la violence, le système d’enseignement et la destruction de la culture font partie du contentieux. Dans de nombreux cas, la colonisation a fait place au néocolonialisme. S’agissant de la proposition d’intégration des travaux de la commission burundaise Vérité et Réconciliation et de la commission spéciale “Passé colonial”, le président de l’assemblée nationale demande des précisions sur ce que cette intégration impliquerait concrètement.

Le président de l’Assemblée nationale conclut son intervention en indiquant que l’avenir des travaux de la commission spéciale dépendra de la volonté des deux parties d’accorder leurs violons. spéciale “Passé colonial”, remercie le président de l’Assemblée nationale pour cette audience et souhaite poursuivre les contacts. Vous pouvez peut consulter la version intégrale de cette rencontre sur le lien suivant: https://www​.youtube​ .com​/watch​?v​=F_NlnegKMrA 3. Mercredi 7 septembre Mercredi matin, la délégation a rencontré Monseigneur Joachim Ntahondereye, évêque de Muyinga et Président de la Conférence épiscopale (CECAB).

Monseigneur Joachim Ntahondereye, évêque de Muyinga et Président de la Conférence épiscopale (CECAB), répond aux questions des membres de la commission. Les sujets abordés au cours de l’échange de vues qui a suivi sont exposés ci-après par ordre thématique. L’Église et le passé colonial Monseigneur Joachim Ntahondereye indique qu’à ce jour, l’Église n’a pas entamé de réflexion approfondie sur le rôle qu’elle a joué durant la colonisation.

Les responsables burundais accusent de temps à autre l’Église d’avoir été la complice du colonisateur. Pendant la colonisation, l’Église a joué un rôle important en matière d’enseignement et de santé publique. Il est exact que les missionnaires belges qui se rendaient en Afrique, dont ils ne connaissaient rien, s’appuyaient sur les structures coloniales. Néanmoins, ce ne sont sans doute que quelques personnes isolées qui se sont rangées du côté du colonisateur ou qui ont été ses complices.

Cela ne signifie pas que les missionnaires

soutenaient les détenteurs du pouvoir a priori. En effet, les missionnaires recevaient pour instructions qu’ils étaient envoyés en Afrique en qualité d’apôtres, et non en qualité de colonisateurs. Le passé colonial et la classe politique Il y a toujours un risque que les responsables politiques attribuent les dysfonctionnements du présent à la période coloniale afin de se soustraire à leur propre responsabilité.

Il est évident que la colonisation a eu un impact négatif sur la gestion de l’État. Le colonisateur a abandonné le Burundi à son sort et la politique “divide et impera” a laissé des traces. Le fait qu’ensuite, les Hutus et les Tutsis ont détenu alternativement le pouvoir politique a sans aucun doute eu un impact négatif sur l’harmonie sociale dans la période post-coloniale et a enflammé les rivalités fondées sur l’origine ethnique.

Les conflits ethniques trouvent leurs racines dans les relations antérieures à la colonisation et le régime colonial n’a fait qu’exacerber les lacunes qui existaient déjà dans le système féodal de l’époque. À la question de savoir s’il existe encore beaucoup d’écoles catholiques et si ces écoles visent l’égalité entre Tutsis et Hutus, l’évêque répond qu’il n’y a plus beaucoup d’écoles catholiques. Pendant la deuxième république, les écoles catholiques ont été nationalisées et les missionnaires chassés du pays.

Le gouvernement de l’époque considérait la formation des Hutus assurée par les missionnaires comme une menace. L’Eglise et le processus de réconciliation et de réparation L’Église est un acteur actif dans le processus de réconciliation. En 2008, sous l’impulsion des archevêques catholique et anglican et du chef de la communauté islamique du Burundi, une plateforme a été mise en place qui privilégie un projet de cohésion sociale, de paix et de réconciliation sans entrer dans des détails purement confessionnels.

