Verslag Audition de M. Pierre Wunsch, gouverneur et coprésident de l’Fconomic Risk
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27 novembre 2020 DE BELGIQUE FAIT AU NOM DE LA COMMISSION DES FINANCES ET DU BUDGET PAR M. Christian LEYSEN RAPPORT SOMMAIRE Pages
Audition de M. Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB) et coprésident de l’Economic Risk Management Group (ERMG), et du Dr Piet Vanthemsche, coprésident de l’ERMG LA LUTTE CONTRE LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES DE LA PANDÉMIE DU CORONAVIRUS
N-VA : Nieuw-Vlaamse Alliantie Ecolo-Groen Ecologistes Confédérés pour l’organisation de luttes origi PS Parti Socialiste VB Vlaams Belang MR Mouvement Réformateur CD&V Christen-Democratisch en Vlaams PVDA-PTB Partij van de Arbeid van België – Parti du Travail de Belgi Open Vld Open Vlaamse liberalen en democraten sp.a socialistische partij anders cdH centre démocrate Humaniste DéFI Démocrate Fédéraliste Indépendant INDEP-ONAFH : Indépendant - Onafhankelijk MESDAMES, MESSIEURS, Votre commission a organisé cette audition au cours de sa réunion du mardi 20 octobre 2020.
La présentation Powerpoint utilisée par les représentants de l’ERMG est annexée au présent rapport. I. — EXPOSÉ INTRODUCTIF DES ORATEURS A. ERMG: bref rappel M. Piet Vanthemsche, coprésident de l’Economic Risk Management Group (ERMG), explique qu’à la mi-mars 2020, le cabinet restreint a pris la décision de créer l’Economic Risk Management Group (ERMG) et de le placer sous la coprésidence de M. Wunsch et de lui-même.
L’ERMG a été chargé d’étudier l’incidence économique de la crise du coronavirus et a été composé d’une cellule de suivi économique (comprenant des représentants des organisations patronales et syndicales, du Bureau fédéral du Plan, de la Banque nationale de Belgique et des professeurs d’université) et d’un groupe central (comprenant des représentants du gouvernement fédéral et des gouvernements des entités fédérées).
La mission confiée par le gouvernement à l’ERMG est triple: — veiller à ce que les entreprises et les infrastructures très critiques pour notre pays continuent de fonctionner (“business continuity”); — mesurer l’impact de l’épidémie de coronavirus sur les entreprises, les secteurs, les marchés financiers et le revenu des ménages; — proposer au gouvernement des mesures pour lutter contre cette crise et jouer un rôle de coordination à cet égard.
Il est vite apparu que la troisième tâche était rendue plus difficile par les interactions difficiles entre les partenaires sociaux, le BFP et la BNB et par la situation politique complexe avec le cabinet restreint, le Conseil de sécurité et les dix partis qui soutenaient le gouvernement Wilmès. Il a donc rapidement été décidé de transférer la troisième tâche au niveau politique. L’ERMG s’est ensuite concentré sur la continuité des activités (business continuity), sur la surveillance de l’économie et sur l’inventarisation des mesures déjà prises.
B. Business Continuity Planning M. Vanthemsche indique qu’il a pris la direction de la task force “Business Continuity Planning”. Cette task force a pour objectif principal d’assurer la continuité des activités (en maintenant en activité des secteurs vitaux tels que l’alimentation, l’eau, l’énergie et les transports), d’accompagner la stratégie de sortie et de soutenir le GEES. Dans le cadre de la continuité des activités, une collaboration étroite a été mise en place avec le SPF Économie, le SPF ETCS et les plateformes logistiques régionales.
La mission consistait principalement à réaliser un audit “end to end” de la continuité des activités de la chaîne alimentaire belge. Ces travaux ont débouché sur la conclusion d’accords importants entre tous les acteurs de la chaîne alimentaire qui ont permis d’éviter que le réflexe de stockage des citoyens entraîne des pénuries dans l’approvisionnement alimentaire. La task force a en outre permis un certain nombre de réalisations ad hoc, comme la conclusion d’un accord entre les partenaires sociaux sur la définition de la “distanciation sociale”.
L’accompagnement de la stratégie de sortie et le soutien au GEES ont notamment consisté à élaborer des check lists et l’appui de la rédaction de protocoles pour les différents secteurs de l’économie, y inclus pour l’éducation, le sport et la culture, tant dans un contexte business-to-business que business-to-consumer. Depuis juillet 2020, le travail du Task Force Business Continuity Planning a été interrompu car il n’était plus nécessaire de surveiller la continuité des activités.
C. Monitoring de l’économie
1. Développements récents M. Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB) et coprésident de l’Economic Risk Management Group (ERMG), évoque les perspectives économiques publiées au mois de juin 2020. À l’époque, il était déjà prévu que la crise du COVID-19 serait pire que la grande crise financière de 2008-2009. On a supposé que le PIB chuterait fortement en 2020, avec une reprise significative en 2021, sans toutefois pouvoir parler d’une reprise en V (V-shaped recovery), et en tenant compte des conséquences du deuxième confinement (voir slide 11). Ce qui est remarquable, dans la crise du COVID-19, c’est que le taux d’épargne des ménages a augmenté. En
raison de la fermeture des commerces, la consommation a été beaucoup moins importante et, même après la réouverture des magasins, elle n’a repris que lentement. Lors d’une récession économique classique, normalement, le taux d’épargne diminue. Dans un contexte de baisse de la consommation, le revenu disponible est resté assez stable grâce à la combinaison d’une série de mesures de soutien régionales et fédérales.
M. Wunsch souligne que, sans ces mesures, la crise du COVID-19 aurait été bien pire, peut-être même aussi grave que la crise des années 1930. Une lente reprise des investissements des entreprises était également attendue en juin. On peut désormais confirmer que les investissements des entreprises reprennent plus lentement que la consommation. L’impact de la crise du COVID-19 sur les finances publiques a été estimé à 50 milliards d’euros en juin 2020.
Cette situation menace de se détériorer davantage en raison du deuxième confinement. En juin 2020, la BNB prévoyait une baisse du PIB belge de 9 % en 2020 et une hausse de 6,4 % en 2021, avant un retour au niveau de 2019 en 2022 (voir slide 12). En conséquence, le PIB de 2022 serait de 4 % inférieur à celui prévu à l’automne 2019. Il ne faut pas sous-estimer l’impact de la crise du COVID-19. Le déficit budgétaire pour 2020 est estimé à -10,6 % du PIB, pour passer en 2021 et en 2022 à environ -6 % du PIB.
La dette publique devrait augmenter de 20 % du PIB en 2020 (slide 13). Malgré la faiblesse des taux d’intérêts, l’orateur souligne qu’un déficit budgétaire de -6 % du PIB est insoutenable à long terme. Après la crise sanitaire, il importe que le gouvernement renoue peu à peu avec l’équilibre budgétaire. L’impact des mesures prises par les différentes autorités (fédérales et régionales) pour lutter contre la crise du COVID-19 est estimé à 18,3 milliards d’euros, soit 4,1 % du PIB (dont 3,1 % pour les autorités fédérales et 1 % pour les autorités régionales) (voir slide 14).
Le ralentissement économique au cours du deuxième trimestre 2020 a été moins prononcé que prévu. La baisse cumulée du PIB a atteint 15 % du PIB, alors que la BNB avait initialement prévu un recul de 20 %. Au départ, le Bureau fédéral du Plan avait même prévu une baisse de 25 % du PIB (voir slide 16). Les chiffres relatifs aux recettes TVA montrent que la reprise économique se déroule mieux que ce que l’ERMG avait prévu.
