Motie Visite à 6 projets du Fonds belge pour la sécurité alimentaire au Burundi
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DE BELGIQUE 11 avril 2014 FAIT AU NOM DE LA DÉLÉGATION PARLEMENTAIRE PAR MME Thérèse SNOY et D’OPPUERS et M. David GEERTS RAPPORT Visite à 6 projets du Fonds belge pour la sécurité alimentaire au Burundi (du 17 au 24 novembre 2013) VISITE
SOMMAIRE 1. Chapitre 1er – Fonds belge pour la Sécurité
1983 - 1998: Fonds de survie pour le Tiers
1.5 La mission du groupe de travail FBSA au 2.
Chapitre 2
2.1 “Projet de lutte contre l’insécurité alimentaire et 2.2 “Projet intégré d’amélioration durable de la sécurité alimentaire via l’autopromotion des populations dans les communes de Buhinyuza 2.4 “Renforcement des capacités de la Croix- Rouge du Burundi en réduction des risques et réponses aux catastrophes, protection de l’enfant à base communautaire et diffusion des 2.5 “Programme d’Appui Institutionnel et Opérationnel au Secteur Agricole du Burundi: amélioration de la compétitivité du secteur agricole” 2.6 “Visite au Centres des métiers appuyés par 3.
Chapitre 3
3.1.1 Éléments-clés du programme multi-acteurs 4.
Chapitre 4
4.2 Rencontre avec une délégation de sénateurs 5.
Chapitre 5
5.5 L’approche intégrée de la sécurité alimentaire 6.
Chapitre 6
La liste des participants de la délégation officielle Pages
CHAPITRE 1ER
Fonds belge pour la Sécurité Alimentaire 1.1 Introduction Le Fonds belge pour la Sécurité Alimentaire (FBSA) est un instrument de fi nancement belge, unique en son genre, qui vise à améliorer la sécurité alimentaire de groupes de population vulnérables dans des régions touchées par une grande insécurité alimentaire en Afrique subsaharienne. Le fonds a été créé en 2010 par une loi adoptée au Parlement fédéral (loi du 19 janvier 2010 et loi du 19 juin 2011) et est fi nancé par la Loterie nationale, des moyens supplémentaires étant apportés par la Direction générale de la Coopération au Développement et de l’Aide humanitaire (DGD). Le FBSA est placé sous la gestion et la responsabilité du membre du gouvernement qui a la Coopération au développement dans ses attributions. 1.2 Rétroactes Bien que l’actuel Fonds belge pour la Sécurité Alimentaire ait été créé en 2010, il a en fait fêté son trentième anniversaire en 2013. Le fonds a connu deux prédécesseurs durant la période 1983 - 2009.
1983 - 1998: Fonds de survie pour le Tiers monde
Le Fonds de survie pour le Tiers monde a été créé le 3 octobre 1983 par une loi adoptée au Parlement fédéral. Le Fonds de survie constituait en premier lieu une réponse au “Manifeste contre la faim” signé par 77 lauréats du Prix Nobel de la Paix au début des années 80, dans le contexte des famines qui ont touché la Corne de l’Afrique et le Sahel. Cette initiative parlementaire constituait également une réaction à la marche de la population belge en faveur de la création d’un fonds spécial visant à lutter contre la faim.
Le Fonds de survie disposait d’une dotation de 10 milliards de francs belges (environ 248 millions d’euros), fi nancée par les bénéfi ces nets de la Loterie nationale. Entre 1984 et 1999, près de 71 projets ont été mis en œuvre, pour un montant total de 7,953 milliards de francs belges (198,8 millions d’euros). Le nombre total de bénéfi ciaires est estimé à 4,5 millions de personnes. 1999 - 2009: Fonds belge de Survie Le Fonds belge de Survie (FBS), qui a succédé au Fonds de survie pour le Tiers Monde, a été institué par une loi le 9 février 1999.
LE FBS a pu, lui aussi, disposer
d’une dotation de 10 milliards de francs belges de la Loterie nationale. Entre 1999 et 2009, quelque 72 projets ont été réalisés sur une durée moyenne de 5 ans. 34 projets ont été consolidés par une deuxième phase et ont couvert de la sorte une période de 10 ans. Les 106 projets et programmes, au total, ont représenté conjointement un montant total de 282 millions d’euros. 1.3 2010-2020: Le Fonds belge pour la Sécurité alimentaire a été créé par une loi le 19 janvier 2010.
Une contribution fi nancière de 250 millions d’euros issue des bénéfi ces nets de la Loterie nationale a une nouvelle fois été prévue pour une durée de 10 ans (2010-2020). En fonction des plans budgétaires annuels, des moyens supplémentaires peuvent être prévus sur le budget de la Coopération au développement. Le troisième fonds a marqué un changement de cap radical dans l’approche des programmes de développement.
La grande différence avec ses prédécesseurs (Fonds de survie et FBS) est l’introduction de programmes par pays. Le FBSA opte pour l’élaboration de programmes intégrés et multisectoriels (multidimensionnels), mis en œuvre par divers acteurs du développement (multi-acteurs) qui collaborent dans le cadre d’un même programme (approche par programme). Dans les programmes du FBSA, chaque organisation partenaire participante se consacre aux aspects pour lesquels elle peut offrir une expertise et une plus-value substantielles.
Les interventions atteignent ainsi un niveau de qualité plus élevé et il est possible d’accroître, dans le programme global, les synergies et la complémentarité. En outre, bien plus que dans les deux premiers fonds, l’accent des programmes stricto sensu est mis sur l’amélioration de la sécurité alimentaire. 1.4 Le Groupe de travail FBSA La loi de 2010 a également créé un “Groupe de travail FBSA”. Le Groupe de travail se réunit au moins une fois par an et son mandat consiste à “formuler des recommandations en ce qui concerne les orientations stratégiques du FBSA, sur la base des priorités des différents volets de la politique extérieure de la Belgique, et en se fondant sur les rapports d’évaluation des différents projets et programmes, et sur l’évolution de la situation internationale en matière de sécurité alimentaire”.1 Loi du 19 janvier 2010 sur le FBSA.
Concrètement, le Groupe de travail détermine l’ordre des pays dans lesquels le fonds déploie des programmes, formule des recommandations sur la base d’évaluations et de rapports, traduit les expériences et les connaissances du FBSA en propositions politiques et se rend, tous les trois à quatre ans, en mission dans un pays partenaire pour y prendre connaissance de la situation sur le terrain et des projets et programmes fi nancés par le fonds.
Le Groupe de travail se compose (1) de membres de des organisations multilatérales, partenaires du FBSA, (3) du membre du gouvernement qui a la coopération au développement dans ses attributions et de son administration, (4) des fédérations d’organisations non gouvernementales et (5) de la Coopération technique belge (CTB). 1.5 La mission du Groupe de travail FBSA au Burundi Tous les trois à quatre ans, la DGD organise une mission dans l’un des pays partenaires du Groupe de travail FBSA.
Les missions précédentes du Groupe de travail FBSA ont eu pour destinations l’Ouganda (du 5 au 12 septembre 1997), le Mali (du 3 au 11 septembre 1998), la Tanzanie (du 25 janvier au 2 février 2002), le Niger (du 21 janvier au 2 février 2005) et le Bénin (du 15 au 22 mars 2009). C’est le groupe de travail FBSA qui a choisi, le 9 janvier 2012, d’envoyer la mission au Burundi, et ce, pour les raisons suivantes: — Les deux missions précédentes ont eu lieu en Afrique de l’Ouest, et en optant pour le Burundi, il a été choisi d’envoyer une mission en Afrique centrale; — Le Burundi étant un pays relativement petit, un programme fourni peut y être organisé en un laps de temps limité avec des déplacements limités; — Un programme FBSA a été lancé au Burundi en 2013; — Les principaux objectifs de la mission étaient les suivants; — une meilleure compréhension des actions sur le terrain, mises en œuvre par les différents partenaires en vue d’améliorer la sécurité alimentaire; — une réfl exion commune sur les premières expériences acquises au lancement d’un programme FBSA;
— une rencontre avec les organisations partenaires du nouveau programme FBSA. La mission a été emmenée par M. Christophe Lacroix (PS), président du groupe de travail. Les autres parlementaires participants étaient M. Carl DEVLIES (CD&V), M. David GEERTS (sp.a), M. Luc GUSTIN (MR), Mme Jeanne NYANGA-LUMBALA (cdH) et Mme Thérèse SNOY et d’OPPUERS (Ecolo), M. Martin Peleman étant le secrétaire. Les ONG belges étaient représentées par MM. Koen FREDERIX et Johan SLIMBROUCK de la ngo-federatie et Mme Sylvie GRAFFE et Mme Magali VERSTRAETEN d’ACODEV.
Les organisations partenaires multilatérales étaient représentées par Hamed HAIDARA (FIDA), Salvator KABONEKA (FAO) et Katiella MAI MOUSSA (FENU). M. Evert WAUTERS représentait la Coopération technique belge (CTB). Le cabinet de la Coopération au développement était représenté par Mme Delphine HOUBA. Quatre agents de la DGD-Bruxelles accompagnaient la mission:
M. Dirk TEERLINCK, Mme Carol DURIEUX, M. Thomas HIERGENS et Mme Marie-Rose VAN DEN DRIESCH. MM. Theofi el BAERT et Yves NINDORERA (section coopération au développement à Bujumbura) et M. Marc GEDOPT, ambassadeur de Belgique au Burundi, ont préparé et accompagné la mission sur place. La liste des membres de la délégation officielle de la mission fi gure à l’annexe 1. Le programme de la mission (annexe 2) comportait trois volets: — Visites de terrain de projets de développement en cours; — Participation à la cérémonie de lancement du nouveau programme FBSA au Burundi et signature de l’accord de partenariat; — Participation à la première “Table ronde du Sud” de la Coalition contre la Faim.
Ce programme a donné au Groupe de travail FBSA une opportunité unique de découvrir les multiples aspects du FBSA au cours d’une seule et même mission: (1) “projets classiques” menés par une organisation partenaire, (2) un nouveau programme FBSA multi-acteurs,
et (3) le programme de sensibilisation du FBSA mis en œuvre par la Coalition contre la Faim. Au moment de la mission, trois projets et un programme multi-acteurs fi nancés par le FSBA étaient en cours. Les trois projets et le programme ont reçu la visite de la délégation et sont abordés dans la suite du présent rapport.