L’idée de la Commission Vérité et Réconciliation du Burundi est magnifique. C’est finalement la vérité qui peut servir de base à la réconciliation. L’évêque regrette toutefois que la commission de réconciliation ne prenne pas ses distances avec la politique. Elle risque ainsi de perdre sa crédibilité, ce qui est regrettable. La commission a du mal à trouver un consensus. L’évêque note que le gouvernement a besoin de soutien.

Lorsqu’il constate comment les détenteurs du pouvoir confisquent les biens des citoyens, il est évident de parler de réconciliation. Bien qu’il y ait eu des mesures

de réparation ciblées sur certaines familles, il est nécessaire de mettre en place des mesures structurelles qui réparent les injustices du passé ou en préviennent de nouvelles. L’évêque situe les projets qui peuvent faire progresser la réparation et la réconciliation au niveau de l’éducation et de la santé. Si l’État crée des opportunités économiques égales pour tous et assure un accès égal à l’éducation, la violence pourra être évitée.

Cela signifie que l’État burundais doit avant tout avoir la volonté de créer une infrastructure socio-économique qui offre des opportunités à tous. Ce que la Belgique peut faire, c’est soutenir toutes les bonnes volontés dans ce sens au travers d’un financement. L’évêque pense que l’aide ne doit pas seulement porter sur le financement, mais aussi sur la planification et la conception d’une éducation de qualité.

Le fait que certaines familles envoient leurs enfants faire leurs études à l’étranger alors que d’autres enfants se trouvent dans des classes surpeuplées de 120 élèves sans bénéficier d’une éducation de qualité peut être source de conflits. L’État manque d’écoles professionnelles. Le Burundi peut fournir une main-d’œuvre qualifiée, mais cela nécessite une formation et une infrastructure. Il plaide également en faveur de la construction d’une “route de réconciliation” reliant le Burundi et le Rwanda.

Le soutien de ces projets est résolument tourné vers l’avenir, mais il a aussi une grande valeur symbolique. L’Église catholique joue un rôle majeur dans la réconciliation entre les Hutus et les Tutsis. Au sein de l’organisation “Justice et Paix”, l’Église travaille à la réconciliation en mettant en place des “comités de transformation des conflits” locaux. Cela concerne également l’administration locale.

Cette initiative permet aux populations de se réunir pour parler de leurs problèmes. Ils tentent de résoudre les conflits à l’amiable au sein de la communauté et d’apaiser les souvenirs douloureux. Certains diocèses organisent chaque année une journée de réconciliation “Justice et Paix” pour encourager les populations à témoigner des événements survenus entre 1972 et 1993 afin de faire un pas de plus vers le pardon.

C’est une bonne initiative qui fait progressivement avancer la réconciliation. L’Église et les archives (à la lumière du dossier des métis) L’évêque assure que quiconque en manifeste l’intérêt se voit accorder un accès aux archives, d’autant plus si le sujet étudié concerne le rôle de l’Église durant le passé colonial. Bien qu’il n’ait connaissance d’aucun cas, l’évêque présume qu’il est possible que des métis

s’adressent à l’Église du Burundi pour demander des informations sur des archives à l’Église de Belgique. Des archives de la congrégation peuvent être trouvées en Belgique, mais d’autres sont également conservées au Vatican. Les missionnaires ne venaient pas au Burundi en tant que Belges, mais en tant que membres de l’Église de Rome. Des archives pertinentes sont également disponibles chez les Sœurs Annonciatrices d’Heverlee.

Après un débriefing avec l’ambassadeur l’adjoint et l’équipe du poste diplomatique, la délégation se rend à l’aéroport de Bujumbura pour poursuivre son voyage vers Kigali. CHAPITRE 3 – RWANDA 1. Mercredi 7 septembre À son arrivée le mercredi 7 septembre 2022 à 17h30 à l’aéroport de Kigali, la délégation a été reçue par M. Jean- Michel Swalens, ambassadeur adjoint de Belgique au Rwanda. La délégation s’est ensuite installée à l’Hôtel des Milles Collines à Kigali.

