Resolutie relative à la reconnaissance en tant que génocide du “Holodomor” ou famine organisée dont fut victime la population ukrainienne en URSS (déposée par Mme Ellen Samyn et consorts) va eu Visamse Aliante Ecolo-Groen …: Ecalagiates Confédérés pour l'organisation de luttes arig rs Part Socialiste Ye Vlaams Belang, ur Mouvement Réformateur CDav Christen-Democratisch en Vaams PUDA-PTE Part van de Atbeld van Belgie Part du Travail de Belg
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Texte intégral
17 septembre 2020 DE BELGIQUE relative à la reconnaissance en tant que génocide du “Holodomor” ou famine organisée dont fut victime la population ukrainienne en URSS (déposée par Mme Ellen Samyn et consorts) PROPOSITION DE RÉSOLUTION
N-VA : Nieuw-Vlaamse Alliantie Ecolo-Groen Ecologistes Confédérés pour l’organisation de luttes origi PS Parti Socialiste VB Vlaams Belang MR Mouvement Réformateur CD&V Christen-Democratisch en Vlaams PVDA-PTB Partij van de Arbeid van België – Parti du Travail de Belgi Open Vld Open Vlaamse liberalen en democraten sp.a socialistische partij anders cdH centre démocrate Humaniste DéFI Démocrate Fédéraliste Indépendant INDEP-ONAFH : Indépendant - Onafhankelijk
DÉVELOPPEMENTS
MESDAMES, MESSIEURS
La présente proposition de résolution reprend, en le modifiant, le texte de la proposition de résolution Il y a presque 90 ans, pendant 15 mois épouvantables des années 1932 et 1933, des millions d’Ukrainiens ethniques moururent de faim à la suite de la politique délibérément mise en œuvre par les Soviets. Ce crime perpétré contre la population ukrainienne porte un nom, c’est le “Holodomor”. Les milieux académiques ne s’accordent pas sur le nombre de victimes. Les dernières estimations font état de plusieurs millions de morts. Et, si plus de 20 nations – au rang desquelles les États-Unis, le Canada, l’Australie et quelques États membres de l’Union européenne, comme l’Estonie, la Lituanie, la Hongrie et l’Ukraine elle-même – ont reconnu le caractère génocidaire du Holodomor, le débat reste ouvert, jusqu’à nouvel ordre, sur le fait que le Holodomor soit ou non un génocide en raison de futiles ergotages sémantiques mais aussi de considérations nationalistes et diplomatiques. Personne ne peut toutefois réfuter les paroles que le pape Jean-Paul II prononça à l’occasion du 70e anniversaire du Holodomor: “des millions de personnes [d’Ukrainiens] ont subi une mort atroce à cause des sombres mesures d’une idéologie qui, tout au long du XXe siècle, a été source de souffrances et de deuils dans de nombreuses régions du monde. Je souhaite être présent en esprit aux célébrations […] des innombrables victimes de la grande famine provoquée en Ukraine sous le régime communiste. Il s’agit d’un dessein inhumain, mis en œuvre avec une froide détermination par les détenteurs du pouvoir à cette époque.”. Le Holodomor s’inscrivait dans le droit fil de l’organisation d’une famine à plus grande échelle par l’Union soviétique au début des années 1930. Le fait qu’au sein de l’Union soviétique, des régions occupées par d’autres peuples furent également touchées par la famine, ne constitue pas, selon nous, un argument pour réfuter le Holodomor en tant que génocide. D’autres apologistes tentent de démontrer que le Holodomor serait à replacer dans le contexte de la révolution socialiste d’avantguerre et de son cortège d’exactions abominables. Le Holodomor fut planifié en différentes phases et mis en œuvre par les Soviets dans le but de toucher le peuple ukrainien en tant qu’entité ethnique, politique et sociale au sein de l’Union soviétique. L’Ukraine était le grenier à blé de l’Union soviétique: à la fin de la période tsariste, 50 % des céréales produites dans l’empire des Tsars provenaient d’Ukraine. Les paysans ukrainiens approvisionnaient le reste de l’Union soviétique en nourriture.
Dès lors, la famine des paysans ukrainiens en 1932 et 1933 fut, en toute logique, à l’origine de famines qui éclatèrent dans le reste de l’Union soviétique, comme dans le bassin de la Volga et les steppes du Don et du Kouban1. En outre, le Holodomor est, temporellement parlant, indépendant des grandes épurations ethniques et politiques générales en URSS qui ne se répandirent de manière effroyable qu’en 1937.