La consommation des ménages a connu une reprise en “V” en mai et juin 2020, avant de fléchir à nouveau quelque peu par la suite. Il reste à voir comment cette consommation va évoluer à la suite du deuxième confinement (voir slide 17). Les effets de la crise du COVID-19 en termes de chômage et de faillites d’entreprises restent relativement limités au regard de la baisse sensible du PIB (voir slide 18).
Les mesures de soutien du gouvernement telles que le chômage temporaire, le droit passerelle et les moratoires ont fait en sorte que bon nombre d’effets de la crise ne sont pas encore visibles. Il est certain que cette crise aura un impact structurel sur le chômage et le nombre de faillites. Il est toutefois encore trop tôt pour déterminer avec précision l’ampleur de cet impact. La crise du COVID-19 a contraint de nombreuses entreprises à mettre leurs travailleurs en chômage temporaire.
Au plus fort de la crise, en avril 2020, 1,2 million de travailleurs ont bénéficié du chômage temporaire. Ce nombre est tombé à 300 000 travailleurs en août (voir slide 19). Dans notre pays, la confiance des consommateurs est encore beaucoup plus faible qu’avant la crise. La deuxième vague pourrait peser sur la relance de la consommation des ménages. Une enquête menée par la BNB en juillet 2020 a montré que les principales raisons pour lesquelles les ménages dépensent moins sont directement liées à la crise: impossibilité de dépenser de l’argent, raisons de santé et confinement.
Il est frappant de constater à cet égard que la perte de revenus n’arrive qu’en sixième position (voir slide 20). Selon M. Wunsch, il sera très difficile de revenir à des niveaux de consommation normaux tant que les pouvoirs publics n’auront pas entièrement repris le contrôle de la situation sanitaire. 2. Enquête de l’ERMG du 22 septembre 2020 Une enquête récente de l’ERMG, de septembre 2020, montre que la lente reprise que l’on a connue après les pertes de revenus liées à la première vague s’est arrêtée en septembre 2020 à la suite de la deuxième vague.
Aucune amélioration réelle n’est attendue avant 2021 (voir slide 22). La même enquête montre par ailleurs que la perte de chiffre d’affaires reste très élevée, surtout dans les secteurs de l’horeca et de l’événementiel, une situation qui ne s’améliorera pas avec le deuxième confinement. Dans l’industrie, en revanche, la perte de chiffre d’affaires a sensiblement diminué. La situation reste également assez bien maîtrisée dans le secteur de la construction (voir
slide 23). Si, ces derniers temps, le commerce intérieur semble pâtir à nouveau du durcissement des mesures, le commerce international continue pour sa part à bien se porter grâce à la vigueur de la croissance économique en Chine. M. Wunsch souligne que les chiffres récents de la TVA donnent une image légèrement plus positive en ce qui concerne les pertes de chiffre d’affaires. Les secteurs les plus touchés (secteurs horeca et événementiel) ne pourront combler que partiellement leur perte de chiffre d’affaires en 2021.
Pour les autres secteurs, on n’attend pas non plus une amélioration sensible en 2021 (voir slide 24). Depuis le début de la crise du COVID-19, la BNB constate que les petites entreprises sont plus sévèrement touchées par le confinement que les grandes entreprises. Plus il y a de travailleurs, plus l’impact est faible (voir slide 25). L’impact sur les petites entreprises est encore plus important dans la région bruxelloise que dans les autres parties de notre pays, en raison de la baisse du nombre de navetteurs (due à la généralisation du télétravail), de touristes et de voyageurs d’affaires (voir slide 26).
Comme principale raison de la perte de chiffre d’affaires, les entreprises citent la baisse de la demande combinée aux mesures plus strictes et aux problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement (voir slide 27). L’orateur souligne qu’au niveau macro-économique, il n’y a pas de problème de revenu disponible. Ce n’est donc pas que les gens n’ont pas d’argent à dépenser: le taux d’épargne est même en augmentation.
Le fait est qu’en raison des mesures plus strictes, les possibilités de consommer sont sensiblement réduites. En raison de la détérioration des perspectives en termes de chiffre d’affaires, l’inquiétude des entrepreneurs est repartie à la hausse (voir slide 28). En moyenne, les entreprises annoncent une réduction de 20 % de leurs investissements en 2020 et 2021 (voir slide 29). Cela aura également un impact sur l’octroi de crédits aux entreprises.
Depuis la première période de confinement, moins d’entreprises doivent faire face à des problèmes de liquidité: environ 25 % des entreprises signalent encore des problèmes dans ce domaine (voir slide 30). Environ la moitié des entreprises disent avoir besoin d’un financement supplémentaire pour respecter leurs engagements financiers (voir slide 31). Le risque de faillite a encore diminué. Dans les prochains mois également, le risque est relativement faible selon les banques.
Selon M. Wunsch, cela est principalement dû aux mesures de soutien du gouvernement. Il
est frappant de constater que les entreprises estiment que leur propre risque de faillite est plus faible que celui d’autres entreprises du même secteur (voir slide 33). En équivalents temps plein, le taux de chômage temporaire parmi les travailleurs salariés était d’environ 5 % (voir slide 34). De nombreuses entreprises s’attendent à ce que l’emploi diminue en 2020 (voir slide 35). En mai 2020, l’ERMG avait calculé que près de 200 000 personnes perdraient leur emploi en 2020.
Dans l’estimation la plus récente, il est question d’une perte de 84 000 emplois (voir slide 36). À long terme, il reste à voir si le chômage temporaire ne va pas se transformer en chômage structurel. 3. Secteur bancaire M. Wunsch souligne que le secteur bancaire en Belgique est fortement capitalisé par rapport au secteur bancaire européen et dispose donc de coussins importants. La BNB estime que les banques disposeront de capacités suffisantes pour pouvoir absorber les pertes de crédit et garantir les prêts à l’économie réelle.
Les banques disposent également de liquidités suffisantes (voir slide 38). La croissance des prêts aux ménages reste stable; les prêts ont augmenté selon un taux annuel moyen de 5 % au cours des dix dernières années. Les prêts aux sociétés non financières ont également augmenté de manière régulière ces dernières années, mais ont en revanche diminué au cours des derniers mois. Un report de remboursement a été accordé pour 145 000 prêts hypothécaires et 141 000 prêts aux entreprises (voir slide 39).
Les banques ont accordé environ 1,5 milliard d’euros de prêts couverts par une garantie d’État. Selon M. Wunsch, ce faible montant peut s’expliquer par une diminution des demandes de prêts et par le coût plus élevé des prêts garantis par l’État. De nombreuses banques ont continué à accorder des prêts à des entreprises saines. Par ailleurs, les banques se préparent à une augmentation des défauts de paiement et des pertes de crédit.
En 2020, elles ont porté leurs provisions à 2 milliards d’euros. Grâce aux mesures de soutien du gouvernement, l’augmentation de la part des prêts douteux est restée stable jusqu’à présent (voir slide 40). 4. Résumé des perspectives économiques M. Wunsch conclut en indiquant que la diminution de la croissance économique au premier semestre de 2020 était tout de même plus faible qu’initialement prévu. Sur la base des chiffres actuels, on table pour l’année 2020 sur une récession économique de l’ordre
de -8 % au lieu de -9 %. Toutefois, la situation sanitaire s’est de nouveau détériorée depuis l’été, ce qui pourrait avoir des répercussions négatives sur les chiffres précités. Le chômage temporaire et le moratoire sur les faillites font qu’il est encore difficile d’évaluer les répercussions réelles de la crise du COVID-19 (voir slide 42). Enfin, l’orateur indique qu’il existe une corrélation entre la crise sanitaire et l’économie.
