RvS-48094
🏛️ Raad van State
📅
🌐 FR
fondé
Matière
bestuursrecht
Texte intégral
CONSEIL D’ETAT, SECTION D’ADMINISTRATION.
A R R E T
n° 48.094 du 22 juin 1994
A.48.372/III-13.752
En cause : de MARCHIN Philippe,
rue des Bas Jaunes 7
1490 Court-Saint-Etienne,
contre :
la Députation permanente du
Conseil provincial du Brabant.
Partie intervenante :
VAN LINTHOUT René,
rue des Bas Jaunes 5
1490 Court-Saint-Etienne.
---------------------------------------------------------
LE CONSEIL D’ETAT, IIIe CHAMBRE,
Vu la requête introduite le 24 septembre 1992 par
Philippe de Marchin, qui demande l’annulation de l’arrêté
de la députation permanente du conseil provincial du
Brabant du 30 avril 1992, qui octroie à Paul VAN SWEEVELT
l’autorisation d’exploiter à Court-Saint-Etienne un
atelier d’entretien et de réparation de véhicules automo-
biles;
Vu la requête introduite le 22 novembre 1993 par
René VAN LINTHOUT qui demande à être reçu en qualité de
partie intervenante;
Vu l’ordonnance du 14 janvier 1994 accueillant
cette intervention;
III - 13.752 - 1/5
Vu les mémoires en réponse et en réplique réguliè-
rement échangés;
Vu le rapport de M. CHARLIER, premier auditeur au
Conseil d’Etat;
Vu l’ordonnance du 20 octobre 1993 ordonnant le
dépôt au greffe du dossier et du rapport;
Vu la notification du rapport aux parties et les
derniers mémoires;
Vu l’ordonnance du 30 mars 1994, notifiée aux par-
ties, fixant l’affaire à l’audience du 17 juin 1994;
Entendu, en son rapport, M. le conseiller
WETTINCK;
Entendu, en leurs observations, Me GREGOIRE,
avocat, comparaissant pour le requérant et l’intervenant,
et M. PAUL, secrétaire d’administration, comparaissant
pour la partie adverse;
Entendu, en son avis conforme, M. le premier
auditeur CHARLIER;
Vu le titre VI, chapitre II, des lois sur le
Conseil d’Etat, coordonnées le 12 janvier 1973;
Considérant que, statuant sur une demande formée
le 21 mars 1991 par P. VAN SWEEVELT, le collège des bourg-
mestre et échevins de Court-Saint-Etienne a, sur avis
défavorable de la direction générale de l’aménagement du
territoire du ministère de la Région wallonne et sur avis
favorable de celle des ressources naturelles et de l’en-
vironnement, refusé le 5 août 1991 d’octroyer le permis
d’exploiter un atelier d’entretien et de réparation de
véhicules automobiles sur un bien sis à Court-Saint-
III - 13.752 - 2/5
Etienne, rue de l’Arbre de la Justice 3, cadastré section
D, nos 315b et 315i; que, sur le recours du demandeur,
après que les administrations précitées eurent émis des
avis favorables, les 10 février et 20 mars 1992, la
députation permanente du conseil provincial du Brabant a
octroyé à P. VAN SWEEVELT le permis d’exploiter requis;
que l’arrêté d’autorisation du 30 avril 1992, qui est
l’acte attaqué, a été affiché au siège de l’exploitation
et à la maison communale à partir du 17 juillet 1992;
Considérant que la partie adverse excipe de la
tardiveté du recours; que le délai pour former recours au
Conseil d’Etat contre l’arrêté qui accorde l’autorisation
prend cours à l’expiration de la période de dix jours
prescrite pour l’affichage de la décision par les articles
12 et 13 du règlement général pour la protection du
travail, étant en l’espèce le 27 juillet 1992; qu’intro-
duit le 24 septembre 1992, le recours n’est pas tardif;
Considérant que la partie adverse conteste que le
requérant possède un intérêt suffisant au recours, infé-
rant de la distance d’environ soixante-cinq mètres qui
sépare l’atelier autorisé de l’habitation du requérant que
ce dernier ne subirait aucune nuisance autre que "dérisoi-
re";
Considérant que le jardin d’agrément du requérant
et l’aire de parcage du garage se joignent et que la
limite des biens est à trente mètres de l’atelier; que la
situation des lieux ne permet pas d’inférer que les
bruits, fumées et odeurs inhérents à l’exploitation
seraient à ce point négligeables que l’intérêt suffisant
ferait défaut; que le recours est recevable;
Considérant que le requérant prend notamment un
moyen de la violation du décret du 11 septembre 1985
organisant l’évaluation des incidences sur l’environnement
en Région wallonne, faisant valoir que la demande ne
III - 13.752 - 3/5
comportait pas la notice d’évaluation préalable des
incidences sur l’environnement requise;
Considérant que la partie adverse s’en réfère à
justice sur le moyen;
Considérant que le dossier administratif ne
contient pas la notice d’évaluation préalable requise par
l’article 7 du décret du 11 septembre 1985 précité;
qu’aucune étude d’incidences n’a été prescrite; qu’en
pareil cas, l’article 5 oblige l’autorité compétente et le
juge administratif à prononcer la nullité de l’autorisa-
tion délivrée; que le moyen est fondé;
Considérant que la députation permanente du
conseil provincial du Brabant ayant agi dans l’exercice
d’une mission d’intérêt général, il y a lieu de mettre les
dépens à charge de la Région wallonne,
D E C I D E :
Article 1er.
L’arrêté de la députation permanente du conseil
provincial du Brabant du 30 avril 1992, qui octroie à Paul
VAN SWEEVELT l’autorisation d’exploiter à Court-Saint-
Etienne un atelier d’entretien et de réparation de véhicu-
les automobiles est annulé.
Article 2.
Les dépens, liquidés à la somme de 7.000 francs,
sont mis à charge de la Région wallonne à concurrence de
III - 13.752 - 4/5
4.000 francs et à charge de l’intervenant à concurrence de
3.000 francs.
Ainsi prononcé à Bruxelles, en audience publique,
le vingt-deux juin 1900 nonante-quatre par :
M. GEUS, président f.f.,
Mme THOMAS, conseiller d’Etat,
M. WETTINCK, conseiller d’Etat,
Mme HONDERMARCQ, greffier.
Le Greffier, Le Président f.f.,
M.-Cl. HONDERMARCQ. J.-Cl. GEUS.
III - 13.752 - 5/5