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Verslag Audition de M. Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale

Détails du document

🏛️ KAMER Législature 55 📁 2778 Verslag 📅 2022-03-30 🌐 FR

🗳️ Votes

Partis impliqués

CD&V Ecolo-Groen MR N-VA PS Vooruit

Texte intégral

21 juin 2022 de Belgique FAIT AU NOM DE LA COMMISSION DES FINANCES ET DU BUDGET PAR M. Sander LOONES RAPPORT SOMMAIRE Pages

III. Réponses du gouverneur de la Banque nationale Audition de M. Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB) L’IMPACT DE L’ÉVOLUTION DE L’INFLATION SUR LA POLITIQUE BUDGÉTAIRE BELGE

N-VA : Nieuw-Vlaamse Alliantie Ecolo-Groen Ecologistes Confédérés pour l’organisation de luttes origi PS Parti Socialiste VB Vlaams Belang MR Mouvement Réformateur CD&V Christen-Democratisch en Vlaams PVDA-PTB Partij van de Arbeid van België – Parti du Travail de Belgi Open Vld Open Vlaamse liberalen en democraten Vooruit Vooruit Les Engagés Les Engagés DéFI Démocrate Fédéraliste Indépendant INDEP-ONAFH : Indépendant - Onafhankelijk Mesdames, Messieurs, La commission des Finances et du Budget a organisé cette audition au cours de sa réunion du mercredi 30 mars 2022.

I. — EXPOSÉ INTRODUCTIF Il est renvoyé à la présentation PowerPoint annexée au présent rapport. II. — QUESTIONS DES MEMBRES M. Sander Loones (N-VA) commence par évoquer la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Il note qu’il n’y a pas tant un pendant entre une législation claire et l’indépendance qu’entre l’indépendance et le principe de responsabilité, en vertu duquel, par exemple, l’on rend des comptes au Parlement européen.

Néanmoins, l’intervenant reconnaît qu’une législation plus précise peut, à son tour, clarifier le cadre dans lequel la BCE opère ainsi que ses tâches. La législation n’étant pas très claire, la BCE dispose de marges de manœuvre relativement importantes pour opérer de manière créative. Le membre aborde ensuite le fait que, lors de sa présentation, M. Wunsch a indiqué que, dans le cadre de la révision de la stratégie de la BCE, il était désormais question de prendre en compte le coût du logement dans le calcul de l’inflation.

Il souligne que sa demande d’inclure les prix de l’immobilier dans le calcul de l’inflation en 2018 avait été balayée d’un revers de main par le président de la BCE de l’époque, Mario Draghi. L’intervenant est en outre convaincu que le débat sur le mandat de la BCE est un débat particulièrement important qui mérite une attention suffisante. C’est pourquoi il soumettra à la commission une proposition visant à mener ce débat en profondeur, avec notamment l’organisation de différentes auditions d’experts et d’acteurs concernés.

En ce qui concerne les mesures prises par le gouvernement pour limiter l’impact de la hausse sensible des prix de l’énergie sur les ménages, l’intervenant évoque une carte blanche de M. Gert Peersman, professeur d’économie à l’Université de Gand, dans laquelle il indiquait que l’élargissement du tarif social revenait de facto à un saut d’index pour les travailleurs de la classe moyenne dont les revenus se situent juste au-dessus

de la limite donnant droit à ce tarif social, si bien que ces travailleurs ont vu leurs charges s’accroître encore davantage. M. Wunsch partage-t-il cette analyse? La BNB a-t-elle fait le même calcul et est-elle arrivée à la même conclusion? Une réduction d’impôt pour les personnes qui travaillent n’est-elle pas un meilleur moyen de compenser la perte de pouvoir d’achat, plutôt qu’un ensemble de mesures qui agissent directement au niveau de la formation des prix? En ce qui concerne l’impact de la hausse de l’inflation sur la compétitivité des entreprises, l’intervenant renvoie au rapport du Conseil central de l’économie (CCE), qui met en évidence le déclin de la compétitivité des entreprises belges.

La BNB pourrait-elle élaborer pour l’inflation le même type de suivi que celui qu’elle avait a mis en place dans le cadre de la garantie bancaire au moment de la crise du coronavirus? Quel sera l’impact de cette baisse de la compétitivité sur le modèle social existant, notamment à la lumière de la concertation sociale dans le cadre des négociations salariales? Ces négociations salariales auront lieu de surcroît pendant une année électorale (2024), ce qui pourrait mettre encore davantage de pression sur la paix et la stabilité sociales.

Comment M. Wunsch évalue-t-il les perspectives potentielles concernant la paix, la stabilité et la résilience du modèle social? En ce qui concerne le budget, l’intervenant note que M. Wunsch a tenu un discours relativement modéré, usant de circonlocutions, à propos de l’évolution budgétaire, soulignant une détérioration des chiffres de la croissance qui aurait pu être pire encore. L’intervenant est pour sa part plus pessimiste quant à la situation budgétaire, dès lors que ce gouvernement est par trop enclin à dépenser sans générer suffisamment de ressources supplémentaires.

Dans son exposé, M. Wunsch a indiqué de manière plutôt cryptique que la situation économique actuelle ne faisait pas obstacle à l’application de règles budgétaires normales. Le gouvernement actuel fait preuve de peu d’ambition sur ce plan et a même abandonné sa propre ligne de conduite budgétaire. M. Loones aimerait dès lors savoir quelle ambition budgétaire serait, selon M. Wunsch, nécessaire pour permettre une croissance économique qui reste satisfaisante.

Le niveau d’ambition ne devrait-il pas être plus élevé lors du prochain contrôle budgétaire? Enfin, l’intervenant aimerait savoir comment M. Wunsch voit l’évolution de l’inflation à court terme, maintenant qu’il est clair que l’inflation est alimentée non seulement par la hausse des prix de l’énergie, mais aussi par celle du prix des denrées alimentaires. L’inflation élevée risque donc d’augmenter encore davantage, ce qui pourrait

générer une agitation sociale. Comment la BNB va-t-elle assurer le suivi de cette inflation? M. Dieter Vanbesien (Ecolo-Groen) fait observer que lors de la présentation du rapport annuel, M. Wunsch a déclaré que l’époque de l’argent bon marché était révolue, un message qu’il a répété aujourd’hui. L’intervenant pense toutefois que cette analyse pourrait être mise à mal par l’actualité: en raison de la guerre en Ukraine, notamment, l’inflation atteint des niveaux records, mais une augmentation générale des taux par la BCE n’apporte pas nécessairement une réponse adéquate à la situation.

À cause des conséquences économiques de la guerre, une augmentation trop brutale des taux pourrait plonger l’Europe dans une récession. Cela n’aiderait pas non plus les États membres de l’Union à effectuer les investissements susceptibles d’améliorer l’indépendance énergétique de l’Union. Dans ce contexte, le Conseil européen a appelé à maintenir provisoirement la politique fiscale de soutien. Le Conseil européen considère qu’il faudra néanmoins procéder à une différenciation claire au niveau de la politique budgétaire des États membres en 2023.

Les pays fort endettés doivent prendre des mesures pour parvenir à un équilibre budgétaire, tandis que ceux qui sont faiblement endettés doivent poursuivre leur politique budgétaire stimulante pour soutenir les perspectives de croissance de la zone euro. En ce qui le concerne, l’intervenant estime que c’est une bonne idée. Ce faisant, l’Union européenne abandonne une logique qui évalue individuellement la situation budgétaire des États membres de la zone euro au profit d’une logique tenant compte de l’ensemble de la zone euro.