En soirée, la délégation a été briefée par les représentants du poste diplomatique. Au cours de cette visite de travail, des rencontres ont été prévues avec la société civile. On peut supposer que la partie officielle sera restreinte, mais des rencontres avec des parlementaires rwandais demeurent néanmoins possibles. 2. Jeudi 8 septembre 2.1. Visite au Mémorial du génocide de Kigali Au cours de la matinée, le Président et les membres de la délégation déposent une couronne de fleurs au mémorial de Gisozi érigé pour commémorer le génocide de 1994.

De 500.000 à un million de Tutsis et de Hutus modérés ont perdu la vie durant le génocide, lequel a duré 100 jours. spéciale “passé colonial” a écrit les mots suivants dans le livre d’or:

“En tant que membre du Parlement belge, qui fait partie d’une nouvelle génération politique, j’exprime ici mon émotion la plus profonde. Je tiens également à exprimer la volonté de reconnaître les aspects le plus sombres du passé colonial de mon pays, ainsi que la détermination sans faille à assumer nos responsabilités historiques. Le génocide contre les Tutsi constitue une des plus grandes horreurs de l’histoire de l’humanité.”. Un représentant d’ Aegis Trust a guidé la visite de la délégation dans le centre des visiteurs.

L’organisation Aegis Trust se charge de l’étude du génocide, mais étudie également le lien entre le génocide et le passé colonial. L’organisation Aegis Trust forme des jeunes à la narration d’histoires à propos de l’établissement de la paix et dispose d’un programme d’éducation à la paix pour les écoles. Le gouvernement belge lui apporte un appui technique. La délégation belge étant intéressée par les mécanismes de réconciliation au cours de la phase postconflit, la visite guidée a souligné les initiatives prises en vue de “soutenir la société civile dans le cadre du procès de Gacaca” (tribunal populaire), celles-ci ayant été soutenues en leur temps au travers d’ONG belges et locales.

Les tribunaux gacaca étaient des tribunaux locaux élus par la population et qui visaient à entamer la réconciliation nationale. Le système gacaca était une forme de justice (moins conventionnelle) mise en place à un moment où la justice professionnelle – qui faisait face à un arriéré judiciaire considérable – n’aurait jamais pu traiter seule tous les dossiers de 1994. Le système gacaca ne pouvait pas condamner les justiciables à une peine d’emprisonnement de longue durée ou à la peine de mort.

Le système gacaca a permis à de nombreuses personnes de sortir de prison après plusieurs années. 2.2. Accueil par M. Emmanuel Bugingo et Mme Alice Muzana, respectivement Président et Vice-présidente de la commission des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de la Sécurité de la Chambre des députés rwandaise Ensuite, la délégation est reçue par le président et la vice-présidente de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des députés rwandaise.

Au cours de cet entretien, les interlocuteurs rwandais soulèvent des arguments de procédure qui s’opposeraient à une discussion de fond avec la délégation de la commission “Passé colonial”. Le président rwandais de la commission des Affaires étrangères évoque les objections déjà formulées précédemment à l’égard d’une experte d’origine Rwandaise qui faisait partie du panel d’experts.

La partie belge souligne que les autorités rwandaises ont été informées du rapport des experts par la voie diplomatique. L’experte remise en question par les autorités rwandaises ne fait actuellement plus partie du panel actuel d’experts. Dans le panel précédent, constitué indépendamment de la commission spéciale, sa mission consistait à analyser le lien entre le passé colonial et le racisme. Son analyse était la réflexion d’une représentante de la diaspora et il a été veillé à ce qu’elle n’évoque pas le Rwanda dans ce cadre, notamment compte tenu des observations de la partie rwandaise.

Les interlocuteurs rwandais font également valoir qu’ils n’avaient pas été informés (par les canaux adéquats) des travaux de la commission “Passé colonial”. La partie belge répond que les informations nécessaires avaient été fournies par la voie diplomatique et que des contacts pourraient éventuellement être établis dans un avenir proche entre les deux commissions dans le cadre d’une réunion Zoom. L’Assemblée de l’UIP qui se tiendra à Kigali en octobre est également évoquée.