Au cours des premières années de la révolution socialiste, marquées par une cruelle guerre civile, les Soviets ont tenté de rallier au communisme les peuples non russes de l’ancien Empire tsariste russe. Pour les amadouer, les Soviets appliquèrent, au début des années 1920, la politique de Korenizatsiya2, qui tenait compte de l’individualité et de l’identité de chaque peuple au sein de l’Union soviétique.
L’Ukraine connut alors une courte période de relance culturelle. Lorsque les bolcheviques de l’ancien empire tsariste se furent emparés du pouvoir absolu et que la sympathie et le soutien des différents peuples vivant dans les frontières de l’État soviétique leur sont devenus superflus, à la fin des années 1920, ils remplacèrent la politique de Korenizatsiya à l’égard des minorités ethniques par une russification intensive.
Simultanément, l’agriculture fut collectivisée. Ces deux facteurs engendrèrent, dans les régions rurales de l’Ukraine, des tensions sociales, culturelles et politiques. La résistance des Ukrainiens à la russification et à la collectivisation ne put compter sur aucune compréhension de la part des Soviets, bien au contraire. Le régime socialiste de Moscou a systématiquement et méthodiquement préparé, défini et mis en œuvre l’extermination du peuple “rebelle” ukrainien.
Durant les années 1929-1930, des dizaines de milliers de commissaires ont été envoyés dans les campagnes ukrainiennes pour imposer par la violence la collectivisation de l’agriculture. Les paysans ukrainiens furent collectivement traités de koulaks (“riches” paysans), arrêtés et déportés vers le goulag et/ou la Sibérie. Ils ont été remplacés, dans leurs exploitations collectivisées, par des travailleurs fidèles au parti, mais totalement ignorants en matière d’agriculture.
On estime que, durant l’intervalle 1929-1932, 2 millions de paysans ukrainiens et de membres de leur famille ont été victimes de la dékoulakisation. La collectivisation forcée et la déportation d’une grande partie de la population paysanne entraînèrent l’effondrement de la production agricole dans les régions ukrainiennes, ce qui allait à l’encontre des chiffres prévus par les Soviets, qui s’attendaient à une augmentation La steppe du Kouban était principalement occupée par les cosaques du Kouban, des cosaques d’origine ukrainienne, ce qui permet de les compter parmi les victimes du Holodomor.
Littéralement: “le fait de favoriser les populations indigènes”.
drastique de la production. Moscou en arriva dès lors à la conclusion insensée que – en dépit de la cruelle dékoulakisation – le peuple ukrainien continuait à saboter activement le rêve communiste. Le 7 août 1932, les Soviets instaurèrent dans les territoires ukrainiens la peine capitale pour le détournement de biens de l’État. L’intégralité de la production agricole et du bétail étant considérée comme biens de l’État, tout Ukrainien qui possédait ou s’appropriait la moindre nourriture signait donc de facto son arrêt de mort.
Molotov3 – ce n’est pas par hasard que son nom signifie “marteau” – fut dépêché par Moscou pour veiller personnellement, au cours de l’hiver 1932, à la confiscation de toutes les céréales, pommes de terre, fourrages et légumes encore présents dans les villages ukrainiens. En décembre 1932, l’interdiction, imposée aux Ukrainiens, de posséder, de négocier, de fournir ou de se faire fournir de la nourriture se mua en une interdiction pure et simple de posséder de la nourriture.
Les brigades de Soviets paramilitaires pillaient et terrorisaient villes et villages. Nul ne pouvait franchir les frontières ukrainiennes sans disposer d’une autorisation personnelle délivrée par Moscou. Les Soviets exportaient les céréales ukrainiennes vers l’Occident en échange de devises, tout en refusant l’aide étrangère. L’Union soviétique avait besoin de ces devises pour industrialiser son économie et a pour ainsi dire sacrifié le peuple ukrainien pour y parvenir.
En effet, les Soviets niaient la situation réelle de l’Ukraine. Il était même interdit de voyager ou de se déplacer à l’intérieur des frontières cadenassées par les troupes du NKVD4. En instaurant toutes ces mesures, Moscou transforma les territoires ukrainiens en un gigantesque camp d’extermination dans lequel la famine et les épidémies firent le reste. Compte tenu de l’absence de sources écrites, il est difficile de déterminer le nombre précis de victimes.