La politique budgétaire menée par tel État membre est en effet liée à la soutenabilité de la dette de tel autre. C’est un fait qui est à présent aussi reconnu explicitement et qui permettra de combattre une inégalité croissante entre les États membres. M. Wunsch considère-t-il cette approche différenciée en matière de politique budgétaire comme positive? L’intervenant revient ensuite sur la guerre en Ukraine.

Lundi dernier, dans un podcast disponible sur le site du journal De Tijd, M. Wunsch a exposé des perspectives de croissance réajustées au vu du contexte. Les organisations patronales se saisissent de ces prévisions pour réclamer un saut d’index. L’intervenant aimerait toutefois recadrer les choses. Le 22 mars 2022, la BNB a publié son enquête mensuelle auprès des consommateurs. Celle-ci révèle que la confiance des consommateurs s’est effondrée.

Débattre des réformes de l’index en ces temps hautement incertains ne va pas renforcer la confiance des consommateurs et risque d’avoir des

répercussions bien plus dommageables qu’un effet temporaire sur la position concurrentielle. Pour autant, l’intervenant ne veut absolument pas nier les préoccupations des employeurs. Mais il y a d’autres moyens pour y répondre. Une réforme du marché du travail et des investissements ciblés (infrastructure, énergies renouvelables), permettront d’améliorer la position concurrentielle à bien plus long terme.

M. Wunsch a parlé d’indexation automatique et de la capacité d’absorption des entreprises. Que pense-t-il de l’effet d’un éventuel saut d’index ou d’une réforme du mécanisme d’indexation? Par ailleurs, l’intervenant revient à son intervention du mois dernier sur l’élaboration d’une politique monétaire verte sur laquelle M. Wunsch et lui-même s’étaient entendus à l’issue de la présentation du rapport annuel de la BNB et sur laquelle M. Wunsch s’est aussi largement étendu aujourd’hui.

Comme l’avait affirmé l’intervenant à l’époque, le changement climatique peut également représenter un défi pour la stabilité des prix. Comme l’a déclaré M. Wunsch lui-même, faire face au changement climatique et l’anticiper fait partie du mandat de la BCE. Pour étayer cette position, il faut des arguments scientifiques, et non des arguments politiques. Sur le plan scientifique, il apparaît que le danger de la “bulle carbone” est réel.

Investir dans les combustibles fossiles est de plus en plus risqué. Qui plus est, le déficit d’investissement mondial actuellement estimé pour réussir la transition climatique avant qu’il ne soit trop tard est de 9 200 milliards de dollars par an, malgré les systèmes ETS et autres. C’est pourquoi il est si important d’être attentif aux investissements et aux participations, et pourquoi, selon l’intervenant, la différenciation ne peut pas être exclue.

Après avoir évoqué la politique budgétaire différenciée proposée en Europe, l’intervenant propose de mener également une politique monétaire différenciée, parallèlement à cette politique budgétaire. Il s’agirait d’une politique monétaire qui ferait une distinction entre les investissements nécessaires pour atteindre la stabilité des prix à moyen et long terme et les autres investissements qui alimentent actuellement l’inflation sous-jacente.

La première catégorie bénéficierait d’une politique de stimulation, tandis que la seconde serait soumise à une politique monétaire dissuasive. C’est cette politique monétaire différenciée qui coïncide avec l’idée de “politique monétaire verte”, par analogie avec une politique budgétaire différenciée. Que pense M. Wunsch d’une politique monétaire différenciée telle que celle-là?

Dans le cadre d’une politique monétaire verte, la BCE peut mener une politique monétaire qui tient compte du changement climatique. Plusieurs pistes existent pour mettre cette politique en œuvre. Un exemple frappant concerne la sélection des obligations que la BCE achète. Au lieu de se contenter d’examiner l’évaluation de la solvabilité, elle pourrait développer des instruments qui tiendraient également compte des risques climatiques des investissements de l’obligataire.

Aujourd’hui, il y a un déséquilibre à cet égard. Faute de différenciation, l’action de la BCE est de nature à freiner la transition climatique. Pourquoi? Les entreprises qui investissent dans des projets fossiles ont une plus haute intensité de capital et sont généralement plusieurs fois plus grandes que les entreprises qui investissent dans les énergies renouvelables. Les énergies renouvelables se caractérisent plutôt par une multitude de petits projets, réalisés par de petites entreprises, qui ne négocient pas nécessairement des obligations.

En menant sa politique actuelle, la BCE hypothèque ainsi, au travers de ses programmes d’achat d’obligations, la stabilité des prix à long terme. M. Wunsch a déclaré le mois dernier que la BCE mettrait fin à sa politique d’achat dans le cadre de l’Asset Purchase Program (APP), et qu’il serait dès lors moins judicieux d’envisager de chercher à verdir les programmes d’achat. La valeur totale des obligations détenues par la BCE n’augmentera plus, mais cela ne signifie pas qu’elle n’achètera plus aucune obligation.

Si l’intervenant ne se trompe pas, le capital qui reviendra à la BCE à la suite de la date d’échéance des obligations sera réinvesti dans des obligations. Le plan d’action de la BCE indique que des propositions seront formulées pour modifier le CSPP (Corporate Sector Purchase Programme) afin d’inclure des “considérations climatiques” dans ce programme. Une décision a-t-elle déjà été prise à ce sujet? M. Wunsch a-t-il lui-même fait des propositions à cet égard? M. Wunsch a déclaré au cours de l’audition précédente que ses réticences à l’égard du verdissement de la politique monétaire s’expliquent principalement par le souci d’éviter que la BCE s’engage dans une politique autonome et fasse ses propres choix politiques.

De nombreux experts tels que Fischer et Schoenmaker estiment cependant qu’en agissant ainsi, la BCE n’excéderait pas son mandat. Mais le membre peut comprendre les préoccupations de l’orateur. La BCE n’est pas un organe élu et tenu de rendre des compte aux citoyens. En tant que gouverneur de la BNB, M. Wunsch doit donc se montrer prudent à l’égard des choix politiquement sensibles.

Il existe toutefois des possibilités qui permettraient à la BCE de soutenir la transition climatique sans devoir réaliser des investissements directs. La Banque européenne d’investissement (BEI) a décidé de ne plus investir dans les combustibles fossiles à partir de 2020 et de se concentrer fortement sur le soutien aux secteurs verts. Certains scientifiques comme le professeur Paul De Grauwe (London School of Economics) estiment que la BCE devrait agir par le biais d’un instrument intermédiaire.

Dès lors, la BEI pourrait financer ses investissements verts grâce à des obligations achetées par la BCE et la BCE pourrait soutenir indirectement la transition climatique sans avoir à faire elle-même des choix politiquement délicats. L’intervenant avance enfin l’idée suivante: la BCE pourrait également opérer une différenciation au niveau des conditions imposées aux banques qui souhaitent emprunter de l’argent.

Ce n’est pas un phénomène nouveau. Pendant la pandémie, les banques ont pu emprunter à moindre coût à condition de prouver qu’elles avaient emprunté autant que l’année précédente. En liant la conditionnalité au nombre d’investissements réalisés par la banque dans des projets renouvelables, on pourrait relever le niveau d’investissement en fonction de la transition climatique. Il serait ainsi évident de proposer de meilleures conditions pour les crédits visant la rénovation du patrimoine belge.