Le président de la commission des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de la Sécurité de la Chambre des députés rwandaise estime que l’intention de la Commission spéciale de parvenir à des mesures de réparation est une noble initiative. Il déplore que cette rencontre ne réponde probablement pas aux attentes de la délégation belge, mais n’exclut pas un contact ultérieur. Il conviendra toutefois de préparer ce contact de manière plus formelle.

2.3. Visite du Centre Iriba La directrice du centre Iriba fait observer que le mot “Iriba” signifie “source”. Les membres du centre sont en quête de connaissances sur le passé et entendent remonter aux racines du Rwanda. Ce centre peut compter sur l’expertise et l’engagement de jeunes et d’aînés enthousiastes. Le centre de connaissances Iriba est neutre et ouvert aux citoyens, qui peuvent y consulter des sources facilement et gratuitement.

Ce centre est partisan d’une approche holistique et interdisciplinaire qui met l’accent sur le dialogue interculturel. La délégation se réjouit que de nombreux membres du centre aient lu le rapport des experts de la commission spéciale. Plusieurs questions sont posées à propos de la portée du mandat de la commission spéciale.

Les thèmes suivants sont abordés au cours de l’entretien avec la délégation: Archives et collaboration scientifique et culturelle Le génocide de 1994 a laissé de profondes traces dans les relations intergénérationnelles. Une bonne connaissance du passé s’impose pour pouvoir construire un avenir sans conflit en dépassant les suspicions et en garantissant la paix et la stabilité. Pour la génération née après le génocide, les archives audiovisuelles revêtent une importance capitale.

Au Rwanda, où tout est axé sur la parole, ces archives sont essentielles. Après le génocide, aucun programme spécifique n’a été mis en place pour les archives. Au Rwanda, la gestion des archives doit relever plusieurs défis. Les moyens financiers sont limités. Parfois, les archives sont traitées avec peu de soin. Il convient de numériser les archives et de former les archivistes. Il s’indique également de consigner des témoignages oraux par écrit.

Le risque d’instrumentalisation n’est pas exclu lors de la constitution des archives. Les détenteurs du pouvoir ont la mauvaise habitude de détruire les archives de leurs prédécesseurs. Les archives et certaines parties de l’histoire présentent des lacunes. Au cours de l’entretien, il est signalé que les scientifiques rwandais et les Rwandais, à titre général, rencontrent souvent des difficultés pour obtenir un visa.

Le contrôle à l’arrivée à l’aéroport de Zaventem n’est pas non plus toujours très fluide. Cette attitude nuit d’autant plus aux liens entre la Belgique et le Rwanda que l’on constate que d’autres pays sont plus enclins à accorder des visas, par exemple la Chine. Tirer des leçons du passé colonial et du génocide Les jeunes doivent tirer des leçons du passé. Il convient de traiter ces épisodes du passé avec soin et en étant attentif aux problèmes psychiques et sociaux auxquels les Rwandais ont été confrontés au cours de ces périodes tragiques.

Comment les jeunes peuvent-ils survivre dans un pays ayant connu un génocide? Comment peut-on organiser l’enseignement en tenant compte de cette réalité? Les archives du centre Iriba peuvent contribuer à répondre à ces questions.

Si aucune analyse du génocide n’est réalisée, les futures générations n’en tireront pas de leçons et la société restera divisée. Un interlocuteur (d’un certain âge) souligne la culpabilité historique de l’administration coloniale belge, qui a instauré et institutionnalisé une distinction entre les Hutus et les Tutsis qui a créé la fracture structurelle à l’origine du génocide. Un interlocuteur plus jeune estime que l’on ne doit pas considérer la colonisation comme la cause de tous les maux.

Un jeune interlocuteur fait observer que des voix s’élèvent pour demander la suppression des études d’histoire. Il règne parfois une grande indifférence à l’égard du passé bien qu’il existe un lien entre le passé colonial et le présent néocolonial. On se pose actuellement des questions sur la manière dont il convient de traiter l’histoire, mais quelles questions se posera-t-on dans soixante ans? Il faut espérer que ce seront d’autres questions.