CHAPITRE 2
Les projets visités la malnutrition” - LIAM Le “Projet de lutte contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition” (LIAM), mis en œuvre entre 2009 et 2013, constitue la seconde phase du projet LPPN. Le projet LIAM est mis en œuvre par l’ONG Louvain Coopération au Développement avec ses partenaires locaux qui sont: i) l’Union pour la Coopération et le Développement (UCODE asbl) et: ii) une Micro fi nance de type coopérative, l’UCODE MF.
Le projet œuvre à l ’atteinte de 5 résultats intermédiaires: i) l’augmentation et la diversifi cation des productions vivrières; ii) l’amélioration du pouvoir d’achat; iii) l’amélioration de l’accès aux soins de santé à travers les mutuelles de santé communautaires: iv) la structuration des associations de producteurs en lien avec le développement des fi lières; v) UCODE-microfinance devenant une structure performante offrant des services d’épargne et de crédit.
Le projet LIAM intervient dans 6 communes de 3 provinces du nord du Burundi: les communes de Busiga, Gashikanwa et Mwumba en province de Ngozi; les communes de Busoni et Kirundo en province de Kirundo et la commune de Gahombo en province de Kayanza. Son budget total est de euros 3 084 269, dont un apport du FBSA de euros 2 621 629 euros.
Les investissements et activités principales du projet sont: — Formations et suivis accompagnement de 6 155 ménages d’agriculteurs pratiquant les cultures: i) haricot volubile; ii) banane; iii) riz; iv) oignons. — Valorisation agricole par le stockage et le warrantage: construction et gestion de 5 hangars et 5 boutiques d’intrants agricoles. — Appui à 1 000 ménages très vulnérables en élevage du petit bétail (2 chèvres, 1 bouc partagé et 3 lapins) dans un système de chaîne de solidarité. — Alphabétisation de 2 600 bénéfi ciaires dont 75 % de femmes avec un effet positif sur la représentation de ces dernières dans les organes de prise de décision des associations. — Mise en place de 6 sections de Mutuelle de Santé communautaire (MUSA). — Appui à 2 centres de récupération nutritionnelle. — Accompagnement des déchargés des centres de récupération nutritionnelle. — Restructuration du mouvement coopératif autour de 287 associations fi lières regroupant 6 155 ménages bénéfi ciaires. — Appui à l’UCODE Microfi nance pour sa restructuration afi n qu’elle donne un bon service d’épargne et de crédit à ses 55 000 membres.
Les activités visitées par la délégation sont: 2 ménages vulnérables appuyés en élevage de petit bétail et en jardins de cuisine, 2 ménages bénéfi ciaires fi lières (banane & haricot), une séance d’alphabétisation, un hangar de stockage et une boutique d’intrants, une mutuelle de santé, et une agence secondaire de microfi nance. Principales constatations et observations:
— Ce projet s’adresse à différents groupes-cibles; des plus vulnérables qui ne possèdent pas de terres aux fermiers possédant du bétail et un lopin de terre. En vue d’atteindre et d’aider ces différents groupes-cibles aussi efficacement que possible, le projet diversifi e ses activités en fonction du groupe-cible. Cela permet de proposer une aide adaptée aux besoins du groupe-cible spécifi que. — Il importe que les personnes qui ont pu améliorer leur situation grâce à un projet de développement prennent également leurs responsabilités vis-à-vis des autres membres de leur communauté.
Elles remplissent une fonction d’exemple et font office de catalyseurs dans le développement de la communauté. — L’alphabétisation contribue à la sécurité alimentaire et à la sécurité d’existence. Pour les femmes peu scolarisées, qui souffrent souvent d’un manque fl agrant de compétences, apprendre à lire et à écrire constitue un atout bienvenu sur la voie de l’autonomie. Cela renforce également leur participation à la vie de la communauté locale, notamment en ce qui concerne la gestion des services et des biens comme les espaces de stockage, les microcrédits, les groupes de solidarité, les petits magasins avec inputs agricoles, etc. — L’organisme de microfi nance UCODE-Microfi nance fournit des microcrédits à des taux peu élevés.
Cela permet à des groupes vulnérables, n’ayant pas accès aux crédits d’établissements financiers classiques comme les banques commerciales, de faire des investissements. Le problème est cependant que 30 % des microcrédits souscrits ne sont pas remboursés (à temps), ce qui met en danger la durabilité de l’organisme de microfi nancement. 2.2. “Projet intégré d’amélioration durable de la sécurité alimentaire via l’auto-promotion des populations dans les communes de Buhinyuza et Mwakiro” - PIADSA Le “Projet intégré d’amélioration durable de la sécurité alimentaire via l’auto-promotion des populations dans les communes de Buhinyuza et Mwakiro en province de Muyinga” (PIADSA), mis en œuvre par l’ONG Caritas International Belgique (CI.be) durant la période 2005 – 2012, augmente et diversifi e la production agricole, redynamise l’élevage et aménage des marais pour leur mise en cultures.
Le projet opère également dans le domaine de la microfi nance et au niveau du renforcement des capacités des comités de développement communautaires.
En 2012 CI.be a démarré la deuxième phase (PIADSA II) pour la période de 2012-2015. Le FBSA fi nance PIADSA II avec une subside de euros 1 509 635. CI.be est le chaînon belge d’un réseau mondial de 165 organisations catholiques travaillant ensemble dans 200 pays. CI.be a choisi, pour ses programmes structurels, de se focaliser sur la sécurité alimentaire, en accordant son attention à une production durable et accrue, à la diversité des apports, à l’amélioration du pouvoir d’achat, à l’accès aux infrastructures de base (eau, soins de santé, formation, logement) et au développement communautaire.
Le partenaire local de CI.be pour ce projet est l’Organisation Diocésaine pour l’Entraide et le Développement Intégral de Muyinga (ODEDIM), qui a pour but de contribuer à la promotion du développement intégral de la population rurale. Les 4 résultats envisagés par le projet sont: — Les productions agro-sylvo-zootechniques sont augmentées, diversifi ées et valorisée; — Les Organisations de Producteurs sont bien gérées, opérationnelles et offrent des services de qualité aux producteurs; — Les ménages appliquent les principes d’hygiène et de nutrition; — Les personnes les plus vulnérables ont augmenté leurs capacités à faire face à l’insécurité alimentaire.
Au total, en considérant une population des deux communes de près de 26 000 ménages (ou environ 116 000 personnes), le PIADSA touche plus de 30 % de la population totale de sa zone d’intervention. Les bénéfi ciaires du PIADSA sont essentiellement des ménages de petits producteurs agricoles, sélectionnés dans la zone d’intervention du projet parmi les familles les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire.
Le nombre actuel de ces ménages directement appuyés par le projet s’élève à 5 500. Avec la phase II du projet, 196 personnes très vulnérables – dont certains sans accès à la terre – bénéfi cient d’actions spécifi ques dans le cadre du résultat 4 du projet. Les activités visités par la délégation sont: le marais de Nyabihana 1 et les bassins versants aménagés, l’exploitation familiale intégrée (EFI) du paysan relais Mr.
Tatien Habyarimana, l’EFI de Mme Marthe Mugayempore (femme veuve avec 2 enfants, une “vulnérable”, qui emploie aujourd’hui des ouvriers agricoles), le hangar
de stockage à Mwakiro, une pharmacie vétérinaire, et un groupe ASSEC des plus vulnérables. — L’entreposage de denrées alimentaires présente de nombreux avantages pour les paysans pauvres. Grâce à l’entreposage, les denrées alimentaires ne sont pas vendues immédiatement après la récolte et sont disponibles pendant la période de sécheresse (lorsque les denrées manquent et sont plus chères). Les paysans peuvent ainsi utiliser plus longtemps leurs propres réserves.
Du fait de l’étalement de la disponibilité dans le temps, le prix des denrées alimentaires sur le marché demeure plus stable – après la période des récoltes, le prix est bas parce que tout le monde met ses produits agricoles sur le marché et, en période de sécheresse, le prix monte en raison de la pénurie – et la spéculation sur les prix est évitée. — Ce projet fonctionne sur la base d’une approche intégrée au niveau familial parmi les paysans précarisés. “L’exploitation familiale intégrée” vise la diversifi cation des produits agricoles par famille, et partant, un régime plus varié.
La petite entreprise agricole peut ainsi répartir ses risques entre diverses activités, réduisant sa dépendance vis-à-vis d’un seul type d’activité. À l’issue d’un entretien avec un certain nombre de bénéfi ciaires, on peut constater que cette approche génère des résultats satisfaisants et contribue à la sécurité alimentaire. confl it” - PTRPC Le “Programme transitoire de réhabilitation postconflit” (PTRPC) est mis en œuvre par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) dans trois provinces (Bujumbura rural, Bururi et Ruyigi) entre 2007 et 2014.
Le FBSA est partenaire de ce programme pour un volet lié à la restauration des services de santé (composante santé et nutrition) réalisé uniquement dans la province de Bujumbura rural. La composante santé et nutrition en province de Bujumbura rural comprend la réhabilitation des centres de santé, le renforcement des capacités des formations sanitaires (paiement du PBF, formation, divers petits équipements), l’alimentation en eau potable, l’assainissement et l’hygiène, l’appui aux activités génératrices de revenus sous forme de microcrédits et la formation professionnelle des jeunes orphelins déscolarisés.
Le fi nancement du FIDA pour la globalité du PTRPC est de 32 millions US dollar. Le fi nancement du FBSA est de euros 4 483 000. Le FIDA et le fonds ont le partenariat le plus long de tous les partenariats du FBSA, plus spécifi quement depuis la naissance du premier fonds en 1983. Les activités visités par la délégation sont: le centre de santé de Martyazo, un bénéfi ciaire du bovin dans le cadre de la chaîne de solidarité bovine, un bénéfi - ciaire de porc, l’adduction d’eau potable Nyandago- Mutimbuzi, une route réhabilitée, des Jeunes Orphelins Déscolarisés à Ijenda et l’hôpital de district Rwibaga.