Il est connu que les travaux d’isolation s’auto-amortissent, mais tout le monde n’a pas le capital nécessaire pour réaliser ces investissements. Il ne s’agit donc pas d’un risque financier important mais cette opération nécessite une injection de capital. Au cours de l’audition précédente, M. Wunsch a demandé à l’intervenant de préciser son point de vue en la matière. C’est pour cette raison que l’intervenant a cité plusieurs exemples aujourd’hui.

La BCE dispose de différentes possibilités pour mener une politique monétaire verte. Certaines d’entre elles figurent déjà dans le plan d’action de la BCE. Au cours de son audition précédente, M. Wunsch a déclaré qu’il souscrivait à 80 % des propositions discutées au niveau de la BCE. L’orateur pourrait-il indiquer quelles propositions il approuve et quelles propositions il n’approuve pas? M. Wunsch soutiendra-t-il certains projets au sein de la BCE? Défendra-t-il aussi activement des conversions ambitieuses? Le manque d’expertise de la BNB dans le domaine du changement climatique et en ce qui concerne les risques financiers qui en découlent ont été brièvement évoqués au cours de l’audition du mois dernier.

M. Wunsch compte-t-il recruter du personnel supplémentaire afin que la BNB puisse jouer un rôle actif au sein de la BCE dans ce domaine?

M. Hugues Bayet (PS) reconnaît qu’il n’est pas simple d’établir des prévisions fiables en ces temps incertains. Il remercie en tout cas M. Wunsch de charger la BNB d’établir les prévisions nécessaires. En outre, l’intervenant espère que les prix de l’énergie, qui ont connu une forte hausse à court terme, reviendront à un niveau plus normal voire à leur niveau antérieur. Comme M. Wunsch, l’intervenant salue la politique menée par le gouvernement pour protéger, au travers de l’élargissement du tarif social, le pouvoir d’achat des ménages et des personnes les plus vulnérables.

En outre, l’intervenant remet en question le mantra néolibéral selon lequel l’indexation automatique des salaires entraîne automatiquement un handicap salarial. L’intervenant estime que ce mantra est peu crédible dès lors que les augmentations salariales supplémentaires retournent partiellement dans les caisses de l’État au travers de la consommation des ménages. Cette protection du pouvoir d’achat soutient l’économie et évite qu’elle ne tombe en récession.

Les investissements dans le soutien de la consommation aident aussi indirectement les entreprises. En outre, il convient également de tenir compte du régime fiscal appliqué aux entreprises et des marges bénéficiaires de celles-ci pour mieux évaluer la compétitivité des entreprises au lieu de simplement renvoyer au handicap salarial. M. Steven Matheï (CD&V) souhaite d’abord féliciter la BNB pour son actualisation des prévisions macro-économiques qui, à la suite de l’invasion russe en Ukraine, nécessitaient une révision.

Ces prévisions modifiées ont été largement commentées lundi dernier dans la presse et sont également évoquées aujourd’hui au cours de cette audition. Ensuite, l’intervenant souligne qu’il règne aujourd’hui une incertitude particulièrement importante. Il cite d’abord l’inflation élevée provoquée par l’augmentation des prix de l’énergie, à laquelle s’ajoutent une inflation sous-jacente et un ralentissement de la croissance économique.

En ce qui concerne l’inflation galopante et la compétitivité des entreprises, le gouvernement a clairement indiqué qu’un saut d’index n’interviendrait pas. Cette décision peut avoir un effet négatif sur la compétitivité, sauf si les salaires augmentent également dans les pays voisins. Quelles augmentations salariales M. Wunsch prévoit-il dans les pays voisins, en particulier aux Pays-Bas et en Allemagne? Quelle sera l’incidence de l’intention du nouveau gouvernement allemand de relever les salaires minimums? Enfin, l’intervenant se demande si M. Wunsch constate de grandes différences en matière d’inflation entre les États membres de la zone euro.

Afin de juguler l’inflation croissante, la BCE devra, à terme, procéder à un relèvement des taux d’intérêt. Le relèvement des taux aboutira à une hausse des taux hypothécaires pratiqués par les banques. La BNB met en garde depuis de nombreuses années contre la surévaluation structurelle des prix de l’immobilier en Belgique. Le risque d’une baisse ou d’une chute abrupte des prix de l’immobilier résidentiel s’est-il accru dès lors que la politique monétaire va être renforcée? En d’autres termes, la hausse des taux d’intérêt à long terme provoquera-t-elle une nouvelle crise du logement? Ensuite, l’intervenant évoque une question qu’il a posée à M. Wunsch, au cours de l’échange de vues précédent, à propos d’une communication vaste et destinée au grand public de la part de la BNB, en particulier de M. Wunsch lui-même.

Au cours de la discussion précédente, l’intervenant a déjà salué la communication professionnelle, proactive et variée de la BNB. C’est un véritable exemple pour les autres institutions. L’intervenant souhaite continuer à encourager M. Wunsch et les autres membres de la direction à communiquer directement avec le grand public. L’inflation est un sujet qui concerne tous les citoyens. Elle a un effet direct sur le pouvoir d’achat des ménages.

L’appel qu’il lance à M. Wunsch est, dans ce contexte de hausse de l’inflation, de participer davantage à des émissions d’information populaires pour expliquer la politique monétaire et informer les ménages des prévisions en matière d’inflation et des effets sur leur budget. De nombreux ménages s’inquiètent de leur pouvoir d’achat, du rendement de leur épargne, des taux hypothécaires, … À la suite de la crise actuelle en Ukraine, la question de la stabilité financière est une préoccupation majeure.

La BNB, en tant qu’autorité de surveillance, est également responsable de la stabilité du système financier. Après la crise financière, des mesures ont été prises pour augmenter les coussins de fonds propres des institutions financières et pour réduire les risques. Ces mesures ont rendu le secteur financier belge résilient et ont ainsi accéléré la reprise économique. L’Union européenne a élaboré un paquet de sanctions fortes et unanimes contre la Russie et la Biélorussie.

Il y a aussi les mesures de grande envergure telles que la sanction envers la banque centrale de Russie et la déconnexion des banques russes et biélorusses du système de paiement international SWIFT. Quels sont les risques supplémentaires pour la stabilité du système financier en Belgique? M. Wunsch va-t-il imposer des coussins supplémentaires aux banques à la suite des sanctions?

La présidente de la BCE, Mme Christine Lagarde, a mis en garde contre l’utilisation des cryptomonnaies pour contourner les sanctions européennes: “Parmi toutes les catégories d’actifs numériques, les crypto-actifs me préoccupent le plus dans le contexte russe”, a ainsi déclaré Mme Lagarde. […] “Ils sont certainement utilisés comme moyen d’essayer de contourner les sanctions qui ont été décidées par de nombreux pays à travers le monde contre la Russie et des acteurs spécifiques”.

Lors du précédent échange de vues, M. Wunsch a expliqué le rôle que joue la BNB par rapport aux cryptomonnaies. La BNB contrôle les cryptomonnaies au moment où ces monnaies sont converties en monnaie réelle. Les banques doivent alors être en mesure d’identifier l’origine de l’argent. Quel est l’avis de M. Wunsch concernant l’utilisation des cryptomonnaies pour contourner les sanctions de l’UE? M. Wunsch partage-t-il le point de vue de Mme Christine Lagarde? Depuis le début des sanctions, la BNB a-t-elle observé davantage de transactions cryptographiques dans les banques? La guerre en Ukraine va probablement se poursuivre pendant un certain temps et il est déjà certain que les sanctions (et les dommages) économiques auront un impact pendant longtemps.