Plus la crise sanitaire frappe violemment un pays (nombre de contaminations et de décès), plus l’économie de ce pays est touchée (voir slide 44). Les dernières prévisions de croissance du FMI montrent que si l’activité économique reprendra dans la zone euro et en Belgique, son niveau sera bien en-deçà de celui qui était le sien avant la crise du COVID-19. La BNB s’attend à ce que la Belgique ait besoin d’environ trois ans pour renouer avec le niveau d’activité qui était le sien avant cette crise.
B. Les messages les plus importants du jour M. Wunsch souligne qu’aujourd’hui, la situation sanitaire domine. La prise de mesures de relance fortes n’aura du sens que si le pire de la crise sanitaire est derrière nous. Aujourd’hui, il faut continuer de se concentrer sur des mesures temporaires et ciblées pour soutenir les secteurs touchés. En ce qui concerne la politique budgétaire, il serait évidemment justifié, compte tenu de la crise sanitaire, que le budget plonge dans le rouge.
À long terme, les pouvoirs publics devront toutefois s’efforcer de rééquilibrer le budget afin de retrouver un niveau budgétaire tenable à terme. L’orateur estime qu’il serait préférable que le gouvernement ne s’accroche pas à un chiffre budgétaire spécifique, mais suive une stratégie crédible. En matière de plan de relance, compte tenu du cadre budgétaire qui doit être balisé, il faudra être très flexible pour voir où donner le coup de pouce nécessaire en fonction de la situation des différents secteurs.
L’orateur indique qu’au niveau macroéconomique, la consommation et la demande intérieure n’ont pas diminué. Les nombreuses mesures de soutien ont permis de préserver le pouvoir d’achat des ménages et le taux d’épargne a même augmenté. Les vingt milliards d’euros supplémentaires que les ménages ont pu économiser cette année continueront à stimuler la demande intérieure durant les trois à quatre prochaines années.
II. — QUESTIONS DES MEMBRES M. Wim Van der Donckt (N-VA) souligne que M. Wunsch a fait observer lors de son exposé que la situation relative aux faillites d’entreprises était relativement stable. L’intervenant souligne toutefois qu’un rapport de l’expert en données d’entreprises Graydon indique qu’en Belgique, quatre entreprises sur dix ont actuellement besoin de capitaux supplémentaires pour pouvoir survivre.
Ces entreprises indiquent qu’elles auraient besoin d’un montant total de 76,6 milliards d’euros pour garder la tête hors de l’eau. En outre, ce même rapport indique que, sur le million d’entreprises que compte au total notre pays, une entreprise sur cinq est au bord de la faillite. L’intervenant souligne que ces mauvaises nouvelles sont absentes de l’intervention de M. Wunsch. Par ailleurs, 229 000 entreprises ont urgemment besoin de 5,4 milliards d’euros de moyens financiers supplémentaires.
En revanche, quelque 600 000 entreprises se portent relativement bien malgré la crise et y survivront. Que pense M. Wunsch du rapport publié il y a quelques jours par Graydon? Quels avis M. Wunsch fournira-t-il au gouvernement pour inverser la situation désastreuse dans laquelle se trouvent de nombreuses entreprises? L’intervenant évoque ensuite le rapport du Comité de monitoring publié le 6 octobre dernier, dans lequel ce dernier constate que seuls 3,7 % des prêts accordés aux entreprises en difficulté étaient couverts par le système de garantie d’État qui avait été annoncé en grande pompe au printemps dernier.
Comment expliquer la faiblesse de ce chiffre? Quelle est par ailleurs la valeur nominale (1,5 milliard d’euros?) de ce pourcentage? En juillet 2020, le gouvernement a procédé à une modification de ce système de garantie d’État en ce qui concerne l’octroi de crédits par les banques, afin de porter la durée des crédits à trente-six mois pour les PME. Quel a été l’effet réel de cette modification? Quelle a été la répercussion de cette modification sur l’économie et sur le secteur financier? Cette modification était-elle vraiment nécessaire? Des modifications supplémentaires seraient-elles toutefois encore nécessaires? Ensuite, l’intervenant demande plus d’informations sur la concertation entre l’autorité fédérale et les régions.
Cette concertation sera-t-elle de nouveau intensifiée dans le cadre de la deuxième vague qui se manifeste clairement aujourd’hui? L’intervenant souligne que le rapport de l’ERMG indique qu’en septembre 2020, les ventes des entreprises belges
étaient encore inférieures de 14 % à leur niveau normal. Quelles sont les prévisions de la BNB concernant le volume des ventes pour le dernier trimestre? Le secteur horeca est une fois de plus particulièrement touché dans le cadre de la gestion de la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus. Quelles mesures M. Wunsch recommanderait-il au gouvernement de prendre en faveur du secteur horeca afin de préserver ce secteur d’une catastrophe économique majeure? L’intervenant constate qu’une grande partie des prêts accordés dans le cadre du système de garantie d’État sont demandés par des entreprises du secteur horeca.
M. Wunsch estime-t-il que l’actuelle clé de répartition (80/20) utilisée pour le partage des risques entre les pouvoirs publics et les banques sera suffisante, ou bien une modification de cette clé s’impose-t-elle? En outre, l’intervenant a constaté des différences importantes entre les trois régions en ce qui concerne la répartition des prêts couverts par la garantie d’État. M. Wunsch a-t-il une explication à fournir à ce propos? M. Dieter Vanbesien (Ecolo-Groen) fait observer que M. Vanthemsche a indiqué durant son exposé que l’ERMG ne constitue pas le forum adéquat pour formuler d’initiative de nouvelles propositions politiques.
En effet, cette tâche incombe aux décideurs politiques. Cependant, l’intervenant espère pouvoir mettre à profit l’expérience des deux représentants de l’ERMG pour dégager quelques suggestions. En ce qui concerne les investissements, l’intervenant constate que le tableau de bord publié par l’ERMG pour le mois d’octobre révèle que l’on observera globalement une diminution de 20 % des investissements prévus pour cette année et pour l’année prochaine.
Cette diminution est répartie de manière inégale dès lors que l’on enregistrera de fortes diminutions de 70 % pour le secteur événementiel et culturel et de 40 % pour le secteur horeca. Toutefois, l’intervenant constate aussi une diminution de 15 % des investissements dans le secteur des TIC. Ce désinvestissement constitue non seulement une conséquence du ralentissement économique, mais risque aussi de s’autorenforcer, avec pour conséquence un renforcement du ralentissement économique.
Quelles mesures les pouvoirs publics pourraient-ils prendre pour préserver les investissements les plus stratégiques et les plus tournés vers l’avenir, tant publics que privés? En ce qui concerne les ménages et les familles belges, l’intervenant relève que 30 % des ménages belges ne pourront pas vivre trois mois sur leurs économies, tandis que 14 % d’entre eux ne pourront même pas tenir
un mois. Ajoutez à cela que 20 % des ménages ont subi une perte de revenu de plus de 10 % et que 9 % de la population belge, en plus d’avoir subi une perte de revenu de l’ordre de 10 %, ne possède pas de réserves d’épargne lui permettant de tenir au-delà de trois mois. Si l’on combine ces chiffres avec les prévisions de vagues de licenciements qui vont se multiplier au cours des prochains mois, la perspective que la situation précaire que connaissent de nombreux indépendants et petites entreprises perdure et le constat que le recul économique dépend largement de la gravité de la pandémie qui frappe un pays, on comprend que la Belgique fait face à un défi colossal, tant sur le plan social que sur le plan économique.