Les efforts de l’ambassade belge et de la communauté belge au Rwanda sont salués. L’investissement des universités belges est également reconnu. Il est également renvoyé au soutien apporté par la Belgique, en son temps, pour constituer la jurisprudence Gacaca, utilisée comme mécanisme de réconciliation au cours de la phase postconflictuelle dans laquelle le Rwanda se trouvait alors. Les citoyens des trois pays de la région des Grands Lacs demeurent confrontés à des problèmes identitaires.

Cause de dommages importants, les évènements tragiques sont toujours présents. Ces évènements doivent entraîner une réparation. Les jeunes Rwandais sont présents et entendent accompagner la commission spéciale dans des projets dépassant les différences culturelles. Il convient de s’intéresser non seulement à la décolonisation de l’espace public, mais également à la décolonisation des esprits. Comment la commission spéciale peut-elle œuvrer à la réparation sans tomber dans le paternalisme? Les parents qui ont vécu le génocide se sentent blessés et les enfants le sont tout autant lorsqu’ils entendent ces souvenirs.

Les membres de la délégation parlent-ils de ces événements avec leurs enfants? La commission

spéciale peut-elle expliquer comment, en Occident, ces souvenirs sont partagés? Un intervenant indique que plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide vivent en liberté sur le territoire belge. Peut-on faire quelque chose pour les priver de liberté en Belgique? La délégation parlementaire belge répond ensuite aux questions posées. La méthodologie et la portée du mandat de la commission Au sein de la Commission spéciale, on a réfléchi à la manière d’assurer le suivi des travaux.

La commission examinera bientôt des recommandations de nature politique, qui traduiront les résultats de ces travaux dans la politique menée. La commission dispose d’un large mandat et il est difficile de mettre fin aux travaux une fois les recommandations formulées. La question du néocolonialisme est abordée dans le rapport. Lors des auditions, des experts et des représentants de la diaspora du Rwanda ont, sur la base d’un appel public, été entendus.

Cette visite de travail s’inscrit dans la méthode consistant à entendre les personnes directement concernées. La Commission spéciale ne veut pas faire un amalgame de la situation dans les trois pays, qui ont chacun leurs spécificités. Tirer les leçons du passé colonial et du génocide Un membre de la délégation raconte comment il évoque des événements tragiques, tels que le génocide des Juifs, avec ses enfants.

Cela peut se faire en visitant des monuments et en en discutant avec les enfants. Il faut combattre la haine et entamer le dialogue. Il y a eu les attentats terroristes de 2016 à Bruxelles, à la suite desquels les parents des victimes ont dit qu’ils ne voulaient pas entrer dans une escalade de la haine. L’enseignement joue également un rôle important. “L’éducation est la meilleure arme pour changer le monde”.

L’enseignement est une compétence des Communautés en Belgique, mais la commission spéciale peut formuler des recommandations à ce sujet.

La décolonisation des esprits est une question importante. Dans la société belge, on observe encore trop souvent des situations où des personnes d’origine africaine sont stigmatisées et subissent des discriminations à l’école ou sur le marché du travail. Au parlement fédéral, il n’y a pas d’élu d’origine subsaharienne, ce qui est révélateur. Archives, science, restitution et échanges culturels Il existe une volonté de mettre les archives à la disposition des scientifiques et des musées rwandais.

Dans un pays où il existe encore de nombreux témoins directs des événements dramatiques survenus en 1994 et après, l’enregistrement des témoignages oraux est très important. Des explications sont données quant à la législation belge sur la restitution. Il est important de soutenir la jeunesse, l’enseignement et les artistes au Rwanda. Une forme de coopération public-privé par le biais d’une fondation internationale peut être envisagée.