Il est également possible que l’économie mondiale fonctionne moins sur la base des principes du libre marché. La guerre en Ukraine causera des chocs multiples sur l’économie: en particulier, un impact direct lié aux sanctions, un impact indirect lié aux sanctions (effets du déclin de l’Europe de l’Est, impact des prix de l’énergie et de l’inflation, stabilité financière, etc.) et des différences sectorielles potentiellement importantes: agriculture, secteur automobile, banques, etc.

Un “Brexit High Level Group” a été convoqué en Belgique immédiatement après le référendum sur le Brexit. Le but du groupe de travail était d’identifier l’impact du Brexit sur l’économie et de formuler des recommandations politiques à l’ensemble des gouvernements. Un groupe de travail a également été mis en place lors de la crise du coronavirus. Trois tâches étaient assignées à l’“Economic Risk Management Group”, à savoir mesurer l’impact de la pandémie du coronavirus sur les entreprises, les secteurs et les marchés financiers (“monitoring”), garantir la continuité des activités des entreprises et des infrastructures hautement critiques pour ce pays, et jouer un rôle de coordination en dressant l’inventaire des mesures qui avaient déjà été prises afin de lutter contre les conséquences économiques de la crise.

L’intervenant se demande s’il ne serait pas utile de mettre en place un tel groupe de travail économique dans le cadre de la guerre en Ukraine. Le gouvernement a déjà demandé un rapport complémentaire à la Banque nationale de Belgique et au Bureau fédéral du Plan afin de pouvoir réaliser son contrôle budgétaire, mais cela ne doit-il pas être organisé de manière structurelle? M. Christian Leysen (Open Vld) fait premièrement observer qu’il a lancé l’idée de la présente audition début janvier 2022 à la suite d’observations de Mme Isabel Schnabel (membre du directoire de la BCE) au sujet de l’inflation verte.

Mme Schnabel a-t-elle encore porté de nouvelles informations et suggestions à la connaissance de M. Wunsch au sujet de ce thème? M. Wunsch souscritil ou non aux idées et suggestions de Mme Schnabel? L’intervenant constate en outre que l’inflation croissante, alimentée par le renchérissement des prix de l’énergie et de l’alimentation, aura un impact négatif sur le budget et la compétitivité des entreprises.

Il fait remarquer à cet égard que les projections de la BNB concernant l’inflation pour les années 2023 et 2024 sont particulièrement prudentes. Il estime qu’il importe de ne pas prendre ses désirs pour des réalités à cet égard. L’intervenant reconnaît que l’inflation croissante dans un contexte de taux d’intérêts à long terme relativement bas a un impact positif sur le ratio d’endettement. Il s’agit d’une sorte d’impôt sur la fortune pour le citoyen qui épargne à court et moyen terme.

Il s’agit en outre également d’un transfert du citoyen vers les autorités. Il considère par ailleurs que l’évolution haussière actuelle des taux d’intérêt sonnera le glas de l’ère de l’argent gratuit et de l’idée selon laquelle les autorités peuvent remédier à une crise économique par la voie de l’emprunt en commandant la croissance économique grâce au crédit bon marché. S’agissant du coût budgétaire, l’intervenant se demande si la marge budgétaire restera suffisante actuellement et dans un avenir proche afin de compenser les effets négatifs de la crise du coronavirus et de la crise énergétique.

Quand sera atteint le point de basculement où les autorités devront poser des choix concernant l’utilisation des moyens qu’elles perçoivent par le biais des impôts? Enfin, l’intervenant aborde l’indexation automatique des salaires qui est liée à la norme salariale. Ces deux éléments peuvent avoir un impact néfaste sur le futur taux d’emploi et la compétitivité de l’économie. C’est la raison pour laquelle l’intervenant évoque l’idée de créer un cadre dans lequel il sera possible de déroger au niveau de l’entreprise à l’un des deux éléments

précités de manière à accroître la flexibilité afin de fixer la formation des salaires et la masse salariale de manière durable, intégrée et diversifiée de telle sorte que ni l’emploi ni la compétitivité ne soient mis en péril et que le pouvoir d’achat des travailleurs puisse être suffisamment protégé. M. Joris Vandenbroucke (Vooruit) fait observer que M. Wunsch a indiqué au cours de son exposé qu’il ne s’attendait pas à une spirale ascendante des salaires et des prix, mais à une baisse de l’inflation en 2023 et 2024.

En outre, M. Wunsch ne craint pas une récession mais il s’attend à un léger ralentissement de la croissance économique. L’intervenant souligne par ailleurs la forte hausse des bénéfices bruts des entreprises belges. M. Wunsch avait indiqué au cours de son exposé fin février que ces bénéfices devaient permettre aux entreprises d’absorber le choc inflationniste. M. Wunsch reste-t-il sur cette position, maintenant que les conséquences de la crise ukrainienne sont nettement plus claires qu’il y a un mois? Pour l’heure, de nombreuses mesures sont prises pour atténuer la pression sur l’inflation résultant de la hausse des prix de l’énergie.

À cet égard, l’intervenant renvoie notamment à la diminution de la TVA sur le gaz naturel et l’électricité, ainsi qu’à la prolongation de l’élargissement du tarif social. Par ailleurs, il existe des projets visant à organiser un achat groupé de gaz naturel au niveau de l’Union européenne et à limiter l’indexation des loyers. Selon M. Wunsch, existe-t-il encore d’autres mesures permettant de freiner l’inflation sans devoir recourir à des moyens budgétaires supplémentaires? Dans ses prévisions concernant l’évolution de la crise ukrainienne, la BNB ne part pas de l’hypothèse d’un arrêt complet des fournitures de pétrole et de gaz naturel à l’Union européenne en provenance de Russie.

L’Allemagne a toutefois tenu compte de ce scénario, ce qui a donné lieu à l’établissement de modèles divergents, certains indiquant que l’économie allemande peut faire face à l’arrêt de ces livraisons, alors que d’autres estiment que cette situation aurait un impact dramatique sur l’économie allemande. M. Wunsch pourrait-il décrire l’impact de ce scénario sur l’économie belge? Mme Marie-Christine Marghem (MR) revient sur la forte hausse des prix de l’énergie et sur son impact important sur l’accélération de l’inflation ainsi que sur l’augmentation du niveau général des prix au cours des mois écoulés.

La hausse des prix de l’énergie et l’inflation qui en découle menacent encore de s’accentuer si l’Union européenne décide de ne plus importer de gaz naturel et de pétrole russes. Dans ce scénario,

les prix de l’énergie et l’inflation menacent de devenir incontrôlables et de porter atteinte à l’ensemble du tissu économique. M. Wunsch peut-il donner plus de précisions à propos des prévisions actuelles de la BNB concernant ce scénario et peut-il également fournir un aperçu des conséquences attendues pour le développement économique et budgétaire de la Belgique? III. — RÉPONSES DU GOUVERNEUR DE LA BANQUE NATIONALE DE BELGIQUE M. Pierre Wunsch, gouverneur de la BNB, répond qu’il souscrit à l’affirmation selon laquelle la BCE devrait être indépendante et disposer un mandat clair, incluant également la responsabilité (accountability) requise.

En ce qui concerne le mandat de la BCE, l’orateur souligne qu’il est légalement prévu par l’article 127 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui dispose que, sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, la BCE apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, tels que définis à l’article 3 du Traité.