Observations et remarques principales: — La première visite au centre de santé de Martyazo était particulière. Le centre de santé de Martyazo, qui avait été complètement détruit par la guerre et qui dessert une population de 11 250 habitants, a été réhabilité en 2012. La mission a été accueillie à Martyazo par le Gouverneur de la province de Bujumbura, un député (parlementaire), l’administrateur communal, les comités de santé ainsi qu’une foule nombreuse qui ce jour-là faisait les travaux communautaires de développement.
Les comités de santé et de gestion participent à la cogestion communautaire du centre et jouent le rôle d’interface entre la population et le centre de santé dans le cadre de l’appropriation, la pérennisation des acquis et l’entretien des infrastructures. La reconstruction effectuée en 2012 a porté sur le bâtiment détruit ainsi que sur quatre autres bâtiments (maternité, hébergement, logement du personnel soignant). — Aussi intéressant était la visite d’une exploitation familiale d’élevage de bovins.
La famille a bénéfi cié en 2009 d’une vache de race croisée 3/4 frisonne. Elle a déjà mis bas trois fois et le bénéfi ciaire a déjà remboursé une génisse comme prévue par la chaine de solidarité bovine. La vache lui donne 14 litres de lait par jour dont une bonne partie est vendue pendant que l’autre est consommée par la famille. Grace au fumier, le propriétaire de la vache a pu augmenter signifi cativement sa production agricole.
Avec les revenus issus de cet élevage, le propriétaire a pu construire une maison (semi durable) et paye les études universitaires de ses enfants. — La délégation a aussi visité des jeunes orphelins déscolarisés à Jenda. Le PTRPC a procédé à la formation professionnelle de ces jeunes. La formation, assurée par des artisans locaux, a porté sur des métiers
courants dans la région et choisis par les jeunes euxmêmes: la menuiserie, la cuisine/restauration, la soudure, la conduite automobile, la couture, la plomberie et la transformation des fruits et l’informatique. — Au centre de Jenda, la formation a porté sur la couture, l’informatique et la plomberie. La mission a pu rencontrer les jeunes formés dans les trois fi lières. Ils ont parlé et échangé avec eux.
Ils ont recommandé aux fi lles de ne pas se contenter de la couture mais de pratiquer d’autres métiers plus rémunérateurs généralement réservés aux garçons. Les besoins exprimés par ces jeunes se situent principalement au niveau de l’accès au marché et le manque fonds de démarrage. 2.4 “Renforcement des capacités de la Croix-Rouge du Burundi en réduction des risques et réponses aux catastrophes, protection de l’enfant à base communautaire et diffusion des normes humanitaires” Le projet de la Croix Rouge de Belgique (CRB) mentionné ci-haut n’est pas fi nancé par le FBSA, mais par la coopération belge (DGD).
Il est mise en œuvre entre 2011 et 2013, avec un budget total de euros 1 139 811, dont un apport de la DGD de euros 911 848. La CRB est néanmoins fi nancé par le FBSA dans le cadre du nouveau programme multi-acteurs du FBSA dans la région naturelle du Mosso. Les domaines d’action du projet sont la santé communautaire (dont la nutrition et les aspects liés à l’eau et l’assainissement), la prévention et la préparation à la gestion des catastrophes, et la promotion des principes et valeurs humanitaires.
Le partenaire local de la CRB est la Croix Rouge du Burundi (CRBu). Depuis 2006, la CRBu a entamé une démarche de décentralisation progressive visant à instaurer dans chaque colline burundaise une Unité Collinaire CR (UC), structure locale de la CRBu. Ainsi, la CRBu est parvenue à développer sa présence dans l’ensemble du pays (98 % des collines). Cette démarche a pour principe d’assurer un ancrage communautaire maximal de ses activités.
Le modèle de “l’Unité Collinaires” consiste à développer au niveau des collines des unités avec des volontaires développant des initiatives de solidarité sociale auprès des plus vulnérables (veuves, orphelins, enfants de la rue…) par des activités simples: réparation des
maisons d’habitation, achat de médicaments, transport aux centres de santé, accompagnement à l’école, uniforme et outils scolaires, etc. Ces actions sont fi nancées par une caisse collinaire alimentée par des “Initiatives Génératrice de Revenus” (IGR). — La CRBu et son réseau de volontaires améliorent et étendent leurs capacités de réponse aux catastrophes, et développent leurs capacités en réduction des risques au niveau communautaire; — La CRBu et son réseau de volontaires sont efficaces dans l’amélioration des conditions de vie des enfants vulnérables; — La CRBu et son réseau de volontaires étendent de manière efficace leur programme de diffusion des Normes Humanitaires dans 11 provinces cibles et 110 collines pilotes; — La CRBu est renforcée dans sa gestion administrative et fi nancière et dans sa capacité à générer et gérer des fonds propres.
Les activités visitées par la délégation sont: un camp de transit pour les rapatriés de Tanzanie, et une Unité collinaires Croix-Rouge. — Récemment, un grand nombre d’anciens réfugiés sont rentrés de Tanzanie., Après des décennies de politique d’accueil, la Tanzanie renvoie des dizaines de milliers de réfugiés burundais dans leur pays. Certains groupes sont traités comme des clandestins et raccompagnés sans ménagement à la frontière.
Comme dans d’autres parties du monde, les Tanzaniens considèrent de plus en plus les étrangers et les réfugiés comme des “éléments perturbateurs”. Ce “retour” (forcé) accentue la pression sur les terres déjà rares du Burundi. Beaucoup de rapatriés n’ont plus accès à leurs anciennes terres ni à leur maison, ou ils ne font, en fait, partie d’aucune communauté du Burundi parce qu’ils sont nés en Tanzanie.
La Croix-rouge les accueille temporairement et les accompagne dans leur pénible réintégration dans la société. — La nutrition constitue un volet important de la sécurité alimentaire. Le FBSA a relativement peu
d’organisations partenaires qui disposent, en matière de nutrition, d’une expertise poussée, comme la Croixrouge, dont l’expérience en la matière est internationalement reconnue. — La nutrition est un bon exemple de la manière dont il est possible de combiner des expertises complémentaires avec d’autres domaines afi n de contribuer à améliorer la sécurité alimentaire dans toutes ses dimensions. La Croix-rouge organise de plus en plus d’interventions nutritionnelles spécifi ques en vue d’améliorer la sécurité alimentaire des groupes précarisés, en collaboration avec d’autres organisations de développement actives dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, des droits des femmes, des organisations paysannes, etc.
Cette “approche intégrée” sur la base d’expertises complémentaires constitue l’élément central par excellence des nouveaux programmes multi-acteurs du FBSA. 2.5 “Programme d’Appui Institutionnel et Opérationnel au Secteur Agricole du Burundi: amélioration de la compétitivité du secteur agricole” - PAIOSA III Ce programme est la troisième phase (PAIOSA III) du programme bilatéral de la Coopération technique belge (CTB) en appui au secteur agricole au Burundi.
Cette troisième phase vise à améliorer la compétitivité du secteur agricole burundais
PAIOSA III
reprend quelques activités inachevés de l’ancien “Programme d’appui aux populations vulnérables de la province de Ruyigi” (PAPV), fi nancé par le FBSA dans la même zone d’intervention. Le nouveau programme multi-acteurs du FBSA est aussi implanté dans le même zone, et il a une bonne complémentarité avec le PAIOSA III. Le PAIOSA se concentre surtout sur les marais et les cultures de rente, tandis que le programme FBSA se concentre plutôt sur les bassins versants et les cultures vivrières.
Les activités visitées par la délégation sont: l’aménagement d’un marais, les pistes améliorées et un centre de santé. 2.6 “Visite au Centres des métiers appuyés par WSM” Les activités de Wereldsolidariteit-Solidarité Mondiale (WSM) visités par la délégation ne sont pas fi nancées par le FBSA. WSM est néanmoins fi nancé par le FBSA dans le cadre du nouveau programme multi-acteurs du FBSA dans la région naturelle du Mosso.
Les domaines d’action du projet sont essentiellement l’appui au renforcement et à la diversifi cation des emplois et des revenus non agricoles, avec un focus sur les activités génératrices de revenu (AGR) et les métiers en dehors du secteur agricole. Etant donné la rareté de la ressource “’terre”’ et la nécessité de diversifi er les sources de revenus, il est capital de joindre à la promotion des activités agricoles une “appui à la création des activités non agricoles”, qui permettent une sortie de certains ménages de l’agriculture et libèrent des terres pour les autres.
Concernant la formation professionnelle, il s’agit d’une formation au sein des Centres des Métiers axées sur la formation pratique à des métiers qui conduit immédiatement à la maitrise du métier, ou plus souvent à une niche (portion) d’un métier. Il s’agira d’assurer une formation pratique à une population bénéfi ciaire qui n’a souvent pas accès au système classique de formation professionnelle publique, ni à des terres, permettant en peu de temps d’acquérir des compétences professionnelles et de se débrouiller dans la vie grâce à un métier maitrisé.
Après la formation professionnelle, le jeune formé bénéfi ce d’un kit de démarrage qui lui servira de point de transition entre la fi n de la formation professionnelle et le développement de l’AGR. Ce kit permettra au jeune entrepreneur potentiel d’appliquer les connaissances acquises dans les Centres des Métiers, jusqu’à exercer une activité entrepreneuriale. Plusieurs centres des métiers ont été visité par la délégation, entre autres à Gisuru et à Kinyinya. — La visite d’un centre de formation professionnelle à Kinyinya a été l’occasion d’aborder le problème de la durabilité des investissements dans le développement.
L’infrastructure du centre a été fournie par un projet de développement. À l’issue du projet, les machines et les constructions telles que les fours, les puits, les générateurs et les machines de transformation du bois n’ont presque plus été entretenues, faute de capacité locale et de fi nancement. Peu après le lancement du centre, certains équipements n’étaient déjà plus utilisés. Aujourd’hui, le centre ne dispense plus que des cours de couture, alors qu’il était aussi censé former des forgerons, des ébénistes, des boulangers et des bouchers. — Le constat qui précède met en lumière l’absolue nécessité d’accorder une attention suffisante, dès le
lancement des projets, à leur durabilité. Le développement de la capacité de gestion des autorités locales, des groupes cibles et de la société civile est dès lors primordial, de manière à ce que les équipements et les structures de gestion puissent continuer à fonctionner correctement. WSM prévoit, dans le cadre du nouveau programme du FBSA, de rendre le centre de formation professionnelle de Kinyinya à nouveau opérationnel pour diverses formations professionnelles.