Les représentants de l’ERMG ont-ils des mesures à suggérer aux décideurs politiques afin de soulager les besoins sociaux prévus et de garantir le développement économique à moyen terme? M. Ahmed Laaouej (PS) fait observer que la difficulté de la situation économique réside dans l’imprévisibilité de l’évolution de la crise sanitaire et économique à court et à moyen terme. Les membres de cette commission disposent de plusieurs indicateurs et prévisions basés sur la situation qui prévalait il y a quelques semaines, voire quelques mois.
Aujourd’hui, on entre toutefois dans une nouvelle phase qui se caractérise par un demi-confinement. Dans ce contexte de semi-confinement, une série de secteurs sont à l’arrêt, le télétravail devient la norme et la confiance des consommateurs – ménages comme entreprises – est sévèrement ébranlée. Il est donc difficile de débattre sur la base de chiffres instables susceptibles de varier rapidement en fonction des évolutions actuelles.
C’est pourquoi l’intervenant demande si l’ERMG n’a pas recours à différents scénarios qui s’apparenteraient à un baromètre corona comportant quatre niveaux de risque. L’ERMG pourrait ainsi échafauder différents scénarios correspondant à ces niveaux de risque et pourrait, sur la base de l’évolution actuelle de la crise sanitaire, tenir à jour et réactualiser en permanence les implications économiques qui en découlent.
Cette méthode aurait le mérite de donner aux rapports rédigés par l’ERMG une valeur actuelle bien plus forte lorsque s’engageront les discussions politiques visant à définir une politique économique adaptée. En outre, un système recourant à différents niveaux de risque pourrait s’accompagner de la mise en œuvre de mesures socioéconomiques conformément au niveau de risque en vigueur afin de concilier la lutte contre la pandémie de coronavirus avec une politique économicobudgétaire, de sorte que les dommages économiques
résultant de la lutte contre la crise sanitaire puissent être limités autant que faire se peut. L’intervenant souhaite ainsi combiner le meilleur des deux mondes: d’une part, mobiliser un maximum d’énergie pour lutter contre la crise sanitaire liée au coronavirus et, d’autre part, minimiser simultanément les dommages économiques potentiels en soutenant le tissu économique existant et en le renforçant afin d’absorber au mieux les revers économiques induits par la lutte contre la pandémie.
Est-il imaginable que l’ERMG puisse développer un tel outil stratégique associant préalablement une batterie de mesures socio-économiques au niveau de risque à court terme afin de ne pas rester à la traîne face aux faits souvent incertains? L’intervenant souligne que cette approche proactive des conséquences de la pandémie de coronavirus aura également un effet positif sur l’évolution négative des finances publiques.
Si les pouvoirs publics parviennent à minimiser l’impact économique, ce choix stratégique aura également pour effet d’atténuer l’évolution négative des finances publiques. Parallèlement, l’intervenant rebondit sur les propos tenus par M. Wunsch au début de la crise du coronavirus, en mars 2020, lorsqu’il déclarait dans les médias que les pouvoirs publics sont contraints de procéder aux dépenses nécessaires sans restriction afin d’absorber les chocs économiques consécutifs à la pandémie de coronavirus.
À cet égard, le gouvernement a décidé de quitter la trajectoire budgétaire imposée par l’Union européenne et de procéder à des dépenses supplémentaires pour soutenir les entreprises et les ménages afin de garantir les liquidités. L’intervenant considère néanmoins qu’il faut également s’interroger sur l’efficacité des nombreuses mesures de relance socioéconomique. Il demande s’il est possible à l’ERMG ou à la BNB, par exemple, de dresser une liste des critères permettant de vérifier dans quelle mesure ces nombreuses décisions sont adéquates pour faire face, à court terme, aux effets négatifs de la crise économique découlant de la crise sanitaire et si elles sont adéquates pour soutenir une croissance économique durable à long terme.
À l’heure actuelle, les différentes autorités fédérales et régionales sont submergées de demandes d’aide émanant de secteurs très divers en vue d’alléger les effets négatifs de la pandémie de coronavirus. C’est pourquoi il serait très utile à ces autorités de pouvoir disposer d’une feuille de route économique transmise par l’ERMG ou la BNB listant les critères permettant d’évaluer
les mesures d’aide afin qu’elles puissent allouer plus adéquatement leurs mesures d’aide socioéconomique et maximiser ainsi autant que faire se peut le retour sur investissement des deniers publics. L’intervenant fait observer en outre qu’il serait opportun de lancer une étude patronnée par la BNB visant à comparer les différents choix stratégiques qui ont été faits en matière de relance dans différents pays de l’OCDE afin de distiller des mesures de relance qui n’ont pas encore été appliquées en Belgique, mais qui ont néanmoins fait leurs preuves dans d’autres pays possédant une structure économique comparable à la nôtre.
L’intervenant préconise de soumettre les nombreuses mesures de relance qui ont déjà été mises en œuvre à une évaluation approfondie. Dans ce cadre, il évoque notamment les diverses mesures d’aide qui ont été prises pour garantir la liquidité des entreprises. Il s’agit notamment du recours à la garantie de l’État qui permet aux banques d’accorder des crédits aux entreprises en difficulté. Il est important de vérifier quels sont les types d’entreprises ayant recours à cette mesure d’aide et quels sont les secteurs auxquels elles appartiennent.
Cela vaut d’ailleurs aussi pour la demande de report de remboursement de crédits. Ainsi les mesures de relance existantes pourront-elles être examinées en détail et les adaptations qui s’imposent pourront-elles, si nécessaire et si souhaité, être menées pour renforcer l’adéquation et l’efficacité des mesures de relance. Enfin, l’intervenant demande à M. Wunsch quelle politique de relance devra être développée lorsque la pandémie de coronavirus aura été conjurée et qu’on aura retrouvé une plus grande stabilité socioéconomique.
À ce moment-là, les effets négatifs de cette crise, comme une forte augmentation du chômage et la perte de pouvoir d’achat des ménages, se feront pleinement sentir. M. Wunsch préconise-t-il à nouveau la politique de rigueur qui, durant la deuxième moitié des années 2010, a façonné la politique économico-budgétaire des États membres de l’UE ou, plaide-t-il au contraire pour que l’on soutienne la demande sous la forme d’investissements publics, que l’on encourage les investissements privés par les entreprises et les ménages ou que l’on renforce le pouvoir d’achat des ménages par le biais de mesures d’aide indirectes? L’intervenant se demande en outre quel est le point de vue de M. Wunsch sur la stratégie à suivre afin de remettre les finances publiques sur les rails.
La reprise économique ramènera-t-elle automatiquement les finances publiques à l’équilibre ou faudra-t-il, du fait des futurs développements économiques caractérisés par
une forte numérisation, trouver de nouvelles sources de revenus afin de maintenir les finances publiques structurellement en équilibre? L’intervenant renvoie notamment à cet égard à l’instauration d’une taxe numérique ou GAFA permettant aux gouvernements nationaux de taxer de manière adéquate les flux de revenus et de bénéfices des grandes multinationales du numérique afin de générer une source durable de revenus afin de maintenir l’équilibre des finances publiques.
M. Wouter Vermeersch (VB) indique que M. Wunsch ne prône pas tant une politique de relance générale et globale mais qu’il insiste en revanche fortement sur la mise en œuvre de mesures temporaires et précises axées sur les secteurs vulnérables et les personnes qui y travaillent. En outre, M. Wunsch estime que les fonds publics disponibles sont insuffisants pour financer une politique générale de relance.