Pendant vingt ans, il n’y a eu aucune discussion à propos du mandat de la BCE. mais à présent, l’interprétation des objectifs secondaires de la BCE mentionnés à l’article 3 du Traité suscite tout à coup une grande agitation. Selon la lecture que certains en font, le climat est jugé plus important que les autres objectifs de l’article 3. Bien que l’opinion publique se soit davantage préoccupée du climat ces dernières années, l’orateur ose remettre l’affirmation que le climat dans article 3 est plus important que les autres objectifs santitaires en question.

Concernant la prise en compte des coûts du logement dans le calcul du taux d’inflation, M. Wunsch fait observer que la valeur des actifs des citoyens (biens immobiliers, actions, obligations) n’est normalement pas prise en compte dans le calcul du taux de l’inflation. Toutefois, un accord a été atteint au sein de la BCE afin de tenir également compte des coûts de vivre dans son propre logement. En ce qui concerne la tribune de M. Peersman, l’orateur souligne que M. Peersman a préconisé des mesures ciblées.

M. Peersman a également souligné que les mesures prises avaient surtout profité à la classe inférieure et moins à la classe moyenne, et que l’indexation était surtout avantageux pour la classe supérieure, car la part des coûts énergétiques pèse moins dans leur mode de

consommation. M. Wunsch convient que les mesures doivent être aussi ciblées que possible. Il reconnaît que les mesures qui, à première vue, paraissent les meilleures sur le plan économique ne sont pas toujours les meilleures sur le plan politique. À un certain moment, M. Wunsch s’attend à une baisse des prix de l’énergie. Il est dès lors favorable à des mesures temporaires et ciblées, comme ce fut le cas durant la crise du COVID.

Toutefois, lorsque la relance économique reprendra, il conviendra de supprimer progressivement ces mesures. Compte tenu de la faiblesse des taux d’intérêt réels, le financement des mesures temporaires à court terme ne pose pas de problème à l’heure actuelle, ce qui n’est pas le cas des engagements à moyen terme. À la question de savoir si une réduction d’impôts n’est pas préférable à une mesure de soutien direct, M. Wunsch répond que le soutien direct permet de mener une politique ciblée.

L’orateur doute si les moyens budgétaires sont actuellement présents afin d’exécuter une réduction des impôts. En ce qui concerne le monitoring de la compétitivité des entreprises, l’orateur indique que les modèles de la BNB ne sont pas des modèles sectoriels et doncne permettent pas de réaliser un monitoring par secteur. Les modèles du BFP permettent quant à eux de suivre la compétitivité dans 5 à 6 secteurs mais dans ce cas la granularité n’est pas trop grande.

Pour ce qui est de la stabilité du modèle social belge, l’orateur souligne que les entreprises belges perdront en compétitivité si les salaires n’augmentent pas dans les pays voisins. M. Wunsch prédit toutefois une augmentation des salaires à moyen terme chez nos voisins en raison de la pénurie sur le marché du travail. Il est néanmoins important de veiller à ce que notre pays n’entre pas trop vite dans une spirale prix-salaires en raison de l’indexation automatique des salaires.

En ce qui concerne le déficit budgétaire, M. Wunsch rappelle que les pronostics de la NBB qui ont été élaborés en 2020 avaient prévu un déficit possible de 6 % du PIB dans les années après la crise. Grâce à la très forte reprise économique en 2021, les déficits attendus ont été modérés mais cela concerne évidemment la situation avant le début de la guerre en Ukraine. Tant que la croissance de l’économie se poursuivra, l’orateur préconise de prendre des mesures structurelles pour réduire le déficit budgétaire.

De plus, le cadre budgétaire européen autorise l’adoption de mesures temporaires et ciblées en vue de mieux absorber le choc économique causé par la crise des réfugiés et de l’énergie. M. Wunsch

s’attend à une certaine flexibilité des règles budgétaires européennes sans prolongation de la clause dérogatoire générale (general escape clause). Concernant la politique monétaire, l’orateur souligne que la zone euro se trouve dans une situation difficile combinant une inflation élevée et une plus basse croissance économique. L’inflation ayant augmenté, il n’est plus nécessaire de mener une politique monétaire très souple.

L’orateur ne préconise pas non plus un durcissement complet de la politique monétaire; une normalisation progressive lui semble être l’approche la plus adéquate. M. Wunsch souligne que le taux d’intérêt sur les OLO à 10 ans a augmenté de 130 points de base en six mois sans aucune intervention de la BCE quant à la baisse des interets. Si l’inflation continue d’augmenter, la BCE devra durcir d’une manière plus vite sa politique monétaire à un moment donné.

En ce qui concerne la différenciation de la politique budgétaire et fiscale européenne en fonction de la situation spécifique de chaque État membre, l’orateur souligne qu’en vertu de cette différenciation, la Belgique devra, en tant qu’État membre ayant un taux d’endettement élevé, continuer à faire les efforts budgétaires nécessaires. Sur le plan macroéconomique, des arguments plaident en faveur d’une coordination plus forte des politiques budgétaires des États membres.

M. Wunsch se demande toutefois si cette coordination serait politiquement réalisable, car elle nécessiterait une solidarité importante entre les États membres. Le nouveau gouvernement allemand a en tout cas récemment décidé de mettre en œuvre une politique budgétaire très expansive dans les domaines du climat et de la défense. En ce qui concerne l’indexation automatique des salaires, M. Wunsch indique qu’il n’est pas opposé au principe de la protection du pouvoir d’achat des citoyens qui sous-tend ce système.

L’indexation automatique des salaires limite en tout cas la flexibilité de la formation des salaires. La Belgique et le Luxembourg sont les seuls pays où l’indexation des salaires est automatique. Dans d’autres pays, une certaine forme d’indexation des salaires à moyen terme a également lieu, mais pas automatiquement. Lorsque les indexations se succèdent trop rapidement, un risque de spirale prix-salaire apparaît.

C’est aux responsables politiques qu’il appartient alors de juger jusqu’où on peut aller à cet égard. M. Wunsch rappelle que notre pays a déjà été impliqué dans une spirale dprix-salaire de cette nature par le passé, au moment de la crise pétrolière, lorsque les prix des carburents étaient encore intégrés dans l’indice. La Belgique avait alors dû consentir des efforts importants pour sortir de cette spirale des prix.

Il est important de déterminer à partir de quel moment l’indexation automatique

pourra poser un problème. Sur la base de ses modèles, la BNB a conclu, en décembre 2021, que l’indexation automatique des salaires provoquerait en Belgique un choc de compétitivité temporaire qui resterait gérable en raison de l’augmentation de la marge bénéficiaire des entreprises. La situation actuelle de l’inflation remet toutefois cette affirmation en question. Il est en tout cas important de suivre attentivement l’augmentation des salaires chez nos voisins.

Pour ce qui est de la demande de la politique monétaire verte, l’orateur indique que la BNB a développé une politique interne d’investissements verts mais ceci n’égale pas le financement de l’économie. L’orateur fait donc observer qu’une banque centrale n’est pas une société d’investissement qui finance l’économie et veille uniquement à la stabilité des prix ne prend pas de décision relatives au financement de l’économie, ce qui en fait une décision politique.

La BCE poursuit, elle aussi, une politique neutre dans ses programmes d’achat, traitant tous les secteurs de la même façon. M. Wunsch plaide pour qu’il continue à en être ainsi. Sinon, le système risque de devenir ingérable. C’est en effet aux responsables politiques qu’il appartient de juger dans quels secteurs des investissements peuvent être réalisés ou non. Des spécialistes du climat et du verdissement ont récemment été engagés au sein des départements des études, de la stabilité financière et des marchés financiers de la BNB.