CHAPITRE 3 Participation aux événements 3.1 La cérémonie officielle de lancement du programme du FBSA au Burundi Le mercredi 20 novembre 2013, la délégation a participé à la cérémonie officielle de lancement du “Programme Multi-Acteurs d’Amélioration de la Sécurité Alimentaire dans les communes de Cendajuru, Gisuru et Kinyinya au Burundi”. 3.1.1 Éléments-clés du programme multi-acteurs du FBSA Le FBSA a entamé la préparation du programme multi-acteurs au Burundi en 2012.
Les communes de Gisuru, de Cendajuru et de Kinyinya dans l’Est du Burundi ont été retenues en tant que zone d’intervention du programme. Une analyse contextuelle des déterminants de l’insécurité alimentaire dans la zone a pointé les domaines d’intervention dans lesquels le nouveau programme investirait. En juillet 2012, la DGD/FBSA a sélectionné sept organisations partenaires en vue de l’exécution du programme multi-acteurs: Caritas International Belgique (CI.be), Wereldsolidariteit / Solidarité Mondiale (WSM), Louvain Coopération (LD), le Fonds d’équipement des Nations unies (FENU), le Collectif Stratégies Alimentaires (CSA), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et la Croix Rouge de Belgique (CRB).
Chaque partenaire participe à des composantes spécifi ques du programme commun en fonction de son expérience et de son mandat propres. L’élaboration du programme et de ses projets a été fi nalisée en mars 2013 et le programme a été approuvé par le ministre par voie d’arrêté ministériel, le 29 juillet 2013. La FAO est chargé de la coordination générale du programme, les six autres partenaires mettant en œuvre les volets qui leur sont attribués.
Le programme a été officiellement lancé le 1er octobre 2013. Le budget
total s’élève à 13 858 451 euros, les subsides de la DGD/ FBSA se chiffrant à 10 584 583 euros. 3.1.2 La cérémonie officielle de lancement Les raisons suivantes ont conduit à l’organisation d’une cérémonie officielle de lancement, en présence de la délégation du Groupe de travail FBSA au Burundi. Premièrement, la date de lancement du programme (le 01/10/2013) était proche de la date d’arrivée de la mission du Groupe de travail FBSA.
C’était donc un bon moment pour organiser une cérémonie de lancement officielle dans la zone d’intervention en présence du Groupe de travail FBSA. Cette présence a souligné l’importance qu’accorde la Belgique à la bonne exécution du nouveau programme FBSA. Ensuite, le rassemblement de toutes les organisations partenaires dudit programme, a fourni au Groupe de travail FBSA l’occasion unique de voir, pour la première fois, l’approche multi-acteurs, dans laquelle le FBSA s’est résolument engagé pour ses nouveaux programmes – mise en pratique.
La signature du cadre partenarial conjoint en constituait la troisième raison. La législation relative au FBSA stipule que tout nouveau programme FBSA impose la signature d’un cadre partenarial par les organisations partenaires participantes, les autorités du pays partenaire et la DGD/ FBSA. En signant ce cadre partenarial, toutes les parties s’engagent à veiller à la bonne exécution du programme conjoint et de ses sous-projets.
La cérémonie de lancement a été organisée par la FAO – laquelle est également le partenaire responsable de la coordination générale du programme-, en collaboration avec les autorités nationales et locales burundaises. Elle s’est tenue à Gisuru, l’une des trois communes dans lesquelles le programme est mis en œuvre. Le choix d’organiser la cérémonie dans la zone d’intervention a été dicté par l’importance, pour la population locale et les autorités, de s’approprier le programme.
La cérémonie de lancement a été honorée de la présence de Mme Odette Kayitesi, ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, de parlementaires belges représentés par M. Christophe Lacroix, président du Groupe de travail FBSA, de M. Marc Gedopt, ambassadeur de Belgique au Burundi, de M. Mohamed Hama Garba, représentant de la FAO au Burundi, de M. Cyriaque
Nshimirimana, gouverneur de Ruyigi, et de M. Egide Ndikuriyo, administrateur de la commune de Gisuru. 3.2 Table ronde de la Coalition contre la faim Le 22 novembre 2013, la délégation a participé à la première Table ronde de la Coalition contre la faim organisée dans un pays du Sud. La Coalition contre la faim est une coalition d’une vingtaine d’ONG belges qui, au moyen de fonds du FBSA, vise à sensibiliser l’opinion publique et les responsables politiques à la situation de la sécurité alimentaire dans les pays du Sud.
La Coalition met ainsi en œuvre le “programme de sensibilisation du FBSA”. En organisant des Tables rondes, la Coalition vise essentiellement à infl uencer les responsables politiques. La Table ronde de Bujumbura était la première Table ronde organisée par la Coalition dans un pays du Sud. Pour son organisation, la Coalition a fait appel à la société civile burundaise. Les trois jours précédant la Table ronde a eu lieu dans la même salle (Centre Suédois) le “5ème Forum national paysan” du Burundi.
La Table ronde était ainsi en quelque sorte un événement en marge du forum paysan, un forum annuel de concertation pour les représentants des organisations paysannes du Burundi. La participation de la délégation à la Table ronde a souligné l’importance qu’attache le FBSA à la voix de la société civile dans le processus de développement de ses pays partenaires. Le FBSA choisit de mettre en œuvre ses programmes selon un “processus participatif”, autrement dit, en dialogue avec la société civile et les autorités du pays partenaire et les organisations partenaires du FBSA.
La Table ronde avait pour thème “Finançons l”Agriculture, pilier du développement durable“. Le secteur agricole du Burundi rencontre des difficultés pour attirer des fonds adéquats en vue de fi nancer des (petits) investissements. Les organisations paysannes qui souhaitent emprunter des fonds ne peuvent les obtenir auprès des établissements fi nanciers classiques comme les banques commerciales, en raison d”un manque de sécurité pour les banques et des taux élevés qu’elles imputent.
Le rôle des organisations paysannes est cependant essentiel pour le développement du secteur agricole burundais et la sécurité alimentaire de la population. Elles ont besoin d’une aide technique et fi nancière afi n de pouvoir améliorer les services fournis à leurs membres.
La Table ronde a abordé de nombreux défi s qui se posent au secteur agricole burundais. La liste ci-dessous en présente brièvement quelques-uns: — Les investissements publics dans le secteur agricole sont insuffisants pour valoriser pleinement le potentiel de développement du secteur. — Il manque de crédits agricoles adaptés pour les organisations paysannes. — La forte pression démographique génère de plus en plus de confl its à propos des droits et de l’utilisation de la terre. — La privatisation du secteur agricole du Burundi ne tient pas suffisamment compte des intérêts des petits fermiers. — La femme est la principale main-d’œuvre dans le secteur agricole, mais ses droits en matière d’utilisation et de propriété de la terre sont insuffisamment protégés.
CHAPITRE 4
Les rencontres officielles 4.1 Visite à Mme Odette Kayitesi, ministre de l’Agriculture et de l’Élevage (le lundi 18 novembre 2013) Mme Odette Kayitesi, ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, fait observer que les deux principaux défi s intimement liés qui se posent au Burundi tiennent d’une part, aux terres agricoles disponibles et, d’autre part, à la situation démographique. 90 % de la population vit de revenus provenant d’activités agricoles et la superfi cie moyenne par exploitation (par famille) n’atteint pas un demi-hectare (une famille étant en moyenne composée de six personnes).
Aussi la pression s’exerçant sur les terres agricoles disponibles est-elle énorme. Des actions de sensibilisation sont menées sur le thème de la croissance démographique, qui, avec plus de 3 % par an, est très élevée. Il convient de se demander où en sera le Burundi dans 20 à 30 ans si aucun coup de frein n’est donné à cette croissance. La pression beaucoup trop importante sur les terres disponibles risque de provoquer de plus en plus de confl its.
La poursuite de l’exploitation de marais pour des cultures de rapport comme le riz et le maïs constitue une solution partielle.
La ministre signale que le Burundi s’est également lancé dans la protection de l’environnement en vue d’un développement durable de l’agriculture, ce qui suppose notamment une approche planifi ée. Ainsi, le lac Tanganyika est un important réservoir de biodiversité. Depuis 2007, les quatre États riverains (la Tanzanie, la RDC, la Zambie et le Burundi) fournissent des efforts en vue de protéger le lac, notamment contre la forte augmentation des déchets et la surpêche; l’”Autorité du Lac Tanganyika” a été créée à cet effet.
Les principaux produits agricoles destinés à la consommation intérieure sont le riz, le maïs, le haricot, la banane plantain (la nourriture de base), le manioc, la pomme de terre et l’huile de palme. Il y a également une culture industrielle du café et du thé. Les exportations de café et de thé représentent près de 80 % des recettes en devises du Burundi. Le pays travaille actuellement à la certifi cation du thé, en vue d’améliorer sa compétitivité sur le marché international.
Alors que le secteur du thé a été libéralisé, les stations de lavage du café ont récemment aussi été privatisées. Pour le reste, le Burundi ne possède pas d’industries, et donc pas non plus d’industrie agro-alimentaire. Le pays souffre d’un manque important de capacité de transformation des produits agricoles. Le Burundi possède le niveau le plus élevé au monde de sous-alimentation chronique, laquelle est, selon la ministre, étroitement liée aux habitudes alimentaires traditionnelles.
Ainsi, de nombreux Burundais considèrent toujours que la consommation d’œufs et de légumes, par exemple, est réservée aux riches. Pour le reste, le Burundi a une population très jeune: 60 % est âgée de 15 à 35 ans. Il est très difficile d’instaurer un planning familial au sein d’une population paysanne en grande partie illettrée. Les diverses églises n’ont pas non plus vraiment intérêt à ce qu’une politique de limitation des naissances soit menée.
Enfi n, le ministre fait observer que le changement climatique est également perceptible au Burundi. Alors que, jadis, la saison des pluies s’étendait sur neuf mois, elle ne dure plus que sept mois aujourd’hui. De plus, on évoque davantage de pluies torrentielles de courte durée et de sécheresses plus longues. La météo est de plus en plus imprévisible. En guise de conclusion, le ministre indique que le Burundi occupe l’une des dernières places du
classement mondial en matière de sécurité alimentaire: la conjonction de plusieurs causes, des décennies d’insécurité, l’évolution démographique (l’accroissement de la population est nettement plus élevé que l’augmentation de la production agricole), une période de sécheresse entre deux récoltes (“période de soudure”), qui dure près de quatre mois, l’agriculture de survie et l’absence de transformation et de conservation des produits agricoles.