L’orateur évoque notamment à cet égard le secteur horeca. Or les secteurs connexes, tels que celui du tourisme, sont également lourdement impactés à la suite de cette crise du coronavirus. L’intervenant se demande comment les pouvoirs publics pourront mesurer objectivement les besoins et les dommages réels dans les différents secteurs afin de pouvoir mettre en œuvre des mesures de soutien efficaces et proportionnées.
L’ERMG peut-il élaborer un manuel à cet effet de manière à ce que les différentes autorités publiques de ce pays puissent identifier ces secteurs qui méritent effectivement d’être soutenus? L’intervenant fait ensuite observer qu’une multitude d’entreprises font état de problèmes de liquidités et ont cruellement besoin d’un financement supplémentaire. Un nombre considérable de secteurs ont besoin de mesures de soutien fédérales.
Une de ces mesures éventuelles consisterait à prolonger le report du remboursement du capital et du paiement des intérêts jusqu’à la fin de 2021. Quel est le point de vue de M. Wunsch au sujet de cette éventuelle mesure dès lors qu’un deuxième confinement est imminent? M. Christian Leysen (Open Vld) constate à la lumière des propos de M. Wunsch que l’économie belge sera particulièrement affectée par la crise.
En outre, les pouvoirs publics seront obligés d’intervenir à la façon d’un gestionnaire de crise à court terme en raison de l’imprévisibilité de la crise du coronavirus. L’intervenant se demande réellement s’il ne faut pas faire preuve d’une plus grande sélectivité en ce qui concerne la mise en œuvre des dépenses de l’État afin d’éviter un dérapage des dépenses publiques qui aggravera le déficit budgétaire et la dette publique.
Il est en effet convaincu que les fonds publics peuvent en grande partie être réaffectés, ce qui permettrait de réaliser d’importants gains d’efficacité. Il faudra en outre également opérer des coupes dans une série de postes de dépenses et prendre des mesures qui conduiront à un fonctionnement plus efficace des pouvoirs publics. L’intervenant ne s’attend pas à ce que la création de nouveaux revenus fiscaux par l’instauration de nouvelles taxes, comme la taxe numérique, soit d’un grand secours pour venir en aide aux finances publiques.
L’intervenant fait en outre observer que les crises économiques accélèrent les évolutions socioéconomiques sous-jacentes. Il estime qu’il importe surtout, dans le cadre des mesures de soutien à la lutte contre la pandémie due au coronavirus, d’opter pour des mesures qui s’intègrent de manière ciblée dans cette accélération d’une série d’évolutions, comme l’accélération de la numérisation par exemple, et de soutenir ces évolutions de manière à accroître significativement l’efficacité et le retour sur investissement de ces mesures de soutien.
En outre, l’intervention des pouvoirs publics aura un impact beaucoup plus fort sur la reconstruction du tissu socioéconomique dès que la pandémie due au coronavirus aura pris fin. M. Jan Bertels (sp.a.) constate premièrement que la demande de garantie de l’État dans le cadre de l’octroi de crédits aux entreprises par les banques pendant cette crise est particulièrement faible. Il propose d’examiner cette question et d’en identifier les raisons, notamment sur la base des conclusions des rapports de suivi de la BNB.
L’intervenant fait en outre observer que M. Wunsch a indiqué dans son exposé que les banques belges sont suffisamment capitalisées pour pouvoir surmonter un éventuel deuxième confinement. Il n’en demeure pas moins que, dans un rapport récent, la Banque centrale européenne (BCE) et l’autorité de contrôle de la Banque nationale des Pays-Bas ont indiqué dans un rapport récent que les risques liés à un second confinement sont particulièrement élevés pour les banques et que certaines d’entre elles risquaient même de disparaître.
À la lumière des propos de M. Wunsch, l’intervenant estime que les banques belges naviguent quant à elles en eaux sûres. Est-ce une évaluation correcte? L’intervenant observe ensuite avec étonnement la baisse des investissements dans le secteur des TIC. Au regard de la progression fulgurante du télétravail et de l’enseignement à distance, on s’attendrait plutôt à ce
que les investissements dans ce secteur augmentent à l’heure actuelle. Quelle est la raison de cette diminution frappante? M. Wunsch a indiqué dans son exposé que le taux d’épargne des ménages belges a augmenté. L’intervenant fait toutefois observer qu’il importe de signaler que cette augmentation ne s’est pas produite dans tous les ménages belges et que certains d’entre eux ont même vu leur taux d’épargne diminuer ces derniers mois, ce qui signifie qu’ils risquent de puiser dans leurs réserves d’épargne dans les semaines et les mois à venir.
L’intervenant insiste dès lors sur la nécessité d’élaborer suffisamment de mesures sociales axées spécifiquement sur ce groupe de personnes au sein de la population qui souffrent financièrement de la crise, afin de préserver leur pouvoir d’achat et leur confiance en tant que consommateurs. Cette confiance sera d’ailleurs cruciale pour la reprise économique après la crise du coronavirus. L’intervenant suggère enfin, dans le cadre de l’élaboration de mesures sélectives visant à compenser à court terme les effets négatifs de la crise du coronavirus, d’accorder une plus grande marge de manœuvre aux autorités locales afin d’accroître leur capacité d’investissement.
Les autorités locales pourraient ainsi, par exemple, soutenir le secteur de la construction en difficulté en accélérant la réalisation de grands travaux d’infrastructure (construction d’infrastructures de sécurité routière ou rénovation écologique de bâtiments). III. — RÉPONSES DES ORATEURS M. Pierre Wunsch, gouverneur de la BNB et coprésident de l’ERMG, admet qu’il est en effet particulièrement problématique de faire des prévisions et des analyses fiables de l’évolution socioéconomique à court terme car l’évolution de la pandémie due au coronavirus est très volatile.
Il n’est dès lors pas facile de formuler, sur la base de ce constat, des recommandations politiques pertinentes et durables qui ne soient pas systématiquement rattrapées par la réalité. Il souligne toutefois que différents scénarios ont été élaborés, allant de l’optimiste au pessimiste en passant par la neutralité. Le défi consiste surtout à déterminer quel scénario se rapproche le plus possible de l’évolution réelle de la pandémie de coronavirus et son impact sur l’évolution socioéconomique d’un pays.
L’orateur confirme avoir appelé à ouvrir les vannes, au début de la crise du coronavirus, afin d’éviter que le moteur économique se bloque. Cela signifie que les
valeurs de référence habituelles en matière de finances publiques, telles qu’un déficit budgétaire minimal et une dette publique en baisse, ont pu être abandonnées en raison de la crise afin de pouvoir, à court terme, compenser au mieux le choc économique, ce qui permet d’accélérer et de renforcer la relance économique. L’orateur indique cependant que les mesures nécessaires, fussent-elles temporaires et axées sur certains secteurs, doivent pouvoir être prises durant la crise, mais met en garde contre la mise en œuvre de nouvelles dépenses structurelles ayant à leur tour une incidence négative durable sur l’évolution des finances publiques.
Les taux d’intérêt étant particulièrement bas, l’orateur s’interroge sur l’efficacité de l’aide directe pour stimuler les investissements. En outre, les avantages fiscaux liés aux investissements sont déjà généreux en Belgique. Aussi s’oppose-t-il à l’octroi de subsides excessifs aux entreprises pour les encourager à investir dès lors que si elles n’investissent pas à l’heure actuelle, c’est en raison de l’incertitude quant à l’évolution de la pandémie de coronavirus et de la crise économique qui l’accompagne.