En ce qui concerne l’impact d’une éventuelle hausse des taux d’intérêt sur le marché du logement, le gouverneur répond qu’une hausse des taux d’intérêt pourrait être une bonne chose en soi. La faiblesse prolongée des taux d’intérêt a entraîné une surchauffe du marché du logement, qui s’est traduite par une forte hausse des prix. Une hausse des taux d’intérêt pourrait donc entrainer un certain refroidissement du marché des prix.

Si elle est trop rapide, elle risque toutefois d’entraîner l’effondrement du marché du logement. Quant à l’impact de la crise ukrainienne sur la stabilité financière, M. Wunsch répond que le secteur financier est fort et que les banques belges sont bien protégées à cause des réserves importantes. Ces dix dernières années, de nombreux efforts ont été déployés pour renforcer les réserves des banques belges, de sorte qu’aucune mesure supplémentaire n’est nécessaire, du moins à court terme.

En ce qui concerne les crypto-monnaies, M. Wunsch souscrit à la déclaration de la BCE selon laquelle celles-ci représentent un danger parce que leur fonctionnement n’est pas transparent du tout.

Quant au suivi de la crise ukrainienne, l’orateur indique que la BNB suit de près son impact. La BNB est bien entendu disposée à participer à un groupe de travail économique s’il y a une demande en ce sens. C’est au niveau politique d’en juger. En ce qui concerne les déclarations sur l’inflation verte faites par Mme Schnabel, membre du directoire de la BCE, l’orateur répond qu’il ne s’attend pas à ce que le verdissement de l’économie entraîne forcément une hausse des prix de l’énergie, mais plutôt une plus grande volatilité des prix de l’énergie en raison de toutes sortes de limitations et de goulets d’étranglement.

Les prix de l’énergie sont actuellement exceptionnellement élevés et ne pourraient probablement baisser dans le futur sur une période de trente ans. Il y a également un déséquilibre dans les prix du gaz: ainsi, le prix du gaz en Europe est 4 à 5 fois plus élevé que dans les autres parties du monde à cause de la situation spécifique en Europe. Le pétrole, en revanche, est une matière première mondiale, ce qui signifie que son prix est à peu près le même partout.

Les simulations du coût de la production de l’énergie à base d’hydrogène montrent qu’il sera bien inférieur aux prix actuels du gaz. M. Wunsch est d’accord avec l’affirmation selon laquelle l’inflation est une forme d’impôt sur la fortune. En raison des faibles taux d’intérêt, l’épargne ne rapporte rien ou peu. Les débiteurs, quant à eux, bénéficient de taux d’intérêt bas. Lors de l’élaboration de la politique monétaire, la BCE devrait prendre en compte les effets redistributifs qu’une telle politique peut avoir.

Selon M. Wunsch, il est difficile de répondre à la question de savoir si les autorités doivent faire davantage pour freiner la hausse de l’inflation. Il s’agit de suivre de près la situation et de détecter les citoyens et les entreprises qui rencontrent des difficultés et pour lesquels des mesures supplémentaires sont nécessaires. Des mesures ciblées et temporaires peuvent donc être envisagées. L’orateur prévient que la marge budgétaire est réduite et il est favorable aux mesures ciblées et temporaires si on prend en même temps des mesures structurelles visant à réduire le déficit budgétaire Pour ce qui est de l’impact d’un arrêt complet des livraisons de pétrole et de gaz, M. Wunsch répond que plusieurs études en estiment l’impact sur l’économie allemande à un maximum de 3 % du PIB.

Cela signifierait une légère récession. La part de gaz russe sans l’importation du gaz allemand ont déjà baissé de 55 % à 40 %. Des solutions de rechange à l’approvisionnement en gaz russe sont actuellement à l’étude. Dans l’hypothèse d’une réduction progressive des approvisionnements en

gaz en provenance de Russie, M. Wunsch s’attend à un faible impact sur l’économie allemande. Bien entendu, tout dépend également de la réaction de la Russie à l’arrêt des importations de gaz. L’orateur souligne que notre pays importe très peu de gaz de Russie (5 %). Enfin, M. Wunsch indique que la BNB n’est pas spécialisée dans les questions énergétiques. La BNB recrute progressivement plus d’experts en énergie afin de renforcer ses connaissances en la matière.

À la demande de la ministre du Climat, de L’environnement, du Développement durable et du Green Deal, la BNB réalise actuellement une étude sur l’exposition de notre pays aux matières premières pour lesquelles le nombre de fournisseurs est (géographiquement) limité. Le rapporteur, La présidente, Sander LOONES Marie-Christine MARGHEM

Inflation élevée: quelles implicati monétaire européenne et pour la économique et budgétaire de la Pierre Wunsch 30 mars 2022 You can

L’inflation totale a récemment atteint de Sources: BRI, BCE. Indices de prix, croissance annuelle (pourcentage) -3 -2 -1 États-Unis Zone euro … et l’inflation sous-jacente se caractéri opwaartse tendens Sources: BCE, Réserve fédérale. (en pourcentage)

En Belgique, l’inflation énergétique réag pétroliers et des autres sources d’énerg Sources: Eurostat, Refinitiv. Inflation énergétique (Indices IPC, croissance annuelle en pourcentage) -30 -20 -10 Une inflation fortement influencée par d Sources: Eurostat, BLS. Inflation bisannuelle (annualisée, pourcentage) En 2021, le rythme de hausse des prix est nettement inférie (= année précédant la crise) servant de base de comparaiso Inflation sous-jacente 2018 2019 2020 2021 2022 p.m. inflation annuelle "normale" de la zone

La forte reprise et le glissement de la dem Sources: Eurostat, US BEA. Données en volume. (indice, 2018T1=100) Évolution de la consommation des biens durables et des se 2018T1 2018T2 2018T3 2018T4 2019T1 2019T2 2019T3 2019T4 2020T1 2020T2 2020T3 2020T4 2021T1 2021T2 2021T3 2021T4 Biens durables Services Tendance des bie Zone eur -8 -6 -4 -15 -5 Déficit public Les écarts de demande entre les États-U par les impulsions budgétaires différent Sources: OCDE, Perspectives économiques, Décembre 2021 ; Comm décembre 2021, propres calculs.

Évolution du PIB et du déficit public (en pourcentage, croissance annuelle) 2022e 2023e Croissance du PIB Paquet de mesures bien plus important malgré/entraînant une baisse du PIB moins marquée

janv avr juil oct États-Un Les prix ont également été influencés p Source: Refinitiv. Le PMI (Purchasing Manager’s Index) est un indice de diffusion (corr de 50 indique un délai de livraison/du retard de travail inchangé pa livraison/du retard et une valeur inférieure à 50 indique une amélior Indices PMI pour les délais de livraison des fournisseurs dans l’industrie manufacturière (échelle inversée) 1 000 1 200 1 400 1 600 janvier avril juillet t b Les prix des inputs ont aussi fortement 1 La Chine/Asie de l’Est comprend les ports de Shanghaï, Ningbo, Y Frais de tra (indices, janvier mobiles sur sep mai septembre États-Unis (Henry Hub) Zone euro (TTF NL) Prix du gaz (USD par MBtu ) Monde Chine/Asie d

Situation avant le début de la guerre Inflation Croissance économiq Offre Demande

La guerre en Ukraine est surtout un cho Croissance économique La BCE et l’OCDE prévoient une croissan • Les dernières projections de la BCE (clôturées le 2 mars) tiennent partiellement compte du conflit. Deux scénarios plus pessimistes permettent aussi d’appréhender l’incertitude: • L’OCDE a publié des simulations de l’incidence du

Mise à jour des estimations pour l’écon incertitude Sources: Eurosystème, BNB. Hypothèses retenues pour les projections de mars 20 Marchés à l’exportation pertinents pour la Belgique (pourcentages de variation, en volume) Prix du gaz (euros par MWh) Prix du pétrole (euros par baril) Taux des dépôts interbancaires en euros à trois mois (pourcentages) Taux des obligations à dix ans de l’États belge (pourcentages) 6,1 2,6 2,4 1,6 0,7 Projections d'automne BNB Révision à la hausse mécanique grâce à l’amélioration des prévisions de croissance pour le T4 2021 et le T1 2022 1,5 1,9 Projections révisées (y compris guerre -1p.p. -0,9 p.p. +0,3 p La révision à la baisse de la croissance e meilleure position de départ Source: BNB.