4.2. Rencontre avec une délégation de sénateurs burundais (vendredi 22/11/2013) Les parlementaires belges ont rencontré les trois sénateurs suivants: 1.
M. Samuel Ndayiragije, Président de la commission des Questions sociales, de la Jeunesse et de la Culture 2. Mme Espérence Citegetse, membre de la commission permanente chargée des Questions économiques, Environnement, Finances et Budget 3. Mme Immaculée Ndabaneze, Vice-président de la commission permanente chargée des Questions Politiques, Diplomatiques, de Défense et de Sécurité Ces trois sénateurs appartiennent au parti du gouvernement, le CNDD (Conseil national pour la Défense de la Démocratie), qui dispose d’une majorité absolue au Parlement burundais.
La réunion a été présidée par M. Samuel Ndayiragije.
M. Christophe Lacroix (PS), Président du Groupe de travail FBSA et chef de la délégation, esquisse brièvement la genèse du Fonds belge pour la sécurité alimentaire, ainsi que sa structure actuelle. Il souligne que le Fonds a été créé par le Parlement belge et est dès lors avant toute chose l’affaire du parlement. Le Fonds travaille sur le moyen terme, par le biais de projets d’une durée moyenne de cinq ans, prolongeable une seule fois par une seconde phase.
M. Lacroix donne ensuite un aperçu des projets visités par la délégation au cours des derniers jours (du 18 au 21 novembre) (programme en annexe 2). Il indique également vouloir examiner les thèmes suivants avec les sénateurs: la démographie, les droits de la femme, la liberté d’expression et la réconciliation nationale. Il s’enquiert fi nalement des attentes des interlocuteurs burundais à l’égard de la Belgique et des parlementaires belges en termes d’aide au parlement. À
cet égard, il renvoie aux problèmes qui se posent avec les réfugiés revenant de Tanzanie: de quelle manière la Belgique pourrait-elle fournir davantage d’aide en la matière? Mme Thérèse Snoy et d’Oppuers (Ecolo-Groen) souligne qu’en ce qui concerne la sécurité alimentaire, il est essentiel que les producteurs s’approprient collectivement les problèmes et les solutions. Elle renvoie en l’occurrence notamment au stockage de la récolte, permettant une durabilité accrue et un effet multiplicateur.
Mme Snoy indique également vouloir aborder de manière plus approfondie les droits de la femme, le droit foncier et le droit de la femme à réguler les naissances.
M. Ndayiragije répond que l’évolution démographique constitue l’un des problèmes les plus épineux du Burundi. La politique menée en la matière n’en est qu’aux balbutiements de la sensibilisation. La mortalité infantile élevée et la tradition font que les familles souhaitent avoir de nombreux enfants. Réduire la mortalité infantile, en offrant la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de cinq ans, constitue dès lors l’un des objectifs nationaux de développement.
Cela fait quelque six ans que les soins de santé sont gratuits pour les enfants de moins de cinq ans, mais cette approche ne semble pas réellement couronnée de succès. Certes, la mortalité infantile recule, mais la croissance démographique ne se ralentit pas. Les campagnes de sensibilisation mise sur trois enfants au maximum par famille. Mme Citegetse fait observer qu’en matière de sensibilisation, les organisations féminines s’adressent d’abord aux femmes.
Ensuite, elles s’adresseront également aux hommes. La phase suivante consistera en l’adoption d’une loi relative à la régulation des naissances. Mme Ndabaneze souligne que le problème s’explique également en partie par le très jeune âge et la faible scolarisation de la population. Un jeune âgé de quinze ans ne connaît pas toutes les conséquences et charges découlant de son comportement. M. Ndayiragije fait observer que le problème de la contraception est lié à l’éducation.
La multiplication du nombre de centres de santé doit accroître la disponibilité des moyens de contraception. Les résultats de cette politique encore embryonnaire en termes de limitation des naissances devraient être visibles dans les cinq ans. M. Luc Gustin (MR) fait observer que beaucoup de familles nombreuses vivent dans des régions rurales dépourvues d’électricité et de moyens de
communication, ce qui complique la sensibilisation en matière de planning familial. Il insiste également sur la position dominante de l’église, qui est réticente à l’égard du planning familial. M. Ndayiragije réplique que l’église catholique adopte une attitude hésitante. Elle prétend être favorable au planning familial, tout en contestant la méthode. Le seul mode de contraception accepté par l’église est l’abstinence.
Le Saint-Siège n’a pas encore communiqué clairement dans ce domaine, et cela infl uence l’attitude des églises de par le monde. L’église protestante, en revanche, adopte un point de vue clair. Les représentants de l’islam se positionnent à mi-chemin. M. Ndayiragije indique ensuite que, tous les deux mois, chaque parlementaire se rend dans toutes les collines de sa circonscription électorale pour y transmettre clairement le message.
Le vrai problème est toutefois l’analphabétisme et le manque de formation. Ainsi, lorsqu’un enfant est malade deux ou trois jours, l’on pense souvent qu’il va mourir et qu’il faut le “remplacer”. L’intervenant conclut que le temps manque. Le pays ne peut plus se permettre de perdre dix ans avant de résoudre cette problématique. Mme Nyanga (cdH) demande si des efforts sont consentis à l’égard des hommes, qui ont en effet souvent des relations avec d’autres femmes.
M. Ndayiragije précise qu’en l’espèce, les femmes ont, une fois encore, un important rôle à jouer. Il fait référence au programme de lutte contre le sida, à la contraception et aux violences régulièrement perpétrées contre les jeunes fi lles et les femmes, même dans le cadre familial. M. Lacroix demande si les auteurs de violences sexuelles sont poursuivis. M. Ndayiragije répond que la loi prévoit des sanctions sévères et que de nombreux procès sont intentés.
Toutefois, ceux-ci aboutissent souvent à un accord amiable entre l’auteur et la victime. Mme Ndabaneze ajoute qu’une action est également menée contre la polygamie qui, bien qu’interdite par la loi, est encore fréquente dans la plaine Imbo sur les rives du lac Tanganyika et constitue également une cause de la croissance démographique.
M. Carl Devlies (CD&V) fait remarquer que l’église catholique peut être un partenaire dans la lutte contre la polygamie. En ce qui concerne le planning familial, il demande s’il y a suffisamment de fonds disponibles
(la contraception n’est pas gratuite) et souligne que l’éducation et l’enseignement sont essentiels. Il renvoie, à cet égard, à la visite de la délégation à une école à Kinyinya, où l’on trouvait des centaines d’enfants mais pas un seul livre.
M. Ndayiragije reconnaît l’importance de la sensibilisation, de l’éducation et de l’enseignement. Des moyens énormes sont cependant nécessaires à cet effet, notamment parce que tout doit être organisé localement, au niveau de chaque colline. Mme Citegetse fait remarquer que les femmes doivent elles-mêmes conscientiser leurs sœurs. Elle déplore à cet égard l’émergence de nombreux nouveaux mouvements religieux qui propagent souvent l’idée selon laquelle il est préférable d’avoir beaucoup d’enfants.
M. David Geerts (sp.a) renvoie au Plan national d’Investissement agricole (PNIA) 2012-2017. Les moyens prévus par le gouvernement burundais sont-ils suffisants, notamment en ce qui concerne l’accès des paysans aux intrants agricoles, comme les engrais et les semences?
M. Ndayiragije fait remarquer qu’en ce qui concerne les intrants agricoles, on met la charrue avant les bœufs. On utilise actuellement des engrais sans savoir sur quel type de sol ils sont utilisés. Il faudrait d’abord réaliser une étude des sols et des engrais requis. Il faut aussi encore fournir de nombreux efforts en ce qui concerne l’élevage de petit bétail. Les chèvres sont par exemple mieux adaptées aux sols pauvres que les bovins, pour lesquels on ne trouve souvent pas assez de nourriture.
On est ainsi souvent forcé de les abattre après seulement quelques mois. Les chèvres sont moins sensibles à cette situation. L’intervenant souligne également la nécessité absolue d’aménager le territoire et de regrouper en villages une population très dispersée.
M. Lacroix renvoie à la formation de villages. La délégation a pu constater que plusieurs habitations avaient été construites dans le centre de villages, mais que les gens préféraient continuer à habiter près de leurs champs. Par ailleurs, il demande quel pourcentage du budget national est alloué aux communes en vue de les indemniser pour les services de proximité qu’elles proposent. Ainsi, la délégation a appris à Kinyinya, une commune de 75 000 habitants, que la pompe d’eau potable la plus proche était éloignée de 25 km.
La canalisation d’eau installée il y a quelques années était déjà hors d’usage le lendemain de son inauguration. La commune n’a pas les moyens de la réparer.
M. Ndayiragije répond que les sénateurs mènent actuellement une guerre ouverte contre le gouvernement pour exiger une décentralisation immédiate au profi t des communes. Ils demandent que 10 % du budget annuel soit alloué aux communes, qui devraient alors présenter des plans de développement. En ce qui concerne les constructions évoquées, elles ont été réalisées sans vérifi er s’il y avait de l’eau potable, un centre de santé, etc., dans les environs, donc sans rien qui incite les gens à s’y installer.
M. Lacroix fait remarquer que les écoliers de Kinyinya se plaignaient de ne pas avoir d’uniforme et demande si les enfants doivent amener eux-mêmes leur repas de midi à l’école.
M. Ndayiragije répond que l’uniforme est payant. Force est en outre de constater que de nombreuses familles (pauvres) ne mangent qu’une seule fois par jour, à savoir le soir. Elles ne prennent ni de petit déjeuner ni de repas de midi, de sorte que les enfants n’ont souvent pas assez de force pour aller à l’école.
M. Luc Gustin fait remarquer qu’en Europe, dans le passé, on appliquait souvent l’assolement triennal afi n que les sols puissent se régénérer, alors qu’au Burundi, il y a souvent trois récoltes par an. Cela entraîne inévitablement un appauvrissement du sol si aucun intrant agricole n’est utilisé. Il demande aussi l’opinion des parlementaires burundais sur le microcrédit et les taux utilisés, qui peuvent être très élevés.