C’est également la raison pour laquelle il ne s’oppose pas à une éventuelle aide directe aux investissements si, après la crise du coronavirus, la reprise des investissements devait s’avérer insuffisante. Il estime en outre qu’un certain nombre de mesures prises durant la crise ont effectivement certains effets non désirés qui portent atteinte à l’effectivité desdites mesures. En ce qui concerne le rôle du groupe de gestion des risques économiques (ERMG), l’orateur fait d’observer qu’il s’est avéré très tôt durant la crise qu’il était difficile d’aboutir à un consensus à propos de la formulation de propositions stratégiques concrètes.
Le groupe ERMG s’est en revanche entendu sur la lecture de la crise, laquelle peut servir de base à l’élaboration de propositions stratégiques. Au début de la crise, les mesures d’aide ont principalement visé le maintien et le renforcement des liquidités des entreprises et des ménages. Ensuite, au fur et à mesure que la crise s’est poursuivie, on doit davantage s’attacher à renforcer la solvabilité. Les propositions formulées par le groupe ERMG pour prendre des mesures au niveau fédéral en la maitère se sont heurtées à des contraintes institutionnelles, les régions, qui sont compétentes en la matière, demandant qu’on privilégie les instruments régionaux.
L’intervenant indique par ailleurs que les différentes initiatives politiques prises dans les autres États membres de l’Union européenne dans le cadre de la lutte contre le coronavirus sont suivies par la BNB. La BNB en dresse actuellement un relevé qui sera examiné sous peu au sein du Conseil de régence. En ce qui concerne l’évaluation des mesures d’aide, l’orateur estime que cette tâche ne revient pas au groupe ERMG.
Qui plus est, il est particulièrement compliqué d’évaluer les éléments qui ont réellement joué un rôle dans le succès ou l’échec d’un dispositif d’aide déterminé. L’orateur reconnaît ainsi être particulièrement étonné de la faible utilisation par les entreprises de la mesure en matière de garanties d’État dans le cadre de l’octroi de crédits. Il estime que cela s’explique essentiellement par le fait que les banques sont toujours suffisamment capitalisées et peuvent donc toujours très facilement octroyer des crédits, et ainsi donner de l’oxygène aux entreprises et à l’économie.
L’application de cette mesure est donc entravée par des éléments exogènes qui ne présentent pas de lien direct avec la teneur de la mesure d’aide proprement dite. Enfin, que le recours à la mesure n’ait pas augmenté après les ajustements apportés à la veille des vacances d’été demeure un mystère pour l’orateur. Cela pourrait éventuellement s’expliquer par le fait que l’octroi de crédits connaît toujours une légère baisse pendant les mois d’été.
En ce qui concerne la reprise de l’économie, l’intervenant estime qu’après la crise du coronavirus, la croissance économique augmentera essentiellement grâce à l’augmentation de la consommation des ménages, qui pourront utiliser l’épargne qu’ils ont accumulée. Il est convaincu que la politique de relance ne devrait pas être axée sur l’encouragement de la demande, si ce n’est sous la forme de mesures sociales visant un groupe spécifique de la population.
Si la consommation ne reprend pas lorsque la crise du coronavirus s’apaisera, l’orateur n’exclut pas la prise de mesures ciblées pour soutenir la demande, mais il ressort de l’expérience des mois d’avril et de mai, durant lesquels les mesures ont été assouplies, que la reprise de la consommation peut être forte et vigoureuse. En ce qui concerne le rétablissement des finances publiques, l’orateur préconise une coordination européenne ou internationale dans le cadre d’initiatives fiscales visant les assiettes fiscales les plus mobiles.
Cela permettrait de réduire la concurrence entre les États et l’influence néfaste de cette concurrence. L’orateur estime par ailleurs que c’est exclusivement aux responsables politiques qu’il appartient de décider du niveau des dépenses publiques et de la manière dont les recettes
fiscales sont générées. Il pointe toutefois certaines tendances à venir, comme la problématique climatique, qui entraînera le développement d’une écofiscalité, ne fût-ce que parce que certaines sources de recettes existantes, comme les accises, risquent de disparaître en raison de la révolution dans le secteur automobile, par exemple, à la suite de l’introduction de la voiture électrique. En ce qui concerne les chiffres relatifs aux faillites potentielles provenant de Graydon, l’orateur constate que les chiffres du groupe ERMG sont plus optimistes que ceux de Graydon.
La BNB se concerte beaucoup avec les banques à ce sujet, mais l’orateur reconnaît que de nombreuses imprécisions subsistent à propos de l’évolution finale du nombre de faillites, précisément en raison du cours capricieux et imprévisible de la pandémie de coronavirus. En ce qui concerne le système de garantie d’État, l’orateur confirme que 3,7 % ou 1,5 milliard d’euros seulement des crédits totaux ont été octroyés dans le cadre de ce mécanisme d’aide.
La garantie d’État élargie en vigueur depuis les vacances d’été est encore moins utilisée par d’éventuelles entreprises en difficulté. L’orateur reconnaît ne pas avoir d’explication claire à ce sujet. L’orateur poursuit en précisant que le groupe ERMG n’a pas annoncé de mesures stratégiques concrètes en raison de l’absence de consensus entre les différentes autorités. Le groupe ERGM a cependant avancé un certain nombre d’idées et de suggestions sur la base des analyses fournies par ce groupe.
En ce qui concerne l’ampleur de la baisse de chiffre d’affaires de la production économique totale, l’orateur estime que la perte de chiffre d’affaires n’atteindra pas 14 %, mais se situera plutôt autour de 7 %. Cela signifie qu’à la fin de 2020, l’économie se sera rétractée de 7 % par rapport à la fin de 2019. L’instauration, à court terme, d’un nouveau confinement pouvant toutefois accentuer le recul économique, le groupe ERMG estime que ce recul oscillera entre 5 et 10 %.
Il fait en outre observer que, jusqu’à présent, les prévisions du groupe ERMG relatives à l’évolution de la conjoncture économique se sont très largement vérifiées par rapport à l’évolution réelle de la conjoncture économique des dernières semaines et des derniers mois. En matière d’évolution économique, l’orateur se dit plus préoccupé par les prévisions pour l’année 2021. Les projections relatives à l’évolution économique en 2021 se sont toujours fondées sur l’absence de nouveau confinement en 2021.
Pour l’heure, ce scénario ne semble plus tenable et le risque est réel qu’un confinement
temporaire soit également décidé en 2021, lequel aurait une incidence négative sur les prévisions de croissance économique pour l’année 2021. L’adaptation de ces prévisions sur la base d’un confinement supplémentaire est relativement facile. L’impact sur les finances publiques est en revanche beaucoup plus difficile à déterminer car la BNB peut beaucoup plus difficilement estimer l’ampleur du coût d’éventuelles mesures de soutien supplémentaires des différents gouvernements.
En ce qui concerne les mesures de soutien du secteur de l’horeca, l’orateur estime qu’elles sont prises à juste titre, tant d’un point de vue économique que d’un point de vue social, car ce secteur est touché beaucoup plus durement par la pandémie de coronavirus. Il souligne cependant que la liste des mesures de soutien s’allonge de plus en plus et estime qu’en raison des liens étroits entre le secteur de l’horeca et d’autres secteurs, une approche globale constituera, à terme, une meilleure solution.
Par ailleurs, l’orateur approfondit la question de savoir s’il ne faut pas revoir la clef de répartition de la garantie d’État en vertu de laquelle les pouvoirs publics assument 80 % des risques contre 20 % pour les banques. En France, la répartition est de 90-10. Après concertation entre les banques et la BNB, il est apparu qu’il existait un large consensus en faveur du maintien de ces taux, et qu’ils ne constituaient pas un obstacle à l’octroi de crédits.