1 L’ajustement à la baisse de la croissance tient à diverses composan tandis que les exportations nettes et les investissements ont aussi é PIB belge en volume1 (pourcentages de variation annuelle) 2024e

01 /01 /2 020 01 /01 /2 021 01 /01 /2 022 01 /01 /2 023 01 /01 /2 024 Alimentation Énergie Inflation totale (%) p.m. Inflation totale dans les projections d'automn L’inflation a été nettement revue à la ha Sources: SPF Économie, BNB. Inflation et contributions (points de pourcentage) Moyenne annuelle 2021e 0,4 3,2 7,4 2,2

Près d’une décennie de politique moné Sources: Refinitiv, BCE. Notes: La ligne verticale marque le début de la forward guidance en Taux d’intérêt directeurs et bilan de l’Eurosystème (échelle de gauche: pourcentages; échelle de droite: milliards d’euros) Total actifs Facilité de prêt marginal Facilité d … avec une adaptation des instruments crise du COVID-19 • Achats d’actifs (depuis 2014) Asset Purchase Programme (APP): + 120 m Pandemic Emergency Purchase Programme • « Le Conseil des gouverneurs se tient prêt à ajus pour assurer que l’inflation se stabilise au niveau Ö Forward guidance sur les taux directeurs et • Taux directeur toujours négatif (depuis 2014), ra • Trois séries de prêts à long terme à des conditi TLTRO III : 3 opérations supplémentaires dé %

Décisions de politique monétaire du 10 • Les achats nets au titre du PEPP s’arrêteront • Les achats nets mensuels au titre de l’APP aj • Le calibrage pour T3 dépendra des données • Réinvestissements des remboursements APP Les taux d’intérêt resteront à leurs niveaux actu atteigne 2 % bien avant la fin de son horizon d Toute modification des taux d’intérêt directeurs après la fin des achats nets au titre de l’APP et Les conditions particulières applicables aux TLT du système à deux paliers pour la rémunératio La normalisation (attendue) de la politiq conditions de financement Sources: Refinitiv, calculs propres.

Note: Rendement des obligations de la zone euro: pondéré par Rendement des obligations souve Rendement pondéré des obligatio Taux nominal OIS à 10 ans

Les marchés anticipent que les taux d’in des niveaux bas en zone euro Sources: Refinitiv, calculs propres; Note: Taux OIS forward à un an. -7 Anticipations du marché pour Une sortie plus graduelle qu’aux États-U Sources: Bloomberg, Federal Reserve, Refinitiv, calculs propres. Notes: Anticipations mesurées par le taux ILS (inflation-linked swap) États-Unis mesurée par le CPI. Évaluation de la politique monétaire par les participants individuels a Inflation et anticipations du marché (pourcentages) Tau Inflation et anticipations du marché - zone euro (28 mars) Inflation et anticipations du marché - États-Unis (28 mars)

Résultats de la révision stratégique de la Objectif d’inflation “inflation annuelle inférieure mais proche de 2% à moyen terme” Mesure de L’IPCH reste appropriée m des logemen leur propriéta être inclus Analyses • Analyses économique, monétaire et financière stabilité financière est une condition préalable à la stabilité des prix. Changeme plan d’action les facteurs li dans les éval politique mo L’importance d’une transition verte ordo Source: Sandbag.be (based on ICE).

1 ETS= Emission Trading Scheme (en français, SEQE = système d'éc • La lutte contre le changement climatique doit et peut se faire à un coût raisonnable … • … mais avec une période intermédiaire : choc d’offre, effet d’eviction, répartition inégale • Le prix correct des émissions est la clé pour orienter nos efforts collectifs … • … mais une réglementation pourrait s’avérer nécessaire.

Les banques centrales devraient avoir u mandat et instruments • Le mandat de la BCE est ancré dans le traité de l'U • La stabilité des prix est l'objectif principal … • … sans préjudice de cet objectif, elle soutient les politiques économiques générales dans l’UE en référence à l'article 3 du traité. • L'article 3 énumère de nombreux objectifs : • Un niveau élevé de protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement … • … mais aussi une croissance économique équilibrée, une économie sociale de marché hautement compétitive, le plein emploi, le progrès social, les avancées scientifiques et technologiques, l'égalité des femmes et des hommes, la lutte contre l'exclusion sociale et la discrimination.

Hausse des prix de l’énergie et orientati La politique monétaire peu hausse est temporaire, mai La transition verte va-t-elle Des prix énergétiques plus Capacité de production d’é sur les énergies fossiles plu La politique monétaire ne p s’ils représentent un risque 1) Désencrage des attentes 2) Hausse de la demande, l VOLATILE? CONTINUE

RISQUE POUR LA

STABILITÉ? TEMPORAIRE?

La dégradation des termes de l’échange Sources: base de données AWM, Eurostat, calculs propres et BNB Le graphique montre comment les variations des prix à l’importatio revenu réel disponible pour l’ensemble de l’économie, en pourcenta Effet de revenu résultant des variations des terme (pourcentages du PIB) Belgique Deux chocs pétroliers Forte baisse des cour du pétrole

L’inflation énergétique est essentielleme Source: Eurostat 1 Le pourcentage exprimé correspond à la dépendance énergétique 2 Différence entre la facture énergétique de prix et quantités de gaz pourcentage du PIB à prix courant. 3 Différence entre la facture énergétique moyenne 17-19 et une fact EUR/baril de Brent et une consommation Moyenne 17-19. Dépendance énergétique de la Belgique (Millier de tonnes d'équivalent pétrole - ktep)1 79 % 100 % 20 % 0 % 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 60 000 70 000 Total Produits pétroliers Gaz naturel Energie renouvelables et biocarburants Energie nucléaire Autres Énergie brute disponible Importations nettes Le renchérissement des importations to belge Augmentation des prix des biens Comp via les Augmentation des coûts de produ Augmenta coûts sala Inde pub rece Augmentation des recettes TVA

L'indexation préserve le pouvoir d'achat consommation (au moins au niveau ma Sources: BCE (CES October 2021 survey), ICN, BNB (projections éco Consommation et pouvoir d'achat des ménages (Croissance annuelle en %) 0,3 2,8 Pouvoir d'achat par tête Consommation des ménages Impact du fait du délai lié à l'indexation … mais l’indexation s’opère avec un cert ressentie n’est pas la même pour tous le Sources: CREG, Statbel, calculs propres.