Mme Citegetse indique que les emprunteurs doivent bénéfi cier d’un encadrement. Le taux d’intérêt doit être très bas et les remboursements doivent être adaptés au cycle de l’agriculture (période de récolte, période de soudure, etc.). En outre, tout cela doit être réglé au niveau des communes. Elle précise également que l’on constate que certains organismes de prêt font faillite et que les paysans perdent ainsi leurs économies durement gagnées, faute d’un fonds de garantie.
La gestion laisse donc souvent à désirer, de telle sorte que, récemment encore, la Banque nationale du Burundi a proposé d’instaurer un contrôle amélioré.
M. Lacroix demande si un projet de loi a été déposé en ce qui concerne les droits sur les terres dans le chef des femmes. Mme Ndabaneze répond que le projet de loi en question a été examiné au Parlement. Beaucoup d’hommes étaient opposés au projet de loi du fait que
les fi lles pourraient ainsi emporter une partie du patrimoine familial dans une autre famille (en se mariant, la femme quitte sa famille pour celle de son mari). En 2011, le président Nkurunziza a lancé un appel spécial. Lors d’une réunion de masse, il a carrément demandé qui n’était pas d’accord pour que les femmes puissent hériter des terres. Tous les paysans présents, femmes y compris, ont levé la main. Mme Ndabaneze conclut que ce dossier n’évolue pas.
M. Ndayiragije précise qu’au Burundi, deux mondes coexistent: le monde “moderne” et le monde “rural traditionnel”. Dans ce dernier, la femme qui se marie rejoint la famille de son mari. En échange, la famille du mari remet une dot à sa belle-famille, d’une valeur proportionnelle à la qualité de l’éducation dont la femme a bénéfi cié. Bref, la famille de la mariée indemnise la belle-famille – souvent au moyen de vaches – pour l’éducation reçue par la mariée. Il est dès lors pratiquement impossible pour les femmes d’hériter des terres. Il conclut que tout dépend de la formation des paysans.
M. Lacroix demande des précisions en ce qui concerne la réconciliation nationale qui a fait suite aux problèmes ethniques et les droits des parlementaires et de l’opposition. Mme Citegetse renvoie à l’actuelle constitution burundaise, qui constitue en fait un pacte entre les différents groupes ethniques et le début du processus de réconciliation nationale. Aujourd’hui, le débat sur le texte proposé par le gouvernement est mené dans les médias.
Ce texte a fait l’objet d’amendements au parlement. Selon elle, il n’y a plus, au cours de cette législature, de problèmes en ce qui concerne les droits de l’opposition, les relations au Sénat sont en tout cas bonnes.
M. Ndayiragije répond que depuis les accords d’ARUSHA, la qualité de l’armée et de la police s’est beaucoup améliorée. Cette évolution a, à son tour, eu un impact positif sur les tensions ethniques, qui semblent diminuer pour le moment. La “commission pour la vérité et la réconciliation” prévue dans le projet de loi du gouvernement va analyser l’histoire depuis l’indépendance, y compris tous les confl its, et établir les responsabilités.
Cela se fera à la faveur de nombreux témoignages. Il y a cependant différents visions du rôle de cette commission. Certains considèrent que cette commission doit également faire office de tribunal. Il précise qu’outre “l’opposition extraparlementaire” qui compte cinq sièges – chaque parti qui obtient 5 % des sièges au parlement a droit à un ministre. Certains de
ces partis se déclarent, avec un brin d’opportunisme, membres du gouvernement ou de l’opposition, selon les circonstances. Mme Nyanga demande quelle infl uence le ministre de l’Intérieur peut exercer sur l’organisation interne d’un parti politique.
M. Ndayiragije répond qu’il existe une loi relative aux partis politiques. Il existe actuellement 43 (!) partis politiques au Burundi, dont les trois quarts ont obtenu moins de 0,5 % des voix lors du dernier scrutin. Il souligne que des nouveaux partis sont souvent créés dans le propre intérêt de leurs fondateurs.
M. Devlies s’informe du rôle joué par le parlement au sein de la commission pour la réconciliation. Y a-t-il un calendrier de prévu pour les travaux?
M. Ndayiragije répond que la commission est créée par la loi, mais le texte de cette loi n’est pas encore parfaitement clair. Selon lui, le président peut tout à fait être un membre de l’église ou de la société civile. Selon le texte, la commission poursuivra ses travaux pendant deux ou trois ans. Interrogé sur l’éventualité d’une coopération avec le gouvernement belge et en fonction du constat que l’agriculture est une compétence quasi exclusivement régionale en Belgique, M. Ndayiragije indique sa préférence pour une collaboration avec le groupe de travail FBSA.
CHAPITRE 5
Synthèses transversales 5.1 L’accès à la terre L’agriculture est de loin l’activité économique la plus importante au Burundi. Plus de 95 % du PIB provient de l’agriculture (80 % exclusivement du thé et du café) et 90 % de la population vit des revenus d’activités agricoles. L’accès à la terre revêt par conséquent une importance cruciale pour la sécurité alimentaire de la population. Le droit foncier est toutefois une question sensible qu’il est très difficile d’évoquer avec l’autorité burundaise.
On observe cependant des signes d’amélioration, le thème est de plus en plus souvent abordé dans un cadre officiel. La délégation a pu discuter de ce sujet avec les parlementaires burundais au cours de l’entretien (voir point 4.2 Rencontre avec une délégation de sénateurs burundais).
Tout le monde n’a toutefois pas accès aux terres agricoles. La surface moyenne disponible par ménage est inférieure à 0,5 hectare, ce qui est à peine suffisant pour pouvoir satisfaire les besoins alimentaires domestiques (agriculture de subsistance). Des groupes vulnérables, tels que les réfugiés qui sont revenus dans leur pays, les veuves et les personnes sans terre, sont encore plus mal lotis. Ils n’ont souvent aucun accès à la terre et sont donc voués à effectuer des travaux agricoles mal payés pour pouvoir subvenir à leurs besoins vitaux.
Il existe – comme dans de nombreux autres pays africains – un confl it entre la conception traditionnelle et la conception moderne du droit de propriété et du droit successoral en matière foncière. Selon le droit traditionnel, la femme mariée rejoint la famille de son époux. En échange de l’éducation qu’elle a reçue et de sa mise à disposition, sa famille reçoit une dot, qui est traditionnellement payée en vaches (en ce qui concerne la dot, on parle en termes d’équivalents-vaches).
Ce système a pour conséquence que les terres sont réparties quasi exclusivement entre les hommes au sein de la famille et que la femme se voit de facto dénier le droit d’hériter, car il la prive de propriété foncière. Ce droit successoral rural traditionnel entraîne également une fragmentation constante des terres disponibles (une diminution de la superfi cie de la parcelle par ménage) et prive la femme de propriété foncière.
Quand une femme devient veuve ou isolée, elle se retrouve avec ses enfants, sans terres. Dans une société rurale, où environ 90 % de la population est contrainte de cultiver pour survivre, il est véritablement catastrophique, pour la sécurité d’existence, d’être privé de ses terres. Après de nombreuses décennies d’accueil, la politique tanzanienne actuelle en matière de réfugiés renvoie – de force et souvent brutalement – de plus en plus de réfugiés burundais dans leur pays.
Après avoir vécu en Tanzanie pendant des dizaines d’années, ces réfugiés n’ont toutefois plus aucun lien avec leur communauté d’origine et ne possèdent plus de terres au Burundi car celles-ci ont été reprises par leurs proches, leurs anciens voisins ou les dirigeants locaux. Nombre des jeunes “réfugiés” sont même nés en Tanzanie, n’ont plus aucun lien avec leur pays d’origine. Dès lors, ils ne peuvent prétendre à aucune terre et sont tributaire de la politique de réinstallation des autorités burundaises.
À la demande de la délégation du groupe de travail FBSA, l’ambassade de Belgique au Burundi va suivre la problématique droits fondamentaux de près. Une étude récente de la Banque mondiale montre qu’il reste un énorme travail juridique à effectuer pour harmoniser et actualiser les différentes réglementations
élaborées au fi l des ans. À cet égard, il est souligné à juste titre que les groupes vulnérables méritent une attention particulière. Étant donné qu’au Burundi, le droit coutumier est également évolutif, il est souhaitable d’assurer une meilleure protection formelle des groupes vulnérables. Bien que l’adaptation du cadre légal ne relève pas de la sphère d’infl uence du FBSA et vu qu’il n’est pas non plus question de cette problématique dans le nouveau programme du FBSA au Burundi, la Belgique et le FBSA examineront comment maintenir ce thème à l’ordre du jour et quels moyens et expertise utiliser.
Il peut être envisagé de faire appel à l’International Land Coalition, une coalition d’organisations dirigée par le FIDA, avec laquelle le FBSA collabore déjà en ce qui concerne les droits fondamentaux au Niger, au Mozambique, en Tanzanie et en Ouganda. 5.2 Atteindre les plus vulnérables Il est apparu clairement, au cours de cette mission, que différents projets appliquent des stratégies diversifi ées selon les différents groupes cibles.
Pour le FBSA, les plus vulnérables constituent un important groupe cible. Il convient d’organiser des activités particulières pour les plus vulnérables dans tous les projets et dans tous les programmes. Les personnes – très vulnérables – qui n’ont pas de terre doivent par exemple recevoir du petit bétail ou suivre des formations leur permettant de trouver du travail en dehors du secteur agricole. Toutefois, il n’importe pas seulement de travailler avec les plus vulnérables mais aussi de prévoir des activités destinées aux groupes moins vulnérables, ceux-ci étant plus susceptibles de développer une activité économique dans leur communauté et de servir d’exemple à d’autres personnes et à d’autres groupes.
Par exemple, fournir des vaches dans le cadre d’un système de prêt peut entraîner l’agrandissement du cheptel. L’aide est dès lors accordée en fonction des besoins des différents groupes cibles. Cela permet à ceux-ci d’améliorer leurs revenus selon leurs situations individuelles respectives, de scolariser leurs enfants, etc. 5.3 Pérennisation des résultats en matière de développement Les projets en matière de développement prévoient toujours une date butoir à laquelle les objectifs fi xés doivent avoir été atteints.