Un festival annuel pourrait être organisé. Justice et réparation Tout n’est pas simple dans le débat sur la responsabilité. Il est plutôt question, en l’espèce, d’une responsabilité partagée entre les autorités belges et rwandaises. La justice est nécessaire et, outre la reconnaissance du passé, la réparation et des excuses s’imposent aussi. Il serait logique que des excuses soient présentées. Il est souligné que la loi belge du 5 août 2003 “relative aux violations graves du droit international humanitaire” accorde aux tribunaux belges une compétence universelle en matière de crimes de guerre.

Certaines personnes ont déjà été déclarées coupables d’avoir commis des crimes de guerre au Rwanda en 1994. Ces personnes sont incarcérées en Belgique. 3. Vendredi 9 septembre (Camp Kigali) Dans la matinée, la délégation a visité le camp Kigali situé dans une ancienne caserne de l’armée rwandaise

où dix casques bleus belges ont été assassinés le 7 avril 1994. Le président et les membres de la délégation en font une visite guidée et déposent ensuite une couronne de fleurs. spéciale “Passé colonial”, a écrit ce qui suit dans le livre d’or: “Nous rendons hommage et présentons nos respects aux 10 paracommandos belges ayant ici lutté courageusement et désespérément jusqu’à une fin tragique. Ils se trouvaient dans une situation complexe et chaotique et ont été abandonnés par ceux qui auraient pu les aider.

Que cela serve de rappel aux responsables politiques et à toute personne concernée. Chaque fois que notre pays envoie un militaire en mission à l’étranger, il engage une vie humaine.” (traduction) sur “la perception et l’impact du passé colonial belge au Rwanda” à la résidence de l’Ambassadeur Un entretien a ensuite lieu avec neuf représentants de la société civile rwandaise à propos de la perception et de l’impact du passé colonial belge au Rwanda.

Les représentants de la société civile rwandaise ont la qualité d’universitaire, d’auteur, de cinéaste, d’ancien mandataire politique ou de diplomate. Les thèmes suivants sont abordés au cours de cet entretien: Passé colonial: Le rapport des experts de la commission spéciale n’accorde que peu d’attention, voire aucune attention, au Rwanda. Des experts rwandais peuvent assister la commission spéciale en leur donnant des informations sur le Rwanda, dont l’histoire n’est pas suffisamment examinée dans le rapport des experts.

Le génocide rwandais et la radicalisation de la société auraient pu être plus détaillés. La Belgique devrait également prendre une initiative en vue de condamner le révisionnisme et le négationnisme à l’égard du génocide commis à l’encontre des Tutsis. Les questions liées au genre et à la santé publique dans le passé colonial du Rwanda mériteraient également d’être abordées.

Ce rapport d’experts était indépendant, mais l’espoir est exprimé que le rapport politique établira les responsabilités. Il convient d’approfondir le lien entre le passé colonial et l’esclavage. Le pape a déjà condamné ce lien. Pour aboutir à un rapport correct, l’examen de ce lien pourrait être approfondi. La question est posée de savoir si les groupes d’anciens coloniaux belges ont été associés aux travaux.

Le rôle de l’Église durant la colonisation du Rwanda devrait également être abordé. Toujours au cours de cet échange de vues, les intervenants soulignent que la Belgique est arrivée au Rwanda en tant que colonisateur, alors que le Rwanda est plus ancien que la Belgique. Ils évoquent la culpabilité historique de l’administration coloniale belge pour avoir introduit et institutionnalisé la distinction entre Hutus et Tutsis.

Les interlocuteurs estiment que cette distinction ne devrait plus exister. Même dans les bibliothèques et parmi les scientifiques, cette distinction est encore effectuée. Cela conduit à une polarisation. Ils sont également agacés qu’un professeur émérite d’Anvers publie encore des statistiques – pas très scientifiques – qui confortent cette distinction. Plusieurs interlocuteurs demandent comment le rapport sera communiqué (outreach).

Enseignement et éducation Il a été demandé d’accorder une attention particulière à l’intégration du passé colonial dans les programmes scolaires rwandais et belge. Il ne faut pas se perdre dans des documents trop académiques. Les jeunes ont l’impression qu’ils ne reçoivent pas de réponses aux questions de l’histoire. Il faut encourager les jeunes à parler du passé avec leurs parents et leurs grands-parents.