1 Moyenne de janvier et février 2022. Calculs propres sur la base de 2018. Pour l’électricité et le gaz: indice propre calculé pour le tarif social Inflation par groupe de revenu en janvier et en fé 20221 Une grande partie (± 80%) du groupe de revenu le plus faible a droit au tar <Q25 (avec tarif social) (sans tarif Q25-Q50 Q50-Q75 >Q

… et l’indexation va de pair avec la « loi Source: CCE (février 2022) 1 Loi relative à la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventiv 2 Moyenne des Pays-Bas, de l’Allemagne et de la France, pondérée Handicap des coûts salariaux2 sur la base des chi Trois principau La pression sur les prix devrait entraîner précédent du fait de l'indexation de ceu Source: BNB (projections économiques automne 2021 et mars 2022 1 Y compris les subsides salariaux (principalement les réductions du Coûts salariaux horaires1 dans le secteur privé - Be décembre 2021

La forte croissance des salaires sera en bénéficiaires des entreprises Sources: FPS Economy, NAI, NBB. 2 Approximation basée sur la différence entre le déflateur du PIB et ULC¹ Marges bénéficiaires² Inflation sous-jacente, coûts unitaires de main-d'œuvre (ULC) et marges bénéficiaires (%)

À moyen terme, l’inflation énergétique solde budgétaire primaire Recettes Dép Recettes fiscales et parafiscales Dépenses courante Prélèvements applicables essentiellement aux revenus du travail: Rémunération des Impôt des personnes physiques Cotisations sociales Consommation inte Impôts sur les bénéfices des sociétés Prestations sociales Pensions et autres Prélèvements sur les autres revenus et sur le patrimoine Dépenses de soins Impôts sur les biens et sur les services, dont Autres transferts co TVA Accises Dépenses en capita Recettes non fiscales et non parafiscales Formation brute de Cotisations sociales imputées Autres dépenses en Incidence négative sur le solde primaire L'inflation réduit le taux d'endettement temps le taux d'intérêt sur la dette La révision à la hausse de la croissance nominale par rapport à juin contribue à la baisse du taux d'endettement (révision de la contribution à la dynamique de la dette, points de pourcentages du PIB) Différence entre les projections de juin 2021 et mars 2022: Contribution de la croissance du PIB en volume Contribution de l’inflation (déflateur du PIB)

Simulation de l’incidence de l’inflation sur du choc d'inflation est progressivement ér Ratio d’endettement Taux d’intérê et croissance (pourcentages du P Cro Taux d’i Scenario de juin 20211 Scenario d’inflation plus élevée: 6% en 2022, 2% à part 1 Le scenario de base reflète l’exercice de projection macroéconomique 2 Dans ce scénario, l'inflation serait de 6 % en 2022 et de 2 % les année augmenter de 50 points de base à partir de 2022 par rapport au scén Annexe

Impact limité de la hausse du coût du C Sources: Refinitiv (an LSEG company), BNB. 1 Le coût moyen du CO2 est approximé selon la méthode décrite da Prix de l'électricité pour livraison l'année procha mécanisme EU ETS (€/MWh, moyennes mensuelles)

Électricité baseload pour livraison l’année Coût moyen du COЇ pour la production d'é Le changement climat la BCE : un besoin à la d’enthousiasme et de r Pierre Wunsch | CFO Award Trends/Trends-Tendances | 21 octobre 2021

Hausse des émissions et de la concentra Source: Global Carbon Project. Milliards de tCO2 UE-27 Amérique du Sud Transport international Reste de l'Europe Asie Concentration de

Les conséquences économiques de la lu changement climatique

  • Les estimations varient considérablement
  • Les effets/coûts globaux à long terme de l’atténua
  • Mais :
  • diminution de la production potentielle au cour
  • risque d’effets d’éviction (consommation, autres
  • répercussions déséquilibrées entre les ménages

Ces dernières années, le prix du carbon €0 €10 €20 €30 €40 €50 €60 €70 Sources : Our World in Data, Ember. Prix du quota EU-ETS L’EU-ETS devrait faire partie d’un ensem • Une taxe carbone ou un système d’échange de qu • Extension de l’EU-ETS • Réglementation • Subventions • désavantage : difficulté de contrôler en permane des facteurs pertinents • risque de soutien excessif • accent sur le soutien temporaire et ciblé de que phares très prometteurs

Quel rôle pour la BCE ? • Le mandat de la BCE est ancré dans le traité sur l’U • la stabilité des prix est son objectif premier • sans préjudice de cet objectif, la BCE soutient le économiques générales dans l’UE conformémen • L’article 3 énumère de nombreux objectifs : • un niveau élevé de protection et d’amélioration l’environnement … • … mais aussi une croissance économique équilib sociale de marché hautement compétitive, qui t emploi et au progrès social, le progrès scientifiq technique, la lutte contre l’exclusion sociale et le discriminations, la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, etc.

Un risque de dérive de la mission ? • Mervyn King (ancien gouverneur de la Banque d’A “The Federal Reserve, European Central Bank and Bank all seem willing to take on vexing social challenges. If t careful, they may end up losing their autonomy.” (« La Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et la Banque d’A semblent toutes les trois déterminées à relever des défis sociaux épine font pas preuve de prudence, elles pourraient finalement perdre leur a • Lawrence Summers (ancien secrétaire au Trésor am “Central banks have, in order to be relevant to somethi political leaders’ and citizenry’s mind, rather stretched degree of emphasis they place.” (« En vue de prouver leur utilité face aux attentes des dirigeants politiq citoyens, les banques centrales sont allées assez loin dans l’importance accordent à ce thème. »)

Le plan d’action de la BCE en matière de Raison fondamentale : les chocs climatiques ont et d’inflation, sur la transmission de la politique mo bilan de la banque centrale. 1. Out données d 3. Tes résist 4. Modifications du cadre opérationnel Princ thèm plan d Modifications du cadre opérationnel lié climatique ? • Motivation basée sur le risque ȁ ma de la stabilité des prix • Deux conditions nécessaires pour obt concrets : • Neutralité de marché vs. efficacité du … besoin d’une approche robuste fond sur des preuves 1.

Solide preuve d’erreurs d’évaluation du marché 2. Incid l’évaluatio Charge de la preuve nous incombant

La valeur ajoutée de la publication d’inf

  • Fixer le prix du carbone (p. ex. par le b
  • Efficacité économique
  • La maximisation des profits incite les entreprises
  • Règlement sur la taxonomie
  • Définit quelles activités sont durables
  • Les investisseurs financiers peuvent opérer une

Hoge inflatie: welke implicaties v Europees monetair beleid en het economisch en begrotingsbeleid 30 maart 2022

De totale inflatie bereikte onlangs een r Bronnen: BIB, ECB. Prijsindices, groei op jaarbasis (in %) Verenigde Staten Eurogebied … en de onderliggende inflatie vertoont Bronnen: ECB, Federal Reserve.

Stand van zaken vóór de oorlog uitbrak Inflatie Economische groei Aanbod Vraag

01/01/2020 01/01/2021 01/01/2022 01/01/2023 01/01/2024 Onderliggende inflatie Voeding Totale inflatie (%) p.m. Totale inflatie in najaarsprognoses De inflatie is sterk naar boven herzien Bronnen: FOD economie, NBB. Inflatie en bijdragen (in procentpunt) 2021r 2022r 2023r Jaargemiddelde

CO2-uitstoot en gemiddelde CO2-conce Bron: Global Carbon Project. Miljarden tCO2 EU-27 Zuid-Amerika Internationaal transport Rest van Europa Azië CO2-concentratie