Certains historiens estiment que le nombre de victimes ukrainiennes est compris entre 3 et 4 millions. La cour d’appel de Kiev a estimé le nombre de victimes à 3,94 millions sur la base de données démographiques (“Résolution de la cour d’appel de Kiev, 13 janvier 2010”). Les conclusions du comité scientifique des experts en démographie de l’Institut de démographie et de recherche sociale de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine, datées du 30 novembre 2009, indiquent que 3,941 millions de personnes ont perdu la vie dans le génocide perpétré en Ukraine.
Parmi ces victimes, 205 000 sont mortes durant la période comprise entre les mois de février et Molotov fut, quelques années plus tard, l’artisan du pacte contre nature conclu entre la République soviétique marxiste et l’Allemagne nazie. Narodnyi Komissariat Vnutrennikh Del: successeur de la Cheka et prédécesseur du KGB. Du temps de Staline, ce service exécutait les purifications ethniques, politiques et sociales sur l’ordre du régime socialiste de Moscou.
de décembre 1932; 3,598 millions de personnes sont mortes en 1933 et 138 000 personnes, durant le premier semestre de 1934 (v. 330, p. 12-60). Quatre-vingts pour cent des victimes étaient ukrainiennes, 5 % d’entre elles étaient des Russes ethniques et les 15 % restants faisaient partie d’autres minorités (Polonais, Juifs, …). Selon les différentes sources, en un peu plus d’un an, l’Ukraine perdit entre 25 et 50 pour cent de sa population.
L’Holodomor est incontestablement le résultat d’une politique délibérée du régime socialiste de Moscou à l’égard de la population ukrainienne. Des milliers d’Ukrainiens ont été exécutés sur la base du décret du 7 août 1932. Des millions d’hommes, de femmes et d’enfants ukrainiens ont lentement succombé à une famine atroce. Les Soviets confisquaient leur nourriture et leur interdisaient d’en acheter, d’en produire ou d’en chercher ailleurs pour leur usage personnel.
Les exécutants locaux de la politique moscovite se contentaient de rassembler dans des “orphelinats” et des “hôpitaux” les enfants et adultes qui agonisaient dans la rue. Ajoutons à cela qu’en janvier 1933, Postychev fut envoyé dans les territoires ukrainiens sur l’ordre personnel de Staline, pour éliminer l’élite ukrainienne. L’Holodomor doit être considéré comme une purification ethnique, le génocide d’un peuple que Moscou jugeait incapable ou indigne de vivre dans l’État soviétique.
Il y a bien lieu de qualifier le Holodomor de génocide à la lumière de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide (rédigée en 1948 et entrée en vigueur en 1951), dont l’article 2 définit le génocide comme étant: — tout acte commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, par le meurtre des membres de ce groupe; — les atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale de membres de ce groupe; — la soumission intentionnelle de ce groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle.
Il est indéniable que le Holodomor constitue un génocide au sens de cette définition. En 1956, dans son célèbre discours sur la déstalinisation, Nikita Khrouchtchev avait déclaré que Staline avait en réalité également souhaité faire déporter les
Ukrainiens lors de ses innombrables déportations de populations et que ceux-ci “n’évitèrent ce sort que parce qu’ils étaient trop nombreux”5, ce qui a dès lors entraîné un génocide. En demandant la reconnaissance du Holodomor comme génocide, nous souhaitons faire droit à l’histoire et condamner moralement le régime soviétique et Staline pour leur responsabilité dans ce génocide. Nous renvoyons également, à cet égard, au fait que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et le Parlement européen ont reconnu le Holodomor comme un crime contre l’humanité.
Universiteit Leiden, lors d’une discussion sur l’ouvrage Red Famine de la journaliste Anne Appelbaum https://www .raamoprusland .nl /dossiers /geschiedschrijving /783 -was -de -hongersnood -in -oekraine -genocide.
A. considérant qu’au début des années 1930, 25 % à 50 % des Ukrainiens de souche sont morts de mort non naturelle pendant le Holodomor, à l’intervention et sous l’administration des Soviétiques; B. vu les documents et les actes politiques de l’époque qui montrent que le Holodomor résulte d’une politique malveillante et systématique menée par les Soviétiques en vue de décimer massivement le peuple ukrainien; C. vu la reconnaissance du Holodomor comme génocide par plusieurs dizaines d’États dont les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Hongrie
DEMANDE AU GOUVERNEMENT
FÉDÉRAL
de reconnaître le Holodomor comme génocide contre le peuple ukrainien. 24 août 2020