Les banques belges sont en outre suffisamment capitalisées pour pouvoir respecter cette répartition 80-20. En ce qui concerne la baisse des investissements, même dans le secteur ICT, l’orateur souligne que les incertitudes concernant l’évolution de la pandémie de coronavirus limitent beaucoup, à court terme, la propension des entreprises et des ménages à investir. C’est pourquoi l’orateur insiste sur l’importance d’une bonne gestion de la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus afin que les dommages subis par le tissu économique soient aussi limités que possible.
Comme il l’a déjà dit, l’orateur estime qu’il n’est pas nécessaire d’accorder un soutien direct aux entreprises pour les inciter à faire des investissements, étant donné que le contexte des faibles taux d’intérêt est déjà particulièrement favorable. Il plaide pour que l’on fasse preuve de flexibilité, afin de toujours pouvoir réagir de manière adéquate à mesure que la crise évolue. L’orateur souligne que l’impact du choc économique est très asymétrique.
La majeure partie de la population n’est pas confrontée à une perte de revenus, sauf les ménages dont les revenus dépendent des secteurs
lourdement impactés par la crise comme le secteur événementiel et le secteur de l’horeca. Il plaide cependant pour que l’on utilise au maximum l’arsenal existant de mesures de politique sociale afin que certains groupes de la population qui n’ont pas facilement accès aux avantages sociaux offerts par les pouvoirs publics ne soient pas oubliés. En ce qui concerne la politique de relance, l’orateur souligne qu’un déficit budgétaire de 6 % n’est pas tenable à long terme.
L’intervention des pouvoirs publics et les dépenses y afférentes sont toujours justifiées tant qu’elles sont efficaces pour assurer la reprise économique du pays. Dès que le développement économique et la croissance se renforceront, les autorités devront cependant remettre de l’ordre dans les finances publiques pour se préparer à un futur choc économique. En ce qui concerne l’impact de la crise du coronavirus, l’orateur fait observer que ce choc économique est très asymétrique au niveau sectoriel comme au sein des secteurs impactés.
Il donne, pour l’illustrer, l’exemple concret des établissements horeca situés dans le centre de Bruxelles, qui ont davantage souffert du confinement et du télétravail des nombreux navetteurs que d’autres établissements horeca qui ont pu limiter les dégâts, notamment grâce à la mise en place d’alternatives comme les repas à emporter, et dont les taux d’occupation étaient très proches de 100 % au cours des mois précédant le second confinement.
Cette crise est très hétérogène, également au sein des secteurs durement touchés comme celui de l’horeca. D’où le choix d’opter pour des mesures de soutien transversales. Par ailleurs, l’orateur souligne que, plus la crise durera, plus les problèmes de solvabilité se manifesteront au sein des branches et des secteurs économiques. Compte tenu de la répartition des compétences dans notre pays, des mesures de soutien fédérales ne sont pas à l’ordre du jour dans ce domaine car les compétences en la matière se situent au niveau régional.
C’est la raison pour laquelle des initiatives politiques fédérales ne sont pas à l’ordre du jour dans ce domaine. L’orateur estime qu’il ne serait pas judicieux de prolonger le report de paiement des remboursements des crédits jusque fin 2021. Cette mesure donnerait l’impression que l’économie est gelée jusque fin 2021. Il n’exclut pas que des mesures temporaires et ciblées puissent être prises pour certains secteurs.
En ce qui concerne la relance, l’orateur plaide moins en faveur d’une politique de relance en tant que telle qu’en faveur d’une politique économique créant et renforçant la flexibilité nécessaire pour que les moyens économiques existants soient redirigés vers de nouveaux secteurs
ayant un potentiel de croissance économique durable. Il renvoie notamment, à ce propos, au défi climatique et au passage à une économie durable, verte et à faible intensité de carbone. Le succès de la relance économique après la crise du coronavirus dépendra donc fortement de la mesure dans laquelle l’économie fera preuve de la flexibilité nécessaire, notamment grâce à des investissements publics et privés, pour devenir une économie tournée vers l’avenir, avec une trajectoire de croissance durable, répondant aux défis climatiques et faisant face au coût du vieillissement de la population.
En ce qui concerne l’augmentation de la dette publique, l’orateur fait observer que la dette publique atteint 115 % du PIB. Comme le déficit budgétaire n’atteindra 3 % du PIB que dans quelques années, la dette publique continuera à augmenter jusqu’à atteindre plus de 120 % du PIB au cours des années à venir. Cette augmentation ne constitue pas un problème majeur en soi, compte tenu du contexte de taux d’intérêt extrêmement bas, mais il faut néanmoins prévoir une stratégie de sortie permettant d’inverser durablement, à moyen terme, la spirale de la dette publique afin qu’elle recommence à diminuer au lieu d’augmenter.
En ce qui concerne la sélectivité des mesures publiques, l’orateur établit une distinction entre la situation avant la crise et la situation pendant la crise. Il constate qu’avant la crise, les prélèvements publics en Belgique étaient parmi les plus élevés au monde. Il existe donc une marge pour réaliser des économies en vue de remettre de l’ordre dans les finances publiques. Par ailleurs, on peut cependant aussi décider de procéder à un glissement de la taxation en continuant à réduire les charges sur le travail, certainement pour les bas revenus, et en augmentant et/ou en instaurant des taxes sur la consommation et sur de nouvelles activités économiques, comme les services numériques.
Durant cette crise, il est cependant apparu qu’il n’était pas simple de développer des mesures de soutien sélectives. C’est pourquoi on a opté pour des mesures simples et univoques relativement faciles à mettre en œuvre et répondant à une série de principes simples. On peut en outre vraiment se demander si les pouvoirs publics sont l’instance la plus appropriée pour choisir, par exemple, les secteurs orientés vers l’avenir qui permettront d’assurer la croissance de l’économie et de développer ses caractéristiques intrinsèques.
L’orateur indique que le taux de capitalisation des banques belges est plus élevé que celui des autres banques de la zone euro. Leur réserve totale s’élève à 20 milliards d’euros, dont 2 milliards ont été mis en provision au cours du premier trimestre en vue de faire
face à d’éventuels défauts de paiement. Bref, les banques ont été à l’origine de la crise économique qui a suivi la crise financière mais, dans le cadre de la crise économique actuelle, elles constituent plutôt une partie de la solution que l’une des causes de cette crise. Le rapporteur, La présidente, Christian LEYSEN Marie-Christine MARGHEM
June 2020 NBB projections: key 1 The Covid-19 crisis is worse than the "Great" 2 The Belgian economy is not fully recovering ᶺNo V-shaped recovery: structural damages due to the ᶺHousehold consumption is recovering quickly, thanks t period 2020-2022). ᶺBusiness investment takes longer to recover ᶺCovid-19 crisis wipes out nearly 50 billion euro in welfa ᶺDue to uncertainties, these forecasts are much more u 3 The crisis will have a permanent impact on t be twice as high in 2022 as it would have be Source: NBB.
1 A scenario in which the health situation is not effectively controlled, possibly necess 2 This corresponds to the growth profile projected in the NBB’s Autumn 2019 projec The Belgian economy faces per higher unemployment and dec Real GDP in Belgium (quarterly data, index 2019Q4=100, unless otherwise stated) 2019Q1 2019Q2 2019Q3 2019Q4 2020Q1 2020Q2 2020Q3 2020Q4 Spring 2020 projections (baseline) p.m.