Au terme des projets, il est
extrêmement important que la communauté et les autorités locales puissent continuer à porter les résultats et les investissements desdits projets. Pour chaque projet du FBSA, le développement des capacités des autorités locales et de la société civile doivent constituer un point important auquel il convient d’être attentif. La population doit également être entendue au cours de la mise en œuvre et lors des choix stratégiques des projets afi n qu’elle puisse s’approprier la stratégie et les résultats les concernant (“appropriation”).
Sur le plan institutionnel, il semble qu’il convienne de décentraliser fortement le processus décisionnel. Les provinces, les districts, les régions et les communes doivent disposer non seulement de leur autonomie politique, mais aussi des moyens nécessaires pour pouvoir exercer efficacement les compétences qu’ils acquièrent. Ce n’est que de cette façon qu’ils pourront prendre en main la conduite de leur propre développement.
Cependant, il est apparu, au cours de plusieurs visites, que les capacités de gestion des communes n’étaient pas assez développées pour pouvoir garantir un développement durable. 5.4 La pression démographique Avec une croissance démographique de 3 % par an, le Burundi est (avec le Niger) un des pays où le nombre d’enfants par femme est le plus élevé. Aujourd’hui, 60 % de sa population a entre 15 et 35 ans.
Demain, la proportion de jeunes adultes risque encore de s’accroître. L’âge reproductif est très jeune: 15 ans! La polygamie, bien qu’interdite, est encore pratiquée. Dans une population qui, à plus de 90 %, tire ses revenus de l’agriculture, cette croissance démographique se traduit par une pression énorme sur les terres et toutes les ressources. Il faudrait plus de terres disponibles pour fournir des ressources alimentaires et de l’emploi à tous les enfants, jeunes hommes et femmes en devenir.
Dans les villes, peu importantes, l’activité industrielle est peu développée et n’appelle pas de travailleurs; les activités de transformation restent également peu nombreuses et ne fournissent que peu d’emplois. S’il est clair que le développement socio-économique permettrait d’améliorer les conditions de vie de la population et même si on sait qu’il va de pair avec une diminution du nombre d’enfants par famille, la question démographique reste prégnante et doit être abordée en tant que telle.
Le gouvernement et les parlementaires en sont conscients et nous en ont parlé sans détour. L’objectif affiché par le gouvernement actuel est de réduire le nombre d’enfants par famille à trois. Les moyens d’y arriver passent par la sensibilisation, par un meilleur accès aux moyens contraceptifs, par une amélioration de l’éducation des femmes; les soins aux enfants de moins de 5 ans sont gratuits dans les centres de santé, ce qui réduit la mortalité infantile.
Les moyens contraceptifs sont également gratuits dans ces centres. Mais les personnalités politiques rencontrées durant notre mission nous ont avoué se heurter à des obstacles culturels et religieux. Les ménages veulent avoir beaucoup d’enfants pour échapper à la pauvreté et ils pensent encore qu’en avoir beaucoup est nécessaire, dans la mesure où peu survivront. Les femmes ont encore trop peu accès à l’école secondaire, même si leur nombre relatif augmente.
Si officiellement l’Eglise partage les objectifs de réduction des naissances, l’utilisation des moyens contraceptifs est découragée par les religieux, et surtout par les catholiques qui continuent à demander à leurs fi dèles l’abstinence sexuelle comme moyen de maîtriser la fécondité. Quand on pense aux conditions de vie dans les campagnes où il y a rarement de l’électricité, peu d’accès aux campagnes de sensibilisation, et par contre un poids certain des traditions, on est loin du compte.
Dans chaque visite de terrain, nous avons tenté de parler de ce problème aux porteurs de projet de sécurité alimentaire. Certains centres de santé proposent des moyens contraceptifs, avec un succès relatif. Les moyens ne sont pas là pour sensibiliser chaque ménage, les former à un minimum de planning familial, et les messages politiques sont encore faibles, freinés par la crainte de déplaire à la hiérarchie religieuse, dont l’emprise est forte sur la population.
Les solutions à la dimension culturelle de cette question, essentielle pour le développement du pays, ne pourront venir que des leaders d’opinion nationaux et locaux. Comme acteurs externes, nous ne pouvons que
nous concentrer sur les moyens pratiques et matériels qui permettront à la population de choisir la maîtrise des naissances. Nous devons veiller à ce que les projets du Fonds assurent un meilleur accès à l’éducation sanitaire, à la contraception, mais surtout à l’école et à l’émancipation des femmes. Et pour que cet accès soit durable, il faut créer des conditions socio-économiques offrant un revenu aux ménages qui soit au-delà de la survie au jour le jour.
Nous avons pu vérifi er que l’approche des projets soutenus par le Fonds était toujours multidimensionnelle. La sécurité alimentaire passe non seulement par l’accès à la nourriture mais aussi par l’accès à la terre, à l’eau, aux semences, au bétail, mais encore plus largement à la formation, à des services publics de santé et d’éducation, au micro-crédit, et elle passe par une appropriation collective de ces ressources de façon à pouvoir à moyen terme les gérer de façon autonome et solidaire.
Nous ne pouvons qu’apprécier les efforts des acteurs de terrain visités, pour appliquer cette approche intégrée. Bien sûr, la réalité du terrain laisse des interrogations; — ainsi la formation aux métiers, à des métiers autres que l’agriculture, qui est accordée à des jeunes durant une période de quelques mois, reste une gageure. Par exemple, nous avons des doutes sur la possibilité pour un jeune de démarrer avec un bagage aussi léger que 6 mois d’apprentissage, et parfois nous avons pu constater que l’équipement utilisé n’était pas adapté à ce que les jeunes pouvaient réaliser par la suite; — l’utilisation collective des ressources était parfois peu encadrée; par exemple quand on n’a pas de responsable (fontainier) pour gérer l’utilisation d’une prise d’eau; — les moyens accordés aux écoles restent insuffisants par rapport au nombre d’enfants et à leur manque de ressources.
Ainsi, il serait nécessaire de leur fournir une ration alimentaire à l’école qui les motive et leur donne la force de parcourir la distance à pied entre l’école et le domicile.
Pour cette approche intégrée soit une réalité, il faut la collaboration de beaucoup d’acteurs. L’avantage du FBSA est qu’il organise la collaboration au sein d’un programme et avec un coordinateur. Nous pensons que les pièces du puzzle sont en place pour le nouveau programme au Burundi, mais ne pouvons encore dire comment la dynamique évoluera, tant il y a de variables tant humaines qu’institutionnelles.
CHAPITRE 6
Recommandations 6.1 Le rôle des parlementaires dans le FBSA Le rôle des parlementaires se limite aujourd’hui à la participation aux missions et aux réunions du groupe de travail. Ils n’interviennent pas dans le choix des projets et dans l’orientation des programmes. Il est inquiétant de constater que durant cette législature, le groupe de travail du FBSA n’a pas réussi à mobiliser souvent ni beaucoup de parlementaires.
Il nous semble que ceux-ci et les groupes politiques devraient être sensibilisés et motivés afi n de considérer le FBSA comme un lieu où investir de la compétence et du temps de mandataire. Dans ce contexte, il serait utile de considérer la possibilité de rapports intérimaires sur l’état des lieux des projets dans certains pays: de cette façon-là les membres resteraient informés et concernés sans nécessairement devoir se rendre sur place.
Durant la mission au Burundi, le groupe et ses interlocuteurs ont pourtant été unanimes pour constater que la présence des parlementaires dans la délégation et les rencontres de ceux-ci avec les autorités locales et nationales et avec leurs collègues parlementaires ont été un atout pour le lancement du programme du Fonds. Les échanges entre responsables politiques nationaux (ministres de l’Agriculture et de la Santé, sénateurs, …) et locaux (gouverneurs de province, maires...) ont été de qualité et empreints de sincérité lorsqu’ils avaient lieu sans public.
Le contact avec les autorités politiques du pays et avec nos homologues est sans doute le rôle le plus important que nous pouvons jouer au sein du FBSA et il devrait être institué de façon plus systématique avec les pays bénéfi ciaires du Fonds. Ces contacts pourraient passer par l’Union interparlementaire, pour rester plus constants et non liés à une mission sur place. Dans ce même sens, les membres du groupe de travail devraient être impliqués quand il y a des rencontres bilatérales avec des délégations des pays bénéfi ciaires de projets du FBSA ou quand il y a des missions à ces mêmes pays.
Vu leur fonction “législative” les Parlementaires pourraient avoir pour rôle de voir comment le droit actuel du pays partenaire soutient la sécurité alimentaire et comment il pourrait être soit mieux appliqué, soit modifi é. Nous pourrions alors faire des suggestions à nos collègues parlementaires. Pour le Burundi par exemple, nous pourrions évaluer la mise en œuvre des lois qui régissent le droit foncier, la décentralisation…car nous avons conscience qu’il peut y avoir de bonnes lois qui demeurent sans application sur le terrain.
Une autre proposition serait de se répartir les pays partenaires et que chaque parlementaire suive un programme développé dans un pays partenaire, avec plus d’implication qu’aujourd’hui. Finalement, les constats et recommandations du groupe de travail FBSA devraient dans une plus large mesure alimenter les travaux parlementaires. L’on pourrait citer ici l’exemple de la discussion en commission des fi nances sur l’interdiction de commercialiser des produits fi nanciers qui spéculent sur les denrées alimentaires ( voir DOC 53 2806/001 et suivants).
L’on pourrait également proposer de discuter le rapport de la mission du groupe de travail dans la commission des affaires étrangères. 6.2 L’organisation des missions sur le terrain Si on tient compte des contraintes d’une mission parlementaire, qui dure en moyenne une semaine et ne peut s’organiser qu’une fois tous les deux ans, il serait judicieux de l’organiser autrement à notre avis. Avoir une capacité critique et propositionnelle sur les projets et programmes visités requiert plus de temps sur le terrain local.
De l’autre côté, il est de moins en moins évident de trouver cinq à sept parlementaires qui peuvent s’absenter de la Belgique pendant une semaine entière: peut-être faudrait-il entâmer une réfl exion sur d’autres “formats” de la mission? A tout le moins, nous proposons les mesures suivantes: — scinder le groupe pour les visites de terrain, et faire des mises en commun; — prendre plus de temps pour un projet, rencontrer les opérateurs, les bénéfi ciaires, les autorités locales, en dehors des caméras …; — rencontre avec les parlementaires et y compris ceux de l’opposition; — rencontre avec les autres leaders d’opinion (e.a. religieux) pour se rendre compte des spécifi cités culturelles et sociales.