Le rapport de la commission spéciale ne doit pas être un document pour les aînés, mais il doit nous aider à communiquer et à dialoguer sur le passé. Comment pouvons-nous dire des choses qui nous font avancer? Il serait positif que les conclusions de la commission spéciale s’adressent aux jeunes. Les intervenants constatent des lacunes dans l’enseignement de l’histoire au Rwanda. Par le biais de vidéos ou de canaux plus

modernes, on pourrait renforcer l’attention des jeunes pour l’histoire. Ce défi pédagogique est primordial. Une meilleure connaissance de la culture du Rwanda est nécessaire. Certains concepts (comme “bantou”) ont été introduits par le colonisateur. Grâce à l’éducation et à une réforme de l’enseignement, le vivre ensemble, la réalité culturelle des deux peuples, peut être présentée d’une manière qui unit le pays, et qui conduit dès lors à une meilleure compréhension entre les communautés.

Ce qui est le plus important, ce n’est pas la réparation, mais plutôt la vérité sur le passé. Cette reconnaissance du passé fait également partie de la réparation. Les programmes d’échange susceptibles de mener à la réconciliation et à la compréhension mutuelle pourraient être encouragés. Il existe dans le cadre de la coopération internationale des associations actives dans le domaine de la réconciliation, de la cohésion sociale et du traitement des traumatismes au Rwanda.

Le domaine d’action est plus large que la réconciliation entre deux soi-disant “groupes ethniques”. Il inclut également la question de la cohésion sociale dans son ensemble (ainsi que les soins de santé mentale au niveau communautaire). Les excuses et les regrets exprimés par les autorités belges n’ont pas été suffisamment suivis d’effets. Métis Depuis l’enlèvement des Métis coloniaux d’Afrique par la Belgique il y a 62 ans, ces mêmes citoyens belges et leurs familles africaines ont été discriminés par la Belgique avec des conséquences graves.

Au mieux, quelques-uns sont parvenus à retrouver leurs familles africaines. Cependant ces mêmes courageux se trouvent aujourd’hui de nouveau devant un autre défi. Ils sont obligés de mener une vie entre deux chaises, entre leurs familles en Europe et en Afrique. En tenant compte des accords sur les droits humains, les gouvernements de pays comme le Canada, l’Australie et la Suisse, ont pris l’initiative de dédommager leurs citoyens, qui étaient dans le même cas que les Métis belges.

Pour mettre fin à la discrimination persistante contre les Métis coloniaux belges, qui persiste depuis plus de 60 ans, quelles nouvelles lois la Commission va-t-elle proposer et quelles indemnisations accordera-t-elle à ces Belges qui ont été considérés comme des citoyens de troisième rang?

La restitution d’objets d’art La restitution d’objets d’art n’est pas une question qui agite le Rwanda. On constate toutefois un intérêt pour la restitution des publications/enregistrements de poèmes et chants rwandais. En outre, le Rwanda demande instamment la restitution des dépouilles mortelles et des objets cérémoniels de trois rois rwandais. Il s’agit de la dépouille mortelle du roi Musinga, du tambour royal du roi Kalinga et de pièces cérémonielles du roi Rudahigwa (dont la traçabilité n’est pas claire).

Les os d’Ishango, une découverte archéologique considérée comme la plus ancienne découverte mathématique de l’humanité, est revendiquée non seulement par le Congo mais aussi par le Rwanda, car elle a été trouvée dans une zone qui appartenait auparavant à ce pays. Il est important de réaliser un inventaire. Ensemble, les deux pays peuvent examiner quelles pièces du patrimoine peuvent revenir au pays et quelles pièces peuvent être numérisées.

Circulation des personnes entre la Belgique et le Rwanda Au cours des discussions, il est apparu que les Rwandais qui veulent se rendre en Belgique rencontrent trop souvent des problèmes de délivrance de visas. La méthodologie La commission spéciale ne fera pas un amalgame entre les trois pays. En tant que commission parlementaire, nous ne pouvons oublier aucun des pays qui ont été colonisés. Il serait inacceptable de n’examiner que le Congo.