Autumn 2019 projections² 1.4 % -9.0 % -13.4 %
Sources: NAI, NBB. The impact of the crisis on public persistent The budget deficit is twice as large in 2022 (in % of GDP) -1.9 -10.6 -6.0 -5.9 -12 -10 -8 -6 -4 -2 2020e 2021e 2022e Impact Covid-19 Budget balance excluding Covid-19 impact Budget balance p.m. -3 % of GDP Overview of measures taken by t Communities and Regions1 (impact in 2020, in € billion, unless otherwise stated) Management of health crisis Temporary lay-off scheme Other social expenditure and support for households o.w. replacement income for self-employed Indirect tax (reduced VAT rate for hotels, restaurants and cafés) Solvency (and liquidity) support Transfers to companies (nuisance premium , support) Taxes (carry back, investment deduction, tax exemption) Capital injections/subordinated loans Liquidity support (deferrals of tax payments, etc.) p.m.
Total impact on budget balance p.m. in % of GDP p.m. Guarantees Sources: FPS Policy and Support, FPS Finance, FPS Employment, Labour and Social Dialogue, Com 1 Some local authorities have decided to scrap, reduce or defer payment of local corporate taxes
Recente ont Current s p.m. Autumn projections NBB Spr Sources: FPB, NAI, NBB. The downturn in 2020 Q2 appea predicted
Tot Source: Statbel. Retail sales including automotive fuel. Growth rates excluding fuels are higher M (r Average 2007-2019 Retail sales¹ (100 = January of the current year, volume index) Household consumption has driv expected, but the losses are not -60 -40 -20 Flanders Wallonia Brussels Belgium Job losses and bankruptcies rem Sources: NEO, Statbel. Spike in unemployment (annual variation, monthly data, thousands of people) ᶺNBB June projections: increase of 103k people on average i ᶺCurrently only +17k on average from January to September
31% 1 170 37% 30% 18% 9% 1 033 1 233 1 000 1 200 1 400 March April May June July Actually paid Requests Many workers are still in tempor industries has been prolonged u Temporary unemployment: requests and monthly payments (thousands of workers and % of private salaried employment, monthly d Source: NEO. Average number of days per worker 8.9 15.8 10.9 9.4 8.1 Source: NBB, NBB survey (14 - 21 July). 1 This indicator is the opposite of the one published by the NBB.
Consumer confidence index: Belgium (difference from the historical average) Consumer confidence has not re upsurge could weigh on the rebo -50 -30 Consumer confidence indicator Unemployment forecasts in Belgium for the next 12 months¹
Enquête (22 septem Enquête en maandelijks d https://www.nbb.be/nl/covid- -33 -36 -34 -32 -29 -31 -26 -23 -17 Round (23 Mar) (30 Mar) (6 Apr) (13 Apr) (20 Apr) (27 Apr) (5 May) (12 May) (26 May) (9 Jun) (23 Jun) ( Source
ERMG
survey, latest available data: 22 September 2020. ¹ This approach excludes the human health industry, the public sector and firms that were iden COVID-19 impact on weekly turnover (in %, weighted average based on revenues and industry value added¹) The slow and incomplete revenu September and no large improve
-100 -80 Arts, entertainment and recreation Accommodation and food services Real estate activities Information and communication Transportation and logistics Retail sales (non-food) April average (Rounds 2-6) May average (Rounds 7-9) (Roun Revenue loss remains very high and it has worsened in real estat (in %, weighted average based on revenues) Week of September 2 These worst hit sectors are expec in 2021 while no further improve Source: Round 13 of ERMG survey, latest available data: 22 September 2020. Expected COVID-19 impact on turnover in th
-70 Self-employed 1 - 10 10 - 20 June average (Rounds 10-1 ¹ Results are not stratified by industry. This explains why the average revenue impact improves Reported impact on weekly turnover, by num (in %, unweighted average¹) Small firms took the largest hit d -45 -35 -25 -15 -5 ¹ Results are not stratified by industry. Reported impact on weekly turnover of Rou … and small Brussels firms are hi fewer commuters (due to telewo
Reasons for revenue loss this week (Round 1 (in % of responding firms, multiple reasons are possible) Lack of demand remains the key to social distancing, supply chain Lack of demand Social distancing and hygienic measures Supply chain problems Forced closur Agriculture Manufacturing Transportation and logistics Accommodation and food ser Real estate activities Support services 1 Weighted average based on the industry value added.
The improvement in the concern two months, in line with the reve Indicator of concern about current situation (Indicator¹ between 1 (low concern) and 10 (strong concern)) 7,1 7,2 7,0 6,9 Round 2 Round 3 Round 4 Round 5 Round 6 Round 7
The average company expects to both 2020 and 2021 Support Wholesale and retail trade C 2020 Investment 2021 Investme COVID-19 impact on expected investment in (in %, unweighted average change in investments of the responding firm No, I do not have liquidity problems Yes, due to revenue loss Yes, due Liquidity problems have diminish but 25 % of companies still repo Source
ERMG
survey, latest available data: 22 September 2020.. ¹ Weighted average based on the industry value added. Do you have liquidity problems? (in % of responding firms¹, multiple answers are possible)
Arts, entertainment Real estate activities Accommodation and food services Construction < 1 month 1 - 3 months 3 - … and half of the firms need add meet their current financial oblig ¹ Results are stratified per industry. How long can you still meet your current fina without having to rely on additional equity o (in % of responding firms¹) Belgium¹ and food services June ave (Rounds Perceived bankruptcy risk of firm could be due to the sample com ² UCM only participated to Round 12 and their companies reported a much higher bankruptcy Firms that consider bankruptcy to be likely or (in % of responding firms)
Retail sales (nonfood) Transportatio Firms that consider bankruptcy to be likely or highly likely Firms that are already bankrupt or that expect a bankruptcy proceedings wit Estimate of respondents on the proportion of companies in their sector that … as firms assess the bankruptcy higher (suggesting a possible su Bankruptcy risk assessment per sector accord (in % of responding firms, unless otherwise stated) ¹ Average, weighted by the number of the private sector employees of the industries in the Belg Workforce organisation over time, Belgium¹ (in % of total staff size of the firms in the survey, excl. self-employed) Many employees shifted from fu while temporary unemployment (23 Apr) (30 Apr) Round 8 Round 9 Round 10 Round 11 (23 Jun) Round 12 (18 Aug) Round 13 (22 Sep) temporarily unemployed telework mix telework/work
W r Round 9 (26 May) Round 10 (9 June) Round 11 (23 June) 1 Average, weighted by the number of private sector employees in the industries. Expected change in staff size by the end of t (in % of total staff size of the firms in the survey, excluding self-employed Employment expected to decrea (and the extension of temporary unemploym Expected change of staff size by the end (in number of employees, excluding self-employed) … pointing to an expected declin private sector by the end of the y -200 000 -180 000 -160 000 -140 000 -120 000 -100 000 -80 000 -60 000 -40 000 -20 000 -50 000 -30 000 -10 000 Round 10 (9 June
Secteur b Banken beschikken over sterke b vangen en kredietverlening aan verzekeren Belgische banken totale kapitaalbuffers (in € miljard) - 2019 K4 2020 K2 Kapitaalvereisten Vrije kapitaalbuffers
ᶺAujourd’hui, le front sanitaire domine ᶻContrôler la pandémie est essentiel pour re ᶻVivre avec la pandémie: appliquer les leçon ᶺUn support ciblé reste nécessaire en 2021 … ᶻMesures temporaires et ciblées ᶻPour les personnes et les secteurs vulnérab ᶺ… en gardant la vue sur le déficit à moyen te ᶻDéfinir et mettre en œuvre une stratégie c ᶻ… sinon vulnérabilité en cas de choc ᶺPlan de relance: renforcer le potentiel économ ᶻLes moyens ne sont pas illimités Principaux messages aujourd’hu Audition des co-présidents de l’ERMG La Chambre – Commission Finances et Bud 20 octobre 2020