6.3. Les méthodes du FBSA Globalement nous apprécions très positivement les méthodes du FBSA surtout dans sa nouvelle mouture, et en particulier l’approche multidimensionnelle et la volonté de coordonner de nombreux acteurs sur le terrain mais aussi ici en Belgique. La même appréciation vaut pour la bonne collaboration entre l’administration et les O.N.G. et le monde politique. — La durée des projets doit pouvoir être maintenue à 10 ans au moins — La collaboration avec les autorités locales doit être systématique et s’adapter à la demande: quels outils sont nécessaires, comment renforcer la gouvernance, les services de base, la capacité de celles-ci à mettre en œuvre des législations nationales et à faire valoir leurs droits auprès des autorités nationales. — Simplifi er la procédure administrative pour les petits O.N.G. afi n de rendre plus facile leur participation à l’approche multi-acteurs. — Conserver la vigilance sur l’équilibre entre groupes cibles: un équilibre doit chaque fois être trouvé dans la répartition des moyens d’aide aux populations cibles.
Le Fonds est destiné aux populations les plus vulnérables. Dans la pratique, il est accepté que des aides en nature (ex don de bétail) soient accordées à des ménages
moins vulnérables parmi les vulnérables de façon à ce qu’ils jouent un rôle catalyseur, que des ménages trop occupés par leur survie ne peuvent pas jouer. Les opérateurs du Fonds doivent toujours veiller à ce que nul ne puisse détourner l’aide vers des objectifs qui ne soient pas au service de la communauté, que les plus vulnérables restent la cible essentielle de l’aide, et qu’ils arrivent justement à s’extraire des conditions de survie à court terme pour penser et investir à moyen et long terme. — Garder également l’équilibre dans le soutien aux activités productrices et aux services sociaux de base (éducation et formation): même si le Fonds a comme cible principale la sécurité alimentaire, la fourniture de services de base doit pouvoir rester dans les compétences du Fonds, tant ceux-ci contribuent à garder une population sur sa terre, et sur un territoire donné; ces services comme les écoles, les centres de santé, les infrastructures de distribution d’eau, d’électricité, sont indispensables et leur construction et mise en œuvre fournissent d’autres emplois à ceux qui ne peuvent pas travailler la terre. — Le Fonds doit disposer dès le départ d’un programme, de moyens pour la coordination.
Comme déjà demandé au Ministre dans une question orale, il est nécessaire que la coordination puisse démarrer avant que la zone et les projets soient approuvés. Un budget est prévu pour ce faire et le ministre doit le débloquer. — la partie “sensibilisation” en Belgique nous paraît essentielle et pourtant reste peu investie par le groupe de travail; il s’agit que le Fonds puisse investir de façon plus importante pour la sensibilisation du grand public aux questions de souveraineté alimentaire, et relier notre assiette et leur assiette.
En plus force est de constater que même au sein du parlement même le Fonds reste encore très peu connu: ceci vaut aussi pour la mission du groupe de travail.
6.4. Le programme au Burundi Au Burundi, le Fonds a un beau programme. Nous insisterons sur les points suivants qui pourraient être plis marginalisés si on n’y prend garde: — assurer la création de fi lières de transformation; — allonger les temps de formation aux métiers et accompagner la mise au travail des jeunes formés; — renforcer l’éducation à la nutrition et à la santé; — apporter du soutien aux compétences des autorités locales; — transmettre les connaissances aux ONG’s locales et à la communauté locale.
Les rapporteurs, Le président,
Thérèse Christophe LACROIX SNOY et d’OPPUERS
David GEERTS
ANNEXES
Participants mission Groupe de Trav
Deelnemers zending Werkgroep
- Christophe LACROIX, Président du Group David GEERTS, De Kamer – sp.a Thérèse SNOY et d’OPPUERS, La Chambr Luc GUSTIN, La Chambre – MR Carl DEVLIES, De Kamer – CD&V Jeanne NYANGA-LUMBALA – La Chambre Martin PELEMAN, Conseiller à la Chambre Cabinet du ministre Jean-Pascal LABILLE, M la Coopération au Développement, chargé d Delphine HOUBA, Conseillère au sein du Federations des ONG belges Koen FREDERIX, ngo-federatie Sylvie GRAFFE, ACODEV Johan SLIMBROUCK, ngo-federatie - Pro Magali VERSTRAETEN, ACODEV - Iles-de Organisations partenaires multilatérales du Hamed HAIDARA, IFAD Burundi - Repres Salvator KABONEKA, FAO Burundi - Coor Katiella MAI MOUSSA, UNCDF – Dakar – CTB – Coopération Technique belge Evert WAUTERS, CTB – Bujumbura – Agr DGD / Minafet BE – Direction-génér Développement et de L’Aide Humani Theofiel BAERT, ambabel Burundi - Minis Dirk TEERLINCK, D1 - Directeur Direction Carol DURIEUX, D1.1/FBSA - Chef de Se Thomas HIERGENS, D1.1/FBSA - Gestion Yves NINDORERA, ambabel Burundi - At Marie-Rose VAN DEN DRIESCH, D1.1/FB
Mission du Groupe de Travail FBSA au Burundi du 17 au 24/11/13
LUNDI, 18 novembre 2013 : Visite MINAGRIE, voyage Bujumbura-Ngozi, visite au Gouverneur de Ngozi, visite projet LIAM de LD/UCODE HEURE ACTIVITÉ LIEU PARTICIPANTS REMARQUES 7.30 Check out et briefing à l’hôtel
Hotel Belair Bujumbura Délégation
7.45 Départ pour MINAGRIE
MINAGRIE
8.00-9.00 Visite de courtoisie MINAGRIE Délégation + S.E. Odette Kayitesi, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage
9.00-11.30 Voyage Bujumbura-Ngozi
Bujumbura > Ngozi 2h de route 11.30-12.00 Visite de courtoisie au Gouverneur de Ngozi Ngozi Délégation + LD/UCODE G d N i
MARDI, 19 novembre 2013: Voyage Ngozi - Muyinga, visite au Gouverneur de Muyinga, visite du projet PIADSA de CI.be, voyage Muyinga - Gitega
Ngozi
8h00-9h00 Départ vers Muyinga Ngozi > Muyinga 1h de route 9.00-10.00 Visite de courtoisie au Gouverneur Muyinga
Gouverneur de Muyinga
10.00 Départ vers la commune de Buhinyuza Bureau de la Province Délégation + Caritas 30 min de route 10.40-11.10 Visite du marais (NYABIHANA 1) et bassins versants aménagés Zone Buhinyuza
MERCREDI, 20 novembre 2013 : Voyage Gitega - Gisuru, cérémonie de démarrage du programme FBSA, visites des projets de CRB et WSM, voyage Gisuru - Gitega Briefing à l’hôtel
Gitega
8.00-10.30 Départ vers Gisuru
Gitega > Gisuru 2h30 de route 11.00-13.00
Cérémonie de démarrage du programme FBSA au Burundi
Signature de « l’accord partenarial” du Gisuru Délégation + Partenaires FBSA Administrateur de Gisuru Gouverneurs Ruyigi + Cankuzo Représentant FAO Président FBSA + Ambassadeur
Mot d’accueil Discours Discours + intro signature
JEUDI, 21 novembre 2013 Voyage Gitega – Kinyinya, visite centre des métiers WSM, visite du projet PAIOSA de la CTB, voyage Kinyinya - Gitega
8.00-9.30 Départ vers Kinyinya
Gitega > Kinyinya 1h30 de route 9.30-11.00 Visite Centre des métiers de WSM
Kinyinya ONG WSM
11.00-12.30 Visite du programme PAIOSA de la CTB : aménagement du marais – pistes – centre
CTB
VENDREDI, 22 novembre 2013 Voyage Gitega – Bujumbura, participation au forum paysan, réunion de travail entre parlementaires, Table Ronde de la CCF, diner à la résidence de l’ambassadeur belge
Départ vers Bujumbura Gitega > Bujumbura 10.30-12.00 PARLEMENTAIRES et CAB : réunion de travail entre parlementaires BDI et BE
REPRESENTANTS des ONG, multis, DGD : participation à la cérémonie de clôture du Parlement BDI
Forum Paysan au Centre Suédois Parlementaires BE et BDI
Délégation, CSA, CAPAD, GPA, FOPABU, MINAGRIE, etc. La délégation se sépare en
SAMEDI, 23 novembre 2013 Visite du projet PTRPC du FIDA, réception dinatoire à la résidence du ministre conseiller 9.45
Hotel club du lac
10.00-10.30 Départ vers la commune de Bujumbura > Mubimbi-Martyazo
10.30-11.00 Visite du centre de santé de Martyazo : entretien avec les responsables du CDS
FIDA Comités de gestion et de santé
11.00-12.00 Visites d’un bénéficiaire du bovin Visite d’un bénéficiaire de porc Martyazo > Kirekura
DIMANCHE, 24 novembre 2013 Journée de réflexion à l’hôtel, voyage Bujumbura-Bruxelles
Deelnemers zending Werkgroe
Martin PELEMAN, Adviseur bij de Kamer
Kabinet van minister Jean-Pascal LAB Ontwikkelingssamenwerking en Grootsteden
Delphine HOUBA, Adviseur bij het Kabin
Federaties van Belgische ngo’s
Johan SLIMBROUCK, ngo-federatie - Pr Magali VERSTRAETEN, ACODEV - Vred
Multilaterale partnerorganisaties van het BFV
Hamed HAIDARA, IFAD Burundi - Repre Salvator KABONEKA, FAO Burundi – Co Katiella MAI MOUSSA, UNCDF – Dakar
BTC – Belgische Technische Coöperatie
Evert WAUTERS, CTB – Bujumbura – La
DGD /Minbuza BE – Directie-Gener Humanitaire Hulp
Theofiel BAERT, Belgische ambassade B Dirk TEERLINCK, D1 - Directeur Geogra Carol DURIEUX, D1.1/BFVZ – Diensthoo Thomas HIERGENS, D1.1/BFVZ – Doss Yves NINDORERA, Belgische ambassad Marie-Rose VAN DEN DRIESCH, D1.1/B
Zending Werkgroep BFVZ in Burundi van 17 tot 24/11/13