Plusieurs experts et représentants de la diaspora rwandaise ont été consultés lors des auditions. La méthodologie est la même pour les trois pays, mais dans le rapport final, nous formulerons des constatations, d’abord générales, puis pour les trois pays

individuellement. Il en va de même pour les recommandations. Le travail de la commission doit ensuite encore La santé publique et le genre sont mentionnés dans le premier rapport. Ces aspects seront également inclus dans le prochain rapport. Il en va de même pour la réparation, la réconciliation, etc. Le premier rapport est un rapport d’experts, mais le rapport n’a pas été validé par la commission ou la Chambre.

Le prochain rapport sera chargé politiquement, sur la base de discussions politiques. Les anciens coloniaux ont été entendus lors des auditions. Cependant, leur discours peut toutefois être considéré comme “dépassé”. Comment la Belgique peut-elle renforcer son engagement envers les trois pays en tenant compte du passé colonial? Quelles mesures peuvent être envisagées en termes de réconciliation. Si les interlocuteurs ont de l’inspiration, ils peuvent toujours la partager avec la Commission spéciale.

Il est également demandé aux interlocuteurs de résumer le lien entre ce qui s’est passé dans le passé et les leçons à tirer pour le Rwanda. Une experte a souligné la nécessité de “faire connaître” les travaux de la commission. Il est à espérer que les recommandations visant à mieux associer l’opinion publique aux travaux de la commission seront abordées dans le deuxième rapport. On pourrait y associer l’idée de relations intergénérationnelles, de festivals, de coopération scientifique, d’octroi de bourses d’études et d’assouplissement de l’octroi de visas aux scientifiques, … Il est reconnu que la résolution votée à la Chambre n’a pas accordé aux métis restés dans les (anciennes) colonies la place qu’ils méritaient.

Les rencontres avec les organisations de métis au Congo l’ont également démontré. Il y a en Belgique une nouvelle génération politique qui est prête à étudier le passé colonial et qui souhaite mener une réflexion sur la réconciliation et la réparation. être encouragés.

La première forme de réparation sera un document qui fera la lumière sur la vérité. Nous sommes dans un processus de reconnaissance des faits et méfaits passés. Nous devons combattre le racisme et décoloniser les esprits, ce qui sera un travail de longue haleine. L’éducation doit combattre la haine. C’est là que nous devons investir. Des recommandations relevant des compétences du fédéral seront formulées, ainsi que des recommandations plus larges axées sur les Communautés, la coopération culturelle et les universités.

En ce qui concerne la numérisation des archives durant la tutelle belge, une numérisation des archives a été réalisée par le musée de Tervuren (environ 5,5 km). La déclassification est en cours. Elle a débuté il y a trois ans. Ces travaux ont pris du retard à cause du COVID-19. Concernant les restes du roi Musinga et le tambour royal du roi Kalinga, les députés peuvent demander des informations complémentaires.

Quant à la restitution des biens, il existe une liste des biens culturels du Rwanda qui peuvent être restitués. Le gouvernement rwandais souhaite également se pencher sur les propriétés privées qui acquises illégalement. C’est une question plus difficile. Il y a déjà eu un transfert sous forme numérique de compositions et d’enregistrements musicaux. La discussion concernant les restes humains est d’une autre nature.

Le projet HOME est évoqué. Cette étude sera bientôt achevée, après quoi une loi règlera cette question. Négation du génocide – passible de sanctions Enfin, il est fait observer que le fait de nier, de minimiser grossièrement, de chercher à justifier ou d’approuver des génocides, des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre qui ont été reconnus par une décision émanant d’un tribunal international est punissable conformément à la législation belge.

Ainsi se termine la visite de travail au Rwanda. La délégation se rend à l’aéroport de Kigali pour rejoindre Bruxelles en passant par Entebbe.